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5 minutes

Nous sommes en juin, le mois des fiertĂ©s LGBT+, de toute les personnes ne rentrant pas dans le moule cisgenre-hĂ©tĂ©rosexuel. Souvent, je ne parle pas tant de mon identitĂ© queer. Cependant, cela fait quelques annĂ©es que j’ai envie d’écrire un billet de blog sur le sujet, et que je ne le fais pas.

Du coup, je vais le faire un peu.

À mes 18 ans, j’ai compris que j’étais bi/pan. En vrai, les signes datent de bien avant, mais vous savez ce que c’est : le collĂšge et le lycĂ©e, c’est pas l’endroit idĂ©al pour explorer son identitĂ©. AprĂšs, ensuite encore, je me suis posĂ© des questions. Sur la bisexualitĂ© et la pansexualitĂ©. A chaque crush sur une personne d’un genre ou un autre, je me posais la question de si j’étais vraiment bi. Si je me trompais pas. Des questions que des tas de gens ont dĂ©jĂ  rĂ©pondu, mais qui reste toujours un peu en sous-texte. Aujourd’hui, j’ai 30 ans, et j’ai appris Ă  ĂȘtre plus rodĂ© sur le sujet. A moins douter de qui je suis (sur cet aspect lĂ , la vie restant une longue crise existentielle).

Quelques annĂ©es aprĂšs ma sortie du placard bi, je me suis identifiĂ© comme non-binaire, (le type de non-binaritĂ© exacte variant beaucoup suivant les moments). Ça aussi c’est un truc dont je peux faire remonter les signes depuis longtemps (j’ai choisi d’avoir les cheveux long au lycĂ©e spĂ©cialement pour faire plus androgyne xD). C’est autre chose qui souvent pose des doutes, de la validitĂ© de mon expĂ©rience. Est-ce que je suis nb ? Plus vers le fĂ©minin ? Le masculin ? Autre chose ? Un canard ?

Je m’estime comme chanceux. Je n’ai mĂȘme pas vraiment Ă  faire de coming out (j’ai genre dit du genre au lendemain que j’avais des crush sur des mecs et voilĂ  ça faisait partie de la vie). Pour la non-binaritĂ©, je le suis de maniĂšre assez ouverte, sans trop avoir de soucis. L’homophobie, la biphobie, etc. je ne les ai subis que de loin, sans que ça vienne de gens proche de moi, en tout cas pas plus que des maladresses. J’ai aussi la chance d’avoir pas mal d’amis qui sont aussi LGBTs, ce qui aide Ă  se sentir mon seul sur les questions qu’on se pose, sur qui on est.

Cependant, je pense Ă  tout mes adelphes qui ne peuvent pas ĂȘtre qui iel sont, et qui se font dĂ©nier leur identitĂ© au quotidien. Contrairement Ă  ce que certains aiment dire, la lutte pour les droits LGBTs n’est pas terminĂ©e.

Aux Ă©tats-unis, la guerre contre les personnes trans (et LGBT dans son ensemble) par des contingent conservateurs haineux fait rage, avec leurs droit de plus en plus rĂ©duit. Rowling continue sa cabale contre les transgenre, allant mĂȘme jusqu’à comparer ses mangemort (qui ont toujours rĂ©fĂ©rencĂ© habituellement le fascisme) aux personnes transgenre, comparant de fait vouloir vivre sa vie et ĂȘtre reconnu comme qui on est avec la volontĂ© de montrer sa haine au grand jour de ses nazis fictifs. Des accusations nausĂ©abondes sont constamment faites envers les personnes non-cis et non-hĂ©tĂ©ro, accusĂ©e de grooming par les conservateurs, selon leur technique ancestrale de « mais les enfants », tandis que eux sont ceux qui font vraiment du mal aux enfants : qui veulent laisser les enfants et ados diffĂ©rents mourir, dĂ©clarant que chaque possibilitĂ© qu’ils soient diffĂ©rent que ce que la sociĂ©tĂ© traditionnelle a Ă©rigĂ© en norme n’est qu’une « phase », une « volontĂ© d’avoir de l’attention », et leur refusant les traitements et soins qui leur permettrait d’avoir une vie qui leur convient. Souvent en mettant l’attention sur juste les opĂ©rations de chirurgie, qui ne sont dĂ©jĂ  pas pratiquĂ© sur les enfants
 sauf hypocritement dans le cas d’enfant intersexuĂ© que des mĂ©decins « remettent dans la norme » en les mutilant. Parce qu’au fond, ce n’est pas les enfants qui leur importe. C’est de contrĂŽler ce qu’ils peuvent ĂȘtre.

C’est aussi pour cela que l’on dit qu’on est fier.e.s. Pour montrer que malgrĂ© toute leurs tentatives, nous continueront Ă  nous battre pour avoir nos droits. Pour ne pas que soit forcĂ©e la destinĂ© d’enfants, d’adolescents, d’adulte. Pour laisser aux gens la possibilitĂ© de vivre de maniĂšre libre et authentique.

Cependant, on doit faire un peu plus qu’ĂȘtre fier. Je pense que sur certains points, juste dĂ©filer et dire « on est fier », n’est pas suffisant. On doit lutter (pour celleux qui le peuvent, je prĂ©cise) contre les personnes utilisant leur influence pour s’attaquer aux nĂŽtres, pour nous dĂ©shumaniser, pour tenter de faire de nos vis un enfer. On doit tenter d’aider nos adelphes. Ne pas tolĂ©rer l’intolĂ©rable. Surtout que les droits LGBTQ+ s’intĂšgre dans un cadre plus grand. La haine qu’ils nous vouent, c’est celles qu’ils vont vouer aussi aux autres qu’ils veulent voir « en bas d’eux » dans la hiĂ©rarchie qu’ils imposent au monde. Et nous lutterons contre ça.

Pour continuer Ă  vivre.

Et pour que jamais plus nos voix ne soient bùillonnées.