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On racontait que dans les couloirs les plus sombres de la base-ville de Pôle Sud existait un homme surnommé Sans-Âme. Cette personne au visage cachée par un masque blanc qui était presque une légende urbaine dans les sous-sols.

Les êtres quasi-entièrement mécanisés existaient depuis des années déjà, depuis le milieu des années 2050, mais cet personne était allée encore plus loin. C’était son esprit même qui aurait été transférée dans un cerveau cristallin, cerveau universel des IA.

 

Il était considéré comme le premier être à avoir abandonné entièrement son humanité, à être devenu entièrement machine.


Une erreur dans la mise d’une sécurité. Une déflagration. Une douleur intense. L’impression de sombrer.

 

Ovide avait du mal à se rendre compte de ce qui se passait autour de lui. Il avait mal comme jamais il avait souffert. Il paniquait. Est-ce que c’était la fin ? Il lui était impossible de bouger, de voir. Chacun de ses membres était brulé. Il lui fallait toute sa volonté pour rester conscient. Ses vêtements avaient aussi brulés à même le corps. Un long moment avec des voix qui tentaient de cacher leur panique. Une voix proche de lui disait que tout allait bien se passer, qu’ils allaient le soigner.

Il sentait qu’il était transporté. Il arrivait à vaguement entendre les voix qui parlaient de sujet qu’il n’arrivait pas à comprendre.

Puis le noir.

 

Il était ailleurs. Il avait perdu connaissance. Il était sur un support un peu mou… Etait-il à l’hôpital ? Il entendait des cris et des pleurs… ses parents. Ils devaient être horrifiés par ce qui se passait. Il entendit la voix d’un médecin qui lui parlait.

— Monsieur, votre corps est gravement brûlé. Certains de vos organes internes ont surement été gravement endommagés par l’explosion. Votre colonne vertébrale est sectionnée. Nous pouvons faire quelque chose pour vous sauver, mais il nous faut votre accord. La société Stahl Corporation vous demande si vous acceptez un traitement expérimental, qui consisterait à tenter une robotisation complète. Votre esprit serait numérisé dans un cerveau à cristaux reconfigurables, et serait intégré à un corps androïdique.

 

Le jeune homme avait toujours été contre cela. Ses parents et lui-même avaient toujours été des proches de l’Homo Novus. Ils étaient contre toutes les formes d’implant cybernétique, estimant que c’était une manière de fuir sa réalité et de dénaturer l’humain. Et ce qu’on lui demandait était encore plus qu’une mécanisation complète, qui gardait un cerveau biologique, et la colonne vertébrale – c’était sans doute l’absence de cette dernière qui la rendait impossible.

Cependant, il avait mal comme jamais, et était au bord de la mort. Il avait peur.

 

— Tou-tout ce que vous voudrez, bredouilla-t-il avec difficulté.

 

Il commença à être mis sous anesthésie, entendant alors qu’il s’enfonçait dans le néant les cris horrifiés et furieux de ses parents.


Ovide se réveilla. Il ouvrit les yeux. Il voyait. Il regardait autour de lui. Il tenta de descendre du lit, mais tomba, ayant mal anticipé son saut. En se relevant, il comprit rapidement pourquoi : il était plus petit qu’avant. Il n’était pas d’une taille minuscule – une dizaine de centimètre de moins – mais fait de voir le monde de plus bas était suffisant pour le déséquilibrer.

Ses premiers pas furent difficiles : il allait lui falloir un peu de temps pour s’adapter au corps. Il était partagé entre une forme d’allégresse d’être sauvé et une honte de s’être dénaturé pour sa survie. Il se dirigea vers le miroir, pour voir son corps robotique. Cependant, il était rassuré comme jamais : il se sentait toujours être lui-même, et ressentait vraiment des émotions et des sentiments.

 

La première chose qu’il remarqua était que le corps était un corps de très haute qualité. Il était incapable de dire la différence entre ce corps et un « vrai corps ». Il n’en avait encore jamais vu des comme ça. Le corps était androgyne, et avait des traits peu marqué. Les cheveux étaient plutôt longs. Il portait une grande tunique blanche, le strict minimum. Le corps était également asexué. C’était le corps générique des androïde utilitaire devant avoir l’air le plus humain possible.

 

— Désolé, fit une voix derrière lui. Nous n’avions pas prévu que nous aurions à faire une opération si tôt, et nous n’avions donc qu’un corps très « générique » de base, afin de pouvoir convenir dans la plupart des cas de personnes, et nous n’avons placé dessus que le strict minimum pour vivre : vous pourrez le modifier à votre convenance plus tard en commandant ce qu’ils vous faut – cela ne nous regarde pas du coup on vous laisse le choix – et nous voulions vous réveillez le plus tôt possible, afin de permettre votre adaptation.

 

Ovide sursauta – donc un corps robotique était toujours capable de sursauter – et se retourna, voyant un homme seul qui tenait un carnet.

 

— Je me présente, continua-t-il. Joseph Cromwell, directeur de recherche en robotique et cyberisation du groupe Stahl. J’ai supervisé votre numérisation dans le cerveau cristallin, et lorsqu’on m’a dit que vous alliez vous réveillé, j’ai préféré être là. Je m’excuse de ne pas avoir montré ma présence plus tôt.

 

Ovide hocha la tête, murmura que ce n’était pas grave. Il tenta d’assimiler tout ce qu’on venait de lui dire. Tout ceci n’était pas vraiment ce qui l’embarrassait le plus. Il avait bien compris qu’une grande partie de son nouveau corps était modifiable, et une autre question le taraudait quand a son apparence, bien plus importante que des questions « d’accessoires » ou de cheveux :

— C’est possible de récupérer mon visage ? Autant être plus petit, ça me dérange pas trop, autant j’aimerais bien pouvoir me reconnaître moi dans la glace, quoi…

— C’est tout à fait possible, mais pas encore prêt. Nous devons encore attendre la fin de l’analyse 3D de vos photos afin de vous fournir votre visage, ça malheureusement on ne peut pas en prévoir d’avance.

 

Le jeune nouvel androïde comprenait. L’idée de rester un temps sans son visage le gênait, mais il comprenait.

 

— Et pour mes parents ?

— Ils sont deux pièce à côté, dans la salle d’attente, à discuter avec votre médecin, mais à votre place j’attendrais pour-

 

Ovide n’avait pas entendu. Il sortit dans le couloir et se dirigea vers la salle d’accueil pour aller rassurer ses parents, leurs dire qu’il allait bien. Il espérait qu’ils comprendraient son acte de peur, et qu’ils ne le verraient pas trop comme un lâche après ce qu’il avait fait. Cependant, en entendant les éclats de voix de ses parents derrière la porte fermée, il n’osa pas aller au bout, et écouta à la porte

 

— Nous avons dit que nous ne voulons que le corps pour pouvoir l’enterrer ! Vous avez tué notre fils, ne croyez pas que nous voulons voir votre pantin !

 

Ovide se prépara à passer la porte, pour aller les rassurer, pour leur dire que tout allait bien, et qu’il était bien lui, et qu’il ressentait les choses.

 

— Je vous dis qu’il va très bien, le transfert s’est fait parfai-

— Nous avons déjà dit que votre transfert, nous n’y croyons pas. Vous avez charcuté le cerveau de notre fils, encore vivant, pour tenter de copier ce qu’il pensait, le rendant en mort cérébrale. Vous avez ensuite laissé mourir son corps, profitant de sa douleur et de sa peur pour avoir l’occasion de vous faire de la pub. Vous voulez jeter son corps comme un vulgaire déchet.

— Je vous dis que tous les tests montrent que-

— Stop avec vos « tests » ! éructa son père. Nous savons bien ce qu’il en retourne. Votre robot sans âme n’est pas notre fils. Notre fils, vous auriez pu faire pleins de chose pour le sauver, même si sa vie n’aurait pas été parfaite, et même si son corps n’aurait été plus pur. Mais vous avez choisi de le tuer, et de le copier pour créer un pantin sans esprit, qui ne fait qu’imiter l’apparence d’un esprit humain.

 

Ovide se retourna, et marcha vers sa chambre. Il découvrait sur le chemin qu’il était capable d’avoir des larmes. Il comprenait exactement ce qu’ils pensaient. Il avait pensé la même chose. Chez l’Homo Novus, ils pensaient qu’une simulation réussie ne constituait pas le fait de « ressentir ». Qu’un robot ne pouvait avoir de vrai ressenti, de véritable « qualia ». Qu’ils ne faisaient qu’émuler des sensations en les stockant, imitant les comportements de manière à donner l’impression qu’elles sont présentes, également à lui-même. Qu’il n’avait pas peur, pas de plaisir, pas d’amour : il ne faisait que croire au monde et à lui-même qu’il en avait.

Que derrière, on était proche du zombie philosophique, un programme sans esprit qui imite l’apparence d’un esprit humain.

 

Sur le chemin, il croisa Mr. Cromwell

 

— Vous pouvez annuler la production de mon visage, lui dit-il avec amertume. Je crois que je n’en aurais plus besoin.

 

Il ne laissa pas le temps à Cromwell de répondre, et retourna dans son lit. Tout ce qu’il voulait, c’était qu’on le laisse tranquille. Qu’on lui laisse le temps d’avaler ce qui venait de se passer, ce qu’il venait d’entendre. Il n’avait pas envie d’interagir avec qui que ce soit. Après tout, qui pouvait gagner à discuter avec un être sans esprit ?

Il avait besoin de temps.


Les années avaient passé. Aujourd’hui, Ovide était devenu une légende. Suite au scandale provoqué par ses parents, sont expérience n’avait à sa connaissance jamais été reproduite. Il s’était habitué aux insultes de l’Homo-Novus à son encontre. « Zombie », « Altéré ».

Pour beaucoup, il était un monstre.

Au début, Ovide avait tenté de montrer ses émotions, de montrer qu’il avait vraiment la capacité de ressentir. Il avait raconté des blagues, avait ri, pleuré, aimé, haït.

Comment prouver ce qui était invisible, ce qu’on ressentait au fond de nous, ce qui par définition était caché à autrui ? Que son programme n’était pas une version numérique du Malin Génie, avec pour unique objectif de tromper les pauvres hères qui seraient trop naïf pour croire à cette fable que serait son âme ? Le doute carthésien devenait alors une arme pour refuser l’humanité d’autrui. Et ils avaient réussi. Leur cible doutait parfois doutait que ses sentiments et ses émotions étaient réels, et pensait être dépourvu d’esprit, uniquement habité par le fantasme artificiel d’être réellement humain de processeurs.

Et ça, c’était quand ce n’étaient pas les théories conspirationnistes, prophétisant que « Sans-Âme » serait à l’origine de la tant crainte « révolte des machines ».

 

Ovide se laissa tomber sur le canapé de son appartement. En bazar comme toujours, il ne prenait plus vraiment le temps de ranger. Il avait encore été insulté aujourd’hui, et n’avait pas trop l’humeur à quoi que ce soit. Les mots résonnaient encore dans sa tête.

— Sale machine, à cause de toi Ovide est morts. Ne crois pas que tu as le droit de le remplacer. C’était un garçon si gentil et serviable, il ne méritait pas que ses derniers instants soit de se faire charcuter le cerveau pour rendre célèbre un connard de milliardaire pour un robot qui ne pense pas.

— Et si je pense pas, connard, est-ce que vous savez que cela ne sert à rien de m’insulter, avait-il songé.

Mais le danger était trop fort pour se permettre de faire des taunts. Ovide avait réussi à fuir les hommes qui l’attaquait, mais pas la violence de leurs mots.

Il repensait à tout son vécu. Les différents corps que Judith, sa meilleure amie lui avait fait essayer, après son refus de retourner chez ses parents. Son appréciation croissante des différentes possibilités que lui apportait cet aspect-là. Le fait de pouvoir changer de corps suivant ses besoins et de ses ressentis. Ses différentes connexions à des corps tout sauf humains, des machines.


Cependant, aujourd’hui, quelque chose se produisit. Il entendit sonner à sa porte. Méfiant, il s’approcha de la porte. Était-ce une des personnes qui l’avait suivi ? Il fut surpris de voir que non. C’était une jeune femme qu’il ne connaissait pas.

 

— Mon-monsieur Ovide ? hésita-t-elle. Je me nomme Élysa. J’aurais besoin de vos conseils… Vous êtes le seul à pouvoir aider mon ami ici-présent, c’est très important.

— C’est bien moi, répondit simplement Ovide, peu habitué à ce genre de politesse. Qu’est-ce que je peux faire pour v…

Il s’arrêta. Il comprit.

 

Derrière la jeune femme se tenait un petit robot, en forme de chat anthropomorphique noir, ne faisait pas plus d’un mètre vingt. Cependant… quelque chose n’était pas habituel dans ses expressions. Il se cachait, regardait avec une anxiété visible l’androïde, accroché à la jeune femme. Il tentait de ne pas montrer son visage, comme s’il en avait honte. Des émotions qui n’étaient que rarement reproduit chez les robots. Dans un corps totalement inadapté à avoir une base humaine.

Ovide resta bouche-bée. Cet être était un robot visiblement entièrement technologique. Mais avait des émotions complètes.

 

Après des années, Ovide n’était plus seul.

Sans âme

Rose se souviendrait toute sa vie de son arrivée dans les Anneaux d’Érèbe.

 

Elle avait huit ans, et était à moitié assoupie dans la navette Char d’Hermès qui l’amenait jusqu’aux Anneaux, bercée par le doux vrombissement des moteurs du véhicule spatiale. Avec juste entre ses bras le dernier souvenir qu’il lui restait de chez elle, sa fidèle peluche d’un animal dont elle ne connaissait pas le nom, elle avait du mal à totalement s’endormir. C’était comme un cauchemar qui se terminait.

Elle avait du mal à croire qu’elle allait enfin quitter la guerre entre sa planète et celle voisine. Qu’elle allait avoir dans les Anneaux enfin l’abondance et une vie paisible.

 

Le visage collé au hublot, elle commençait à voir se former les Anneaux. De gigantesques stations spatiales en forme de beignet, flottant majestueusement dans l’immensité du vide. La lumière en éclairait totalement un côté, révélant des structures tournantes complexes imbriquées ensemble pour former l’anneau. Dans les parties obscures, seules les lumières extérieures de la colonie se voyaient, formant des points mouvant lentement, comme avec solennité. Cet endroit était celui de la paix. Cet endroit était celui où elle pourrait vivre autrement.

Elle sera fort Guide, sa peluche, tandis que la fatigue finissait par avoir raison de sa volonté à rester éveillée pour voir toujours plus des anneaux.

 

C’était le début d’une nouvelle vie.

 

Après quelques dizaines de minutes, Rose fut réveillée par l’annonce qu’ils allaient descendre. Elle attrapa par habitude la main de son voisin et meilleurs ami, un autre des orphelins de sa planète qui avaient été recueillis pour aller vivre dans les Anneaux. Celui-ci sursauta, visiblement aussi a moitié endormi. Les enfants furent amenés jusqu’à la porte de sortie par les adultes. Tout le monde restait silencieux, assez impressionné – et un peu intimidé – par leur arrivée. Mais Rose remarqua rapidement ce qui intimidait tout le monde. Une être proche des humains, de grande taille, avec un teint gris mat, des oreilles un peu pointues et un air presque elfique.

Une phosphorienne.

 

Ce nom avait été donné à une espèce qui était en train de naître chez les humains, au contact de certains phénomènes.

Rose connaissait les histoires qui narraient qu’ils avaient obtenue depuis quelques siècles le pouvoir de voyager à travers le temps et les mondes. Elle-même se sentait un peu intimidé, n’en ayant jamais vu hors des histoires et de quelques fois où elle avait pu avoir accès au réseau numérique interplanétaire.

 

— Bonjour, les enfants. Je suis Lyra, et je suis contente de vous accueillir dans les Anneaux d’Erebes. J’espère que vous serez heureux dans ces nouveaux foyers. Nous espérons de tout cœur que si nous ne pourrons vous faire oublié les horreurs de la guerre que vous avez connu, nous pourrons panser les blessures qu’elles ont laissé en vous.

 

Elle regardait la phosophorienne, qui lui tendit un bonbon, à elle comme a son ami, alors qu’elle passait, et commençait à entrer dans de long couloir blanc et neutre qui allait l’amener jusqu’à l’intérieur de l’anneau. Pour les enfants, ce trajet était interminable. Ils avaient hâte de voir leur nouveau chez-eux, et avait envie de courir après les heures a être resté assis. Certains mangeait leur friandise en silence, d’autres commençait à s’agiter un peu.

Cela fut après ce qui leur sembla être une éternité qu’ils arrivèrent à l’intérieur des Anneaux, et firent face à un spectacle tel qu’ils n’avaient jamais vu : un monde sans ciel et nuage, tout ce qu’ils voyaient en regardant en l’air était un paysage lointain vu de haut, comme s’ils regardaient depuis un hublot d’avion ou de nevette. Ils pouvaient voir une forêt vu de haut, et pleins d’habitations. C’était comme si la terre se refermait dans le ciel. Tout l’intérieur de l’anneau était un cylindre dans lequel on pouvait voir un paysage qui remontait jusqu’à haut dans le « ciel ». Ils étaient trop jeunes pour comprendre que c’était la rotation des anneaux qui formaient la gravité artificielle de chacun de ces cylindres qui le composait.

Rose regardait avec attention ce nouveau ciel qui serait le sien.

 

Elle se souviendrait toute sa vie de son arrivée dans les Anneaux d’Érèbe.

 

Les années passèrent et Rose avait grandit dans les Anneaux. Elle était entrée dans l’armée de l’Alliance Humaine afin d’aider l’Alliance à protéger tous les habitants. Cependant, comme toujours, petit à petit la perfection qu’elle voyait durant son enfance s’était estompée. Elle voyait que les phosphoriens n’étaient pas les elfes magiques qu’elle voyait en eu quand elle était petite et que leur jugement des humains « non évolués » était parfois plein de mépris et de dégouts. Que l’Alliance Humaine était également un groupement politique complexe, avec son lot de corruption, jugement hâtif, haines refoulées et guerres ouvertes. Elle avait avec le temps également appris les circonstances de la guerre qui avait opposé son peuple avec une petite planète Centaurienne. Une histoire de rivalité financière qui avaient dégénérés en une guerre totale. Et que les phosophoriens et l’alliance n’avait pas sauvé par bonté de coeur, mais par envie d’avoir un front pour être assez puissant face aux autres espèces de l’univers, et des autres univers qui commençait à être connu. Tout ceci donnait un goût presque amer à ses souvenirs merveilleux. Rose ne pourrait-elle jamais retrouver la magie de son enfance dans le monde ? Le fait d’avoir l’impression que des gens n’étaient là que pour la sauver de son malheur. Cela semblait impossible.

Sauf un jour.

 

Devenue âgée et éloignée de tout cela, elle attendait dans un véhicule spatial. Le vrombissement des moteurs faisaient du bien à son dos, et elle était heureuse. Oh, la magie de ce trajet n’était plus pour elle, combien de fois avait-elle fait ce genre de voyage ! Non, il était pour les personnes à côté d’elle. Un jeune zoomorphe tigre, d’à peine dix ans. Il portait un petit tee-shirt avec un gros poney à l’air un peu stupide dessus – le premier qu’il avait voulu après avoir pu retirer sa tenue stérile blanche des Centres. Et une jeune petite zoomorphe chauve-souris, qui portait fièrement ses couettes et sa jupe – tenues qu’on lui refusait dans les Centres d’Entrainement, sous prétexte des caractéristiques qu’on lui avait attribué à la naissance – tout en cherchant s’il ne restait pas quelques bonbons dans le sac qu’elle avait rapidement englouti. Les deux enfants regardaient d’un air émerveillé les Anneaux d’Érèbe, toujours aussi majestueux malgré les années, loin des considérations politiques et des découvertes sombres.

Et Rose était heureuse. Ces enfants n’auraient jamais à apprendre un jour que leur arrivée ici n’était que le fruit de volonté politiques et économique de renforcement d’un empire. Ils auraient le droit de garder la magie de cet instant.

Les anneaux d'Érèbes

Quelque part dans les contrées où les fées et les lutins continuent de se montrer à la vue de tous se trouvent une ville, Carillon. Avec ses murs d’une blancheur éclatante et ses toits d’un bleu profond, cette cité perchée sur les falaises tient son nom des cloches qui sonnent perpétuellement, faisant de chaque journée une mélodie nouvelle et envoûtante. Cependant, un jour par semaine, elle se taisent, faisant le silence.

Bien souvent les voyageurs étonnés s’enquissent de l’origine de ce troublant silence – est-ce le souvenir d’une tragédie, est-ce un deuil qui force le respect d’un mystérieux mutisme à cette métropole de mélodie ? À cela les habitants leur répondent qu’il s’agit d’un jour de fête, le jour de l’enfant. Ce jour est le jour où le questionnement enfantin sauva toute la ville d’un dragon. Ce jour est le jour qui rappelle aux puissants de la ville que bien des choses les dépassent.

Et après cela, ils racontent cette intrigante histoire :


« Jadis, les cloche de notre cité sonnaient sans cesse, et jamais un seul jour ne s’arrêtaient. Elles sonnaient la paisibilité de notre vie, le faste de nos récoltes et la clémence de notre climat. Notre puissance effrayait nos ennemis, et nos murs immenses montraient que nous étions imprenable.

Cependant, un jour, une menace arriva dans notre ville, une menace venu du ciel. Un dragon, au regard de cendre et au cri de fureur tomba du ciel et nous attaqua à l’intérieur même de nos murs. Il terrorisait les passants. Son souffle était brulant et son cri terrifiant, et nous perdimes bien des combattants, ce jour là. Mais nous n’arrêtames pas nos cloches, nous ne voulions pas céder à la peur, abandonner notre façon de vivre. Nous voulions montrer notre force. Il sembla disparaitre le soir tombé, nous laissant dans une nuit d’incertitude.

Le lendemain hélas, il attaqua de nouveau. Il n’était pas parti, mais se déplaçait dans le dédale des ruelles. Alors nous montâmes une équipe pour aller le traquer. Nul de revint. Un nouveau quotidien de peur et de mort commença alors. Les soldats ne réussissaient à vaincre le dragon, et celui-ci semblait ne pas vouloir sortir. Mais toujours les cloches sonnaient, donnant courage et volonté aux habitants et aux chevaliers. Nous gardions foi grâce à leur mélodie.

L’enfant d’un magistrat, alors émit une hypothèse sur le dragon :

— Et si le dragon au souffle brulant et au cri terrifiant était celui qui avait le plus peur ? Nos cloches sonnent fort et nos murailles sont grandes, peut-être se croit-il piégé dans notre cité ?

Mais personne ne voulait croire en l’idée d’un dragon qui avait peur.

Alors le roi décida que de simple guerrier ne suffirait à occir la bête. Les uns après les autres, il appella les cavaliers les plus nobles et courageux du royaumes. De pieux et preux chevaliers, qui sauveraient Carillon du souffle du dragon.

Le chevalier Alembert, à la monture resplendissante, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir ce reptile et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Dans un grand galop, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le broya immédiatement de ses puissantes pattes.

Le baron Hadrien, au courage incroyable, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir ce reptile et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Sans la moindre peur, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le déchiqueta immédiatement de sa terrible mâchoire.

Le comte Rembert, aux pouvoirs anciens, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir cet animal et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Psalmodiant d’étranges incantations, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci l’écrasa immédiatement avec sa queue aux écailles dures comme le diamant.

Le duc Eusèbe, à l’épée étincelante, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir cette bête et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Brandissant sa lâme, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le découpa immédiatement avec ses griffes acérées.

Le prince Amaury, à l’armure indestructible, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir ce monstre et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Sûr de son invulnérabilité, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le carbonisa de son souffle flamboyant.

Pendant que les plus grand guerriers affrontaient le dragon, l’enfant avait petit à petit tenté de parler aux moines des églises. Après le décès du prince, ceux-ci acquiescèrent à l’idée d’arrêter les cloches.

Et un beau jour, un mardi, il n’y eut plus aucun son dans la ville.

Tous, hommes, femmes, enfants, bêtes, tous découvraient parfois pour la première fois un monde en silence. Le dragon releva la tête. Son regard semblait moins fou, et il ne soufflait ni ne criait plus. Les derniers guerriers se préparèrent à l’achever, quand l’enfant passa devant eux. Des habitants poussèrent des cri d’effroi, à l’idée du sort que la bête allait faire à l’enfant. Le dragon allait-il broyer, déchiqueter, écraser, découper, carboniser l’unique personne qui avait pensé qu’il n’était pas une bête sauvage ?

L’enfant s’arrêta, loin du dragon, et resta debout, droit comme un piquet.

— Les cloches ne font plus de bruit, tu peux partir. Je ne tenterais pas de t’en empêcher ou de te faire de mal.

Le dragon regarda autour de lui. Son regard rougeoyant se posa sur l’être fragile qui se tenait devant lui. Le temps semblait comme arrêté, tous retenaient leur souffle. Brutalement, le dragon s’envola, et disparu dans le ciel.

La ville était sauvé.

L’enfant reçu les honneurs, mais ne vécu qu’une vie simple, en dehors des murailles de la ville. On raconte que dans son age avancé, le dragon vint chercher l’être qui l’avait épargné, avec la proposition de venir vivre de très longues dernières années avec eux. »

La légende qu’encore aujourd’hui, celui ou celle qui restera doux et silencieux pourra traverser la colonie du dragon, pour trouver une mystérieuse personne, à l’âge très avancé mais à la santé de fer, qui vous expliquera que même les nobles et fiers dragons peuvent avoir autant peur de vous que vous avez peur d’eux, et que parfois il faut savoir ne plus être puissant et effrayant pour pouvoir sauver ceux à qui nous tenons.

L'enfant et le dragon

Dans la voiture, l’enfant dort, épuisé. Il a été retrouvé.

 

C’est la fin d’un cauchemar.

 

C’était une simple visite dans une forêt, ce qui aurait dû être un moment de joie à visiter un endroit où ils allaient rarement.

Une simple promenade en famille. L’enfant avait suivit d’un peu plus loin ses parents, répondant « oui oui » à chaque fois qu’ils lui disaient de ne pas trop s’éloigner.

Mais il s’était perdu. Il avait prit un autre chemin derrière leur dos, qu’il pensait être un raccourci, pour arriver devant eux.

Mais il s’était perdu.

 

Il avait couru, les larmes aux yeux, tentant de retrouver son chemin. Il avait cru que courir l’aiderait à retrouver plus rapidement son chemin. Toutes les méthodes telles que chercher le nord grâce à la mousse des arbres.

Il avait couru, appelé, crier. Mais seuls les écho de la forêt et les bruits des arbres lui avait répondu. Il avait subi la fatigue, épuisé par la peur, par sa propre course, et par le désespoir qui montait.

Depuis combien de temps avait-il couru, perdu loin de ses parents ? 15 minutes, une heure, une demi-journée ? Il ne savait pas, le temps lui avait semblé infiniment long.

Il s’en était voulu de mal avoir suivit, il s’en était voulu de ne pas avoir écouté les consignes de ses parents.

« Est-ce que je serais un jour retrouver ? Est-ce que je vais devoir rester ici à jamais, perdu loin de mes parents ? Comment vais-je manger ? Est-ce qu’il n’y a pas des grosses bêtes ici qui peuvent attaquer ? C’est quoi ce bruit ? Et celui-là ? »

 

Des sons qui avec la présence protectrice de ses parents lui aurait semblé être intéressants et intriguant lui avaient paru terrifiant, véritable dangers qui rodaient tapis entre les arbres et les buissons.

 

Ses parent conduisent la voiture, rassuré.

Ils l’avaient appelés, chacun de leur côté, avec leur téléphones pour se retrouver. Ils s’étaient maudits comme jamais dans leur vie.

Ils avaient pensé à tout ce qu’ils auraient dû faire pour éviter cet incident. C’était inutile, mais ils n’étaient pas arrivé pas à s’en empêcher, pendant toute la recherche.

Ils s’en étaient voulu d’avoir fait reposer autant la responsabilité de ne pas se perdre sur lui, ils s’en était voulu de ne pas avoir fait plus attention.

 

Un moment inattention et leur enfant était parti.

La peur les avait tiraillé : « Et s’il est blessé ? Il doit être terrifé à présent, tout seul dans les bois. A-t-il soif, a-t-il faim ? Il y a une rivière dans cette forêt, il peut se noyer dedans ! »

Tout les scénarios catastrophes leur était venu en tête, amplifiant leur panique.

Après un temps, ils avaient entendu ses cris. Ils avaient couru, et l’avaient retrouvé en pleur, blotti en boule, terrifié.

 

Certains dirait qu’ils auraient dû le rouspéter, mais en ce moment ils étaient trop rassuré de l’avoir retrouver.

Il est en vie.

Leur fils est encore là, ils ne l’ont pas perdu.

Ils avaient cru qu’ils ne le reverait jamais, qu’il était parti dans la peur et la solitude.

Mais il était là.

 

Et puis, pourquoi le punir quand il avait déjà bien trop subit les conséquences de sa transgression ?

Il avait déjà trop subit, il avait apprit cette leçon d’une manière qui était déjà terrifiante.

 

Dans la voiture, l’enfant dort, épuisé par ces événements. Il a été retrouvé.

 

C’est la fin du cauchemar.

Retrouvé

Édeline regardait le gouffre qui se trouvait devant elle. Un trou béant dans le sol. Une crevasse dont le fond n’était pas visible. Des kilomètres de diamètres, et une profondeur inconnue. Une brume emplissait le gigantesque cratère, rendant impossible toute mesure. Seule l’ombre, l’obscurité la plus totale semblait se trouver au bout de la chute.

Les bords étaient abrupts et impossibles à escalader, dans un sens comme dans l’autre, et même avec une corde ou un appareil volant, les vents violents qui s’engouffraient feraient se percuter violemment contre les murs quelqu’un qui tenterait une descente.

 

Personne ne savait ce qui se trouvait au fond de ce gouffre, derrière toute cette brume.

Était-ce une vallée perdue comme dans les récits fantastiques ? Un monde isolé du reste de la terre ou se trouverait une vallée perdue ? Un monde où pouvait se trouver une ancienne civilisation, un ancien peuple, une ancienne espèce. Un monde où la terre de jadis pouvait perdurer en dessous de la brume, un monde ou un fragment de passer pouvait continuer à vivre, isoler du monde dans lequel Édeline vivait.

Était-ce une porte vers un quelconque monde fantastique, terre de magie et de possibilité inconnue ? En dessous de la brume se trouverait une autre terre, terre non pas de logique et de réalité scientifique, mais de sorcière et de dragon, de monstres et de dieux, de magie et de héros. Un monde qui serait dangereux mais fascinant, un monde qui offrirait toujours une part de mystère.

Où une porte plus sinistre, vers le royaume des morts, vers l’Hadès, porte ou les grands héros antiques devaient se rendre pour chercher chez les morts des conseils ou un être cher ? Cette brume était-elle le soupir des âmes, les plaintes des morts qui se matérialisaient, faisant oublier tout être qui y rentrait qu’il avait été vivant, telle des vapeurs de Léthé. Par delà cette brume l’on va dans la cité des pleurs ; par delà cette brume l’on va dans l’éternelle douleur ; par delà cette brume l’on va chez dans un monde perdu.

 

Mais au dessus de cette brume se trouvait la peur, la peur de tomber. Le vertige prit Édeline, qui se sentit tituber. La chute était longue, forcément mortelle. Il y avait quelque chose d’à la fois fascinant et terrifiant. Repoussant et attirant. Ce n’était pas qu’elle avait envie de tomber. C’était qu’il y avait quelque chose de fascinant, qui donnait envie de se rapprocher. Comme une sorte de magnétisme morbide de la chute, tel l’odeur de la plante carnivore attire les insecte vers leur funeste destin.

Mais toujours en arrière plan se trouvant cette peur continue, permanente de tomber. De faire un faux pas, de chuter vers une mort certaine. La peur de se jeter volontairement dans le vide. Toujours, le problème n’était pas la chute en elle-même – cette partie là est toujours assez inoffensive – mais le contact avec le sol.

 

Édeline fit un pas en arrière, et secoua la tête. Il était temps de revenir à la réalité, et de quitter cet endroit.

Le gouffre

Il avait été puissant. Il avait été grand. Mais désormais, il n’était plus rien.

 

Il se souvenait d’avant. De ce temps où encore on L’adorait, ce temps où encore on Le vénérait, ce temps où encore on Le craignait. Cette époque où Sa puissance était telle que Sa simple colère pouvait faire tomber des royaumes, des empires, faire s’effriter les montagnes et carboniser les forets.

Il avait été un titan, il avait été le plus roi incontesté d’un panthéon. Les autres divinité tremblaient face à Sa puissance. Il se souvenait de ce temps bénit de Lui-même, où d’un simple mot Il avait ses désirs satisfaits. Il avait protégé son peuple élu avec une dextérité qui L’impressionnait Lui-même, qui L’avait conforté dans son rôle de chef de tout les titans.

Qu’il avait fait croire qu’en fin de compte, il était un Dieu, au dessus des titans : Il commençait à s’identifier au Grand Créateur, l’unique divinité des divinité, celui que devait vénéré les titans.

 

Il avait acquis le pouvoir après une dure lutte. Son prédécesseur était devenu un tyran, obnubilé par la crainte qu’il serait remplacé par un nouveau roi des titans. Son prédécesseur écrasait d’une violence également seulement à sa terreur toute les nouvelles divinité.

Ce despote divin les détruisait physiquement, leur brisait le corps et l’âme pour leur empêcher d’atteindre une force nécessaire pour l’arrêter. Presque immortels, ils ne décédaient jamais à leur blessures mais devaient conduire une vie éternelle d’obéissance aux titans puissants, une vie ou jamais ils ne pourraient prendre la main.

Certains fuyaient loin du plus grand royaume des titans pour échapper à ce sort funeste, devenant des petites divinités n’ayant qu’un petit nombre de croyant.

 

Alors, Lui, encore jeune divinité qui cherchait à faire Ses preuve était intervenu, et avait montré Sa puissance. Il avait avec patience réuni d’autres titans exilés, cachés dans les royaumes lointains. Il avait avec patience conduit un peuple dans les royaumes humains à la gloire pendant un temps. Fier de Sa grande armée, il était parti à l’assaut du tyran, dans la cité céleste.

Armée d’une grande faux, Il avait terminé dans la souffrance le règne de Son prédécesseur, et avait accompli le cycle :

Il avait été couronné nouveau roi des titans et avait condamné à l’oubli l’ancienne cour.

 

Ensuite était venu un long règne, pendant lequel Il avait prit goût à sa puissance. Il avait contrôler Ses nations, il avait défendu son honneur pendant de longues guerres.

Mais avec le temps, Il était devenu de plus en plus certain de sa toute puissance. Avec le temps, Il n’avait même plus prit le soin de s’assurer du soutiens de ses hommes.

Il était désormais le nouveau Grand Créateur, n’avait-Il donc rien à craindre de simple titan ?

Il était une divinité supérieure.

 

Après des siècles de règne, un nouveau jeune titan était venu devant lui, et voulait son trône. Une petite divinité mineure, protecteur d’un groupe de mortel sous le contrôle du royaume divin, comme il en existait tant. Le genre de titans rebelles que personne ne prenait véritablement au sérieux : être protecteur d’un petit clan n’apporte aucun pouvoir face à la puissance du roi des titans.

Chaque jour, il revenait le défier, mais n’avait pas la puissance et devait repartir. Les mois passèrent, rythmée par des défis quotidien. Cependant, un jour, un piège Lui fut tendu. Son ambroisie quotidienne fut empoisonné.

Il ne sut jamais comment le jeune titane rusé avait réussi à tendre le piège. Il avait été plus intelligent que lui. Celui qui s’était prit pour plus qu’un titan, pour un Dieu, pour l’incarnation du Grand Créateur subit le sort d’une grande partie des rois titans qui se rendaient coupable d’hybris.

Alors qu’il était affaibli, il l’attaqua, vainquant ses garde, et le supplanta, armée d’une épée.

D’un coup, il lui signifia qu’il était désormais détrôné.

 

Humilié, vaincu, il était désormais obligé de vivre dans l’ombre. Mais la revanche d’un ancien roi des titans venait toujours.

Elle se produisait lorsque le règne de son successeur s’achevait dans la souffrance.

 

Il était patient.

 

Il avait tout son temps.

La chute

Des rats géants.

 

Des foutus rats géants.

 

Les soldats regardaient avec un air des plus médusé la menace peu commune, mais néammoins dangereuse, qui se trouvait devant eux. Ils avaient juste eut des des informations comme quoi des bestioles énormes s’attaquaient à la ville. Ils s’étaient attendu à des fauves échappés du zoo suite à la négligence de quelque gardien un peu fatigué, mais s’était rapidement rendu compte que ce n’était pas ça. Et face à eux, c’était des rats tout à fait ordinaire, si ce n’étiat le fait qu’ils faisaient trois mètres au garrot.

La menace pourquoi ils avaient été appelé était des foutus rats géant. Et évidemment, la transformation les avait rendu agressifs et les faisait attaquer tout le monde.

Bref, une sacré journée de merde en perspective.

 

En effet, les créatures se promenaient dans la ville, et plutôt de que suivre tranquillement les chemins de balade, avaient décider que s’attaquer au passant serait une activité parfaite pour des rats mutants. Il y avait déjà un grand nombre de victime, et c’était la panique. Sans compter le plus important : les dégâts matériels.

Quelques morts ça allait, mais des frais de réparations, c’était vraiment terrible. En tout cas, une chose était certaines : ces bestioles avaient été rangé dans la catégories des « menaces ».

 

Ils se demandaient ce qui avaient pu provoquer une telle chose. Était-ce un cours d’un laboratoire du coin ? A leurs souvenirs, il y en avait quelques uns dans le centre ville, qui étudiait un peu tout et n’importe quoi. C’était bien le genre de truc qui pouvait arriver. Tout d’abord, il fallait une expérimentation sur les gênes, que ce soit pour améliorer un truc, avoir plus de bouffe, ou n’importe quelle autre raison que ce soit. Ensuite, il fallait soit une erreur de dosage, soit un membre de l’équipe recherche et développement qui décidait d’un seul coup de se reconvertir en savant fou, et paf, des paramètres étaient changés.

Et à cause de cela se provoquait une réaction en chaîne qui finissait par créer des rongeurs mutants géant doté de volontés meurtrières et anthropophages. C’était le genre de truc qui arrivait tout le temps, les expériences qui tournaient mal.

D’autres théories semblaient plus ou moins plausibles : Effet des rejets de produits étranges dans les égouts, animal domestique un peu trop nourri, secte occulte dont le but était de créer des rats géants, ou encore le une quelconque espèce qui n’était pas encore connue à ce jour, et qui avait décidée d’être découverte en plein milieu des rues de la ville.

 

Ils soupirèrent. En fin de compte, comment cela été arrivé importait peu, pour eux. C’était le travail ensuite de la police, des enquêteurs et du commité de bioéthique de la ville. Eux, ils n’étaient payé que pour tenter de dézinguer la menace… tout en essayant de pas se faire bouffer au passage.

Et c’était pas spécialement gagné d’avance.

 

Bref, une sacré journée de merde en perspective.

Squeak

Thalassa regardait fièrement la mer des nuages être fendue par la coque de son navire. Le fier vaisseau, ouvrage de centaine d’ouvrier de son peuple, était ce qui leur permettait d’aller plus loin à travers l’immensité du vide. Il y a des siècles, ils avaient été abandonnés ici par le peuple qui les employait comme colons.

La planète, avait été déclaré comme non-viable par le sénat solaire, et ce après trente ans de colonisation, et malgré les dizaines de milliers d’habitants qui y vivaient déjà.

 

Et les quelques humains et zoomorphes employés par le système solaire avaient été abandonné ici, devant se débrouiller pour survivre sur les îles flottantes qui parsemait la couche haute de l’athmosphère. La vie était dure. Il fallait réussir à vivre dans une atmosphère empoisonnée, et miner l’oxygène dans des poches d’air respirable, située à la surface de la planète, là où la pression était trop forte pour y vivre. C’était une entreprise périlleuse, puisqu’il fallait traverser une mer de nuages plongés dans un orage permanent, et réussir à surveiller les tubes et lutter contre les éléments et la piraterie.

Avoir des réserves d’air personnelles étaient un luxe que peu pouvaient se permettre, la plus grande partie du peuple devant vivre dans les espaces communs en faisant des travaux pour la communautés, n’ayant des bouteilles d’oxygène que quand on les envoyait travailler dehors.

Sans technologie du système solaire, sans l’accès aux savoirs de la planète-mère, chacune des colonies étaient coincé sur leur île, devant lutter pour survivre.

 

Mais ces navires flottant étaient l’espoir d’un monde meilleurs. Mélange entre les navires et les ballons dirigeable, ces vaisseaux étaient capable de relier un continent à un autre. Thalassa était en train de réaliser la première liaison entre les deux plus grande capitales. Cela faisait plus de 600 ans que tout contact était impossible entre les deux. Elle avait hâte de rejoindre sa destination. Ce serait le début d’une nouvelle ère, la fin de l’âge sombre. Thalassa imaginait les possibilités : en unissant leur forces, ils pourraient automatiser les stations de récupérations de l’air pur, et partager leurs connaissances pour construire des moyens de le purifier. Toutes la planète, unie pour améliorer leur condition de vie.

Mais surtout, c’était une vengeance symbolique. La preuve qu’ils pouvaient se débrouiller sans le Système Solaire. Ils les avaient considéré comme une ressource qu’ils avaient le droit d’abandonner quand celle-ci devenait trop coûteuse ? Maintenant les habitants de la planète prouvaient qu’il n’avaient pas besoin d’eux. Ils atteindraient d’eux même à nouveaux les étoiles, et prouveraient à l’univers entier les agissements de la Terre. Au fond d’eux, ils espéraient même que l’empire ancien des humains s’était effondré.

Tant pouvait s’être passé en 600 ans !

 

Thalassa regardait fièrement la mer des nuages être fendue par la coque de son navire. Toute sa vie, elle avait travaillé sur ce projet. Toute sa vie, elle avait attendu le jour où les habitants de sa planète pourraient à nouveaux être réunis. Toute sa vie, elle l’avait destinée à permettre le début d’une ère nouvel. Ce premier voyage serait le début d’une grande série.

D’ici quelques années, ce serait une liaison régulière qui serait faite entre les deux villes.

D’ici quelques décennies, les cieux seraient remplis de ces bateaux volants.

 

Thalassa était contente. Ils avaient pu se relever de leur abandon, même si cela leur avait mis des siècles, et étaient en train de construire tous ensemble une ère nouvelle. Une époque d’infinies possibilités s’ouvraient à eux tous.

Les vaisseaux

« Et toi, dans quel camp tu es !? »

 

Nicolas n’aurait jamais pensé que son retour au monde, sa renaissance se serait possiblement le théâtre de la fin d’un monde.

 

Hier même, une simple phrase lui avait semblé être la plus belle du monde : « tout est en règle, vous pouvez sortir ». Il avait écouté avec calme et attention toutes les conditions de son droit de sortie : Pas trop de sel, pas trop de sucre, surtout pas d’alcool et de tabac, et pas d’excitation.

Il avait accepté chaque injonction, et même l’idée de retourner au lycée lui avait parue superbe, malgré l’épée de Damoclès qu’était le rattrapage de leçon. Il n’avait eut qu’une hâte : quitter ce lieu. Il avait souhaité retrouver le monde, son monde, qui n’aurait jamais dû se réduire à une pièce et au bruit régulier de machine.

 

« Et toi, dans quel camp tu es !? »

Nicolas avait toujours été dans le même groupe d’ami depuis son enfance. Il s’y sentait bien, et c’était un peu son univers. Il n’était ni très connecté, ni très sociable, et se sentait donc à l’aise d’avoir ce petit groupe qu’il pouvait retrouver. De ce fait, il avait été impatient de les retrouver, n’ayant eut des nouvelles que de ceux qui lui avaient envoyé des textos pour lui tenir compagnie. De longues discussions sans queue ni tête, dont il savait qu’une partie des messages avaient été envoyés au nez et à la barbe d’un professeur pas assez attentif.

Il avait attendu avec impatience la première journée de cours, la première récréation.

 

« Et toi, dans quel camp tu es !? »

 

Dès le début de la journée, il avait commencé à comprendre que quelque chose n’allait pas. Les félicitations étaient sincères et chaleureuses, les blagues sur sa victoire héroïque pleine de virilité sur les terribles clans infectieux avaient fusée. Mais à côté de ses rires, il avait sentit la gêne et la tension. Ses amis ne discutaient pas entre eux, juste avec lui.

Il avait demandé si tout allait bien. La guerre fut déclarée.

D’abord, juste quelques remarques sarcastiques. Des réponses acides. Visiblement, une trahison de confiance. Et finalement, virent les mots et les cris. Les insultes.

 

« Et toi, dans quel camp tu es !? »

 

Ces mots étaient à la fois une attaque, une menace et une insulte. Une attaque envers lui, qui avait juste écouté les récits contradictoires sur l’effondrement de son groupe d’ami. En lui demandant de prendre position, on le plongeait sans ménagement dans cette situation. Une menace, parce qu’il savait très bien qu’ils ne lui demandaient pas avec qui il serait ami – mais avec qui il allait être brouillé. Et une insulte, parce qu’il lui demandait de designer un coupable et un innocent sans rien savoir de la situation.

 

« Et toi, dans quel camp tu es !? »

 

Cette phrase marquait la rupture, la fin de son monde. Le groupe d’ami n’existait plus, il n’y avait que deux clans ennemis, et il ne pouvait se résoudre à en trahir l’un pour rejoindre l’autre. Il ne savait pas. Et il savait que dans ce genre de conflit, ne pas choisir n’allait pas lui permettre de garder de bon contact avec les deux groupes.

Il avait le choix entre décider arbitrairement de qui il voulait perdre, ou perdre tout le monde.

Camps

« Nan, mais c’est pas possible, je peux pas porter ça, je vais être ridicule ».

 

Sous cette complainte classique, c’était un cri du cœur qui sortait de la bouche de Lucie. Dans cette robe de soirée, elle se sentait gênée comme jamais. Elle regardait avec envie le costume de son frère, Lucas. Celui lui semblait tellement plus proche de ce que les deux jeux adolescents portaient habituellement, juste à un prix beaucoup plus élevés.

Cependant, comme s’il avait entendu les pensées de sa jumelle, il rétorqua.

 

— « Te plains pas, toi tu ressembles pas à un pingouin… »

 

Les deux jumeaux étaient obligés de se rendre à une soirée huppée, pour des raisons obscures liés au métiers de leurs parents. S’ils avaient bien compris, ils avaient fait un truc, ce truc avait été apprécié, et du coup ils étaient passé à la télé – ça c’était super cool – et ils avaient été invités avec les enfants à la soirée.

Et les deux jeunes adolescents étaient donc forcé de porter ces tenues.

Ils se sentaient tellement gênés dans leurs costumes qu’ils se demandaient s’ils ne ferait pas mieux de venir tout nus…

 

On leur avait dit que c’était important, que là-bas, tout le monde était élégant, et qu’ils devaient l’être aussi. Aucun des deux ne s’était jamais décrit comme « élégant », et ils avaient l’impression que leur faire croire qu’ils allaient être élégant juste en portant ce costume, c’était un mythe. Lucas savait parfaitement qu’il n’allait pas parler de la même manière que les autres, et que ça se remarquait. Lucie avait lu une fois quelque chose sur le nombre de couvert qu’il y avait. Et si elle se trompait de fourchette ? Tous deux comprenaient qu’il y avait certains codes pour être élégant, et qu’il leur manquait les clefs pour les déchiffrer.

Ils n’auraient pas les mêmes références, ils seraient plongés dans un monde dont ils ne connaissaient rien. Lucas avait même voulu prétexter de devoir réviser une dictée pour échapper à cela.

 

Ils avaient peur. Et si par leur comportement, ils étaient reconnus comme ne faisait pas partie de ce monde ? Seraient-ils des intrus, n’ayant aucun droit d’être présent en ces lieux ? Seraient-ils ridicules de par leurs vêtements et leurs comportements ? Ils ne savaient pas si c’était vrai ou faux, mais en tout cas avaient assez peur que ce soit vrai pour vouloir éviter que cela arrive. Lucas remarqua que c’était sans doute la première fois que lui et Lucie étaient inquiets d’être à un endroit où ils ne devaient pas être.

Cependant, malgré toute leurs protestations, les parents les amenèrent dans la voiture, scellant leur triste sort.


Au sortir de la soirée, les enfants se dirent que ça avait été un succès, contrairement aux adultes qui l’étaient moins, et ce pour la même raison.

Même si le début de la soirée fut prise d’un silence gênant avec les enfants des autres adultes, il y avait un langage universel, qui pouvait transcender les différences de langage, et composer leur manque dans cette discipline auguste et ancienne qu’était l’élégance :

 

Les bêtises.

Élégance