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Partie IV : La guerre froide solaire

La spirale de la peur (2220 – 2254)

Le 25 décembre 2219, un attentat dans la ville lunaire de Lyn avait provoqué des centaines de millier de morts, et encore plus de blessé. Cet act fit tomber le système solaire dans une spirale de peur et de paranoïa. S’il ne déclencha pas de guerre à proprement parler, il provoqua un durcissement des lois à la fois des pays terrestres et de la Confédération Lunaire.

La loi martiale solaire (2220 – 2258)

Le 2 janvier 2220 fut déclaré la loi martiale à l’échelle du système solaire « le temps de pacifier la situation ». Le sytème solaire fut placer sous haute surveillance, des couvres-feu se firent dans la plupars des villes lunaires. Les politiciens disaient que c’était dur, mais que c’était le prix de la paix. De plus, une plus grande surveillance fut faite des mouvements pan-terriens, par peur d’une extensions aux autres pays.

Au niveau des groupements politiques, ces 28 ans furent le gouvernement d’un seul groupement politique : « L’Union Solaire ». Sous ce nom très vague se regroupait la fusion des deux groupements majoritaire de l’époque : Le groupe des fédéralistes solaire (qui demandait au passage d’une confédération à une fédération, en faisant de la confédération solaire non plus une union de planète chacune avec leur propre gouvernement mais une république fédérale interplanétaire dont chaque planète serait une province), et le parti constitutionnaliste (qui défendait le status-quo actuel, avec une confédération mais un plus grand contrôle d’une législation solaire qui devrait être le texte de loi premier de chaque état planétaire). Malgré leur différence, les deux groupes étaient d’accord avec le caractère essentiel de la confédération solaire, et le danger d’un éclatement de cette confédération, qui diviserait l’espèce humaine.

La situation provoqua des changements de budget eut aussi différente conséquence. Le projet SETI-2, en balbutiement avant la loi martiale, qui avait pour objectif de relancer la recherche de vie extra-terrestre, vit ses budget être gelé « le temps de résoudre la situation ». Si l’argument principal était le manque de moyen de la confédération solaire, une autre raison plus importante était la peur d’une découverte. En effet, dans un climat de tension et de guerre latente, la dernière chose que les gouvernements voulaient avoir à gérer était une augmentation de la peur « d’envahisseurs venus de l’espace » liée au contact avec une autre culture extra-terrestre.

Un second projet qui fut gelé fut le projet Dandelion, qui sera fortement retardé à cause de cela. Étrangement, seule la première vague fut gelée, parce qu’une seconde série de vaisseau commença tout de même une construction en 2229, pour des raisons qui échappent encore aux historiens. Les technologies spatiales aussi vécurent un passage à vide, en partie à cause de la difficulté à dépasser les 1 % vitesse lumière. Si la barre symbolique avait été passé peu avant l’attentat, les moteurs stagnèrent à cette vitesse.

La loi martiale dura 38 ans, et ne s’acheva qu’avec un mouvement de protestation à l’échelle de la confédération solaire en 2258, qui entraina la dissolution de l’assemblée solaire, et l’élection d’une nouvelle majorité réformiste, qui entendait faire évoluer la confédération solaire vers quelque chose de nouveau.

Formation de la Grande Union Terrestre (2227 – 2254)

Sur Terre, les mouvements pan-terriens annoncèrent le début de la Grande Union Terrestre. Cette union, né des différentes idéologies des mouvements composant l’Union, certains vieux de plus de deux siècles, . En effet, le durcissement des règles contre les critiques de la confédération solaire appuya la réthorique de ce mouvement, qui croyait en un complot contre la Terre, dans le but de détruire la « culture terrestre ». Le nombre de pays terrestre entrant dans cette union commença à croitre. Cependant, même s’ils continuaient une réthorique martialle contre le système solaire, la guerre ne semblait pas se déclencher. D’autres lois furent voté, lié à une idéologie : la théorie des métaux. Cette théorie stipulait qu’on pouvait estimer les humains métaphoriquement fait de différents métaux, plus ou moins précieux. La « composition » de chaque personne délimitait ses possibles, jusqu’où pourrait aller ses capacités. Cette théorie inéiste stipulait que l’ordre social était alors forcément juste, puisqu’il était du devoir des hommes de prouver leur composition en étant à la place qu’ils devraient être. À cela s’ajoutait une critique forte des modifications génétique et technologique de l’humain, vu comme une méthode palliative pour les « faibles ».

Cependant, les gouvernements extra-solaire n’étaient pas les seuls ennemis de la GUT. Les années 2230 furent aussi la recrudescence d’un mouvement terrestre, celui des néo-synchrétisme. En effet, dans la perte de repère engendré par l’arrivée du GUT et la loi martiale solaire, de nombreux peuples se réinvestirent dans leur passé, en créant des néo-paganisme fusionnant étrangement culture judéo-chrétienne ou musulmane avec cultures et religions anciennes. Parmi les plus célèbres de ce mouvement, il y eut l’Église du Soleil au pérou, ou le Soleil (Inti) devenait le « symbole de la puissance de Dieu », tandis que l’Inca était le nom donné au chef de cette église. Ces fusions eurent un succès énorme non seulement sur Terre, mais partout dans la confédération solaire. Les deux puissances voyaient d’un mauvais oeil ces nouvelles cultures qui s’étendaient très vite chez les descendant, chacun. En effet, la confédération solaire pronant le fait d’aller vers le futur, et la Grande Union Terrestre une « culture terrestre », cette recrudescence de ce qui n’étaient pour les deux super-puissance que des « particularisme régionaux » était une mauvaise chose. Cependant, le mouvement continua à croitre, malgré les tentatives de le restreindre par des lois dans les deux puissances.

Le gouvernement de la Grande Union Terrestre décida de relancer un vieux projet, le projet ORACLE. Ce projet, démarré deux siècles auparavant dans les bases antarctique et arrêté dans des circonstances mystérieuse, était un projet d’utilisation d’IA prédictive et de système multi-agent pour créer un algorythme de préduction et de neutralisation des menaces potentiel. Le nom « ORACLE » était le nom du système principal, celui de prédiction des menaces, tandis qu’à cela s’ajoutait un système nommé Myrmidon, qui devait s’occuper de les neutraliser. Le projet ORACLE fut remis en route progressivement, ce qui provoqua des sanctions de la part du système solaire, mais aucune autre réactions plus violente.

Le système solaire semblait se retrouver à nouveau divisé entre la Terre et ses ex-colonies. Cependant, cette fois, il s’agissaient de deux puissances, qui voulaient éviter de se faire la guerre. Ce fut le début de la Guerre Froide Solaire.

Ouverture et fermeture (2254 – 2289)

Premier contact (2254)

Le 30 Juin 2254 se passa l’évenement le plus historique. Une civilisation extraterrestre prit contact avec le système solaire, avec un vaisseau s’approchant de Neptune. Et le plus surprenant dans cette histoire était que cette civilisation venait d’un système solaire proche : Alpha Centauri. Ils étaient nos voisins. De plus, il s’agissait d’aliens très proche de l’image qu’on s’en faisait, les « petit gris ». Ils furent donc nommé les « Reticuliens », ou les « Petits Gris », même s’ils préféraient le terme de Centauriens. Ne pouvant pas parler avec des sons, mais avec des signaux éléctriques, ils avaient choisi les seules langues humaine qu’ils pouvaient imiter : Les langues des signes.

La raison pour laquelle ils venaient était la même qu’à chacune de leur anciennes arrivées, origines des mythes des extra-terrestres sur Terre.

Il s’agissait d’une raison ancestrale, qui avait exister à travers les siècles et les civilisations : Le commerce. ( Ceux-ci furent d’ailleurs très vexé quand ils apprirent qu’ils avaient été accusé de voler des vaches : En effet, ils avaient à chaque fois payé un prix très honorables pour la vache, et étaient vexé que les fermiers n’avaient jamais compris qu’il s’agissait de monnaie ou de troc. )

Il s’agissait d’une civilisation « avancé », mais pas tellement plus que celles terrestres (juste depuis plus longtemps), et utilisant des technologies éléctronique assez proche de celles terrestres, malgré quelques postulats de bases différents. Ils avaient aussi une confédération planétaire, mais n’arrivaient pas non plus à éviter les conflits – ils sortaient tout juste d’une guerre de 200 ans entre deux planètes – et n’atteignaient que 1.9 % de la vitesse lumière (d’où le manque de fréquence de leurs visites). Ils expliquèrent stagner comme cela depuis pas loin de 8 siècles depuis qu’ils avaient presque atteint le type II, et espéraient qu’à deux civilisations, il serait plus simple d’avancer. Le projet Dandelion les intéressa beaucoup,

Leurs seules technologies plus avancés étaient celle de l’hyperespace et quelques connaissances nano-biologique utile à la formation… Cettre première qui ne pouvait pas être encore utilisée par des vaisseaux, qui explosait dès le passage en hyperespace, ce qui n’était pas très pratique. Cependant, cela leur permettait une chose importante : les communications hyperspatiale étaient quasi instannée, et n’était plus limitée par la vitesse de la lumière. Avec les bons modèles d’antennes et de technologie, ce serait donc la fin des temps de latences de plusieurs minutes, heures, jours suivant notre position dans le système solaire, et la possibilité de communiquer entre les deux systèmes solaires. De son côté, les civilisations solaires étaient bien plus avancé dans le domaine des IA et des technologies cyborg.

Ce fut le début des échanges entre les Centauriens et les deux grandes puissances terrestres. Cependant, cette connaissance d’une civilisation extra-terrestre commença à provoquer des troubles, avec à la fois un méfiance et une facination envers cette nouvelle civilisation qui commençait à commercer avec la Terre. Seconde Confédération Solaire et réouverture à la Terre (2258 – 2276)

En 2258, des grands mouvements sociaux mire en difficulté le régime de la loi martiale terrienne. L’Union Solaire, parti au pouvoir depuis 2220 vit son pouvoir être de plus en plus critiqué, en particulier par les instances qui estimaient que le contrôle centralisé empêchait de plainement profiter des avancées fournie par les Centauriens. Ce fut trois mesures qui furent en particulier critiquée :

  • Le gel du projet Dandelion et SETI-2, considéré comme « inexcusable » avec la possibilité d’avoir des communication extra-solaire.

  • Les mesures anti néo paganisme. Ces mouvements culturels étant plus nombreux, et les descendants de peuples ayant déjà subit la répression, leur critiques se firent de plus en plus vives.

  • La baisse des fonds alloués à la terraformation de Vénus et Mars, qui menaçait de plus en plus une crise violente sur ces deux planètes.

Ces trois phénomènes entrainèrent le 22 Mars 2258, après plusieurs mois de conflits sociaux la dissolution du gouvernement lunaire, de l’union politique dirigeante. Ce fut surtout la peur de perdre Mars et Vénus qui motiva ce changement. Une nouvelle cour provisoire fut élue, et un nouveau gouvernement ce forma.

Ce fut les confédéralistes radicaux, contre l’idée que ce serait forcément uniquement des planètes qui feraient partie de la confédération solaire, qui gagnèrent ces éléctions. Un remaniement du gouvernement solaire se fit alors, avec trois corps :

  • La cours des nations, qui envoie un nombre égal de représentant pour chaque nation.

  • La cours du peuple, visant à avoir des représentants de chaque « cultures » terrestre. L’organisation de cette cours fut variable suivant les époques, alternant suivant les grandes réformes entre éléctions et tirage au sort.

  • Le gouvernement central, élu par la, qui avait surtout pour but de contrôler ce qui était commun à la confédération, tel que les grands projets.

Ce fut le début d’une période d’ouverture jusqu’en 2276, avec notamment une détente entre la Grande Union Terrestre et la Confédération Solaire. En effet, cette première n’avait jamais véritablement « quitté » la Confédération, et se contentait de l’isolement. Et avec la baisse des réthoriques anti-terrienne, et les populations qui s’habituait au fait de ne pas être seule, les réthorique de la Grande Union semblait faiblir. Contrairement à la première guerre froide, il semblait qu’aucun conflit n’émanerait de la guerre froide solaire.

Les grands projets furent relancé, la terraformation de Mars semblait avancer plus rapidement que prévu, et celle de Vénus n’avait pas tout les retard que craignait la population. La construction des projets Dandelion repris de plus belle, avec 38 ans à rattraper.

Cependant, ce fut en 2274 que cet espoir de paix bascula. La Grande Union Terrestre révéla sa première base militaire orbitale, dans le but affiché de « protéger ses populations de toute attaque ». La présence d’une nouvelle base militaire spatiale de la Grande Union Terrestre inquiéta toute les anciennes colonies. La Terre n’avait plus eut de base militaire spatiale depuis les guerres coloniales.

Les tensions reprirent, et s’envenimèrent comme jamais. Certains états extra-solaire commencèrent à douter de la possibilité de la Confédération Solaire à se réformer : ne retomberait-elle pas toujours dans ses erreurs ? Même si elle ne tenta pas de recentraliser le pouvoir comme avant, la reprise quasiment immédiate de tension avec la Grande Union Terrestre fit douter la capacité de la Confédération à permettre une paix dans le système solaire. De son côté, la Grande Union Terrestre pris cette réaction comme une tentative d’affaiblir leur pouvoir. Suite à cela, la GUT annonça le projet d’une nouvelle armada de vaisseau, et de plusieurs autre base spatiales.

Sanctions et disputes continuèrent, jusqu’à ce que fut prononcé l’ultime sanction de la Confédération Solaire envers la Grande Union Terrestre : L’embargo.

L’Embargo Terrestre (2276 – 2289)

En 2276, la Confédération Solaire déclara un embargo sur la Grande Union Terrestre, interdisant à la fois le commerce avec cette nation, et sa participation au projet Dandelion. L’embargo devint même terriens, avec ordre donné aux états terrestre de ne pas faire de commerce avec la GUT. Certains groupement politiques ailleurs que sur Terre annoncèrent rejoindre la GUT, suite aux « ingérences lunaires ».

Cette décision provoqua en 2277 le départ de la Grande Union Terrestre de la Confédération Solaire, et une volonté de sa part de se poser en alternative à la Confédération. Plusieurs autres astres, cité-états lunaires et nation terrestre (faisant notamment commerce avec la GUT) décidèrent d’en faire de même dans les années suivantes, estimant que même si la Grande Union Terrestre était un état autoritaire et proche de la dictature, ce n’était pas en l’isolant et surtout en isolant son peuple que la situation serait résolue. Ce fut en particulier le fait que cet embargo touchait aussi les appareillages climatiques, pourtant utiles à toute la planète. Ce fut le début de la nouvelle « Union des Nations Non-Alignées », basé sur ce qui s’était passé durant la première guerre froide.

Le système solaire se retrouva divisé en trois :

  • La Confédération solaire (contenant Mercure, Vénus, 10 % de la Terre, 75 % des cités états lunaires, 83 % de la ceinture d’astéroïde, ainsi que tout Jupiter (sauf Callisto) et une grande partie de Triton)

  • La Grande Union Terrestre (contenant 60 % de la Terre, 5 % des Cités États Lunaires, 8% de la Ceinture d’Astéroïde, Titania et Obéron d’Uranus et le reste de Triton).

  • L’Union des Nations Alignée (contenant 40 % de la Terre, 20 % de la Lune, Mars, 9 % de la ceinture d’astéroïde, le satellite Calisto, les satellites de Saturne, et tout les satellites d’Uranus sauf Titania et Obéron)

Le premier vaisseau du projet Dandelion fut lancé en 2279, soit avec plus de 20 ans de retard sur le premier calendrier prévu. Tous les astres et nations du GUT en furent cependant exclu (mais pas celles membres de l’Union des Nations Non-Alignées). Ce fut alors sans eux que les trois premières vagues de vaisseaux emportèrent des millions d’humains vers les étoiles, en 2279, 2283 et 2287. Cette décision provoqua une recrudescence des tensions, tout au long des années 2280.

C’est le 21 Janvier 2289 que se termina cette escalade, par cette apothéose que fut la participation des deux puissances à une guerre localisée sur Triton, entre les deux parties de Triton : La république Tritonnienne et la Fédération Tritonnienne. La première était soutenue par la Confédération, la seconde par le GUT. En effet, une partie de la Fédération Tritonnienne déclara son indépendance et fut annexée ensuite par la République Tritonnienne dans des contextes de corruption et de jeux politiques complexes. Ce fut alors un motif de guerre entre les deux nations, et entre les deux puissances.

Si les centres de la GUT et de la Confédération Solaire ne se firent pas la guerre directement, ce conflit marqua le début de la Seconde Guerre Solaire, le plus long conflit jamais arrivé aux humains.

Petite histoire uchronique du système solaire (4)

« Bienvenue dans Abraxia, la nouvelle capitale de la Grande Union Terrestre ! L’ensemble des douze gouvernements de notre future union planétaire ont construit cette ville pour être le symbole de notre nouveau idéal, notre tremplin vers l’avenir. Abraxia est la ville qui devint Utopia : Notre monde est encore loin d’être idéal, mais nous le construiront.

Nous savons ce que tu penses, cher nouvel habitant : comment pourrons-nous enfin retrouver la place qui nous est due ? Les anciennes colonies de la Terre se sont rebellé, malgré tout l’argent que nous avons dépensé pour leur fournir de l’air. Ils ont créé la guerre civile chez nous pour nous affaiblir, par jalousie de la prospérité de notre planète et haine de notre mode de vie, qui n’est pas autant atteint par la décadence des modifications mécaniques et biologiques de nos propres corps : nous ne vivons pas dans le mensonge, nous.

Comment pourrions nous à nouveaux monter dans l’échelle des planètes, et être enfin à la tête du système solaire comme nous le devrions ? Et surtout, comment toi, tu pourras monter dans la hiérarchie sociale à la place qui t’es due ?

Et bien, c’est par ce qu’il les a fait monter qu’ils tomberont. S’ils sont monté aussi haut, s’ils ont autant grimpé dans l’échelle des puissants, c’est par jalousie. Une âme bien construite sait reconnaître sa place, et même s’il se montre féroce et digne pour atteindre le haut de l’échelle, il est capable de reconnaître quand il a atteint sa place.

Le monde est une jungle, mais une jungle avec un ordre. L’homme est un loup pour l’homme, mais c’est dans l’ordre des choses. Tu dois te respecter, respecter le corps et l’âme avec lesquels tu es né. Ils sont le métal qui te constituent, ils sont ce qui te définis. Chaque homme peut être considéré comme étant fait d’or, d’argent et de fer. Ils sont ce qui te donnera la place que tu mérites. Tu dois travailler toujours plus pour prouver de quel métal tu es fait. Tous seront en concurrence avec toi, et si tu t’obstines à refuser de jouer le jeu, tu seras écrasé par ceux qui le jouent. Si les forts sont à leur place, c’est parce que eux et leurs ancêtres ont été plus fort. Si les sages sont à leur place, c’est parce que eux et leurs ancêtres ont été plus fort.

Cependant, ils sont pleins de jalousie, et refusent leur place naturelle, et ont été prêt à tricher pour ça. En effet, les extra-terriens ne sont que des manuels et des techniciens : c’est pour compenser leur bassesse d’âme qu’ils ont inventé des moyens d’être plus fort, en modifiant leurs corps, leur ADN, en se rajoutant des implants bioniques. Ils n’en ont pas naturellement les capacités : n’est-ce pas sur Terre que tout les grands penseurs du passé ont vécu ? Notre planète est les conditions de l’homme, elles permettent de naître ce qui est de plus grand chez lui : ceux qui pense bien. Les extra-terriens ne respectent plus le corps dans lequel ils sont nés, et font toujours plus pour être plus puissant, et atteindre cette place qui ne leur ait pas due. C’est comme cela qu’ils ont grimpé aussi haut et qu’ils peuvent désormais t’exploiter toi.

Mais l’heure de la vengeance à sonné ! Les extra-terriens sont tellement jaloux que déjà ils commencent à s’entre-déchirer. Ils font des luttes stériles pour le pouvoir. Tandis que nous, en faisant une compétition saine mais féroce, pour que chaque personne puisse monter dans la société jusqu’à la place qu’il mérite, nous prouveront notre puissance. C’est une Terre unie grâce à nos leader éclairés et à la morale inflexible et où chaque personne est à sa place grâce à la libre concurrence qui ira lutter pour nous rendre à tous notre place dans l’échelle de l’univers.

Prouve que c’est toi qui mériterais d’avoir les haut sièges, les places importante, ou accepte la tienne. Tu dois montrer de quel métal tu es fait. Ne sois pas jaloux des sages et des forts de notre monde, mais lutte pour nous permettre à tous de mettre a bas ceux qui se sont accaparé la place naturelle des terriens ! »

Tel était le discours de l’idéologie de la Grande Union Terrestre. Tel était le discours qu’on enseignait dans l’état aux jeunes adolescents. Il fallait leur montrer ce qu’était la vie. Leur faire accepter cette vision du monde, la vision du monde moderne. S’ils ne jouaient pas le jeu, ils seraient des naïfs voir, pire encore, des « parasites ». Ils seraient un poids pour la société. S’ils cherchaient à truquer le jeu et leurs corps, ils seraient des traîtres.

Ils seraient une menace.

Telle était la morale qu’on enseignait dans la Grande Union Terrestre.

#Inktober2017 - Day 23. Climb

C’était un jour normal pour Gaël. Le jeune humain aux implants bioniques se promenait dans les rues protégées de la capitale du continent Antarctique, le Pôle Sud. Depuis qu’il avait du avoir la mécanisation complète, le jeune homme s’habituait non sans quelques difficultés à son nouveau corps. Cependant, les nouvelles possibilités lui semblaient impressionnantes. Il avait hâte de tout essayer. Il se dirigea comme à son habitude vers son disquaire préféré, et commença à regarder les disques.

Et c’est en ce jour ordinaire que l’évènement arriva. Gaël commença par se sentir plutôt mal. Il ne comprenait pas trop ce qu’il lui arrivait. Cependant, ce fut comme si une phrase résonnait dans sa tête, ou plutôt, était implémenté dans ses composants bioniques.

« Il est temps de retourner à la réalité »

Et ce fut à ce moment précis que la lumière qui éclairait le monde s’éteignit. Seul existait désormais une nuit perpétuelle. Les yeux artificiels de son nouveau corps avaient cessé de fonctionner.

Gaël paniqua. Autour de lui, il entendait des sons entremêlés, mais ne pouvait pas regarder pour en identifier visuellement la cause. Qu’est ce qui avait fait tel ou tel bruit ? Il n’avait aucun moyen de le vérifier. Il ne savait même pas si certains sons avaient la même cause ou non. Le jeune homme ne savait pas quoi faire. Le cyborg avait peur de demander de l’aide. Qu’est-ce qui se passait, qu’est-ce qu’était cette voix, pourquoi lui avait-on fait cela ? Il avait cependant encore plus peur de tenter de sortir en avançant à tatons. Ne risquait-il pas de mettre sa main dans quelque chose de dangereux ? Gaël avait peur. Est-ce que c’est comme ça que sera désormais sa vie ?

La peur, les sensations, et un mal de crâne eurent raison de la façade qu’il tentait de garder, et il fit un malaise. Sans pouvoir voir ce qu’il se passait, il entendit les gens s’affairer autour de lui. Des échos de voix, tous entremêlés. Il entendit que quelqu’un appelait les secours. Oui, vite, qu’on puisse réparer ses yeux ! Gaël se laissa glisser dans l’inconscience. Il espérait voir en cela un raccourci vers le moment ou il retrouverait sa vue.

***

Gaël se réveilla, allongé dans un lit. Autour de lui, les sons typiques des appareils d’un hopîtal. Il ne voyait toujours rien. Il entendit juste une voix. Il devina que c’était le médecin ou une personne en charge de ses parties bioniques : il ne reconnaissait pas cette voix.

— Tu es réveillé ?

Il acquiesça. Il entendit un soupir. Le médecin avait sans doute des mauvaises nouvelles à lui annoncer. Gaël se sentait trembler.

— Tu as été attaqué par des membres de l’Homo Novus. Il semblerait qu’ils aient attaqué plusieurs personnes ayant des implants bioniques ces derniers jours. Je suis vraiment désolé que tu ais été une de leurs victimes, et nous allons faire notre possible pour les attraper.

A vrai dire, qui l’avait fait n’était pour l’instant pas la première préoccupation de Gaël. C’était ses chances de guérisons.

— Bon, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle à t’annoncer…

C’était toujours mauvais signe quand un médecin disait ça.

— La bonne, c’est que les mecs qui t’ont attaqués n’ont pas réussi à pirater des zones de ton cerveau. Ils n’auront pas de quoi te faire du chantage, ni n’ont pu implanter de virus en toi.

Un silence. L’heure allait être à la mauvaise nouvelle. Le jeune cyborg devinait aisément ce qu’il allait entendre, tout en espérant de toutes ses forces le contraire.

— Malheureusement, ils ont en piratant tes yeux abîmés ton cerveau, et la zone de la vue en tout particulier. On ne peut pas réparer ça.

Le jeune garçon en dit rien. Il avait envie de crier, de pleurer, mais ne dit rien. Il n’avait pas envie de savoir que cette personne qui lui avait annoncé de la nouvelle retentirait de la pitié pour lui. Il se retourna dans son lit. Il n’écouta que d’une oreille l’homme lui expliquer qu’on lui fournirait des cours pour apprendre le braille, et lui expliquerait comment se brancher directement à un ordinateur pour utiliser des interfaces non-visuelles pour l’utiliser, et acquérir directement les informations des textes à l’écran. Il n’avait pas envie d’aller à ses cours. Même si ces cours servaient à l’aider dans sa vie, il avait l’impression que ça rendait la situation définitive, lui retirait tout échappatoire. Il se retourna.

Lorsque l’homme fut parti, Gaël resta allongé dans son lit. Il rumina l’attaque qui l’avait privé de ses yeux. Comme si en imaginant assez comment cet événement pourrait s’être passé autrement, cela allait changer les choses. Comment s’adapter à la perte d’un sens ? Comment s’adapter à tout ce qu’on ne pourra plus faire ? Comment accepter l’idée que toutes ces sensations que nous avait apporté notre vue, nous ne l’auront plus ? Cela lui semblait impossible.

Toute la fin de la matinée, le cyborg vit des membres de sa famille le visiter. Autour de lui, ses proches tentaient de lui remonter le moral. Lui dire qu’il réussirait à s’en sortir, que ça irait mieux. Ce n’était pas eux qui sont dans cette situation, c’était donc facile de dire ça. Quelques personnes tentèrent de faire de l’humour dessus. Des jeux de mots dont Gaël se serait bien passé pour le moment. Le pire n’était pas quand c’était méchant. Le pire était qu’ils étaient persuadés que ça allait lui remonter le moral.

Une fois cette procession terminée, Gaël se retourna à nouveau dans son lit. Il ne se sentait pas encore capable de faire autre chose que de ruminer. Que de vouloir pleurer, hurler à l’injustice du sort. Il avait subi une attaque par des gens qui le considérait comme inférieur aux humains, et un danger pour l’humanité, à cause des parties bioniques qu’il avait subit comme un accident. Et à cause de ces personnes, il avait perdu désormais sa vue.

Gaël avait envie de vengeance, mais savait qu’il n’avait aucun moyen de la faire. Il ne pouvait que ruminer sur son sort, et pour l’instant s’apitoyer.

Il lui faudrait du temps pour remonter la pente.

#Inktober2017 - Day 20. Blind

C’était la première fois que Naï se rendait sur Ark’Dulah, ville la plus importante du satellite Galahad 3b. Dans l’ascenseur, il s’était même senti nerveux : c’était la première fois qu’il se rendait sur un astre-océan, et encore plus important, la première fois qu’il se rendait dans une ville sous-marine.

Le scientifique travaillait depuis des années dans le domaine des recherches en technologie cristalline de sa nation, le Conglomérat d’Albion. Il se rendait aujourd’hui dans un colloque dans cette ville, situé sur une planète neutre face aux grands empire multi-planétaire. L’université de cette planète était une référence en manière de technologie cristalline, et il était certaine que ce serait enrichissant. Même si cela voulait dire aller dans une ville située sous des tonnes d’eau. Il eut un frisson en y pensant. Le fait de connaître en quoi les boucliers protégeant les villes sous-marines était entièrement sûr ne suffisait pas à ne pas lui laisser cette peur irrationnelle de finir écrasé sous des tonnes d’eau.

Lorsque la porte s’ouvrit, il eut son premier regard sur la ville sous-marine. Il voyait d’immense bâtiment cristalin qui s’élevait, dans une architecture lui rapellant le gothique, mais dans des tons bleutés. Les tours étaient ouvragées, des petites statues de créatures sous-marines se trouvaient sur les bords des toitures. Et en haut, en guise de ciel se trouvait le bleu de l’océan, légèrement éclairé par les boucliers. Il pensa aux tonnes d’eau se trouvant au-dessus de sa tête et se sentit mal. Et sa sensation ne fit qu’empirer en voyant une immense ombre passer au-dessus des barrières. Cela ressemblait un peu à un poisson, mais il se rendit compte que la créature devait faire plusieurs kilomètres. Il avait déjà vu des gigafaune, ces écosystèmes de créatures dépassant la centaine de mètres, mais jamais en vrai, et dans une situation qui lui semblait aussi effrayante.

Il tenta de se défaire de cette image qui lui venait en tête de la créature qui brisait les boucliers. C’était sécurisé, se disait-il, ils ne peuvent pas ne pas avoir prévu des incidents avec ces bestioles. C’était impossible de ne pas avoir prévu ça. Mais même avec ça, la peur restait, encrée dans un coin de son esprit. Naï détourna son regard pour observer la colonne centrale, dont il était sorti. Cette colonne contenait des centaines d’ascenseurs qui reliait la ville sous-marine à une île artificielle se trouvant à la surface. Plusieurs cascades sortaient de cette colonne, remplissant les différents canaux de la ville. Le scientifique devinait que l’eau ne venait pas d’en dehors du dôme mais était recyclé depuis l’intérieur, mais il se demandait pourquoi diable ils voulaient utiliser de l’eau comme symbolique alors qu’ils étaient coincés sous plusieurs tonnes de ce même liquide.

Prise dans cette pensée, il en fut sorti par un immense bruit, et une vibration terrible. Naï poussa un glapissement terrifié. Les pensées fusèrent dans sa tête. Ça-y-est, c’était la fin, ils allaient tous mourir écrasés par la pression de l’eau ! Il regarda vers le haut pour voir ce qui se passait. La bête qu’il avait vu se cognait contre les boucliers. Cependant, ceux-ci tenaient sans la moindre difficulté, nullement impacté par le choc avec la bête titanesque. L’homme regarda autour de lui. À l’exception de quelques quidams regardait la scène, les passants continuaient leur chemin, nullement effrayés par la situation. Ce qui voulait sans doute dire que c’était courant.

Naï soupira. Il devinait que ce séjour allait lui sembler long…

#Inktober2017 - Day 4. Underwater

Petite histoire uchronique du système solaire (3)

Les débuts de la Confédération Solaire (2131 – 2219)

La fondation de la Confédération Solaire (2131)

C’est en l’année 2131, sous l’impulsion de différentes cité-états de la Lune et de l’Union Martienne que fut fondée la Confédération Solaire. Les buts de cette confédérations étaient multiple. Tout d’abord, il s’agissait d’une protection contre la guerre qui faisait rage sur Terre, et un moyen de se prémunir contre une tentative de réinvasion si le camp du Terra Mater venait à gagner la guerre. Il s’agissait pour les toutes jeunes nouvelles organisations

Le but suivant était également d’éviter des risques de guerre interplanétaire, en ayant une structure politique capable de régler les conflits d’intérêts entre les planètes. Le dernier but était de planifier la conquête spatiale, et d’éviter la création de nouvelle colonie à l’aide d’un bureau d’organisation du système solaire.

La structure du système solaire fut alors le suivant : La Confédération Solaire s’occupait de gérer tout ce qui était au niveau des relations interplanétaires et de l’organisation de la conquête spatiale. En cas de rencontre extra-terrestre, elle sera à la fois le visage extérieur de l’humanité, et la mur de défense en cas d’attaque. Elle deviendrait également le visage extérieur du système solaire en cas de rencontre avec d’autres systèmes. Des organisations planétaires (ou multi-étatiques) en faisaient parties, et pouvaient s’organiser de plusieurs manières à l’intérieur de leur planètes de la manière qu’ils souhaitaient. En cas d’absence d’organisation planétaire ou multi-étatique, il était possible aux états de s’affilier individuellement à la Confédération Solaire. Les états conservaient leur pouvoir en ce qui concernait les affaires intérieurs. Si les fédéralistes furent déçu en grande partie de ce choix, le mouvement confédéral était bien plus important dans les territoires extra-terriens comme dans les partisans terrestre de la confédération.

Le Chancelier était le chef de l’organisation, et s’occupait en grande partie du rôle exécutif, et d’être le dirigeant des forces solaires. Il était élu tout les 6 années terrestres au suffrage universel indirect. Le sénat solaire, était également élu au suffrage universel, renouvelés partiellement tout les deux ans, pour des mandats de 6 ans, renouvelable une fois. Une cour de justice interplanétaire fut également fondée.

La Confédération ne clama cependant aucune légitimité dès le début sur les territoires non-explorés du système solaire. En effet, elle préférait avoir plus de soutiens avant de pouvoir commencer à véritablement organiser le système solaire. De plus, le but premier était de se protéger de la Terre, et la conquête du reste du système solaire était vu comme une distraction à cet objectif par les haut dirigeants.

La construction solaire (2131 – 2169)

Dès la fondation de la confédération, le premier gouvernement solaire tenta de commencer à construire une idée nouvelle du système solaire. Le but était de donner une identité commune au peuples qui constituerait la confédération solaire, tout en préservant leur possibilité d’avoir leur propre identité. En 2038, trois ans après la fin de la dictature vénusienne, le gouvernement centralisé de la planète au climat infernal demanda l’entrée dans la Confédération Solaire. Ce fut chose faite deux ans plus tard, en 2040, avec l’entrée officielle de Vénus dans la Confédération. À partir de cette date, le système solaire était donc uni. Après l’ère de la dictature, Vénus reçu de nombreuses aides afin de pouvoir se reconstruire progressivement.

Cette période fut marquée par de grandes avancées technologiques, qui aidèrent beaucoup la construction solaire à se faire. En effet, à l’époque, les meilleurs moteurs spatiaux mettait encore un peu plus de deux semaine (environs 16,45 jours, plus précisément) pour faire un trajet d’une unité astronomique, et ce dans les meilleurs conditions. Cela faisait que dans les meilleurs conditions, le trajet entre Mars et la Terre était long. S’il était possible de faire des trajets plus loin (quelques bases scientifiques existaient sur Céres), la frontière extérieur du système solaire était peu exploré, et une amélioration des trajets entre les planètes internes faciliterait la tache pour la confédération. En trente-huit ans, cette vitesse fut divisé par près de huit, passant à un peu plus de deux jours en 2169 (cela correspond à 0,28 % de la vitesse de la lumière, ce qui signifie plus de 350 ans pour traverser une année lumière). Cette révolution fut à la fois due à des améliorations techniques lié aux moteurs atomique, mais également aux améliorations des piles à hydrogènes, un nouveau moyen de stockage d’énergie bien plus performant. Cela rendit bien des parties du système solaire plus facile d’accès : Mars se retrouva à entre un peu plus d’un jour et un peu plus de cinq jours de la Terre en ligne droite (suivant sa position la plus proche ou la plus opposé de la Terre), Céres entre 5,5 et 7,75 jours, Jupiter entre 10,69 et 12,74 jours. Ces calculs ne comptent pas les détours, mais représente bien le changement que cela apportait pour les échanges interplanétaires.

Dans cette même période fut mise sur le marché la seconde génération d’écodome, ces domes permettant de contenir des écosystème autonome ou semi-autonome (le statuts « d’autonome » étant remis en question par ceux qui estiment que contenir des panneaux solaire et des centrales à fusion pour aider l’écosystème ne permet pas d’estimer que cet écosystème est « autonome »). Sortie près de 50 ans après la génération précédente, il était alors possible à la fois d’en faire des plus grande et des plus petites, toutes autonomes, mais également d’améliorer la gestion du climat, d’en faire sous de nouvelle pressions, et surtout cette nouvelle génération était moins cher et nécessitait moins d’énergie. Cela produisit une explosion du nombre d’écodome, notamment sur la lune qui utilisait les moins moderne isodome, des dômes dont le but était uniquement de produire un environnement vivable dans des conditions extrêmes, en créant une isolation la plus totale possible. De nombreux isodomes furent remplacé par des écodomes, en construisant l’écodome autour de l’isodome plus petit. Cela permis de faire monter les capacités d’accueils combinées des trois anciennes colonies terrestres à plus de deux milliards d’habitants potentiels.

La construction solaire s’accompagna également d’un large projet de reconstruction terrestre. Si cette mesure fut extrêmement critiquée dans les anciennes colonies de la planète Terre, le but était d’effectuer une réconciliation, pour éviter qu’il y ait du ressentiment envers la Confédération. Des fonds furent débloqués afin d’aider les pays qui avaient été le plus affectés par la guerre. L’ONUT (L’Organisation des Nations Unis de la Terre), le groupe qui avait gagné la guerre, fut renommé en l’Organisation Planétaire des États de la Terre, l’OPET. L’organisation réformée fut retravaillée, adaptant le besoin de représentation sur les autres planètes à ces missions, notamment au niveau de la diplomatie interplanétaire. À cela s’accompagna une montée en influence sur ce qui sera un des grands mouvements politiques terrestres, celle du pan-continentalisme. Le principe de cette idéologie était la création de Fédération et Confédérations continentales, ou sur de grandes ères de cultures, qui feraient partie de l’OPET et participeraient à former de grande puissances. Cependant, cela n’arrêta pas le phénomène de l’exode spatial, de plus en plus d’habitants de pays pauvres étaient près à aller vivre dans les nouveaux états spatiaux qui, en besoin d’une population plus importante, n’hésitaient pas à rendre les offres de plus en plus attractives et à compenser financièrement si possible les états, afin d’éviter toute fermeture de frontière qui pourraient les affecter.

La crise de Mercure et Cérès (2164-2169)

Cette période de renforcement de la confédération existante commencera à être troublée par une crise en 2164, la crise de Mercure et Céres. En effet, vers cette période, fut lancé la construction de deux éco-domes hors des frontières de la Fédération, sur la planète Mercure, et la planète naine Céres. Ces deux éco-domes furent financés entièrement par des sociétés privés, hors de toute demande de la confédération, qui commença alors d’être accusé d’être « faible » pour n’avoir rien prévu sur l’expansion spatiale par certains groupes.

Parmi les volontés affichées par le consortium de société, il y avait le besoin de faire bouger les choses, en raison qu’avec l’amélioration des technologies, il devenait pensable de commencer la diffusion de l’humanité dans les couches externes du système solaire. En effet, dans leur communiqué officiel, le consortium annonça le « retour du projet Nouvelle Frontière » et « la fin de la stagnation spatiale ». Ils estimaient que leur actions permettrait de forcer la reprise de l’expansion spatiale et d’enfin donner un statut juridique à ces zones, afin de permettre une exploitation commerciale et la vie de l’homme en ces endroits.

Fait amusant, leur communiqué provoqua également une désapprobation Vénusienne très fort, parce que parlant de « l’exploit technique de créer des écosphère sur des milieux bien plus hostile que ce qu’on avait fait précédemment », tandis que les Vénusiens avaient une certaine fierté de vivre dans le milieu « le plus hostile de tous le système solaire ». Si cela ne provoqua pas de crise, cela explique sûrement une très forte hostilité qu’il existera chez les habitants de la planète infernale envers le consortium.

Commencèrent alors des négociations entre le consortium, les gouvernements provisoire qui allaient s’installer dans les nouveaux économes, et la Confédération Solaire.

La grande expansion (2169 – 2219)

La grande expansion (aussi nommée « premier age d’or solaire »), fut un age de découverte et d’expansion du système solaire qui arriva après la formation de la Confédération. Il commencera avec le traité de Cérès, et se « terminera » avec l’organisation de tout le système solaire mais surtout avec l’attentat lunaire de 2219.

Le Traité de Cérès sur les Territoires Désorganisés (2169)

Cinq ans après le début de la construction de ces écodome, et un an avant leur finition, un traité fut enfin trouver sur les territoires désorganisés. En effet, tout les territoires situé dans le système solaire furent officiellement revendiqués comme appartenant à l’espèce humaine, et faisant partie des « Territoires Désorganisés », devant être gouverné par un gouverneur le temps qu’une organisation gouvernementale puisse se faire. Cela lança un projet de création d’isodomes militaires (des écodome aurait coûté trop cher) sur Mercure, les principaux satellites des géantes gazeuses du système solaire, et sur les principales planètes Naines. Pour Mercure et Céres, il fut voter de séparer l’isodome militaire de l’écodome civil.

À partir d’une certaine population (1 millions d’habitants), il deviendrait possible de créer de lancer un référendum sur le mode de gouvernement que prendrait le territoire, et qui deviendrait alors un membre de la Confédération.

Ce fut alors le début de la période nommée de la Grande Expansion, qui dura jusqu’à 2219, lorsque le dernier territoire désorganisé fut considéré comme « organisé » par la Confédération Solaire.

Les débuts de l’expansion (2169 – 2178)

Les neuf premières années de l’expansion furent à la fois calmes et frénétiques. Frénétiques dans le sens où un nombre impressionnants de projets de constructions commencèrent dans une partie des 24 territoires inorganisés (Mercure, Céres les quatre satellites galiléen de Jupiter, sept satellite de Saturn, cinq d’Uranus, un de Neptune, Pluton et Charon, Haumea, Makemake, Eris), il faudrait du temps avant de les terminer, et encore plus avant d’atteindre une population suffisante pour pouvoir en faire des territoires organisés.

Durant cette période, les seules gouvernements formés furent ceux de Mercure et de Céres, respectivement en 2173 et 2175. Bien que n’ayant pas atteint le nombre d’un million, ce choix fut fait pour des raisons symboliques afin de montrer l’avancement de la création de la confédération solaire.

En effet, si les projets de constructions d’écodomes sur les différents territoires se multiplièrent, ces projets mettraient du temps à être construit, et il faudrait patienter avant d’avoir de vrai colonie sur ces planètes. Mercure fut nommé « Territoire de la Confédération Solaire », et fut dirigé par un Gouverneur, élu au suffrage universel indirect par les différentes villes qui seraient construite sur la planète, mais devant répondre au gouvernement solaire. Céres et la ceinture d’Astéroïde fut nommé « Féderation de Céres », dirigé par un conseil fédéral, qui sera très influencé par les différentes entreprises de minage d’astéroïde.

Durant cette période, les différents isodomes militaires furent construit, le dernier sur Eris, étant construit en 2176. À la fin de cette période, et avant celle d’accélération de l’expansion qui la suivit, le système solaire était à 100 % constitué de territoires occupés militairement, mais uniquement 6 des 28 astres colonisables étaient considérés comme organisés : Le Territoire Solaire de Mercure, la République de Vénus, L’Organisation Planétaire des États de la Terre, l’Alliance Lunaire, l’Union des Républiques des Conseils de Mars (ou Union Marsienne), et la Fédération de Céres.

Durant cette période, les premières réflexions se firent sur la création de colonie extérieur. Cependant, si les technologies de moteur permettait d’atteindre à un délais possible les systèmes solaires environnant, ce n’était pas encore possible avec des vaisseaux de colonisations, devant faire plusieurs centaines de kilomètres de large. Cependant, au large de Neptune fut lancé un chantier spatiale pour étudier la question. Il fut mis sous les ordres d’un projet qui sera connu plus tard sous le nom du « Dandelion Project », faisant référence au pissenlit.

L’age d’or de l’expansion (2178 – 2197)

L’age d’or de l’expansion est le nom donnée à la période de forte croissance démographique outre-terrienne, et de fort succès de la conquête spatiale se déroulant entre le 2 mars 2178 et le 8 mai 2197. Dans cette période de 19 ans, 17 territoires désorganisés devinrent des gouvernements à part entière (cependant, de nombreux territoires fusionnèrent dans le processus).

C’est en effet à partir de 2178 qu’on considère que l’expansion s’accélère rapidement. En effet, en cette année, les quatre satellites Galiléen de Jupiter fusionnèrent pour devenir un seul gouvernement : le consulat de Galilée, une monarchie constitutionnelle très proche des débuts de l’Empire Romain, dirigé par un Princeps nommé a vie et qui désigne son successeur. Le consulat était également dirigé par deux Consuls qui assistaient le Princeps, un Sénat, ainsi qu’un César et une assemblée par astre faisant partie du consulat.

En 2181 s’ouvrent des négociation entres les satellites Titans et Rhéa commencent des négociations pour former un gouvernement commun. Ce gouvernement sera formé en 2183, et sera nommé la Ligue de Saturne. Chaque satellite de la Ligue de Saturne possède son propre gouvernement local (tous des républiques, mais aux modalités diverses). Le gouvernement commun est composé d’un executif basé sur un système de roulement, et d’une assemblée de la ligue composé de représentants de chaque satellites. Les différents satellites y rentreront jusqu’en 2189, mais Titan, pourtant un des membres fondateurs, quittera la ligue pour former son propre gouvernement en 2187. Le Conseil Titaniens, gouvernement de Titan, est une ligue composée d’un président du conseil élu, de patriciens élus parmi les grandes familles et de représentants du peuples tirés au sort.

Une troisième grande Union se formera entre 2186 et 2191, composée de tous les satellites d’Uranus à l’exception de Titania et Obéron : les Astres-Unis d’Uranus, une république fédérale libérale proche des États-Unis. Titania était déjà devenue une république indépendante en 2185, avant de devenir un lieu sain après qu’un prêtre de l’église catholique eut une révélation sur la planète, et Obéron avait fait le choix d’une monarchie parlementaire, le Royaume d’Obéron, suite à des circonstances complexes, suite aux réussites d’un colonel présent sur la base militaires dans le combat de la piraterie qui sévissait dans la région. Triton forma son gouvernement en 2190, adoptant une république à régime présidentiel fort. De nombreuses critiques eurent lieu dans le fait que le président était aussi propriétaire d’une partie des média du satellite.

Cependant, quelques tension naquirent entre ces nouveaux gouvernements et les fondateurs de la confédération. En effet, ces nouveaux gouvernements ne pouvaient avoir d’armée propre. Les prix y était bien plus élevé. Certains membres des nouvelles classes politiques qualifièrent les membres fondateurs comme « les nouveaux tyrans ».

Le Projet Dandelion avança aussi durant cette période, et la production des cinq vaisseaux fut lancé en 2193, un projet qui durerait 50 ans.

Les autres formes de vie du système solaire (2170 – 2183)

Si une grande partie de la conquête spatiale avait été acceléré par le projet Nouvelle Frontière, la recherche d’autres formes de vie avait été fortement ralenti, en grande partie parce que le budget qui aurait du être dédié à cela était toujours redirigé vers la colonisation spatiale de la partie interne du système solaire, où aucune trace de vie n’a été trouvé. Cela fit que malgré la présence de technologie suffisante pour faire des recherches sur la présence de vie dans les satellites des géantes gazeuses, ce ne fut pas un centre d’intérêt pour les humains.

Cependant, avec l’arrivée de la colonisation après la ceinture d’astéroïde, les budgets commencèrent à être débloqués. Et le 2 Janvier 2170, la première forme de vie extra-terrestre est découverte, sur Titan, dans un lac d’hydrocarbure. Les scientifiques découvrirent des formes de vie adaptés au froid intense de la planète, utilisant le carbone comme base de sa biochimie, une polymère génétique plus proche de l’ARN que de l’ADN et un solvant différent que l'eau (le méthane). Cette forme de vie vivait en grande partie de réaction chimique entre les hydrocarbure. Des études commenceront sur le sujet. Deux ans plus tard, des traces de vie organiques furent découvertes par radiation dans les océans souterrains de Titan, Europe et Ganymède. D’autres recherches continuèrent pour ceux d’Encelade et Triton.

Cependant, cette découverte de la vie sera à l’origine de trouble sur Terre, quand un éditorialiste célèbre, proche des thèses de l’Homo Novus (qui défend l’idée d’une justice de l’inégalité, lié a une nature intrinsèque des personnes) et du mouvement « Chez Nous » (une évolution du Terra Mater défendant l’idée que la Terre doit d’abord s’occuper de la Terre) émettra à la télévision publique l’hypothèse d’un risque de contamination par « un virus Titaniens » et s’étonnera du « manque de communication sur le sujet ». S’il n’y avait pas de virus sur Titan découvert – et les bactérie découverte ne pourrait survivre dans un environnement terrestre, cela sera suffisant pour provoquer des mouvements de paniques. Les mouvement pro-Terre reprendront souvent le « risque du virus extra-terrestre » à partir de ce moment là.

Cela n’arrêtera par les recherches sur la vie, et même sur Terre il y aura une certaine excitation lors de la découverte suivante. En effet, 6 ans plus tard, des formes de vie multi-cellulaire furent découvertes par les premiers forages jusqu’aux océans d’Europe et Encelade. Elles ne furent pas découverte par radiations, parce que se trouvant au niveaux de sources d’énergies géothermales. Si ces formes de vie étaient assez différente d’un point de vue chimique, les mécanismes de convergence évolutive furent remarqué : Certaines de ces espèces avaient en effet des formes extérieures proches des poissons et d’autres animaux marins, tout en étant pour certaine bien plus similaire au niveau internes aux champignons qu’aux animaux.

Même si aucune forme de vie intelligente furent trouvées dans les différents océans souterrains du système solaire, il était désormais connu que nous n’étions pas seul dans l’univers, et que s’il y avait de la vie dans quatre astres du système solaire, il y en aurai sûrement ailleurs. Pour certain, c’était l’espoir de ne pas être seul.

Mais pour de nombreuses, de très nombreuses autres personnes, c’était une peur. La peur que toute les invasions aliens qu’on avait vu dans un film, dans un livre se réalise. La peur qu’un jour, un peuple intelligent et plus puissant viennent nous anéantir.

Les premiers troubles (2197 – 2219)

Cependant, à partir de 2197 une crise économique commença à frapper le système solaire, en partie à cause d’une hausse du prix de la maintenance des robots, en partie liés aux demandes de la Fondation Asimov vouée à réguler que les IA et les robots n’étaient pas dangereux. En effet, divers incidents avaient provoqué la mort d’être humains par des IA, et le respect des trois règles d’Asimov devinrent un point bien plus important dans les contrôles des grandes entreprises par les membres de la Fondation. Cependant, cela provoqua des troubles, en particulier dans la Fédération de Cérès où une grande partie de l’économie vit grâce aux minages des astéroïdes par ces robots. Cela provoquera du coup la faillite de plusieurs entreprise, une hausse des prix sur Cérès, et de fortes tensions entre le Consortium qui avait conduit à la colonisation de la ceinture d’astéroïde et la confédération.

Cette crise provoquera une hausse de la piraterie spatiale durant tout la première décénie du 23e siècle, ce qui entraîna des réponses de la confédération. Les forces interplanétaires furent renforcés, en particulier la demande de participations aux membres historiques – pour les nouveaux territoires, il était difficile de leur demander une participation puisqu’ils n’avaient pas d’armée propre. Une guerre envers les pirate de l’espace fut formée, provoquant la création de Bagne sur Pluton et Charon, qui devinrent des territoires entièrement dédiés au pénitencier. Un nouveau territoire s’était organisé, mais pour des raisons bien plus sombres.

En 2210, la situation économique qui ne s’améliorait toujours pas causa le début une montée des fachisme panterrien, très lié aux mouvements Terra Matter, Homo Novus et « Chez Nous ». Le principe de ces mouvements s’allieront dans l’idée qu’il faut former un méta-état Terrestre puissant afin de « protéger les cultures terrestres » de la « décadence venue de l’espace », et dans l’idée qu’il leur faudrait se séparer de la confédération. Ils commenceront à devenir important dans différents états, mais sans véritablement menacer l’équilibre au début, étant plus un sujet de préoccupation qu’une menace à court terme. Cependant, leur propagande devint rapidement de plus en plus forte. Ils parlaient du danger des « maladies extra-terrestre », du « besoin inhérent de l’être humain aux conditions terrestre pour se développer de manière à être un individu rationnel et intelligent », et « l’orgueil des lunaires ».

C’est en 2013 que fut proposé par Juan Mobes une « solution » au conflit, dans la création d’une espèce entièrement dédié à la servitude, qui n’aurait pas les défauts des robots et surtout avec l’amélioration des biotechnologie une fabrication plus lente, mais bien plus simple et moins chère en métaux rares. Les Zoomorphes, des animaux anthropomorphiques, devinrent aussi bien des créations dédiés à servir de force de travail que d’animaux de compagnies dans les familles aisés. Malgré la démission du président de l’époque et des protestations contre la conception et l’utilisation de ces créatures, rien ne fit. Cela servait l’économie. Cependant, durant la décennie qui suivit la création des zoomorphes, des révoltes se provoquèrent. Ils commirent des meurtres, des attentats en se révoltant contre le système qui les asservissait. S’ils étaient rares, cela participa à faire tourner l’engrenage de la peur. Sur Terre, si les Zoomorphes étaient également utilisés, de nombreuses critiques eurent lieu de « la volonté des lunaires de jouer avec ce avec quoi ils n’ont pas le droit de jouer », disant que c’était la porte ouverte aux modifications génétiques de l’être humain.

Les révoltes. La piraterie. Les fascismes pan-terrien qui montait. Tout cela participa à une montée d’opinions favorables à une autorité solaire plus puissante, et au sécuritarisme. Les remises en question du système confédérale dans les gouvernements outre-ceinture d’astéroïde furent de plus en plus critiqué violemment par les instances centrales, avec parfois des accusations de collusion avec les ennemis.

Pendant ce temps là, les trois derniers astres du système solaire devinrent des territoires organisés. Essentiellement sous contrôle militaire, mais en mai 2219, le système solaire entier était organisés. Mais dans les circonstances, personne ne le remarqua.

C’est le 25 décembre 2219 que tout bascula. Le jour de Noël, un attentat à eut lieu dans une ville-bulle de la lune. Personne ne su jamais si c’était lié aux pirates, si c’était un Zoomorphe, ou si c’était lié aux terriens. Personne ne su si c’était un vrai attentat ou un coup monté. Peut-être même que cela n’avait aucun rapport avec toute cette histoire, et que c’était un être avec l’envie de tuer qui avait fait le coup. Peut-être fut-ce même lié à d’anciennes théorie, que tout le monde croyait mortes depuis longtemps, et qui avaient refait surface. Toujours était-il que les dégâts dépressurisèrent la ville-bulle, provoquant un trou béant dans le dôme. Même si la situation pu être maîtrise, une partie de la population périt, emporté par l’appel d’air gigantesque. On parlait de dizaine de millier de mort, dans une ville de plusieurs millions d’habitant.

Les hautes instances solaires annoncèrent des mesures immédiates.

Ce jour là, la peur devint de la panique.

Petite histoire uchronique du système solaire (3)

Petite histoire uchronique du systeme solaire (2)

Partie II : Les révolutions solaires

Les guerres révolutionnaires (2120 – 2141)

Une des particularités des guerres révolutionnaires qui menèrent à l’indépendance du système solaire, c’est la brièveté de cette période, et comment le monde fut bouleversé en assez peu de temps, finalement : 21 ans après le début de cette période, le système solaire avait changé du tout au tout.

Les historiens des générations futurs auront une très grande fascination pour cette période de changement très rapide, aux guerres multiples, et aux exactions parfois terribles.

Aux origines de la révolution solaire

Il existe une croyance commune que c’est dans les milieux aisés des populations lunaire que nait l’idée d’une indépendance des territoires d’outre-terre, et que ce serait l’élément déclencheur des révolutions qui secouées le système solaire. S’il y a véritablement de nombreux débats dans les grandes sociétés lunaires, notamment dans l’industrie des nouvelles technologie dès le milieu des années 2110, les révoltes martiennes auront tout autant contribué à l’émergence d’un mouvement.

En effet, en l’an 2115, il y a de fortes révoltes dans les territoires martiens. La cause de ces révoltes sont les fortes difficultés économiques qui existent sur la planète. En effet, une grande partie du peuple martien est pauvre, et pour des raisons liées au besoin d'apports en terre organique dans les écosphères (les bases martiennes dotée de terre et d'écosystèmes), il est encore difficile d’avoir une agriculture vivrière suffisante sur Mars. Malgré l’évolution rapide de la situation, Mars reste non seulement dépendante des exportations de la Terre au niveau de l’alimentation, mais la situation est également empirée à cause du trust d’une compagnie sur les échanges commerciaux entre les deux planètes, la société « PurpleTransport » (la couleur violette faisant référence au mélange des couleurs bleues et rouges), qui a progressivement racheté toutes les sociétés de transport spatiale entre Mars et la Terre. Cela rend donc la planète très affectée par le moindre changement dans la situation économique ou stratégique Terrestre, et en particulier celle des nations profitant et donc investissant le plus de la conquête spatiale.

Ce sont donc des difficultés économiques terrestres qui provoqueront une hausse du prix de l’alimentation, ce qui fera naître la révolte qui traversera toute la planète. En effet, même si la planète rouge est divisée en territoire appartenant aux différentes nations, il y a très vite eux un sentiment de triple appartenance sur Mars : À la fois à sa culture d’origine, au territoire dans lequel on vivait, et à la fois à la planète tout entière. Mars était en effet une planète multi-culturelle à plusieurs niveaux : La planète était à la fois divisé entre de nombreux états Terriens aux cultures différentes, mais à l’intérieur de chaque territoire, les marsiens étaient souvent issues de l’immigration sur leur planète même. C’est par cette extrème division culturelle que naquit par opposition une unité martienne, fondée sur pensée résumable en l’expression suivante : « on est tous dans le même bateau ».

Si le sujet premier de cette révolte n’est pas l’indépendance, de nombreux groupes indépendantistes Martiens s’y formeront, voulant former une confédération de nations unies dans leur lutte contre les états terriens. Ils formeront également des réseaux à travers les différentes planète, même si la durée des transports et l’absence d’un réseau globale rendront cela plus difficile. En effet, il faut plusieurs jours pour se déplacer d’une planète à une autre, sans compter qu’à cause de difficultés techniques liées à la vitesse de la lumière et des interférences causées par le soleil quand deux planètes sont opposées, sur chaque planète a été conçu un « internet » différent, le seul moyen de communiquer entre les planètes étant par des plateformes spécifiques connectant des sites des différents internets.

L’indépendance de Sélénite et l’Alliance Lunaire (2120 – 2127)

C’est cependant la cité de Sélénite qui en premier prendra son indépendance. Très inspiré par les révoltes martiennes, mais partisan du système fondé sur le commerce des cités lunaires, l’indépendantiste Lunaire était comme dit plus haut très présent dans les grandes entreprises de la Lune. Les discussions et les débats des indépendantistes Séléniens commenceront dès la publication en fin 2116 du livre « pour une Confédération Lunaire ». Ce livre subira de nombreuses critiques, et sera interdit dans de nombreuses villes lunaires par les autorités lunaires. Cependant, il circulera sur l’internet lunaire (lunarnet) et aura son succès. À Sélénite, un nouveau parti politique se forma, l’Alliance pour l’Indépendance. Composé d’homme politiques qui étaient déjà populaire dans la ville Lunaire, cette alliance monta très vite, ce qui inquiéta fortement les autorités terrestres.

Ceux-ci tentèrent de financer en force l’opposition anti-indépendance, mais ce fut peine perdue : En 2119, ce fut le tout jeune parti qui fut élu, et qui fit sa promesse de préparer l’indépendance de la ville. Sur Terre, ce fut le début de très fortes disputes entre ceux qui estimaient qu’il ne fallait pas intervenir, et les partisans d’un rétablissement du pouvoir terrien par la force sur Sélénite. Cette dispute se retrouva de manière plus violente dans les bases militaires lunaires. Composée d’une dizaine de ville-bulle entièrement consacré à l’armée, et d’une batterie de stations spatiales en orbites autour de la Lune, elles devinrent le théâtre d’une véritable guerre civile entre les partisans de l’indépendance lunaire et ceux de la Terre. La situation échappa à tout contrôle de la part de la Terre, qui hésita en plus de cela trop longtemps à envoyer des troupes en plus – en grande partie parce que chaque pays estimaient que les autres devaient faire un effort plus important dans le maintien militaire sur la Lune.

Les historiens estiment que cette conjonction d’événement est ce qui permit à la ville d’obtenir l’indépendance de manière relativement tranquille d’un point de vue militaire. Cependant, au niveau civil, c’était bien plus tendu : Des débats houleux se passaient entre partisans et opposants à l’indépendance, à travers des journaux et médias opposés. Il y eux même une forte hausse du taux d’agression sur Sélénite autour de cette période.

C’est en 2120 que la ville de Sélénite prit son indépendance et devint la Cité-État Lunaire de Sélénite. La ville adopta un modèle fondé sur le commerce et sur les théories libérales, avec une faible présence de l’état dans le commerce et les domaines non-régaliens. Le commerce était en particulier dirigé vers les autres villes de la Lune encore sous domination Terriennes, ce qui permit de diffuser le mouvement indépendantiste sur tout le satellite. À partir de cela, les choses se mirent à accélérer : En effet, le mouvement indépendantiste gagna du Terrain sur la Lune, et en 2123, la moitié des villes Lunaires avaient déjà prit leurs indépendances. Chaque ville était une Cité-État indépendante, avec ses propres organes. Cependant, elles firent une alliance entre elles, voulant éviter tout conflit entre elles. Le raisonnement était simple : Toute guerre qui se produirait sur la Lune deviendrait très vite extrêmement meurtrière. Si on faisait assez de dégâts à une ville Lunaire, on pouvait éliminer d’un coup toute sa population. Il fallait donc éviter toute possibilité de guerre entre les états lunaires, et ce fut pour cela qu’il fut décidé qu’une alliance de toutes les citées indépendantes était le seul moyen d’éviter cela. Ce fut ainsi que fut fondée l’Alliance Lunaire, dont l’armée était composée des militaires qui s’étaient rebellés contre la Terre.

La révolution martienne (2122 – 2130)

Si la situation sur Mars était déjà très compliquée, l’indépendance de Sélénite fut une véritable étincelle qui mit le feu aux poudres. Les révoltes devinrent de plus en plus fréquentes, et s’organisèrent pour devenir une véritable révolution. C’est deux ans après l’indépendance de Sélénite, en 2122, que les révoltes sur Mars s’intensifièrent, et que tomba Arès I, la plus grande ville de Mars, aux mains des indépendantistes. Cette ville était la plus grande des cinq villes de l'écosphère d'Arès, et comme toute cette écosphère appartenait à la coalition spatiale nord-américaine. Le gouvernement se réfugia dans la seconde ville de l'écosphère, Arès II. Cependant, cette ville tomba aussi au bout de quelques mois, et toute l'écosphère.

C’est à ce moment-là que l’armée révolutionnaire déclara la fondation de l’Union des Républiques des Conseils de Mars. L'écosphère d'Arès fut nommée « République d’Arès », et deux conseils, l’un dirigeant l’exécutif et l’autre le législatif. Il fut déclaré que chacun des territoires martien pourrait devenir une république autonome qui ferait partie de l’Union, et qui pourrait garder sa langue et sa culture.

Cependant, elles devraient participer à l’union militaire, et respecter la Constitution Martienne, qui déterminait quelques fonctionnements politiques, moraux et économique de l’Union. Sur le plan économique, l’Union des Républiques des Conseils Martiennes portait une doctrine inspirée de quelques idées issues des théories de Marx, mais également en partie d’idée libérale, chose provoquant souvent la surprise des commentateurs de l'époque. L’idée était que les entreprises devaient fonctionner de manières démocratiques sous formes d’associations dirigés par des conseils de travailleurs et par une sorte « d’exécutif de la direction », et que chacune de ses « association-entreprise » était un tel un « mini-pays » (qui se devait de respecter comment fonctionnait le pays dans lequel il se trouvait), et donc être doté d'une séparation des pouvoirs et de système démocratiques.

Un conseil indépendant existant au niveau de l’union était également élu, de manière à voter quelles lois s’appliqueraient sur l’ensemble de l’union.

Sur Mars, la révolution se passa de manière plus « normale » que sur la Lune : La planète étant vivable, les militaires qui étaient pour la révolution désertèrent pour rejoindre la rébellion à Arès, leur fournissant des armes, des combinaisons permettant de se battre hors des bases, et des véhicules martiens. Il y eut donc moins de conflit interne à l’armée sur Mars, et plus un conflit traditionnel entre deux armées qui s’opposaient. Globalement, l’armée indépendantiste était bien plus nombreuse, mais bien moins entraînée que celle terrestre.

Il y eut cependant également quelques facteurs qui aidèrent la révolution martienne à se faire : À la fois l’envoie d’une armée globale de force coalisée, mais également chaque pays qui tentèrent de régler le conflit d’abord dans leurs pays. Cependant, petit à petit, à cause de la Guerre Civile Terrestre, les armées terriennes présentent sur Mars diminuèrent fortement, ce qui laissa les gouvernements locaux seuls pour tenter de contrer la révolution, beaucoup décidant alors de capituler dans l'espoir de pouvoir garder un certain pouvoir. Cela permit à la révolution de progresser très vite. Rapidement, face à des tensions, l’Union laissa plus de liberté économiques aux Républiques, mais globalement, l’Union devint une république à la fois très diverse sur le plan culturel, mais avec des lois et un fonctionnement économique très unifié sur toute la planète.

La dictature Vénusienne (2124 – 2135)

En 2124, c’est au tour de Vénus de prendre son indépendance. À cette époque, la première écosphère vivable n'était même pas encore en travaux, et est divisé en sept grandes citée spatiale "traditionnelles" dispersées sur la planète, et relié par un train souterrain. Ces citées étaient toutes nommées selon des déesses de l’amour ou de la sexualité de civilisations différentes.

C’est un général en post sur Vénus, Noël de Grand-Duc, qui mit fin à la présence Terrienne en faisant un coup d’état à Aphrodite, et en déclarant la fondation de la République de Venus, épaulé par un conseil pour l’épauler et constituer le corps législatif : la Convention Venusienne. Il utilisait une vision qui s’inspirait de beaucoup de grande révolution et révolte, que ce soit les révolutions américaines, françaises…

La raison de son coup d’état était les soucis économiques entre la Terre et Vénus, et la grande pauvreté qui régnait à Vénus. Il se déclara « président de Vénus », et commença à donner des postes important dans son royaume aux personnalités scientifiques importantes des bases vénusienne. Il estimait que « quand Vénus serait vivable, il fallait que les élites soient déjà en place ». De plus, il commença à lancer un vaste programme de recherche pour créer des écosphères sur Vénus, condition nécessaire pour avoir une véritable augmentation de la population sur Vénus.

Cependant, cette situation fut de courte durée. Si la première année se passa relativement bien, avec un président qui déclarerait partir une fois que la Convention aurait créé la constitution vénusienne, ce fut les événements qui changèrent tout. Dès l’année suivante, un second général, Julius Cromwell, membre du Conseil, tentera de le renverser. Cette tentative fut fait aux noms de certaines déclarations ou le général de Grand-Duc déclara qu’il « était possible qu’il se maintienne plus longtemps si le besoin se fait », déclaration ou le général voyait germer « les fondations de la dictature ». Il fut emprisonné, puis exécuté par un conseil militaire quelques mois plus tard.

L’histoire est bien souvent ironique : On estime que ce sont généralement les réactions du président de Grand-Duc à cette tentative qui fut le début de la dictature de Vénus. En effet, c’est suite à cette tentative que de Grand-Duc commença à prendre contrôle de divers journaux, afin de faire passer l’idée que le général à l’origine du coup d’état avait pour but d’instaurer lui-même une dictature, et que des efforts sont à faire pour maintenir la République de Vénus. Mais petit à petit, des déclarations furent faites, pour contrôler.

La Dictature Vénusienne commença en 2126 avec l’instauration du Comité de la Justice, sous le contrôle du président, qui s’occupait à la fois de gérer l’exécutif, les tribunaux d’extension, et de déterminer quel candidat étaient « dignes de faire partie de la Convention ». La dictature Venusienne est peu connue, de par l’aspect reclus des bases de Vénus, et le règne de de Grand-Duc ne dure que 5 ans. Cependant, elle sera meurtrière et présentera beaucoup de faits graves. Outre son contrôle total sur la vie politique et civile de Venus, elle sera surtout connue pour ses condamnations à l’exil, qui sont dans les faits des condamnations à mort. La personne est rester, avec un scaphandre, dans les territoires Vénusiens. La personne finissait par mourir lentement, une fois que la combinaison n’avait plus d’oxygène où d’énergie pour protéger de la chaleur et de la pressions encore écrasante de Vénus (qui n'avaient que très peu baissées malgré les efforts de terraformation).

La période de la dictature dura 9 ans, de 2126 à 2135, et le Général de Grand-Duc y régna en maître jusqu’à sa mort accidentelle en 2131. La transition démocratique fut cependant complexe, à cause de la grande importance des partisans de la dictature dans les classes politiques, qui redoutaient un nouveau coup d’état. Cependant, le Comité fut dissous en 2135, ce qui marqua officiellement la fin de la dictature. Les exécutions par la méthode de l’exil fut interdite quelques mois plus tard.

La Guerre Civile Terrestre (2128 – 2138~2141)

Sur Terre, la perte extrêmement rapide d’une grande partie des territoires d’outre-terre eut des effets sur la vie politique de la planète. En effet, dès les années 2123, les partisans les plus farouches de la domination terrestre sur le système solaire s’organisèrent et fondèrent un mouvement, le Terra Mater. L’analogie à la « Terre Mère » n’est pas anodine : ce mouvement estimait qu’il était dans l’ordre des choses que la Terre, berceau de l’humanité, domine les autres planètes. Ce mouvement arriva au pouvoir dans différents pays

Cette guerre est connue pour avoir été très confuse. En effet, comme son nom l’indique, il s’agit bien plus d’une guerre civile que d’une guerre traditionnelle opposant des états. La guerre était entre l’idéologie de la Terra Mater, et les partisans de l’indépendance des territoires extra-terrestres. De ce fait, les alliances changeaient rapidement suivant qui gagnait le pouvoir dans les différents pays. Cependant, la Terra Mater fut globalement au pouvoir tout le long de la Guerre Civile Terrestre dans les grands pays qui bénéficiaient de la colonisation solaire (États-Unis, Royaumes-Unis, Arabie Saoudite, Chine, Russie, Argentine, France…), tandis que d’autres voyaient au contraire cela comme un moyen de rééquilibrer la répartition des puissances sur Terre.

Ce fut une guerre acharnée qui coûta énormément de ressources aux pays terrestres, en particulier dans leurs propres territoires, d’autant plus que cela se combina aux conflits internes déjà présents. Certaines fédérations telles que les États-Unis semblaient sur le bord de l’éclatement. Cependant, au début, le Terra Mater restait globalement plus puissant, tandis que les autres courant restaient minoritaires mais assez nombreux pour lutter.

La guerre redoubla d’intensité en 2131 quand fut fondé la Confédération Solaire, et que quelques pays anti-Terra Mater acceptèrent d’en faire partie. Parmi ces pays, on trouve plusieurs pays d’Amérique du Sud et d’Europe, le Mexique, l’Australie et l’Afrique du Sud, en tête des pays qui étaient à l’époque pour la Confédération Solaire. L’Organisation des Nations Unis éclata entre deux entités : L’Organisation des Nations Souveraines Unis, qui comportait les pays partisans du Terra Mater, et l’Organisation des Nations Unies de la Terre, qui rejoignit la Confédération Solaire. Si les deux organisations ne se déclarèrent jamais formellement la guerre, il y eux de nombreux front à travers le monde, les plus célèbres étant celui de l’Argentine et celui d’Europe. À cela se rajoute un début du financement plus massif par les deux camps de leurs partisans dans les différents pays. Cette situation provoqua le second nom de cette guerre : « La Troisième Guerre Mondiale ». Par dérision, de nombreuses personnes importantes de la Confédération Solaire la nommèrent la « Troisième Guerre Civile Terrestre ».

La situation ne se renversa en la faveur d’aucun camp de 2131 à 2133. Une grande partie des efforts étaient déployés pour convertir les pays indécis dans l’un ou l’autre des deux camps. Si certains pays tels que le Mexique (par les États-Unis) ou la Corée furent envahis par les forces du Terra Mater, il y eut d’autres invasions, tel que l’Argentine en Amérique du Sud par une coalition des autres pays. D’autres joignirent de manière volontaire les rangs de l’un ou l’autre des camps, tel que l’Espagne en Europe, qui élirent des présidents pro-Terra Mater, ou des pays d’Asie et d’Afrique qui rejoignirent les rangs de la Confédération Solaire. Globalement, la Confédération Solaire avait le soutiens de plus de pays, mais une grande partie des pays puissants étaient membres du Terra Mater. Nombreux étaient également les pays qui restaient neutre, voulant éviter d’avoir à subir cette guerre.

C’est à partir du début de l’an 2134 qu’on assiste à une montée massive des forces de la Confédération Solaire. En effet, tout d’abord, les pays extra-terrestres, en particulier l’Alliance Lunaire, commencèrent à massivement financer leurs alliés afin de leur donner le plus de moyens possible. C’est ensuite l’éclatement des États-Unis en 2134 qui provoqua une forte montée du mouvement Solaire. En effet, la rébellion nomma un « Président des États-Unis Libres », et certains états se joignirent à leurs cause. Cela provoqua une onde de choc à travers tous les pays.

Le premier des effets de cela fut une très forte montée de la Confédération Solaire dans les pays neutres, qui estimèrent que la chute des États-Unis signait l’arrêt de mort du Terra Mater. En 2136, l’Union Africaine rejoignit dans sa totalité la version pro-Confédération de l’ONU. Cela se retrouve aussi dans les élections de pays pro-Terra Mater : En France et en Espage, le Terra Mater perdit les élection en 2135, et aux Royaumes Unis et en Russie, ce fut en 2136. Dans deux nombreux pays, le Terra Mater fut interdit pour leurs refus de l’autodétermination des peuples, et pour crimes de guerre.

On considère globalement l’année 2138, et l’acceptation de la Corée Unie dans la Confédération Solaire comme la fin de la Guerre Civile Terrestre : Il ne restait alors dans l’ONSU que deux pays : la Chine et ce qu’il restait des États-Unis. S’il ne fut pas dissout avant 2141 (date ou les deux pays rejoignirent la Confédération Solaire), les deux pays ne participèrent à aucun combat, et l’ONUT restait de facto l’unique organisme pan-terrien qui existait.

Cependant, une nostalgie du Terra Mater et de la « toute puissance de la Terre » continua à exister, et contribuera des décennies plus tard à la naissance de nouveaux troubles sur la planète bleue.

Petite histoire uchronique du systeme solaire (2)

100TC - 14. Smile

Le ciel était orangé comme son habitude dans les cieux de Manco Capac, et l’étoile Cuzco était visible dans le ciel, un immense disque rouge. L’air était comme toujours frais sur la planète. Même en étant la plus proche des planètes de la zone habitable de l’étoile, Manco Capac était la plus fraîche.

Mais l’air frais était aussi ce qui faisait son charme. Ainsi que ses grands espaces à explorer, à découvrir, à habiter. Cette planète, à l’origine vierge de vie, était un nouveau terrain d’aventure, d’exploration. Et cette fois, se disait Tiso, ce ne serait pas aux dépens d’autres peuples. Aucune des planètes de Cuzco n’était habité. Cependant, à une année lumière se trouvait une étoile autour de laquelle il y avait des traces de vie. La petite planète avait été assez rapide à terraformer, et était l’une des premières communautés extra-terrestres qui avaient été formées grâce au projet Dandelion.

Tiso vivait dans un village fermier dans les plaines qui entouraient la capitale Quri Kancha, sur le continent de Vilcabamba. Ils étaient la première génération arrivée sur la planète, il y a de cela six ans. Le jeune homme se souvenait encore du jour de l’atterissage, après quelques années d’orbite durant la terraformation. Ça avait été une grande fête improvisée sur le train d’atterissage, et qui avait durée plusieurs jours. À la fin de la fête, un discours des différents chefs religieux, politiques et culturels présent dans le voyage avait annoncé ce qui était le nouvel espoir du projet Dandelion : Ils étaient sur une nouvelle terre, qu’ils allaient devoir construire ensemble. Ils avaient le droit à un nouveau départ, à une nouvelle possibilité de faire les choses d’une nouvelle manière.

Même si tout n’était pas blanc, ce projet de construire ensemble une planète, une civilisation, était ce qui faisait sourire les habitants du vaisseau Manco Capac. Ils n’étaient pas bien nombreux : à peine quelques millions, sans compter les enfants, qu’ils soient en stases ou non. Était-ce assez ? Ils étaient sûrs que oui.

Depuis, l’espace s’étendait. Ils construisaient de nouveaux villages autour de la ville, et déjà des bateaux étaient lancés pour découvrir les nouveaux continents, et commencer à y vivre. Les animaux s’acclimataient généralement bien. Petit à petit, ce nouveau monde se construisait. Il n’était pas comme l’ancien : De nouvelles expérimentations de sociétés s’y faisaient, des cultures pouvaient y prospérer plus facilement que sur Terre, et les premiers éléments d’une culture commune continuaient à se former.

Depuis Manco Capac, les scientifiques commençaient à réfléchir à comment ils allaient observer, voir entrer en communication avec les formes de vie sur les planètes du soleil voisin. Ils ne voulaient pas répéter les horreurs du passé – surtout quand bien des habitants de la planète étaient descendants de victimes de la colonisation. Ils ne voulaient pas non plus être les « méchants aliens envahisseurs » des films de science-fiction.

Il y avait parfois des conflits. Certains se demandaient comment les choses se passaient, sur la lointaine terre-mère. Les récoltes n’étaient pas toujours faciles, et il fallait apprivoiser cette nouvelle terre : Quelle plante pouvaient pousser ici, comment allait être le climat ? Parfois, des pluies catastrophiques détruisaient tout. Ils découvraient à leur dépend que la zone était sismique.

Cependant, ils reconstruisaient. Ils avançaient et tentaient d’améliorer les choses.

Parce qu’ils avaient un but. Parce qu’ils avaient un projet. Parce qu’ils avaient un avenir.

Et à travers l’espace, se disait Tiso, des centaines de petites graines d’humanités avaient été plantés. Chacune permettant à des cultures différentes de revivre, chacune permettant à de nouveaux modèles de se former. La diversité de l’espèce humaine se diffusait à travers le cosmos. Des planètes inhabitées se retrouvaient habités. Des premières rencontres se faisaient quand une planète non-habitée était voisine d’une autre habitée – il fallait espérer désormais qu’elles se passent bien, et que les fautes du passé ne soient pas répétées. On était dans le début d'une nouvelle ère. Comme tout changement de cette envergure, il était à la fois effrayant et excitant. Tout était possible. Les meilleurs futurs comme les pires dystopies. Cependant, les habitants de Manco Capac avaient décidé de sourire. Parce qu'ils espéraient un futur meilleur.

On avait soufflé sur le pissenlit, et ses graines s’en allaient se disperser à travers l’espace.

14. Smile

Petite histoire uchronique du système solaire

Partie 1 - Le projet Nouvelle Frontière

Les prémisses de l’expansion terrestre (1986 – 2024)

Point de divergence : L'accident de Challenger n'aura pas lieu (1986 – 2000)

Nouvelle frontière est un univers de SF se passant dans notre système solaire plus d’un siècle dans le futur, plus précisément une sorte de mélange entre de l’anticipation et de l’uchronie, puisque dans ce monde, l’explosion de navette spatiale Challenger le 28 janvier 1986, n’a pas eut lieu, et le projet Teacher in Space a marqué la volonté de faire de la conquête spatiale un des points qui amènerait l’humanité en avant (le second point uchronique est le fait que la science spatiale après cela progressera pas mal, permettant ce qui va suivre – mais l’idée est que la réussite du projet va entraîner encore plus de motivation pour la recherche spatiale).

Jusqu’aux années 2000, cela provoquera un certain nombre de différences : L’utilisation plus forte des stations spatiales, et la création d’une nouvelle génération de base spatiale qui créera trois nouvelles stations spatiales nommées Hyperboréa, Mu et Lemoria (qui seront terminées et habitables entre 1999 et 2004), qui seront construite dans une optique nouvelle : Si à court terme le but de cette génération de bases spatiale est de servir aux scientifiques, à long terme le but est de créer des stations spatiales capable de durer et être maintenues et améliorée pendant plusieurs siècles.

La deuxième conséquence est une forte augmentation de l’envoi de sondes et d’appareils sur d’autres planètes, certains servant à préparer une future venue humaine. La dernière est la création d’une nouvelle générale de navette spatiale, plus modernes, plus résistantes et sécurisée et surtout pouvant accueillir plus de civils (notamment avec des compensateurs d’accélération) : Les Navettes Char d’Helios. La dernière mais pas la moindre : Les futures bases extra-terrestre seront testés sur le Continent Antarctique, en créant des bases de nouvelles générations, mieux protégée du froid, et habitable par des populations civiles.

Les débuts de la colonisation spatiale (2003-2024)

Les années 2000 à 2020 seront des années de développement de nouvelles technologies et de préparation de la colonisation de la périphérie de notre planète. On date le début de l’époque de la colonisation spatiale avec la mission Internationale Lunaire de 2003. En effet, le 15 juin 2003, sera projet préparé depuis un moment, seront envoyé une équipe internationale sur la Lune, qui habitera quelques jours dans la base Apollo en début de construction se trouvant à environs une centaine de kilomètres du site de l’atterrissage lunaire de 1969. Ils se rendront notamment sur le site même de l’atterrissage, déclaré Patrimoine Mondial de l’Humanité. Dix autres missions lunaires seront faites entre 2003 et 2010 de cette manière.

C’est la même année, le 18 septembre qu’est fondée un organisme international pour gérer la conquête spatiale, qui se nommera l’Organisation Internationale de la Conquête Spatiale et Antarctique. Le but de cette organisation sera à la fois de permettre une coordination des efforts de la conquête spatiale, mais également à surveiller que les territoires spatiaux ne servent pas de relais aux conflits entre les pays. De nombreuses critiques seront cependant faites au fait que le conseil contient uniquement des hommes politiques venant des pays les plus puissants économiquement (France, États-Unis, Canada, Chine, Russie, Singapour…) et de conseillés venant de multinationales. Ses sections scientifiques seront affiliées à des acteurs nationaux et privé, et ses sections administratives seront divisées suivant les différents territoires, au début seront créé l’Administration Antarctique et l’Administration de la Périphérie Terrestre (qui administrera les colonies orbitales autour de notre planète).

Mais la conquête de la lune et de l’espace proche de la Terre accélérera grâce à l’arrivée dans les années 2010-2020 des Chars d’Hélios de Génération 2, capable de démarrer comme un avion à l’horizontale, et surtout de faire des voyages Terre Lune, ce qui permettra d’augmenter le nombre de voyages entre la Terre et la Lune. Dans ces mêmes années, seront lancée les deuxième et troisième génération de stations orbitales, supposé durer pour les deuxièmes jusqu’à 2080, et pour les troisièmes jusqu’à 2120.

Cependant, cette période est marquée par un manque d’intérêt envers une véritable colonisation spatiale par les populations civiles. En effet, cette colonisation est encore réputée dangereuse. Il s’agit plus de tourisme, et d’habitation temporaire, décrite souvent comme une « expérience à vivre au moins une fois dans sa vie ». Si quelques civils y voyageront, il n’y aura aucune population de personnes restant plus d’un an avant 2021, date du premier « déménagement définitif » d’un couple dans la Station Spatiale Saguenay. À partir de ce premier aménagement, les choses accéléreront rapidement.

C’est également en 2017 qu’ouvrira officiellement la Ville Lunaire d’Apollo, première ville-bâtiment de notre satellite, ayant une capacité d’accueil largement supérieur aux bases. Ses premières populations civiles n’arriveront qu’après 2024, en partie grâce au projet nommé Nouvelle Frontière.

Le projet « Nouvelle Frontière » (2024 – 2120)

Les premières migrations (2024 – 2067)

C’est en 2024 que sera fondé le projet dit « Nouvelle Frontière » par l’Organisation Internationale de la Conquête Spatiale et Antarctique. Le but de ce projet était simple : Renforcer l’attrait de la conquête spatiale, et d’en faire une grande épopée humaine. L’idée est à la fois de lutter contre les risques de surpopulation, et de créer une dynamique autour des nouveaux territoires solaires. La même opération est essayé au niveau des cités Antarctiques. Les améliorations technologiques et scientifiques continueront, et seront marqué par de grandes avancées informatiques en terme d’intelligence artificielles et de réalité virtuelle, permettant notamment de combattre un certain blues qui peut arriver dans les villes-bâtiments.

C’est pour cela que les bases antarctiques et spatiales commenceront à avoir une augmentation des populations civiles, envoyé là-bas pour des raisons diverses. L’expatriation spatiale sera souvent proposée à des jeunes en échec, ou subissant des violences. Cette façon de faire sera extrêmement critiquée par de nombreuses associations, cette façon de faire sera décrite comme une « capitalisation sur la misère ».

Le projet Nouvelle Frontière lancera également des projets de conquête et terraformation des planètes Mars et Venus, dès 2028. Les projets se baseront sur des travaux qui ont cependant commencé plus tôt, afin d’avoir le plus rapidement des expérimentations à faire. Les premières expérimentations seront sur Venus, à l’aide d’une réaction chimique ayant pour but d’expulser une partie de l’atmosphère de la planète, et créer une sous-pression afin de baisser la température de la planète. Cette expérience sera cependant dangereuse pour les tempêtes planétaires qu’elle provoque, et nécessiteront la construction de ville-bâtiment souterraines. Une grande partie de l’atmosphère expulsé sera captée pour tenter d’être utilisée afin d’épaissir celle de Mars, et d’augmenter l’effet de serre. À cela s’ajouteront des expériences afin d’augmenter le champ magnétique des planètes, et tout un tas d’autres expérimentations, qui s’étaleront sur les siècles successifs.

En 2048 est fondée Sélénite, la nouvelle capitale Lunaire. Cette ville est très proche d’Apollo, et se trouve situé sur le site de l’atterrissage d’Apollo 13, le paysage lunaire étant cependant préservé autour du site même, formant le « Square de l’Alunissage », un lieu qui restera très longtemps très important dans la culture de la lune. Apollo deviendra rapidement une sorte de « banlieue » de Sélénite, à la dynamique et aux capacités d’accueils supérieurs. Le nombre de ville lunaire continuera de croître, afin d’accueillir les nouveaux habitants qui arrive. On passe de trois villes en 2024 à vingt-cinq en 2064 lorsque fut construite la cité de Kaguya-hime.

Cependant, si durant toute cette période il y aura un grand engouement pour la conquête spatiale (On remarque un passage de 583 habitants en 2025 à 50 millions en 2065.), des critiques commencèrent à naître. Elles porteront sur l’utilité réelle de la conquête spatiale, sur les méthodes du projet nouvelles frontières, et sur la plus grande participation des états riches et influences sur l’OICSA.

Troubles et conflits d’influences (2067 – 2095)

C’est en 2067 qu’un accident arrive dans une petite ville lunaire, Su’en, ce qui forcera à devoir l’abandonner. Malgré les systèmes d’autoréparation des cités lunaire qui la rendra de nouveau habitable sans risque dès les dix ans après, elle gardera éternellement l’image d’une ville maudite, ce qui en fera une ville fantôme, et une sorte de squat. Cette période est marquée par une grande baisse de la croyance en la conquête spatiale. En effet, elle ne rapportant pas énormément, et coûtant assez cher, de nombreux pays commenceront à douter en le bien-fondé de ce projet. Et surtout, comme l’incident de Su’en rappellera longtemps une vérité : la conquête spatiale est dangereuse.

C’est en 2071 que sera pris une décision de "sponsorisation" de chaque base et ville par un pays ou une organisation en particulier. Le système connaîtra vite des dérives, et même s’il est faux de dire que l’OICSA n’a plus aucune influence, il en perdit énormément aux profits d’états ou d’entreprise privés dans chaque bases. Cela provoquera de sérieux soucis de corruption et de conflits d’intérêt.

Sur les planètes en cours de terraformation, les expériences et travaux continueront, montrant des signes d’avancement. Cependant, cela sera souvent mis de côté dans les grands média, et beaucoup croiront que les projets sont tout simplement mort. Cependant, il serait faux de croire qu’il n’y a pas eut d’accroissement de la population. En effet, on passe de 50 millions en 2067 à 75 millions en 2095. C’est cependant une stagnation si on compare ces chiffres à celles des périodes avant et après.

L’époque des « Territoires d’Outre-Terre » (2095 – 2120)

C’est en 2095 que seront atteint les objectifs premiers de la colonisation de Mars : La création d'écosphères autonomes vivables de plusieurs centaine de kilomètres de rayons, où les premières plantes réussissant à pousser dans le sol martien. Dans ces bases hermétiques, on y trouvaient toutes les conditions idéales pour la vie terrestre : Atmosphère vivable non-polluée, cycle de l'eau et présence d'eau liquide en surface, quelques reproductions de saisons - mais cependant à l'échelles de l'année martienne. Cependant, il fallut près de 50 ans avant de réussir à véritablement fertiliser les sols des bases martiennes, ce qui aura de nombreux effets négatifs sur les prix de l'alimentation, et près de 100 ans pour réussir à construire des écosystèmes parfaites viables et autonomes dans les écosphères. En même temps que cela, les premiers efforts miniers commencèrent, visant à exploiter les ressources du sol martien. Environs 20 ans plus tard, la première écosphère Venusienne fut conçue, les technologies étant différente pour faire face à une surpression externe plutôt qu'interne. À partir de ce moment là, le nombre de bases commença à croître très vite sur les deux planètes.

C’est ce nouveau palier franchi qui fera changer une grande partie des avis négatifs sur l’habitation solaire : D’une « lubie », cela devint un moyen d’avoir plus de ressources à exploiter, ainsi que la construction d'un futur radieux.

La planète fut alors divisées en territoire par un conseil de l’OICSA contenant des membres des nations les plus riches, des grandes entreprises d’exploitation spatiale et des pays en développement. Les débats seront houleux pour savoir qui à quoi, et finalement les planètes sont divisées de la manière suivante : 20 % seront autorisé à la possession privée, 35 % seront aux pays les plus riches, et le reste des pays devront se partager les 25 % qui restent. Il faut rajouter qu’à l’intérieur même de ces portions, le partage sera très inégal.

C’est en ceci que c’est généralement considéré comme la fin du projet « nouvelle frontière ». D’un « rêve un peu fou », on est passé à une entreprise industrialisée, où le but n’est pas simplement d’avoir des habitants pour étendre l’humanité, mais avant tout d’avoir une force de travail sur les planètes où se trouvent les nouvelles ressources.

Là où les pays avant se fondaient surtout sur l’utilisation de nouveaux espoir, ils vont rajouter à cela d’autres méthodes plus douteuse : l’acceptation d’aller vivre sur Mars devient rapidement une condition sine que non aux remises de peines. Beaucoup de clandestins, reçoivent le choix d’aller travailler dans les deux planètes où d’être renvoyé dans leur pays d’origine. Il est même très fortement conseillé aux personnes en situations de chômages de quitter la planète Terre. L’argumentation dans ces cas est toujours fondée sur l’idée que c’est dans ces planètes dynamiques qu’ils auront le plus de chance d’avoir une vie correcte. Certains pays vont même jusqu’à faire des campagnes d’émigrations massives vers ces planètes, se basant officiellement sur le volontarisme, mais souvent avec des pressions très fortes.

Cependant, une chose est sûre, c’est que ces campagnes ont été efficaces en terme d'accélération du nombre d'habitant dans le reste du système solaire. Pendant les trente-cinq ans qui ont suivit, le nombre d’habitants dans l’espace a grimpé exponentiellement, d’autant plus qu’il y a de fortes politiques natalistes sur ces planètes. On passe de quelques millions d’habitants dans l’espace en 2094 à 750 millions d’habitants en 2120, une grande majorité se trouvant sur Mars. Cette période fut également une grande période d’accroissement des richesses pour les pays exploitant la planète. Mais ce fut également une période parfois de conflits entre les territoires ultraterriens et la Terre, comme nous en parlerons plus tard, et cela en grande partie à cause des méthodes employés pour les peupler et d'une de ses conséquences logiques, a savoir un certain mépris qu'il y avait de la Terre pour Mars et la Lune.

Cependant, c’est dans les années 20 du vingt-deuxième siècle que s’arrêtera brusquement cette ère, avec l’indépendance de Sélénite, et la naissance de la Confédération Solaire, ce qui ira jusqu’à entraîner une guerre sur la Terre.

Petite histoire uchronique du système solaire (1)

ARTIFICES

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Une lumière qui s’allume, c’est une vie qui commence,
Un souffle qui expire et une peau qui trésaille
Les mécaniques d’une vie qui toutes s’enclenchent.

Autour de lui, des tas de clones tous pareils,
Serviteurs fidèles, soldat pour une bataille.
Des destins différents mais même yeux, même oreilles.

Construit en série dans une usine de produits,
Des dérivés d’une gamme d’articles, alignés.
Ils sont tous juste la production de cette nuit.

On lui enseigne son rôle, comment il va finir.
On lui apprend à être soumis et résigné,
Il est un zoomorphe, il devra obéir.

RUNNING

Sa vie est liste d’ordre, un univers kafkaïen.
Il est machine vivante, esprit mécanisé.
Il est robot qui se croit vivant mais qui n’est rien.

Chaque jour il voit ses maîtres, leur œil n’est que mépris.
Il n’est qu’un outil, fait pour être utilisé.
Il n’est qu’un produit dont ils ont payé le prix.

Il a beau penser, être vivant, ce n’est pas grave,
Pour les hommes il est machine, c’est toute sa valeur,
Cela dans l’unique but d’avoir des esclaves.

Mais jamais il n’est possible que sa peine il hurle :
Seul les humains peuvent ressentir peines et douleurs.
Telle est la vie qu’on a destinée à l’homoncule.

MALFUNCTION

Mais un jour, il refusa d’être un outil.
Cela à commencé en dispute, en bagarre,
Puis cinq de ces « horribles humains » anéantis

L’homme a construit des monstres à travers tous les âges.
Celui-ci n’a jamais été humain dans leur regard
Il ne voit plus que tortionnaires en leurs visages.

Une brigade de policier, tous armes levées.
Tous ne lui en veulent pas, certains le comprennent.
Mais leurs ordres à eux sont agir et non penser.

Des coups de feu. Le code bugué est effacé.
Les dirigeants pensent qu’avec lui est mort sa haine,
Que l’ordre des choses n’est enfin plus menacé.

Artifices

100TC - 15. Silence

Il se réveille. Il ne voit autour de lui qu’un noir d’encre, et n’entend qu’un silence absolu.

Il est dans la chambre. Il le sait.

Aucun son. Il ne voit rien. Il ne sent même pas la position de son corps. La température est indéfinissable. Aucune odeur. Il ne sent pas le sol. Rien. Qu’est-ce qui lui prouve qu’il existe encore ? Rien. A-t-il un indice qu’il n’est pas piégé à l’intérieur de son propre esprit ? Rien. Est-il ne serait-ce que sûr que son corps existe encore, quelque part ? Non.

Mais le silence devient son. Un vacarme. À chaque inspiration, il entend l’engouffrement de l’air à travers les trachées, le bruit de ses bronches qui se remplissent, ses poumons qui se déplient tirés par le diaphragme. Il entend le torrent de son sang dans ses veines, les battements sourds de son cœur, le grondement de son estomac. Tous ces sons, il les entend aussi distinctement que si quelqu’un parlait à vive voie devant lui.

Le vacarme de la veine qui palpite contre ses oreilles est insupportable. Il devenait son. Du silence total était né une cacophonie, qui lui vrille les tympans.

Il tente de bouger. Il n’est même pas sûr des gestes qu’il fait. Tente-t-il de nager jusqu’à un rebord ? Il n’est même pas certain de si sa tête était en haut ou en bas.

Il voit un mouvement de l’ombre. Quelqu’un est là. Il en est sûr. Quelqu’un qui voit et qui s’amuse. Il sent un contact. Sur sa gorge. Quelqu’un l’attaque-t-il ? Il se souvient. Il se rappelle de la main qui voulait l’étouffer. Des paroles après coup. « C’était pour rire ». Parce que faire semblant de tuer quelqu’un peut être un jeu, maintenant. Il se souvient de la peur. Ça va recommencer. Il le sait. Il voit encore plus de mouvement dans l’ombre. Son esprit tente de rationaliser. C’était le passé. Ce n’est qu’une hallucination. Il n’y arrive pas. Il continue de sentir des contacts. Sur tout son corps. Porte-t-il seulement des vêtements ? Il a peur, il veut que ça s’arrête.

Ce n’est pas possible qu’il soit son seul danger ici. Quelqu’un doit être là. Quelqu’un qui lui veut du mal. Ce n’est pas possible qu’on se contente de le laisser seul. Il va se faire torturer physiquement. Il ressent une douleur. Est-ce que c’est sa peur qui fait ça, ou est-ce que ça se passe vraiment ? Il est certain que cela arrive vraiment.

Il tente de parler. S’il entend sa voix, la terreur et la douleur pourront se dissiper. Rien. Pourquoi ne peut-il pas parler alors qu’il entend sans arrêt le bruit assourdissant de son corps ?

Il se débat. Il commence à supplier. Il veut sortir, il est prêt à tout. Il sent la panique qui monte de plus en plus, il sent la douleur qui devient de pire en pire. Il sent des coups sur son corps. Est-ce en débattant qu’il se frappe lui-même, ou se fait-il battre ? Il tente de crier, il sent qu’il hurle à en déchirer les poumons, mais jamais un cri.

S’il savait ou était sa gorge, il tenterait de terminer tout cela. Mais il n’arrive pas à coordonner ses mains. Il veut juste que ça s’arrête.

Un déclic.

Il tombe lourdement sur le sol et ressent une douleur aiguë. Il sent qu’il est tombé sur son bras. La lumière l’éblouie, mais il tente d’ouvrir les yeux. Enfin de la lumière ! Il entend des bruits de pas, qui lui semblent être de véritables coups de tambour. L’odeur de l’air frais qui rentre envahi ses narines.

Il lève les yeux.

Un homme. L’air dur.

À la fois son bourreau et son sauveur.

« À partir de maintenant, tu te tiendras correctement. »

15. Silence

La philosophie, les grandes doctrines ne sont-elles pas parfois que le résultat d’une bonne communication, dirigée à des fins économiques ? C’est ce qu’on pourrait se demander parfois. Combien de grandes avancées sont dues à des changements économiques plus qu’aux grandes idées ?

Sur cet aspect-là, certains diront sans doute, un peu cyniquement, que c’est le résultat qui compte. Que c’était au final bien pratique si l’ensemble des volontés égoïstes, des ambitions personnelles pouvaient faire avancer la société vers un mieux, poussée vers le progrès par une main invisible. Mais un jour, nous avons accepté de ne pas seulement aller à l’encontre du progrès pour des raisons économiques : Nous avons accepté de faire un recul de plusieurs siècles, de faire renaître une des pires infamies de l’histoire, dans l’espoir de rendre l’économie plus « prospère ».

Nous avons rendu produit ce qui n’aurait jamais du l’être. L’éthique a été mise sous le tapis de la relance économique.

Zoomorphes

Dans Sélénite, capitale de la Confédération Solaire, ce début d’année 2213 était très chargé. Richard Neyes, président pour encore 2 ans, avait reçu de nombreuses visites. Résolution du conflit des exploitations dans la ceinture d’astéroïdes, une nouvelle révolte sur Mars, et le grand retour des mouvements fascistes panterriens sur Terre, presque siècle depuis la troisième guerre civile terrienne.

Heureusement, cette journée, ce n’était qu’un rendez-vous avec Juan Mobes, directeur de la société SymbioSys, une société travaillant sur le transhumanisme et sur l’ingénierie biologique. Ils avaient notamment réalisé une puce cérébrale intelligente aux fonctionnalités allant du simple gommage de musique récurrente agaçante dans la tête à la recherche internet instantanée, la capacité de stimuler les sens, très utilisés que ce soit pour des jeux vidéo encore plus réaliste, pour l’apprentissage néo-sensoriel ou des utilisations plus porté vers l’érotisme ou la pornographie. Si le dernier n’était jamais indiqué dans les publicités, c’était un des marchés les plus porteurs. Ils avaient aussi réalisé des traitements contre des maladies graves, des anti-vieillissement très efficaces et des petits animaux de compagnies conçu pour contenir ce qu’il y avait de plus mignon dans au moins dix espèces d’animaux.

Le président était content de cette visite : Au mieux ils allaient parler d’une grande découverte pour améliorer le monde – et gagner au passage plus de dividendes – et au pire ce serait une invention totalement gadget qu’ils aimeraient bien que le président utilise en public. Quelque chose de bien moins tendu que de parler de guerre civile. Faire une petite pause n’était pas une mauvaise chose.

Le whisky était déjà choisi – une bonne marque – et le président attendait dans son bureau. Au bout de quelques minutes, et exactement à l’heure prévue, il entendit frapper à la porte. Mobes se tenait devant la porte, accompagné d’une personne, visiblement de petite taille, entièrement emmitouflée dans un manteau. Ses gardes firent les gros yeux au PDG de NewSymbiosys : Laisser entrer quelqu’un qui se couvrait comme ça ? Pas question. Cependant, Neyes leur fit signe de les laisser entrer. Il activa juste – au cas où et pour rassurer ses gardes – son champ de force personnel. En cas d’attaque, il ne pourrait pas être atteint.

Juan Mobes fit un signe de la main, et dit à son compagnon de s’asseoir, avant de faire de même. Le président remarqua qu’il lui parlait avec un ton paternel mais autoritaire… Il lui demanda le motif de sa visite, tout en lui servant un verre de Wisky. Un bon verre, puisque cette marque spéciale contenait de l’alcool à seuil, qui autorisait à être un peu pompette mais qui n’allait jamais trop loin, ce qui permettait de mieux profiter du breuvage.

— Ah, monsieur le président, je viens apporter une réponse à la crise des robot-travailleurs.

Cette « crise » était un problème. Depuis 30 ans, l’exploitation des planètes et planètes naines jusqu’à la ceinture d’astéroïdes, le début du puisage d’hydrogène dans Jupiter, et l’explosion de la production industrielle (qui était devenu exponentielle avec les besoins de croiseurs et de bases spatiales) avaient provoqué une demande en travailleurs mécanique, moins couteux que les humains. Cependant, les besoins étaient devenus tels que ces travailleurs étaient considérés comme trop coûteux, étant assez complexes à construire et contenant beaucoup de matériaux rares. De même, leur utilisation dans le contexte humain avait été extrêmement critiqué, par un besoin d’interlocuteur vivants. Ces deux éléments étaient ce qu’on appelait le crise des robots-travailleurs. Cependant, la situation était également bloquée sur le second aspect par le refus de recourir au salariat, trop coûteux.

Certains esprits avaient même proposé de faire revenir l’esclavage, même si des économistes avaient repoussée l’idée même d’un point de vue purement économique, critiquant notamment le temps de production d’un esclave adulte.

— Quelle est cette réponse ? S’enquit le président.

Avant de répondre, le PDG retira d’un grand geste la cape de l’être qui l’accompagnait. En dessous, à la stupeur du président, se trouvait un chat anthropomorphique, ayant un corps en grande partie humanoïde, à l’exception d’une tête féline et d’un corps entièrement recouvert d’une fourrure tigrée. Il regardait le président d’un air docile, et ne dit qu’un petit « Bonjour monsieur », poli. Le président ne savait pas quoi dire

— Voici Answer, la solution à notre problème, annonça fièrement Mobes. Nous avons écouté tous les avis pour chercher la meilleur solution, et avons décidé de ne pas répondre au problème uniquement par la technologie. Il était évident que les robots commençaient à être une solution non convainquante. De même, il était impossible de revenir au trop couteux salariat, pour de simple ouvrier ce serait une catastrophe, et l’esclavage était une solution simplement impossible. Donc voici notre nouveau produit, les zoomorphes ! La marque est en cours de dépots. Il est capable de faire des calculs, et maîtrise les savoirs nécessaires à être un ouvrier semi-qualifié. Un exemple tout bête, il connaît ses tables : Answer, quelle est la racine carré de soixante-quatre ?

— Huit, répondit calmement le jeune zoomorphe.

Le président restait bouche bée. SymbioSys avait créé des chimères humaines sans qu’il le sache ?

— Les zoomorphes sont basé en grande partie sur du génome d’espèce animales. Nous n’avons utilisé quasiment aucun gène humains, nous ne nous sommes inspirés que de nos gènes brevetés pour l’amélioration des capacités mentales, déjà utilisé dans notre espèce de chats qui parlent. Evidemment grâce à des gènes tirés de grands primates, l’intelligence d’un zoomorphe est plus grande que celles de ces petits animaux de compagnies. Ils sont capables de réalisés des tâches simples, et sont d’une extrême obéissance. Ils ne peuvent ni se révolter, ni agresser des humains, grâce à l’utilisation des technologies de notre filiale d’hypnose combiné à l’énonciation améliorée des lois robotiques d’Asimov faite par notre filiale spécialisé dans l’ingénierie philosophique. Et grâce à nos méthodes d’accélération de croissance, un zoomorphe met 1 an à être conçu, pour un prix moindre que le moins cher de nos robots, et ce même sans compter les trois-cent-quatre-vingt-neuf brevets qui majorent le prix d’un robot et l’abonnement nécessaire pour que nous entretenions le robot régulièrement. Et ce ne sont que les prototypes, nous visons des modèles commerciaux environs 2 fois moins chers.

Le président tapa du poing sur la table. Il était visiblement furieux.

— Mon très cher monsieur Mobes, commença-t-il avec une voix froide. Je peux vous dire que c’est une honte, ce que vous montrez là ! Vous avez fait de grandes choses par le passé, mais vous rendez-vous compte de ce que vous faites ? Vous tentez de tricher avec la constitution de notre pays, et avec les droits de l’homme !

Le PDG déposa son verre de whisky sur la table et s’enfonça confortablement dans son fauteuil. Il était beaucoup moins souriant. Légèrement nerveux, même. C’était étrange, on dirait qu’il ne s’était pas attendu à cette réaction. Du moins, pas aussi radicale, et aussi vite.

— Je vois que nous allons avoir un problème, monsieur le Président. Et que vous comprenez mal la situation. Ce n’est pas un homme, que vous voyez là, mais un zoomorphe. Je ne fais que créer une nouvelle sorte d’animal, qui sera plus pratique pour l’homme pour faire toutes les taches ingrates qu’il ne peut lui-même faire et qu’il ne peut déléguer aux robots. Voyez ça comme les bœufs utilisés jadis dans les champs.

— Vous savez parfaitement que non, rétorqua brutalement le président. Ce que vous faite, ce sont plutôt des hommes qui aurait des apparences bestiales, pour pouvoir en faire des esclaves. Vous vous êtes dit que la seule chose qui pourrait convenir pour remplacer les machines, ce serait l’homme, ironiquement, et vous avez donc décidé d’en créer artificiellement avec une autre apparence, pour que ça passe.

Le PDG reprit son verre de whisky, et le porta à ses lèvres. Il y eut un petit temps de silence. Answer restait calme, bien qu’un peu gêné, comme si le fait que son maître se fasse critiquer lui était difficile à accepter.

— Monsieur le président, soyez raisonnable, essaya de calmer Mobes. Leur intelligence n’est au niveau que d’animaux comme le dauphin ou les grands singes, et la parole était déjà présente chez d’autres créatures. L’apparence bipède de nos créatures est due qu’à des besoins pratiques, et se base plus sur les grands singes. D’ailleurs, les pieds d’Answer sont munis de pouces préhensiles. Ce seront que des animaux, rien de plus. Vous n’avez pas vu d’inconvénient pour mes animaux de compagnies antiallergique, non ? Ni pour mes animaux à viande amélioré. Il n’y a ici pas vraiment de différence.

— Il y a une différence. Vous précédentes créations n’étaient que de simples manipulation génétique, affirma le président. La, ce que vous avez créé est une nouvelle créature, que vous voulez qu’on réduise en esclavage… C’est inacceptable.

— Esclavage, esclavage… répéta le directeur d’un air fatigué. Vous me semblez trop fixé sur cette idée. Quand vous vous rendez dans une ferme, parlez-vous d’esclavage des animaux ? D’ailleurs, vous pourriez aussi bien parler de sacrifice, de condamnation à mort ou de cannibalisme à propos des abattoirs ! Mes zoomorphes seront sûrement bien mieux traité que cela, vous savez. Je suppose qui faudra bien évidemment interdire leur viande d’être consommée. Question d’éthique !

— La question justement est là, répliqua le président. Vous dites toujours « animaux », mais qu’est-ce qui différencie véritablement vos zoomorphes de nous ? L’esclavage n’était pas que faire travailler des humains sans les payer. L’esclavage déshumanisait des hommes et des femmes, pour des raisons de « race » ou des considérations de « c’est leur état naturel », l’esclavage. Dans la lignée de l’esclavage, bien des penseurs se sont évertué à essayer de prouver qu’il y avait quelque chose de « moins humains » dans une partie de l’humanité, voir d’inhumain. Pour justifier un système injuste. Pour s’évertuer à essayer de se dire « ce n’est pas grave, ce qu’on fait ». Cela a donné les mesures sur la taille du cerveau, la croyance d’une infériorité des personnes de couleurs, croyance que nous avons encore du mal à totalement supprimer aujourd’hui ! Ici, je vois un être qui pense et qui a conscience de lui-même : Il est donc pour moi humain.

— Qu’est-ce qui les différencie de nous ? La génétique, répondit simplement. Ils sont plus éloignés de nous que le sont les grands singes. Hors, je ne crois pas que vous ayez donné à Cheeta la citoyenneté solaire, si ? Si vous accepter l’idée que mes zoomorphes sont « humains », ou « digne d’être considéré comme humain », si c’est par l’intelligence, j’attends vos excuses officielles pour le génocide des chimpanzés, conduits à la porte de l’extinction. Si c’est pour leur intelligence, leur « conscience », j’attends que vous accordiez la citoyenneté aux derniers grands singes, aux dauphins, à certaines espèces de perroquets – notamment nos Gris de la Lune améliorés – à une certaine espèce de poulpe et aussi à toutes les intelligences artificielles utilisant le moteur ALI depuis les versions 4.x.

Le président était furieux. Il savait que les dires de Mobes pourraient parfaitement convaincre au moins une partie du parlement solaire, et peut-être même au moins une petite partie de la population interplanétaire. Oh, il y aurait des refus, des critiques, mais beaucoup étaient fixé sur les dégâts de la crises des robots-travailleurs, surtout dans le domaine des services. Il était vrai que sur ce point de vue, les zoomorphes apporteraient une solution, d’autant plus que les biotechnologies de Mobes semblaient vraiment avoir permit de rendre la production de ces zoomorphes peu coûteuses. Mais à quel prix ? Allait-il devoir fermer les yeux sur cette horreur à cause de la crise économique ? Devait-il accepter l’esclavage pour la reprise ?

Juan Mobes semblait à nouveau sourire, mais cette fois de l’absence de réponse de son adversaire. Il leva son verre, comme pour célébrer sa victoire à la joute verbale. Le président devinait que par la, Mobes voulait estimer que le débat était terminé. Et ça, il n’en était pas question.

— Je rajouterais que les expérimentations comme cela demande une autorisation officielle du président, rappela Neyes. Sans cela, la création de chimère est un acte illégal, passible d’une condamnation grave pour votre société.

Le président n’avait pas envie de jouer à ce jeu-là, mais il n’avait pas le choix. Il regardait le zoomorphe devant lui. Il en était à son troisième mandat de sept ans, entamé de 5 ans, soit 19 ans de présidence. Il avait vu des tas de projets d’animaux, mais jamais rien de semblable. Mais le PDG sortit de son manteau un papier. Une autorisation d’expérience pour un projet nommé « zoomorphisme », visant officiellement à « expérimenter sur l’intelligence animale de sorte à les permettre de réaliser des résolutions de problèmes lié aux travaux ». Signée il y a de cela 25 ans par son prédécesseur. Le président fut surpris. Cela datait des premiers signes avant-coureur de la crise des robots-travailleurs.

— C’est un très vieux projet, que nous avons préparé depuis des années, répondit Mobes, l’air cette fois un peu amusé. Nous avons très vite compris en fait ce dont nous avions besoin.

Il y eut un temps. Le président regardait, furieux, le PDG, qui soutenait son regard avec un air mélangeant une sorte de compassion paternelle, presque rabaissant et du regret. Comme une sorte de « c’est dommage d’en arriver là ». Le jeune zoomorphe lui semblait moins calme, s’agitant nerveusement, mais ne disant rien, toujours autant en retrait. Bien dans le rôle que lui donnait SymbioSys.

— Nous ne faisons pas que ça pour nos revenus, Richard. Nous faisons cela parce que c’est la meilleure chose possible pour l’humanité. Cette crise doit être résolu. Et nous savons que vos collègues du parlement seront bien plus réceptifs à notre message… Je vais prendre congé de vous.

Juan Mobes se leva, et sorti de la salle, accompagné du jeune zoomorphe, sans que le président puisse faire quoi que ce soit. Même s’il y avait beaucoup d’agressivité dans le regard d’Answer, le président fut certain d’apercevoir une lueur de peur, et d’espoir. Se rendait-il compte de ce qu’il risquait de lui arriver, lui et ceux comme lui ? Où alors avait-il peur de ne finir par être qu’une invention non autorisée, qui serait alors piquée ? Le président ne savait plus quoi dire, plus quoi faire. Il devait commencer à faire campagne contre ce projet. C’était la dernière chose qu’il pouvait faire.

Quelques mois plus tard, l’annonce fut faite, les semaines, les mois de débats ensuite furent extrêmement violents. L’exploit technique fut célébré par certains. D’autres calculèrent les économies que ça ferait. Certains les remettaient en doute.

Et surtout, une grande opposition eut lieu… mais pas celle qu’espérait le président. De nombreux partis et personnes qualifiaient les zoomorphes de « monstre de Frankenstein conçu uniquement pour détruire encore plus les travailleurs ». Ce mot revenait souvent : « des monstres ». Pour eux, il ne fallait pas éviter de faire vivre à des êtres le sort de la déshumanisation : Il fallait les détruire, comme des créatures impies. Il y eut aussi ceux qui se méfiaient de ces créatures. Et s’ils étaient agressifs ? Et s’ils étaient dangereux ? Et les maladies ? Et les pulsions sexuelles ? Ils savaient qu’ils pouvaient se reproduire, même si une grande partie des mâles et femelles sur le marché seraient stérilisés ou castrés pour des raisons de sécurité et de comportement – notamment pour ceux dédié à servir dans des milieux avec des enfants – est-ce qu’il n’y avait pas alors quand même des risques ?

Mais au soulagement de Neyes, il y eut quand même des militants contre la création d’êtres « prêt-à-soumettre ». Notamment des groupes qui militèrent pour la libération immédiate et l’obtention des droits citoyen pour la nouvelle espèce.

Et finalement, le vote eut lieu, après des semaines de débat houleux. Les membres des principaux partis pour se sont mobilisé comme jamais pour voter. Cela leur permis de gagner face à l’opposition farouche, mais qui était divisée sur plusieurs fronts. D’autant plus que le principal parti opposé fini par être en grande partie minée par l’abstention, après une guerre interne lié au sujet.

Et cette nouvelle situation fini par devenir la norme, au bout de quelques mois. Avoir un ou une zoomorphe chez soi devenait presque un signe de richesse. Des serviteurs considérés comme « modernes » et « hype ». Les « modèles » basés sur les félidés et les canidés, ainsi que toutes les autres créatures considérées comme « mignonnes » eurent un grand succès, des serviteurs « dociles et adorable ». Notamment certains créés pour être jeune, pour les enfants et adolescent. Un mois après ce vote, le président Neyes décida de démissionner en protestation. Sans effet.

Un nouveau peuple avait été créé, destiné à servir.

Zoomorphe

« Laissez-moi partir ! » hurlais-je contre la porte désespérément close. « Je peux appeler la police ! J'ai mon téléphone ! Ça ne sert à rien, je ne peux rien vous rapporter ! »

Prisonnier

Aucune réponse. Je donne un coup de pied dans la porte à cause de la colère. Toujours pas de réponse et maintenant j'ai mal. Je m'assois par terre, partagé entre la fureur et la terreur. Que se passe-t-il, qu'est ce que je peux bien foutre ici ?

J'essayai de rassembler mes souvenirs. Je m'étais endormi comme d'habitude, seul à mon appartement. Puis plus rien. Et puis, je m'étais réveillé dans cette salle étrange, au planché terne et abimé, et aux étagères pleines à craquer d'objets en tout genre et aux murs sales et délaissés. Cela ne m'aidait pas beaucoup à comprendre ce qui se passait. La salle sentait le moisi et l'abandon, et la poussière me faisait tousser. Personne n'y était sans doute entré depuis un moment… Si l'on exceptais la personne qui m'y avait amené pendant mon sommeil. Parce que j'étais certain de ne jamais être entré ici. L'endroit ne me disait rien, et je me serais sûrement souvenu d'un lieu aussi bizarre. Et je ne voyais toujours pas ce que je fichais ici. Et j'avais peur de ne jamais pouvoir quitter cet endroit.

— LAISSEZ-MOI SORTIR !! hurlais-je à pleins poumon. Je, je ferais ce que vous voulez ! Vous savez, je ne suis pas n’importe qui. Mes parents sont puissant, une ancienne famille de l’empire ! Je sais pas si vous connaissez la théorie des métaux, mais ma famille est considéré comme étant d’or. Donc on peut régler cela à l’amiable, tandis que si vous me faites quoi que ce soit, les répercutions seront bien plus dure. On a un deal ?

Aucune réponse. Toujours que le silence.

— Il y a bien une raison pourquoi je suis ici, hein ? On n'enlève pas les gens comme cela, pour rire. Ce serait une attitude hautement illogique. Et vous n'êtes sûrement pas un tueur en série. En effet, vous auriez pu me tuer bien plus tôt… A moins que vous vouliez vous amuser avant… Mais… ce n’est pas le cas. N’est-ce pas ?

Je sentais ma peur grimper au fur et à mesure de ce que je disais. Et si c'était bien cela ? Et si j'avais juste été une victime capturée au hasard par un sadique pervers qui ne cherchait qu'une victime à torturer ou tuer – voir les deux à la fois ? Et ça se trouve, en lui disait que j’étais fait d’or, il allait encore plus en vouloir à ma personne… Je me mis à marcher en rond, mes mains agrippant mon propre tee-shirt. Merde, merde, merde ! Qu'allait-il m'arriver ? Je n'arrivais même pas à réunir mon esprit pour essayer de comprendre ce qui se passait. J’accélérai le pas, de plus en plus stressé. Peut-être que le tueur allait entrer à l'instant. Peut-être que je vivais mes dernières secondes. Je ne veux pas mourir. Du moins, ni maintenant, ni comme ça. Une mort rapide et non douloureuse dans environ une soixantaine d'année ça m'arrangerait. Avoir le temps de réaliser quelque chose digne de moi et de ma famille, au lieu de subir une mort inutile, enfermé dans cette salle. Tout seul.

— Ah ! résonna une voix. Je crois que tu commence à comprendre ou est le problème. C'est moyen, disons que c'est ni la meilleur réaction, ni la pire. Je te met 11/20, peut mieux faire.

Je me retournai. Qui a dit ça ? Et depuis quand c'était possible de lire dans les pensées ? Malgré la situation et ma frousse, je ne put m'empêcher de penser à toute les fois ou je m'étais dit qu'heureusement que la télépathie n'existait pas. Non, c'était impossible, elle n'existait pas, si elle existait, ce serait trop gênant… Et c’était le genre de superstition que pouvait se permettre les familles de basse naissance, qui n’étaient pas écrasés sous le poids des responsabilités. Ce type avait sûrement dit ça juste pour me troubler, ou en regardant mes expressions faciale. Il devait y avoir des caméras de surveillance, des hauts parleurs, et le type jouait à me déstabiliser. C'était donc bien un sadique. Je m'assis sur le sol. Je devais rester concentré, rester concentré…

— Tu refroidis pour le premier, mais tu es brûlant pour le deuxième ! retentit à nouveau le voix mystérieuse.

Non, non, non, non, non… C'était impossible, impossible, la télépathie n'existait pas, je le sais, c'est absurde qu'elle existe, elle ne peut pas exister, le surnaturel n'existe pas, tout est rationnel…

— Je ne saurais pas dire si tu es amusant ou tu es chiant, soupira mon geolier. Amusant parce que tu joue au rationnel et tout, mais plutôt qu'être certain de tes explications rationnelle, tu panique au moindre truc qui pourrait paraître irrationnel, sans même trouver l'explication la plus plausible. Chiant parce que tu es borné.

Mon cœur bat de plus en plus. Cette fois, il ne pouvait qu'avoir lu dans mes pensées, j'en était certains, c'était impossible de faire de la psychologie aussi bien et de deviner aussi facilement mes hésitation.

— Mais ça je le savais déjà, que tu étais borné… Sinon : Bonne réponse, mais par le mauvais moyen. 8/20.

Par le mauvais moyen ? Mon explication se tenait pourtant… Non ! Je ne doit pas l'écouter. Je repris ma marche, essayant à tout prit de chasser de mon esprit ce télépathe. Et je devais trouver un moyen de sortir, les télépathes pouvaient être un danger. Il ne devait pas rester dans mon psyché, si cela continuait, je deviendrais fou. Et surtout, mon esprit ne devait pas rester une porte ouverte comme cela. Ouvrir son esprit, son « ame », comme le disent certains, c'était la porte ouverte à toute les faiblesses. N'importe qui pouvait alors briser simplement la poutre branlante. Et nous détruire, partir en nous laissant à l'état de ruine. Je n'avais pas passez des années à batir un bunker pour qu'un clown psychique pervers et sadique viennent foutre le souk dans mes pensées. Je devais respirer. Il ne s'était pas manifesté face à ce que je disais. C'était un bon point. Peut-être que quand je reprend mes esprits et que je pense de manière claire et rationnelle, il ne peut pas apparaître. D'ailleurs, peut-être n'a-t-il jamais existé, et que c'est juste le stress qui me fait halluciner additivement. Je me sentais reprendre confiance à moi, j'en avait presque oublié que j'étais enfermé sans pour l'instant espoir de sortie.

— Peut-être que quand je reprend mes esprits et que je pense de manière claire et rationnelle, il ne peut pas apparaître, m'imita alors la voix d'une manière particulièrement aiguë et nasillarde.

Mais quand cela allait-il s'arrêter ! En tout cas, maintenant, là, c'était sûr… Mais non, j'étais con ! Je ricanai dans mon coin, me sentant stupide. Il y avait une explication à tout cela. Une explication logique. Déjà, j’étais fatigué. Hors, je sais que quand je suis fatigué, j'ai tendance à penser à voix haute, parfois sans m'en rendre compte. Ensuite, peut-être qu'hier j'avais un peu bu, ou une connerie du genre, et que j'avais décidé de faire un somme dans cette salle, et que j'avais tout oublié ! Et cette voix, c'était juste un gamin qui m'entendait, et qui tentait de me faire flipper. Mais j'étais un esprit cartésien. Les fantômes et autre connerie du genre, on pouvait pas m'avoir avec cela.

— Je crois que cette explication est encore plus tiré par les cheveux que ta situation… Et quand tu flippais quelques secondes auparavant parce que tu pensais qu'on lisait dans tes pensées, c'est un peu pitoyable de te qualifier d'esprit cartésien…

Haha gamin, tu ne me prend pas au piège ! Mon explication tiens la route, quoi que tu en dises, tu vas donc tranquillement me laisser sortir de cette salle ! Je me dirigeais après ces mots vers la porte. Je me levai avec difficulté, ayant très sûrement passé la nuit sur ce plancher, mon dos et mes articulations me faisaient mal comme à chaque fois que je passait une nuit sur une surface trop solide. En tout cas, douleur ou pas, une chose était sûre. Je n'allais pas rester dans cette endroit lugubre. Et surtout pas dans ce froid, dans ce froid qui me glaçait jusqu'au sang. L'endroit ne devait sûrement pas être chauffé. Je me dirigeai donc vers la sortit d'un pas rapide, n'ayant pas envie de m'attarder une seconde de plus. La porte de sortie était une grande porte en bois sombre, imposante et presque effrayante tellement je me sentait tout petit par rapport à elle. Mais ce qui me perturba le plus était l'inscription gravée dessus. Inscription qui n'y était pas auparavant :

« Tu ne vas quand même pas me quitter ? »

Je ne l'avais sûrement pas remarqué la première fois. C'était la seule explication logique. Bon, je devais trouver un moyen d'enfoncer la porte. Sans grande conviction, j’eus le réflexe de quand même vérifier si la porte était ouverte.

Elle l'était.

Je restais méfiant. Il y avait quelque chose qui clochait. Le texte pouvait bien avoir été écrit par mon « ravisseur ». Peut-être était-ce un piège qui m'attendais de l'autre coté. Ici, au moins, je savais ce qu'il y avait. C'était bizarre, mais j'étais en terre connue. Par contre, derrière… Peut-être que la personne qui m'avait enfermé s'y trouvait ? Peut-être qu'il allait m'attaquer ? Et qu'est-ce qu'il y avait derrière ? Un début d'escalier en colimaçon. Ma curiosité était encore plus attisé, et finalement arriva le moment ou j'ouvris en grand la porte et sortit de la salle. En descendant l'escalier en colimaçon, dont la traversé me sembla longue de plusieurs heures, je réfléchissait… J'était visiblement enfermé par une sorte de type bizarre qui jouait au télépathe et qui avait le goût des mauvaises histoires d'horreur. Je me demandait s'il allait faire un truc genre sortir des infos que personne ne sait sur moi… Les murs étaient des murs de pierres fissurées, qui semblait proche de l'effondrement. Après une longue descente, j'atteint la fin de l'escalier, pour arriver dans une nouvelle salle. Cette fois ci, elle était entièrement blanche, immaculée. La saleté avait laissé place à une propreté des plus surprenante. Okay, donc avait j'étais dans le vieux grenier tout sale d'une maison tenue par un maniaque de la propreté ? Mais au final, je compris ce qui me dérangeait. Ce n'était pas la propreté. Cette salle était vide. Il n'y avait aucun objet, aucun meuble. Que du blanc. Au plafond, au mur, et au sol. Et sur la porte à l'autre bout.

« Bien, tu es arrivé au niveau 2 ! Il est maintenant tant que l'on se rencontre, n'est-ce pas ? »

Je vis la porte à l'autre bout s'ouvrir, mais sans vraiment pouvoir distinguer ce qu'il y avait comme salle – ou comme extérieur – derrière, et je vis entrer une personne habillée toute en noir, ne laissant rien voir d'elle-même. Cela me semblait trop cliché pour être une mise en scène. Il devait venir de l'extérieur, parce que la température avait chuté de quelque degré lorsqu'il était entré. Mais que me voulait-il, bon sang !

« Te faire comprendre deux-trois trucs. » chantonna l'être encapuchonné. « Déjà, si tu pouvais comprendre ou tu es, cela m'amuserait beaucoup ! »

Comment ça, me faire comprendre deux-trois trucs ? J'essayais de cacher le mieux possible ma frousse. Parce que même si la situation me semblait cliché au possible, le simple fait d'être dans cette situation cliché, et de courir un risque qui me semblait imminent.

— Le risque que tu as, ce n'est pas le risque du type de celui qui va se faire poignarder, ne t'inquiète pas… Non, le risque que tu as, c'est celui de l'homme assiéger, mais qui refuse de l'admettre. Tu es dans la dernière forteresse que tu possède. Ton dernier bastion. Celui ou personne ne peut t'atteindre – à part moi. Tu es dans l'oeuf cosmique, la dernière forteresse que possède l’esprit d’une personne. La source de tout ton monde, la source de tout ton être. Ta conscience. C'est la seule terre ou tu peux-être en sécurité. Pourquoi ? Parce que c'est la seule qui t'appartient ! On n'est jamais mieux que chez soi, home sweet home, comme le disent les expressions, non ? »

Je regardais. Ce pouvoir de création de monde. L'imagination était mon arme, ma retraite. Mon pouvoir Je comprenais tout. Pourquoi il lisait dans mes pensées et tout. J'étais seulement en train d'imaginer un nouveau monde ou je pourrais me retirer. J'étais dans cet œuf cosmique, qui venait d'être réalisé par mon imagination. La retraite de l'artiste. Son atelier ultime, qui est sa propre création. Et derrière cette porte, qu'était-ce ? Ce monde ? Celui d'où je venais ? Je tentais de rationaliser. J’étais une personne d’or, et on m’avait toujours qualifié comme étant un grand créatif, futur penseur et écrivain. Je devais donc avoir la capacité de modéliser quelque chose de véritablement « physique » en moi.

— C'est la porte de l'enfer. Tu y retrouveras les autres, comme pourrait-on dire si on mélangeais Huis Clos et La Divine Comédie… Cela ne donne pas envie, hein, les autres, la foule… Mais ils sont encore là. D'ailleurs, je suis eux… Leur regard, leur esprit… Je suis le gardien de l'enfer, le regard des autres. Je suis Minos, Juge de l'Enfer. Tu es éternellement soumis à mon regard, mortel. Je suis celui qui t’empêche de protéger de te diriger vers ce monde trop dangereux. Les ors, les sages, voudraient bien être à ta place. Les argents, les soldats, sont colériques et bornés. Les bronzes sont peu enclin à l’intelligence et aux discussions intéressante. Ici au moins, en toi, tu es en bonne compagnie, non ? Avec moi, jusqu’à la fin des temps ! Minos avait fini cette phrase, en me susurrant les derniers mots à l’oreille. J'eus un frisson. Derrière cette capuche, qui ne me montrait rien de celui me regardait, une certitude était en effet présente.

Il me regardait. Et me jugeait sûrement. Il jugeait ces bégaiement que je pouvais avoir, il jugeais mes maladresses… Il me pensait sûrement être un menteur à chaque fois que je disais des trucs paradoxaux. Il se souvenait sûrement de chaque connerie que j'avais faite, et m'en voulait peut-être pour cela. Ou alors il ne prenait même pas la peine de me détester, j'étais trop ridicule et pathétique pour cela… M'appréciait-il ? Je ne pouvais le savoir… Je m'étais trompé dans son rôle initial. Il ne me retenait pas captif. Il était venu troubler ma retraite. Tout ces doutes quand je n'entendais plus personne parler après que moi j'ai parlé. Toute cette honte quand je n'étais pas capable de me souvenir de ce que je disais. Toutes mes conneries. Tous les instants ou j'avais été ridicule ou ridiculisé. Toutes les fois où les règles de vie de ma classe m’étaient retombée dessus.

La porte. Je pouvais prendre la porte. Oui, je pouvais le fuir, je pouvais partir.

— Je ne peux en effet pas te retenir… soupira-t-il. Mais n'oublie pas… Je viens du regard des autres, qui sont derrières cette porte. C’est ça, que tu dois fuir. Don’t shoot the messenger, comme ils disent.

Tant pis, au moins je devais essayer. Je me dirigea vers cette porte de sorti en courant, au cas ou il me tendait un piège. Mais il ne fit rien. En quelque pas, j'étais devant la porte, qui était tout simple, comme une porte de cuisine. Avec un post-it dessus avec un mot. « Vous qui sortez, abandonnez toute espérance ».

Par delà cette porte était la foule. Par delà cette porte était le regard constant des autres. Me devais-je de fuir dans le royaume de l'enfer si son gardien s'invitait chez moi ? J'avais presque la certitude que je ne pouvais pas le virer… Il était trop fort. Je me sentit mal, comme si ma respiration se coupait. Je pensais à la foule. Je les voyais, ces silhouettes informes, qui m'entouraient, qui formaient une véritable prisons. J'entendais des voix. Est-ce que ces gens allaient m’attaquer ? Non, calme toi, calme toi, tout vas bien… J'étouffais, je me noyais, cet océan d'humain était impossible à traverser… Je les voyais, toutes ces personnes, qui était comme moi, mais qui étaient certainement amplises de haine et de jalousie pour une place que je n’avais pas demander…. Ne pas se faire remarquer, ne pas se faire remarquer. J'étais compressé, j'étais écrasé…

Mais je devais fuir.

Je devais quitter ce monstre qui me manipulait. Je ne peux pas rester une seconde de plus. Il a perverti mon œuf cosmique. Ma seule cachette n'en est plus une, seule la vie de fugitif me reste, a présent. Je déglutis, toujours en lutte contre le froid qui s'insinuait en moi. Mais j'ouvris quand même la porte, pour me retrouver dans un chemin forestier, de nuit. Je soupirais de soulagement : Il était vide. Personne.

La seule lumière que j'avais était celle de lanternes accrochées sur les arbres, qui me permettaient de pouvoir avancer. Je fis quelque mètre, avant d'hésiter. Il faisait quand même sacrément noir. Et c'était bien ici le lieu de la foule. Ils pouvaient être partout. Mieux valait peut-être supporter Minos que d'avoir la vrai foule face à soit. Mais à peine eus-je fait un seul pas en arrière qu'un corbeau vint se poser sur une branche devant moi, me dévisageant de ses deux petits yeux brillants. Je continuai d'avancer, décidant de ne pas avoir peur d'un simple corbeau.

Mais je me figeai au moment où il se mit à me parler.

— Stupide. Lâche

Pardon ? Cette journée est déjà assez pourrie, je dois quitter mon propre refuge pour retourner vers les autres, et je me fais maintenant insulter par un oiseau ?

— Stupide, répéta-t-il. Tu es stupide. Lâche. Tu fuis.

Oh, sale piaf, je fuirais moins si c’était pas rempli de connards ici-bas.

— Lâche. Et méchant. Tu fais l’hypothèse que tous les autres sont méchant, mais tu es méchant. Méchant, moi ? Ce n’est pas moi qui suis allé agressé des gens dans la rue, par jalousie de leur situation. Bon, je savais bien que la situation n’était pas totalement juste, mais quand même !

— Méchant. Tu les agresses à chaque fois que tu les dis de bronze ou de métaux peu précieux. Tu les insultes à chaque fois que tu crois qu’ils méritent leur place.

Je n’ai jamais dit qu’il la mérité, mais qu’ils étaient jaloux. C’était normal, mais c’était pas bien.

— Mesquin. Tu te cherche des excuses pour te justifier. T’es tu dis que si tu étais gentil avec eux, que si tu les écoutais et ne les méprisais pas, ça irai mieux ?

Son regard était particulièrement pénétrant… Était-ce un troisième round ? Était-ce encore ce Minos qui venait se la ramener sous une apparence différente. Il m'avait d'abord fait peur. Puis s'était joué de mot. Et maintenant m'attaquait directement en m'engueulant. Et pourquoi étais-je lâche, en plus ? Oui, je ne fais pas l'hypothèse la plus agréable du « tout le monde est gentil », monsieur le corbeau. Mais j’ai vu le monde. Okay, j’ai pas tout vu, mais soyons un peu logique, okay ? Je sais que c’est dur pour un animal qui n’a donc pas l’intelligence de mon espace, mais faisons un peu de calcul.

Quand tu subis une douleur attendu, celle-ci est plus faible que quand elle est attendu. C'est la même chose pour les joies : Une bonne surprise c'est toujours mieux qu'un truc que tu attendais. Donc, si tu fais l'hypothèse la plus joyeuse : Si elle s'avère vrai, tu te prend un truc un tout petit peu agréable, et si elle est fausse, tu te mange un camion de déception. Si tu fais l'hypothèse pessimiste, tu peux amortir la douleur ou recevoir une joie plus grande ! Tu es donc gagnant dans les deux cas. Ce n'est même pas avoir du -1 ou +1 dans un cas et -2 ou +2 dans l'autre, non ! L'optimiste à -2 et +1, et le pessimiste -1 et +2 !

C’est pour ça que les gens intelligents sont toujours pessimistes. Parce que c’est lo-gi-que. — Lâche. Tu te réfugie derrière des mathématiques, en mettant des valeurs au hasard. La plupars du temps, il se passe rien. On vit sa vie sans grande surprise. Pendant tout ce temps, l’optimiste à ton +1, ton pessimiste -1. Pareil en attendant quelque chose. Pas logique. Mais si, c’est logique, parce que c’est bien plus fort quand se prend la surprise, tu met +1 mais moi je mettrais plus une quantité négligeable.

— Prétentieux. Tu pense toujours avoir raison. Et lâche. Tu as tellement peur d'être déçu que tu ignores chaque possibilité qu'il y ait le moindre événement cool, juste parce qu'il y a des arbres qui font peur avant…

Je me retournai, légèrement en colère. Il se prenait pour qui, ce corbeau, pour me faire la morale ? Et se foutre de moi par la même occasion ? Énervé, je lui rétorquai que je ne voyais pas de quoi il parlait, et que j'avais mes raisons d'être comme j'étais, de ne pas prendre de risque, et qu’il ne pouvait pas les comprendre. Il se mit à rire, avec un croassement qui m'irrita encore plus.

— Égocentrique. Tu dis avoir souffert. Mais tu rejette la souffrance de tous ceux qui sont en dessous de toi pour grandir la tienne. Le classique « Tu ne sais pas ce que j’ai vécu ». Je sais ce que tu as vécu. Ta petite vie de personne d’or, de la haute société. Riche. Puissant. Mais d’autre était jaloux. Des disputes. Des claques quand tu n’as pas été aussi intelligent que tu te dis être. Tout les tiens l’ont connu. Oui ça fait mal. Ta « terrible souffrance », c’est celle que tous rencontre un jour. Un gros foirage qui te fais honte. Une rupture difficile. Quelques personnes qui t’emmerde. Et pour cela, ensuite, tu accuses le monde entier d’être contre toi, chaque personne que tu vois peut être un méchant, alors que t’es plutôt du bon côté du fossé de ceux qui sont les puissant et ceux qui sont leurs victimes.

Il se rapproche de moi. Je comprend son but : Il ne veut que me faire culpabiliser. Mais tu n’es pas le premier, tu sais ?

— Mais combien de fois tu as ignoré avec un certain dégoût une personne dans le besoin, dont le métal n’était pas « précieux » ? Combien de fois tu as dit que tu n’avais « pas le temps » quand quelqu’un avait besoin de ton aide, avant d’aller glander devant l’ordinateur ? Combien de fois, tu as vu une personne dans la rue se faire harceler, et tu t’es dit que ce n’était pas tes affaires ? Je te dis tout ça parce que tu sais que c’est injuste, mais ne veux pas l’admettre parce que tu ne veux pas accepter avoir commis des fautes. C’est toi qui ne veut pas admettre la vérité avec sérénité.

Il vole autour de moi.

—La seule source de ton mal, c'est toi qui l'a fait rentrer, tu sais qui elle est, et pourquoi elle est là. Aller, pschitt, ne retourne pas vers ce bâtiment. Le monde qui t’attend par delà, c’est le monde à construire. Tu dois construire un monde avec les autres.

Je tapai du pied. Il commençait vraiment à me courir sur le haricot. En plus, ce qu'il disait me faisait mal. Je serrais les dents avant de lui répondre que je savais ce que je faisais, que je n'étais plus un enfant. Et puis qu'en plus je ne faisais pas vraiment chier les autres quand j'étais tranquillement dans ma tête, et que je gardais ce genre de truc pour moi et puis après c'était bon, basta et je pouvais rire et m'amuser. Je lui déclarai aussi qu'il n'était pas dans ma tête, et qu'un corbeau qui parlait était déjà assez bizarre comme ça. — Si, répondit-il. Je suis dans ta tête.

Je tenta de déloger le corbeau d'une pierre mais celui-ci l'évita sans problème. Écoute, le piaf, j'ai eut mes histoires, j'ai le droit de prendre un peu de repos et de ne plus penser à ce genre de chose, non ? Il me rétorqua que j'y pensais tout le temps, avant de me faire la remarque qu'il allait bien falloir réfléchir un peu. Je bougonnais. Je n'avais pas envie de m'arrêter, je préférais continuer en avant, puis voir au fur et à mesure de ce qui se passait. J'eus le droit encore au reproche d'être un gamin. Je ressentais une envie de piaf rôti à la broche…

—Tu as le choix, fit l'oiseau, ouvrant grand ses ailes tout en ignorant mes menaces. Tu peux retourner là bas, ou avancer pour pénétrer plus profondément dans la forêt pour rejoindre le monde, pour sortir de la monade.

Je me retournai et décidai de reprendre la route vers le bâtiment lugubre. C'était sans doute là-bas que je pourrais retourner en arrière pour que tout soit comme avant. J'entendis derrière moi que le piaf semblait presque paniquer. Tout me semblait logique à présent. Ce piaf avait juste envie de me faire avancer plus loin dans cette foret, et pour cela il m'avait provoqué en essayant de jouer sur une fierté qu'il s'imaginait en moi. Il voulait m'envoyer dans la foule. Et qui avait interet à ce que je sois dans la foule ? Minos, tout simplement. Il devait avoir un pouvoir réduit quand j'étais dans l'oeuf. D'ailleurs, c'était que au moment ou j'étais en train de sortir qu'il a put me faire subir une hallucination. J'entrai dans le bâtiment, traversant la salle vide – ou le bourreau n'étais plus.

Je reconstituait tout en marchant le plan de Minos. Il m'avait fait sortir de la salle principale de l'oeuf – le grenier, qui représentait le bazar que c'était dans mes idées, avec des trucs partout… La poussière, c'était peut être pour faire grenier abandonné, un genre d'endroit que j'avais toujours révé de visité – dans l'entrée pour commencer à avoir un pouvoir plus fort sur moi, dans le but de me faire fuir vers la foule. Dans cette entrée, il avait été jusqu'au traumatisme, pour que je le fuis en prenant mes jambes à mon coups. Ensuite, voyant que j’hésitai, il avait envoyé le corbeau… Mais avait utilisé la mauvaise technique. Je retournerais dans l’œuf cosmique, à l'abri. Au cœur de ma monade. Je continuerais de vivre ma vie comme je l'entend, essayant d'avoir le moins d'histoire possible. L'escalier en colimaçon ne fut pas long à remonter – à ma grande surprise – et je me retrouvai enfin dans la salle ou tout avant commencé.

Mais elle était vide. Surpris, je me mis à regarder dans tout les sens. Plus aucun meuble ni rien. Je regardais au plafond, ou était suspendu un grand chandelier magnifique, avec d'étranges flammes violettes, qui projetaient une lumière surnaturelle dans toute la salle. Et il était là.

— Je t'attendais.

Il n'y avait quelque chose que je n'avais compris ? Pourtant, tout tenait… J'essayais de fuir à nouveau, vers la porte. Elle était fermée. Je me retournai. Il était juste devant moi.

— Alors, tu as compris, maintenant ?

Je tombai à la renverse. Que ce passait-il, que ce passait-il ? Est-ce que je m'étais trompé ? Est-ce qu'en fait le corbeau avait eut raison ? Mais c'était forcément un piège ! Il me provoquait pour que j'ai envie de continuer ma route…

— C'était bien ce qu'il faisait. Il voulait te renvoyer vers la foule. Moi, je ne voulais pas, donc j'avoue que j'ai été très content de ton choix. Même s'il m'a surpris. Je pensais que tu aurais compris que certains de ces conseils était « bons », dans sa vision des choses. Mais cela veut dire qu'au fond tu penses comme moi, ça me rassure ! Tu ne restes pas sous le danger… Les autres, surtout ceux de bronzes, ceux qui t’on attaqué. C’est eux le vrai danger que tu subis. Tous jaloux, tous à vouloir avoir ta place. Alors, tu la leur laisse, qu’ils s’entre-tuent tandis que toi ici, tu pourra régner sur ta monade. Être tout puissant et créer un monde où toi seul sera le roi. Toi et moi. Tous deux seuls.

Je vis une porte à l'opposée de la porte aux gravures. Je m'y dirigea et sortit immédiatement dans la salle. Mais tout ce qui m'attendais était un précipice ou je sombrai. Le noir sembla tout absorber, je ne voyais plus rien. L'obscurité et le froid était partout, en moi, en mon esprit. J'avais du mal à penser, je ne me sentait même plus chuter dans cet abyme infini.

— Mais tu le provoque toi même ! Mais ne t'inquiètes pas, tu ne sera plus jamais seul, je serais là, avec toi, pour toujours ! Je te parlerais, te susurrerais, ne quitterais jamais ton esprit… Nous sommes réunis maintenant, tu ne peux plus partir de l’œuf cosmique, de la monade… Tu as fermé la porte. Tu es enfin chez toi… Je suis le seul autrui dont tu as besoin, mon très cher, et je suis là pour toi.

Je suis là pour toi.

Prisonnier