Mauvaise fin

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Je ne sais combien de temps j’ai hurlé. Des heures peut-être. À hurler son nom, à hurler pour que n’importe qui vienne, pour que n’importe qui vienne le sauver, vienne nous sauver de cette situation. J’ai supplié aussi, quand ma voix ne pouvait plus porter, et dès que je pensais le pouvoir à nouveau, je hurlais à nouveau, de toute la force qu’il restait dans mes poumons. Je ne sentais même plus le froid mordant de la nuit.

Je ne sentais que la terreur et la douleur.

Mais personne n’est venu.

Je suis resté à pleurer, avant qu’enfin, l’idée me vienne d’aller chercher le Coach. Lorsque nous retournâmes au lac, même avec les lampes, on ne le trouva pas. On inspecta chaque mètre carré de glace, le coach la cassa pour tenter de retrouver Arvo. Mais rien. L’explication me donna envie de vomir. Son corps avait dû s’engorger d’eau et couler. L’idée de voir Arvo comme un cadavre qui coulait dans l’eau et remonterait un jour, gorgé d’eau m’horrifiait et me donnait une nausée horrible.

Je criais toujours son nom, même si ça servait à rien. Je l’espérais, en espérant le voir resurgir de l’eau, d’un arbre, de n’importe où.

Mais c’était trop tard.

Je ne pouvais plus que pleurer, sans savoir comment j’allais faire pour survivre avec la mort d’Arvo sur ma conscience. Je répétais son nom en boucle, comme si cela allait le faire revenir. Je suppliais, je hurlais. Je voulais négocier, me dire que je voulais bien qu’il quitte à nouveau ma vie et m’abandonne, s’il survivait. Que je préférais qu’il soit loin de moi mais en vie, qu’un corps flottant dans cette eau glacée. Et une partie de moi me répétait en boucle la même chose.

« C’est ta faute, Mikko »

Je n’aurais jamais dû sortir.

Je n’aurais jamais dû venir ici.

Je n’aurais jamais dû lui proposer de partager ma chambre.

Je n’aurais jamais dû espérer.

Je n’aurais jamais dû… je ne sais pas quoi mais je n’aurais jamais dû le faire.

J’étais seul, il avait disparu dans l’eau glacée et ne reviendrait jamais. Il était mort.

Mort.

Ce mot était déchirant à penser, c’était comme si mon propre corps était réduit en morceau par ce fait.

Je sentis de manière lointaine la main du coach.

Je n’avais pas envie de rentrer.

J’espérais que le froid allait arrêter la douleur.