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La cellule fut envahie de lumière lorsque la porte s’ouvrit. Au fond se trouvait une couche, et dessus un adolescent allongé, qui observait de ses yeux d’un vert légèrement luisant ce qui se passait. Sa fourrure était d’un brun sombre, et ses cheveux noirs retombaient autour de son visage, ne laissant visible que son regard. Il était maigre, et semblait se concentrer, comme s’il tentait de se rappeler qui était la personne qui venait d’entrer le voir. C’était un jeune therion, nom générique pour tout les êtres attribut aux traits animal, quasi-humain si ce n’était quelques traits animaux tels que des oreilles et une queue, rappelant les attributs d’un canidé. Coyote, si les dossiers étaient exacte.

Aezoth Yartelnac regardait le jeune adolescent. Il lui avait été décrit comme bête féroce, qui aurait même mordu un des médecins qui avait tenté de le voir. Oh, non pas que l’elfe métis avait l’habitude de croire les figures d’autorité, mais elle savait bien les écouter pour ensuite juger ce qu’il en était. Elle trouvait de temps en temps quelques informations utile dans leur discours. Et là, c’était qu’un adolescent blessé et effrayé pouvait paraître sauvage et féroce dans ses tentatives de se défendre.

Saël Disirian était un des rescapé des émeutes provoqué par le groupuscule des Exorcistes d’Anubis il y a de cela quelques jours, lorsqu’ils avaient tenté de manifester contre leur éviction du pouvoir. Cette secte avait gagné le pouvoir il y a 30 ans, lorsqu’une peste mystérieuse c’était abattue sur la ville. La ville entière avait été mise en quarantaine par le reste des cités-états de la région, et la secte avait trouvé un moyen de lutter, en utilisant l’énergie spirituelle des défunts contre cette maladie. Cela avait provoqué énormément de remous, puisque cela leur retirait toute chose de revenir en tant que fantôme, et donc aussi leur chance d’accéder à l’après-vie. Pour les habitants de la cité, c’était utiliser les âmes de leurs proche comme du carburant. Pour une noble cause, certes, mais pour eux la perte était toujours aussi dure.

Au bout de quinze ans, la peste avait diminuée, après avoir réduit énormément la population. Mais les Exorcistes avaient continué, terrifié à l’idée d’un retour de la peste. Il y a quelques mois, le peuple s’était révolté et avait chassé les exorcistes du pouvoir et les avait attaqué. Si tout le monde avait vu cela à l’époque contre une révolte d’un peuple ingrat contre ceux qui les avaient sauvé, cela avait changé après les émeutes d’il y a quelques jours. Une centaine d’adolescent, anciennement exorciste avaient utilisé un étrange pouvoir, qui s’était retourné contre eux.

La plupart en était mort sur le coup, le reste se retrouvant en sang sur le sol au bout de quelques pas, incapable de bouger et agités de spasme. Saël était l’un des seuls survivant de désastre.

Et désormais, Aezoth désirait des réponses.

Et ses seules chances de réponses résidaient dans un adolescent terrifié et affaibli. « Féroce », donc. Les personnes dirigeant la secte avaient affirmé ne rien connaître de cette histoire et de ne pas comprendre ce qui s’était passé. Les autorités aussi. Elles ne tireraient rien d’eux. Cependant, un enfant pouvait toujours finir par dire les informations. S’il comprenait que c’était mieux pour tout le monde que ce soit connu, c’était gagné. Mais elle savait que ce serait plus difficile. L’ado plissait des yeux. Il allait bientôt se rappeler d’elle.

Elle le vit quitter précipitamment sa position allongée pour s’asseoir sur le lit. Ah, il avait compris qui il était.

— Vou-vous ! s’écria-t-il, sa voix prise à la fois par la peur et l’indignation. C’est vous qui avez attaqué quand la police nous a encerclé !

Le jeune coyote se souvenait d’elle. Il ne l’avait pas très bien vue, mais maintenant il était sûr. Il se souvenait de l’attaque. Saël n’avait pas participé à la manifestation pour reprendre leur ancien rôle, mais pour faire voir au monde entier les purges qui avait commencé. L’adolescent avait déjà été attaqué plusieurs fois dans des rues. Pourtant, même s’il avait détesté ce qu’il avait eut à faire, il fallait bien que quelqu’un le fasse.

C’était la terreur face à sa puissance qui l’avait fait déclencher le pouvoir ancien.

— Sortez ! Partez ! Je ne veux pas vous voir !

Sa voix craquait sous les cris. L’elfe devina qu’il ne fallait pas qu’elle reste, et se retira rapidement, le laissa seul.

Dans le couloir, le gardien l’attendait avec un air goguenard.

— Je voulais l’avait bien dit qu’il se comporte comme une bête féroce, s’amusa-t-il. Je serais vous, je l’aiderais pas à être exilé ce voleur d’âme. La perpétuité lui conviendra mieux, ça lui apprendra la vie. Franchement vous devriez même pas mettre vos nez dans ces affaires.

— Oh, peut-être, répondit avec calme l’arcaniste. Il n’empêche que je suppose que vous ne vous posez pas de question sur cet incident, ni sur la possibilité qu’il en existe qui maitrise la force inconnue qu’ils ont tenté d’employer, et qui aimerait peut-être l’utiliser ?

Le gardien ne dit rien, et Aezoth en profita.

— Des personnes ont tenté des expériences malsaines sur ses enfants, et ont tenté de leur fournir un bizarre étrange. Je veux aussi savoir pourquoi tous leurs exorcistes sont des therions.

Le gardien haussa les épaules. Aezoth devina que dans sa tête, les therions acceptaient n’importe quel job. Elle décida de ne pas continuer cette discussion stérile. De toute façon, elle avait eut l’autorité sur cette affaire, et le gardien de cette prison n’avait pas envie de s’attirer la colère de l’autre type de gardien, ceux de cette planète. L’elfe prit congé, et rentra chez elle.

Elle devait trouver la solution.

Les jours suivants furent une succession d’échec avec le jeune therion.

Il refusait de parler et se contenter de fixer d’un air méfiant l’elfe, assis et recroquevillé sur son lit. Il mangeait peu, il parlait peu, et semblait s’enfermer dans un mutisme. Impossible de savoir ce qu’il voulait, ce qu’il pensait, ni même pourquoi il agissait comme cela. Est-ce le fait d’avoir frôlé la mort, le fait d’être enfermé, le fait de voir une personne qu’il voyait comme un ennemi venir régulièrement le voir ?

Aezoth tenta de lui expliquer pourquoi elle était ici. Le but de sa mission, l’importance de savoir ce qu’avait subit Saël. Même sa propre santé, les risques que son corps dégénère ne semblait pas suffisant pour qu’il délie son silence. En cela, elle voyait que Saël était un adolescent normal : elle ne savait pas s’il ne serait-ce que l’écoutait où pas. L’hostilité du jeune coyote se sentait rien qu’en entrant dans la pièce.

L’elfe se sentait mal. Elle n’avait pas envie de laisser un gamin mourir parce que celui-ci était trop borné pour l’écouter. Mais elle ne pouvait pas non plus le forcer. Cependant, les gens importants de la cité s’impatientait. Si elle ne réussissait pas à le faire sortir de cette ville, elle devinait que les conséquences seraient grave. La paranoïa montait, et les habitants commençait à croire – non sans l’aide de discours construit dans ce but – que l’ado mort de trouille au fond d’une cellule était une arme destinée à être utilisée contre eux.

Mais ce ne fut pas son seul échec. Il semblerait qu’une partie des personnes importante de la ville n’avait aucun rapport effectivement avec les agissement d’Anubis. Et même les chefs semblaient bel et bien ignorant des origines du drame. La conclusion commençait dangereusement à se rapprocher de l’existence de personnes extérieure ayant tenté d’utiliser les exorcistes d’Anubis pour tester quelque chose… mais quoi ?

Pour cette question, la réponse vint rapidement. Aezoth avait du mal à obtenir les dossiers des analyses médicales faites sur le jeune coyote. Elle dut lutter contre la bureaucratie, et user de toute son autorité de gardienne, allant même jusqu’à menacer la ville de lui faire retirer toute protection en cas d’attaque massive sur la ville – de quoi intéresser tout les voisins de la cité état. Et lorsqu’elle les obtint, les résultats furent plus alarmant pour l’ado que pour la ville. La vague d’énergie qui l’avait traversée avait tenté d’amplifié une grande partie de ses capacités physiques. Une « rage berserk ». Une ancienne capacité des berserk, sous-espèce aujourd’hui disparue, et qui était supposée leur offrir une puissance de combat incroyable. Un renforcer des capacités physiques. Cependant, il y avait un prix à l’abus de ce pouvoir : leur système nerveux et musculaire était petit à petit endommagé par cet usage, et la baisse progressive de leur espérance de vie.

Et le jeune corps frêle de Saël n’avait pas supporté le choc, et l’avait blessé. Elle devinait que sans soin médicaux, c’était la survie même du garçon qui était mise en péril. Elle allait donc devoir faire quelque chose. Le convaincre d’accepter de partir avec elle – et accessoirement ensuite de l’aider à mener l’enquête pour savoir qui cherchait à monter dans cette ville une armée de guerrier berserk. Et dans quel but.

Durant les jours suivant, Saël se fit de plus en plus fermé face aux questions de l’elfe. Ce fut cependant un incident qui lui offrit un moyen de se rapprocher de lui.

Des gardes furent obligé eux aussi de l’interroger, ordonné par les autorités qui espéraient que le jeune adolescent à moitié blessé et utilisé comme de la chair à canon aurait une idée de qui pouvait bien être la personne à l’origine de tout ce drame. Aezoth les vit attraper le bras du jeune adolescent qui poussa un glapissement de douleur. Son corps était visiblement toujours dans un mauvais état. Pour la première fois, elle vit Saël debout. Et elle compris pourquoi celui-ci avait toujours évité qu’elle le voit comme ça, même quand cela voulait dire devoir rester assis sur le sol.

Immédiatement, le jeune garçon perdit l’équilibre, tombant en avant. Ses jambes n’arrivaient plus à le porter.

Aezoth réagit aussitôt, et pointa vers le bras vers Saël. Elle était une arcaniste de la matière, elle pouvait influencer sur les connexion chimique dans les matériaux. Elle ne pouvait pas changer le plomb en or, mais elle pouvant modifier la structure du sol pour en faire une sorte de sable moelleux, qui allait amortir la chute de l’adolescent. Elle se précipita en même temps pour aller l’aider à se relever, poussant au passage les deux gardes, et leur passant un savon comme ils n’en avait sans doute rarement connu.

Elle exigea alors d’être présente lors de l’interrogatoire. Les deux gardes, penauds, ne semblèrent pas trouver d’objections à cette demande. Cependant, cet interrogatoire fut peu instructif. Si la langue du jeune coyote sembla se délier, il se contenta de dire qu’il ne savait rien. Si les gardes furent dubitatif, Aezoth consenti à donner – loin des oreilles du coyote – des renseignements venant de ses propres investigations, et le fait qu’elle soupçonnait un élément extérieur d’avoir manigancé tout cela.

Saël fut reconduit à sa cellule, et ce fut les informations d’Aezoth qui devinrent le premier sujet d’intérêt des hauts membres de la ville.

Les jours suivant, Saël commença à s’ouvrir à Aezoth.

Il commença par avouer qu’il avait faim. Obtenant ainsi des brioches – qu’Aezoth découvrit être l’aliment que Saël préférait dans la vie avec les sodas, le jeune coyote semblant être un grand amateur de nourriture sucrée – il fut d’humeur à en révéler plus sur lui même. Ainsi, l’elfe apprit que le jeune garçon rêvait d’apprendre la magie des esprits, voir de devenir un empathe – un mage des émotions. Il était une catastrophe niveau orientation, et qu’il aimait beaucoup la couleur bleu.

Cependant, après les bavardages commencèrent à venir les premières informations : Saël savait que ce qu’il avait tenté d’utiliser était une rage berserk. Tout les exorcistes de l’ordre avaient appris à la déclenché, mais il ne pensait pas qu’il y avait le moindre rapport entre les exorcismes et le berserk. Il ne pouvait imaginer que son ordre manigançait quelque chose : Ils avaient toujours sacrifié le fait d’avoir une vie simple pour protéger la ville de la maladie ! Aezoth constata que le jeune therion avait une confiance absolue en son ordre.

Cependant, ce fut cette confiance qui fit qu’il fut bouleversé lorsqu’il apprit à quel point la rage berserk mettait son corps en danger, et pour lui, et pour toute personne qui l’utilisait.

— Mais, ils ne feraient jamais ça !

Aeozth ne lui fit aucunement part des théories qu’elles commençait à développer. Quelqu’un, quelque part, qui avait manipuler les Exorcistes d’Anubis. Mais elle n’avait aucune idée de qui aurait pu faire ça. Ce n’était pas encore le moment. C’était le moment de lui indiquer qu’elle pouvait lui fournir de l’aide médicale. Le jeune coyote sembla songeur, et lui demanda ce qu’elle proposait.

— Oh, c’est simple, expliqua l’arcaniste. Les deux possibilités que t’offre la ville sont l’exil ou la perpétuité. Cependant, pour ce premier, il faut quelqu’un prêt à t’accueillir. Je peux t’amener chez moi, et te scolariser et te faire inscrire à un suivit médical. L’ordre des gardiens acceptera sans trop de soucis à payer tout ça et à te fournir une pension. De plus, ma mère est une mage des esprits, et je suis certain qu’un apprenti de plus ne lui déplairait pas. Ensuite, une fois que t’es majeur, tu seras libre de faire ce que tu veux.

Saël sembla songeur. C’était une nouvelle vie qui s’offrait à lui. Ces gardiens semblaient avoir pour but de protéger le monde. Il en avait entendu parler depuis des années, comme tout les enfants de la Contre-Terre, et se demandait bien ce qu’il pouvait avoir à découvrir dans cet ordre. Et la possibilité d’apprendre à maîtriser mieux la magie avec une maître lui offrait des possibilités nouvelles. Et surtout, il allait pouvoir en apprendre plus sur le monde… surtout si les gardiens voyageait à travers le monde !

— J’accepte ! répondit avec joie l’adolescent, souriant comme jamais Aezoth l’avait vu sourire. J’espère que je pourrais voir des gardiens, en rencontrer plus !

Aezoth fut contente de la réponse de Saël, mais s’inquiéta un peu de son enthousiasme envers les gardiens. Elle même songeait souvent à quitter l’ordre pour se retirer vers l’enseignement, et connaissant les soucis de la société des gardiens. L’elfe espérait qu’il pourrait se détacher de l’ordre des gardiens, et qu’il ne transférerait pas trop la loyauté qu’il avait envers Anubis aux gardiens Cependant, ce n’était pas le moment de penser à cela. Elle allait pouvoir dire que Saël acceptait l’exil, et qu’elle allait s’occuper désormais de lui.

Saël, lui, attendait patiemment sur le lit, mais avec un air plus enjoué que jamais. L’adolescent « féroce » ne le semblait désormais plus tellement, maintenant que la peur et la douleur était remplacé par une envie pleine de vivre.

#Inktober2017 - Day 31. Fierce

Ils avaient vaincu la maladie et la mort. Ils avaient atteint l’éternité. Ils s’étaient numérisés.

Le corps est faible, le corps est mortel, seul l’esprit compte. Ce nouveau dualisme avait été dans toutes les discussions avant le grand changement. Pouvait-on abandonner son corps pour devenir un pur être d’âme ? Est-ce que c’était une apothéose, l’atteinte d’un nouveau stade, ou l’abandon d’une partie de ce qui faisait d’eux des humains ?

Les débats étaient hargneux, mais ils n’avaient pas eut le choix. Une catastrophe imminente. Une flotte spatiale détruite, incapable d’évacuer la population. La numérisation de toute les consciences avait été vue comme la seule possibilité.

Un grand réseaux neuronal avait été battit, caché à un endroit où il ne pourrait pas être détruit par la météorite. Une campagne avait été faite pour préparer l’apothéose.

Et elle s’était produite, leur faisant tous atteindre cette nouvelle forme d'existence.

Désormais, ils étaient des êtres de pure conscience, des esprit détachés du monde physique. Ils pensaient que ce qu’il se passait dans l’univers importait peu, maintenant, ils faisaient parti des nuages. Ils ne s’étaient pas connecté au reste du monde. En effet, pourquoi parler aux autres machines quant ils avaient déjà de toute façon toute la population pour parler.

Ils voyaient les informations reliées entre elles, formant une immense toile d’araignée dans un espace avec tant de dimensions qu’ils n’auraient jamais pu pouvoir le comprendre. Mais ils avais accès désormais accès à tout le savoir, et avaient la possibilité de discuter et de s’élever à des niveaux philosophiques jamais atteint.

Désormais, chaque microseconde de leur temps était utilisable, et ce jusqu’à la fin des temps. Ils étaient immortels, et pourraient toujours découvrir de nouvelles possibilités. Ils n’étaient plus lié au bas monde physique et vivaient désormais au dessus du monde, dans les nuages du virtuel, du numérique. Le monde entier pouvait être détruit, ils survivraient.

Ils étaient des dieux.

Cependant, un jour, une catastrophe arriva.

Des informations disparurent. Ce n’était pas grand-chose, mais des mots qui manquaient, des défauts. Des données qui semblaient corrompues. Il y avait des bugs dans la machine. Les erreurs commencèrent à se multiplier. Des petits réseaux commençaient à se corrompre, comme un virus qui se déplaçait de donnée en donnée, les rendant fausse où simplement insensée. Quand elles ne disparaissaient pas totalement. De petits réseaux en petits réseaux ce furent rapidement des pans entier de leur univers numérique de pures consciences qui disparurent.

Mais ce n’était pas tout. Ils se sentaient affaibli. Comme si penser devenait de plus en plus lent. Comme si ce qui avait leur avait prit peut de temps à comprendre et assimilé devenait parfois affreusement long pour eux. Ils ralentissaient. Certaines pensées semblaient d’un seul coup changée, et d’autres semblaient incompréhensibles. Comme si l’information s’était mal copiée, comme s’il y avait eut une erreur dans la conservation de leur mémoire.

Parfois même leur compteur de temps sautait, comme s’ils avaient tous loupé quelques seconde. Comme si pendant ce temps, aucune personne dans cet univers n’avait existé. C’était des micro-coupures dans la machine : Pendant tout ce temps, rien ne s’était passé, seul le compteur, externe à la machine, avait continué à tourner.

Et puis, d’un coup, plus rien.

La machine qui contenait l’entièreté de la population d’une planète avait simplement planté, et n’arrivait plus à redémarrer.

« There is no such thing as “the cloud,” it’s just somebody else’s computer »

#Inktober2017 - Day 30. Cloud

Il se sentait puissant, il se sentait grand. Il regardait avec amusement ce qu’il voyait comme une plèbe incapable et insignifiante, qui courait après une vie fragile et ennuyante. Il se sentait supérieur à eut, empli d’une force qu’ils ne pouvaient imaginer. Il avait obtenu la force et le pouvoir, il avait fait un pacte avec une entité ancienne.

Avec cette force, il pouvait modifier le réel, il pouvait créer d’autres réalité avec la force de la corruption, du paradoxe. Tous les mondes n’étaient que paradoxe, incohérences permanentes qui ne demandaient qu’à être l’origine de tout ce qu’un esprit pouvait imaginer. Ex contradictione sequitur quodlibet. De la contradiction, on peut déduire ce qu’on veut.

Et lui, il était celui qui pouvait déduire de toutes les contradictions du monde ce qu’il voulait.

Derrière son masque, personne ne pouvait savoir qui il était, ce qu’il voulait, quel était son objectif. Il se complaisait dans son mystère entretenu. Était-il un grand de ce monde ? Les accusations se multipliaient, presque toutes les personnes importantes avaient été accusées à un moment où à l’autre d’être ce nouvel Apôtre de la Corruption. Mais était-ce aussi quelqu’un de normal, qui avait une véritable raison de se venger du monde ? Un quidam, mais un quidam dont la vie expliquait ce comportement ? Un oublié du monde, une victime des injustices de la société. Mais jamais aucune preuve ne venait, jamais il ne laissait assez d’indice pour que les gens sachent.

Il continuait le combat sans cesse, depuis déjà des dizaines d’années. Les armées étaient impuissante à l’arrêter. Il jouait, ne détruisait jamais ses ennemis totalement, tel un chat qui jouait avec sa nourriture. Il les laissait se regrouper, se reconstruire avant de retourner les détruire. Le monde était éternellement au bord de la destruction, mais jamais ne sombrait dans la destruction totale. Et ce n’était qu’un jeu pour lui.

Cependant, un jour, une partie du dieu maudit, entité sans âge qui lui fournissait ses pouvoirs, commença à s’impatienter. Même si cette divinité n’était qu’un chaos incohérant de fragment de pensée, elle ressentait le besoin de s’étendre, et même s’il lui était difficile d’avoir le moindre souvenir, elle savait qu’il avait offert une partie d’elle à quelqu’un. Tav savait qu’un monde devait lui être livrer, et que cela prenait de plus en plus de temps. Trop de temps.

Il ressentit un sentiment, un sentiment plein et entier, chose qui lui semblait impossible depuis le temps. Mais c’était un sentiment de trahison, le sentiment qu’on s’était moqué de lui.

Tav était furieux.

Son apôtre était lui livrer un nouveau monde, mais ne faisait que jouer avec ses nouveaux pouvoirs. Il libérait ses ennemis, faisait exprès des erreurs stratégies pour profiter de sa puissance infinie. C’est ainsi qu’un jour, subitement, lors d’une bataille – une parmi tant d’autre – le guerrier invincible se mit à hurler. Ses cri inhumains de souffrance déchiraient les oreilles de ceux qui les entendaient. Les effroyables hurlement n’étaient semblable à rien de connu, et ce fut qu’après un moment qu’ils cessèrent.

Et que le guerrier tomba, raide mort.

Les soldat, surpris par ce qui leur semblait être une intervention divine, se rendirent au niveau de l’être masqué. Ils découvrirent le visage de celui qui les avait attaqué

Ce n’était pas une personne connue. Ce n’était pas quelqu’un qui avait eut une vie difficile d’après les documents qu’ils découvrirent sur lui. Ce n’était pas quelqu’un atteint d’une quelconque maladie mentale, explication préférée face à l’horreur que peut atteindre la nature humaine. Juste un être humain parmi tant d’autre. Un homme qui aurait pu sembler lambda. Une personne plutôt apprécié, mais pas outre mesure, qui avait une vie sociale normale, qui mangeait équilibré et disait bonjour à ses voisins. Quelqu’un qui n’était ni pauvre, ni spécialement riche.

Derrière le masque ne se trouvait qu’un être qui avait eut des fantasmes de puissance, et eut accès au pouvoir nécessaire pour les mettre en œuvre. Et qui avait joué avec les humains tel un enfant qui brûle des fourmis, tel un adulte qui se plaît à insulter et rabaisser des enfants. Un orgueilleux qui, furieux que la vie ne lui offrait pas assez tout ce qu’il voulait et considérait comme lui étant dû, une femme, la gloire, la célébrité, la fortune éternelle, était décidé à se venger sur tous.

Juste un connard qui se plaisait être en position de force.

#Inktober2017 - Day 29. Masked

Dans la voiture, l’enfant dort, épuisé. Il a été retrouvé.

C’est la fin d’un cauchemar.

C’était une simple visite dans une forêt, ce qui aurait dû être un moment de joie à visiter un endroit où ils allaient rarement. Une simple promenade en famille. L’enfant avait suivit d’un peu plus loin ses parents, répondant « oui oui » à chaque fois qu’ils lui disaient de ne pas trop s’éloigner. Mais s’était perdu. Il avait prit un autre chemin derrière leur dos, qu’il pensait être un raccourci, pour arriver devant eux. Mais il s’était perdu.

Il avait couru, les larmes aux yeux, tentant de retrouver son chemin. Il avait cru que courir l’aiderait à retrouver plus rapidement son chemin. Toutes les méthodes telles que chercher le nord grâce à la mousse des arbres. Il avait couru, appelé, crier. Mais seuls les écho de la forêt et les bruits des arbres lui avait répondu. Il avait subi la fatigue, épuisé par la peur, par sa propre course, et par le désespoir qui montait. Depuis combien de temps avait-il couru, perdu loin de ses parents ? 15 minutes, une heure, une demi-journée ? Il ne savait pas, le temps lui avait semblé infiniment long. Il s’en était voulu de mal avoir suivit, il s’en était voulu de ne pas avoir écouté les consignes de ses parents.

« Est-ce que je serais un jour retrouver ? Est-ce que je vais devoir rester ici à jamais, perdu loin de mes parents ? Comment vais-je manger ? Est-ce qu’il n’y a pas des grosses bêtes ici qui peuvent attaquer ? C’est quoi ce bruit ? Et celui-là ? »

Des sons qui avec la présence protectrice de ses parents lui aurait semblé être intéressants et intriguant lui avaient paru terrifiant, véritable dangers qui rodaient tapis entre les arbres et les buissons.

Ses parent conduisent la voiture, rassuré.

Ils l’avaient appelés, chacun de leur côté, avec leur téléphones pour se retrouver. Ils s’étaient maudits comme jamais dans leur vie. Ils avaient pensé à tout ce qu’ils auraient dû faire pour éviter cet incident. C’était inutile, mais ils n’étaient pas arrivé pas à s’en empêcher de toute la recherche. Ils s’en étaient voulu d’avoir fait reposer autant la responsabilité de ne pas se perdre sur lui, ils s’en était voulu de ne pas avoir fait plus attention.

Un moment inattention et leur enfant était parti. La peur les avait tiraillé : « Et s’il est blessé ? Il doit être terrifé à présent, tout seul dans les bois. A-t-il soif, a-t-il faim ? Il y a une rivière dans cette forêt, il peut se noyer dedans ! »

Tout les scénarios catastrophes leur était venu en tête, amplifiant leur panique.

Après un temps, ils avaient entendu ses cris. Ils avaient couru, et l’avaient retrouvé en pleur, blotti en boule, terrifié.

Ils aurait peut-être dû le rouspéter, mais en ce moment ils sont trop rassuré de l’avoir retrouver. Il est en vie. Leur fils est encore là, ils ne l’ont pas perdu. Et puis, à quoi bon le punir quand il avait déjà bien trop subit les conséquences de sa transgression ? Il comprendra la leçon.

Dans la voiture, l’enfant dort, épuisé par ces événements. Il a été retrouvé.

C’est la fin du cauchemar.

#Inktober2017 - Day 28. Found

Un vieux téléphone Nokia pété. Un vieux souvenir du lycée. Retrouvé dans une caisse en cherchant un câble Ethernet. Je ne sais pas depuis combien de temps je l’ai vu. Il ne marche pas, et même d’un point de vue technique c’est un vieil appareil sous une antique version de Symbian, un système tellement ancien qu’il doit être vérolé de toute partie. Des ordinateurs cassé. Rien a en faire à présent. Mais offerts par des amis. Offerts par mon père. Une carte de transport périmée qui ne marche qu’à Rennes. Mon vieux sac cassé que j’avais en cours là-bas. Pourquoi garder tout cela ? Je suis incapable de jeter quoi que ce soit dans tout cela.

Ces objets n’ont plus aucune utilité objective. Ils prennent la poussière et ne sont regardé que lorsque je me sens mélancolique. Ai-je peur de passer à autre chose dans certains cas, de me dire que ces parties de ma vie soit finies ? Oui et non. Ils sont une partie de moi. Une piste vers le passé. Un souvenir d’une époque de ma vie, des tickets de métro d’un voyage à Paris, des souvenirs de mes ex, de mes amis que j’ai perdu à cause de l’éloignement, de mes conneries ou d’une faucheuse de merde… Et beaucoup de souvenirs de mon père, des photos, des écrits de souvenirs que j’ai avec lui. Tout ces objets, du plus au moins cher, sont ces pistes. Des pistes vers des fragments de vie et de temps qui existent quelque part en moi, qui existe quelque part dans le lieu ou je vis. Vers ce qui a été, vers ce qui aurait pû être. Ils sont le rappel qu’il existe quelque chose avant aujourd’hui, ils sont les souvenirs de tous ces instants, toutes ces personnes qui ont participé à me construire.

Le passé est un chemin, et ces objets en sont la piste.

Je commence à prendre la route sur ce chemin sinueux. Chaque étape est une nouvelle période de ma vie. Le collège, le lycée, la faq, l’ESPE. Différent établissement scolaire, différentes villes, différents groupes d’amis. Des amours. Des erreurs. Des ruptures. Des douleurs. Ne pas se voir sur la liste des admissibles à un concours. Des pertes. Une soirée ou je me suis mis mal. Le deuil. La dépression, cette ombre qui nous ronge et attend toujours de revenir. Une engueulade pour me remettre les idées au clair. Un concert d’un groupe de lycée. Une amie qui m’accompagne quand je suis allé me faire percer l’oreille. Cette soirée ou on s’est maté des vieux nanars. Des moments intimes, d'égarements, où l'on s'oublie et baisse nos barrières. Des longues discussions par SMS ou par messagerie instantanée, des amitiés qui existent et durent malgré les kilomètres, malgré mes phases de silence. Des jeux dans des escalators avec mon frère tandis que mes parents travaillaient pour un festival de science-fiction. Des rencontre qui n’ont pas duré, mais dont le souvenir lui a duré. Ma famille, mes amis, ceux que je ne peux plus revoir, ceux que j’ai peur de revoir, ceux que je ne veux pas revoir.

Chacune des étapes est une nouvelle rencontre, un nouveau souvenir qui sommeillait et qui se réveille brutalement. Comme si, plongé dans le présent, on en avait jusqu’à oublié d’où on venait. Certaines étapes sont des pièges, des souvenirs trop mauvais pour être revisité. Des boites de pandore que je n’ouvrirais pas. Je me hâte alors dans les bois, vers d’autres souvenirs plus petit mais qui ne piégeront pas. D’autres étapes sont douloureuse parce qu’elles rappellent les erreurs, les fautes. Ce que je n’aurais pas dû faire. Alors là la question se pose : y aller, ou refuser d’y aller ? Parfois, nous voulons fuir les souvenirs qui nous font honte, ceux où on se dit qu'à un moment, on a été une mauvaise personne. Mais ces souvenirs sont important, parce qu'ils faut les comprendre pour ne pas recommencer ces fautes. Il faut alors respirer un grand coup, et ouvrir la porte de l’étape.

Mais la piste de la mémoire peut elle-même devenir un piège. Nous pouvons alors nous complaire de marcher et remarcher toujours dans ces sentiers mnémonique. Nous pouvons nous perdre alors dans ce labyrinthe au murs de miel qu’est la nostalgie. On continue de vivre dans la piste de la mémoire, perdant l’autre piste, toute aussi importante : celle du présent. Il faut savoir entrer dans le passer pour le comprendre, mais en sortir pour pouvoir vivre.

Je range ces objets dans leur boite. Ils en ressortiront, mais pour l’instant, il est l’heure d’être dans le présent.

#Inktober2017 - Day 25. Trail

Il avait été puissant. Il avait été grand. Mais désormais, il n’était plus rien.

Il se souvenait d’avant. De ce temps où encore on L’adorait, ce temps où encore on Le vénérait, ce temps où encore on Le craignait. Cette époque où Sa puissance était telle que Sa simple colère pouvait faire tomber des royaumes, des empires, faire s’effriter les montagnes et carboniser les forets. Il avait été un titan, il avait été le plus roi incontesté d’un panthéon. Les autres divinité tremblaient face à Sa puissance. Il se souvenait de ce temps bénit de Lui-même, où d’un simple mot Il avait ses désirs satisfaits. Il avait protégé son peuple élu avec une dextérité qui L’impressionnait Lui-même, qui L’avait conforté dans son rôle de chef de tout les titans. Qu’il avait fait croire qu’en fin de compte, il était un Dieu, au dessus des titans : Il commençait à s’identifier au Grand Créateur, l’unique divinité des divinité, celui que devait vénéré les titans.

Il avait acquis le pouvoir après une dure lutte. Son prédécesseur était devenu un tyran, obnubilé par la crainte qu’il serait remplacé par un nouveau roi des titans. Son prédécesseur écrasait d’une violence également seulement à sa terreur toute les nouvelles divinité. Ce despote divin les détruisait physiquement, leur brisait le corps pour leur empêcher d’atteindre une force nécessaire pour l’arrêter. Presques immortels, ils ne décédaient à leur blessures mais devaient conduire une vie éternelle d'obéïssance aux titans puissants, une vie ou jamais ils ne pourraient prendre la main. Certains fuyaient loin du plus grand royaume des titans pour échapper à ce sort funeste, devenant des petites divinités au peu de croyant.

Alors, Lui, encore jeune divinité qui cherchait à faire Ses preuve était intervenu, et avait montré Sa puissance. Il avait avec patience réuni d’autres titans exilés, cachés dans les royaumes lointains. Il avait avec patience conduit un peuple dans les royaumes humains à la gloire pendant un temps. Fier de Sa grande armée, il était parti à l’assaut du tyran, dans la plus grande ville du royaume aux dix capitales, le royaume des titans. Armée d’une grande faux, Il avait tranché net le règne de Son prédécesseur, et avait accompli le cycle : Il avait été couronné nouveau roi des titans et avait condamné à l'oubli l'ancienne cour.

Ensuite était venu un long règne, pendant lequel Il avait prit goût à sa puissance. Il avait contrôler Ses nations, il avait défendu son honneur pendant de longues guerres. Mais avec le temps, Il était devenu de plus en plus certain de sa toute puissance. Avec le temps, Il n’avait même plus prit le soin de s’assurer du soutiens de ses hommes. Il était désormais le nouveau Grand Créateur, n’avait-Il donc rien à craindre de simple titan ? Il était une divinité supérieure.

Après des siècles de règne, un nouveau jeune titan était venu devant lui, et voulait son trône. Chaque jour, il revenait le défier, mais échouait et devait . Les mois passèrent, rythmé par ce nouveau. Cependant, un jour, un piège Lui fut tendu. Son ambroisie quotidienne fut empoisonné. Il ne sut jamais lequel de ses titans L’avait trahi. Celui qui s’était prit pour plus qu’un titan, pour un Dieu, pour l’incarnation du Grand Créateur subit le sort d’une grande partie des rois titans qui se rendaient coupable d’hybris.

D’un coup de sabre, il fut à la fois mutilé et déposé.

Humilié, vaincu, il était désormais obligé de vivre dans l’ombre. Mais la revanche d’un ancien roi des titans venait toujours, elle intervenait lorsque le règne de son successeur s’achevait dans la souffrance.

Il était patient.

Il avait tout son temps.

#Inktober2017 - Day 24. Fall

« Bienvenue dans Abraxia, la nouvelle capitale de la Grande Union Terrestre ! L’ensemble des douze gouvernements de notre future union planétaire ont construit cette ville pour être le symbole de notre nouveau idéal, notre tremplin vers l’avenir. Abraxia est la ville qui devint Utopia : Notre monde est encore loin d’être idéal, mais nous le construiront.

Nous savons ce que tu penses, cher nouvel habitant : comment pourrons-nous enfin retrouver la place qui nous est due ? Les anciennes colonies de la Terre se sont rebellé, malgré tout l’argent que nous avons dépensé pour leur fournir de l’air. Ils ont créé la guerre civile chez nous pour nous affaiblir, par jalousie de la prospérité de notre planète et haine de notre mode de vie, qui n’est pas autant atteint par la décadence des modifications mécaniques et biologiques de nos propres corps : nous ne vivons pas dans le mensonge, nous.

Comment pourrions nous à nouveaux monter dans l’échelle des planètes, et être enfin à la tête du système solaire comme nous le devrions ? Et surtout, comment toi, tu pourras monter dans la hiérarchie sociale à la place qui t’es due ?

Et bien, c’est par ce qu’il les a fait monter qu’ils tomberont. S’ils sont monté aussi haut, s’ils ont autant grimpé dans l’échelle des puissants, c’est par jalousie. Une âme bien construite sait reconnaître sa place, et même s’il se montre féroce et digne pour atteindre le haut de l’échelle, il est capable de reconnaître quand il a atteint sa place.

Le monde est une jungle, mais une jungle avec un ordre. L’homme est un loup pour l’homme, mais c’est dans l’ordre des choses. Tu dois te respecter, respecter le corps et l’âme avec lesquels tu es né. Ils sont le métal qui te constituent, ils sont ce qui te définis. Chaque homme peut être considéré comme étant fait d’or, d’argent et de fer. Ils sont ce qui te donnera la place que tu mérites. Tu dois travailler toujours plus pour prouver de quel métal tu es fait. Tous seront en concurrence avec toi, et si tu t’obstines à refuser de jouer le jeu, tu seras écrasé par ceux qui le jouent. Si les forts sont à leur place, c’est parce que eux et leurs ancêtres ont été plus fort. Si les sages sont à leur place, c’est parce que eux et leurs ancêtres ont été plus fort.

Cependant, ils sont pleins de jalousie, et refusent leur place naturelle, et ont été prêt à tricher pour ça. En effet, les extra-terriens ne sont que des manuels et des techniciens : c’est pour compenser leur bassesse d’âme qu’ils ont inventé des moyens d’être plus fort, en modifiant leurs corps, leur ADN, en se rajoutant des implants bioniques. Ils n’en ont pas naturellement les capacités : n’est-ce pas sur Terre que tout les grands penseurs du passé ont vécu ? Notre planète est les conditions de l’homme, elles permettent de naître ce qui est de plus grand chez lui : ceux qui pense bien. Les extra-terriens ne respectent plus le corps dans lequel ils sont nés, et font toujours plus pour être plus puissant, et atteindre cette place qui ne leur ait pas due. C’est comme cela qu’ils ont grimpé aussi haut et qu’ils peuvent désormais t’exploiter toi.

Mais l’heure de la vengeance à sonné ! Les extra-terriens sont tellement jaloux que déjà ils commencent à s’entre-déchirer. Ils font des luttes stériles pour le pouvoir. Tandis que nous, en faisant une compétition saine mais féroce, pour que chaque personne puisse monter dans la société jusqu’à la place qu’il mérite, nous prouveront notre puissance. C’est une Terre unie grâce à nos leader éclairés et à la morale inflexible et où chaque personne est à sa place grâce à la libre concurrence qui ira lutter pour nous rendre à tous notre place dans l’échelle de l’univers.

Prouve que c’est toi qui mériterais d’avoir les haut sièges, les places importante, ou accepte la tienne. Tu dois montrer de quel métal tu es fait. Ne sois pas jaloux des sages et des forts de notre monde, mais lutte pour nous permettre à tous de mettre a bas ceux qui se sont accaparé la place naturelle des terriens ! »

Tel était le discours de l’idéologie de la Grande Union Terrestre. Tel était le discours qu’on enseignait dans l’état aux jeunes adolescents. Il fallait leur montrer ce qu’était la vie. Leur faire accepter cette vision du monde, la vision du monde moderne. S’ils ne jouaient pas le jeu, ils seraient des naïfs voir, pire encore, des « parasites ». Ils seraient un poids pour la société. S’ils cherchaient à truquer le jeu et leurs corps, ils seraient des traîtres.

Ils seraient une menace.

Telle était la morale qu’on enseignait dans la Grande Union Terrestre.

#Inktober2017 - Day 23. Climb

Des rats géants.

Des foutus rats géants.

Les soldats regardaient avec un air des plus médusé la menace peu commune, mais néammoins dangereuse, qui se trouvait devant eux. Ils avaient juste eut des des informations comme quoi des bestioles énormes s’attaquaient à la ville. Ils s’étaient attendu à des fauves échappés du zoo suite à la négligence de quelque gardien un peu fatigué, mais s’était rapidement rendu compte que ce n’était pas ça. Et face à eux, c’était des rats tout à fait ordinaire, si ce n’étiat le fait qu’ils faisaient trois mètres au garrot. La menace pourquoi ils avaient été appelé était des foutus rats géant. Et évidemment, la transformation les avait rendu agressifs et les faisait attaquer tout le monde.

Bref, une sacré journée de merde en perspective.

En effet, les créatures se promenaient dans la ville, et plutôt de que suivre tranquillement les chemins de balade, avaient décider que s’attaquer au passant serait une activité parfaite pour des rats mutants. Il y avait déjà un grand nombre de victime, et c’était la panique. Sans compter le plus important : les dégâts matériels. Quelques morts ça allait, mais des frais de réparations, c’était vraiment terrible. En tout cas, une chose était certaines : ces bestioles avaient été rangé dans la catégories des « menaces ».

Ils se demandaient ce qui avaient pu provoquer une telle chose. Était-ce un cours d’un laboratoire du coin ? A leurs souvenirs, il y en avait quelques uns dans le centre ville, qui étudiait un peu tout et n’importe quoi. C’était bien le genre de truc qui pouvait arriver. Tout d’abord, il fallait une expérimentation sur les gênes, que ce soit pour améliorer un truc, avoir plus de bouffe, ou n’importe quelle autre raison que ce soit. Ensuite, il fallait soit une erreur de dosage, soit un membre de l’équipe recherche et développement qui décidait d’un seul coup de se reconvertir en savant fou, et paf, des paramètres étaient changés. Et à cause de cela se provoquait une réaction en chaîne qui finissait par créer des rongeurs mutants géant doté de volontés meurtrières et anthropophages. C’était le genre de truc qui arrivait tout le temps, les expériences qui tournaient mal.

D’autres théories semblaient plus ou moins plausibles : Effet des rejets de produits étranges dans les égouts, animal domestique un peu trop nourri, secte occulte dont le but était de créer des rats géants, ou encore le une quelconque espèce qui n’était pas encore connue à ce jour, et qui avait décidée d’être découverte en plein milieu des rues de la ville.

Ils soupirèrent. En fin de compte, comment cela été arrivé importait peu, pour eux. C’était le travail ensuite de la police, des enquêteurs et du commité de bioéthique de la ville. Eux, ils n’étaient payé que pour tenter de dézinguer la menace… tout en essayant de pas se faire bouffer au passage. Et c’était pas spécialement gagné d’avance.

Bref, une sacré journée de merde en perspective.

#Inktober2017 - Day 22. Squeak

Thalassa regardait fièrement la mer des nuages être fendue par la coque de son navire. Le fier vaisseau, ouvrage de centaine d’ouvrier de son peuple, était ce qui leur permettait d’aller plus loin à travers l’immensité du vide. Il y a des siècles, ils avaient été abandonnés ici par le peuple qui les employait comme colons. La planète, avait été déclaré comme non-viable par le sénat solaire, et ce après trente ans de colonisation, et malgré les dizaines de milliers d’habitants qui y vivaient déjà.

Et les quelques humains et zoomorphes employés par le système solaire avaient été abandonné ici, devant se débrouiller pour survivre sur les îles flottantes qui parsemait la couche haute de l’athmosphère. La vie était dure. Il fallait réussir à vivre dans une atmosphère empoisonnée, et miner l’oxygène dans des poches d’air respirable, située à la surface de la planète, là où la pression était trop forte pour y vivre. C’était une entreprise périlleuse, puisqu’il fallait traverser une mer de nuages plongés dans un orage permanent, et réussir à surveiller les tubes et lutter contre les éléments et la piraterie. Avoir des réserves d’air personnelles étaient un luxe que peu pouvaient se permettre, la plus grande partie du peuple devant vivre dans les espaces communs en faisant des travaux pour la communautés, n’ayant des bouteilles d’oxygène que quand on les envoyait travailler dehors.

Sans technologie du système solaire, sans l’accès aux savoirs de la planète-mère, chacune des colonies étaient coincé sur leur île, devant lutter pour survivre.

Mais ces navires flottant étaient l’espoir d’un monde meilleurs. Mélange entre les navires et les ballons dirigeable, ces vaisseaux étaient capable de relier un continent à un autre. Thalassa était en train de réaliser la première liaison entre les deux plus grande capitales. Cela faisait plus de 600 ans que tout contact était impossible entre les deux. Elle avait hâte de rejoindre sa destination. Ce serait le début d’une nouvelle ère, la fin de l’âge sombre. Thalassa imaginait les possibilités : en unissant leur forces, ils pourraient automatiser les stations de récupérations de l’air pur, et partager leurs connaissances pour construire des moyens de le purifier. Toutes la planète, unie pour améliorer leur condition de vie.

Mais surtout, c’était une vengeance symbolique. La preuve qu’ils pouvaient se débrouiller sans le Système Solaire. Ils les avaient considéré comme une ressource qu’ils avaient le droit d’abandonner quand celle-ci devenait trop coûteuse ? Maintenant les habitants de la planète prouvaient qu’il n’avaient pas besoin d’eux. Ils atteindraient d’eux même à nouveaux les étoiles, et prouveraient à l’univers entier les agissements de la Terre. Au fond d’eux, ils espéraient même que l’empire ancien des humains s’était effondré. Tant pouvait s’être passé en 600 ans !

Thalassa regardait fièrement la mer des nuages être fendue par la coque de son navire. Toute sa vie, elle avait travaillé sur ce projet. Toute sa vie, elle avait attendu le jour où les habitants de sa planète pourraient à nouveaux être réunis. Toute sa vie, elle l’avait destinée à permettre le début d’une ère nouvel. Ce premier voyage serait le début d’une grande série. D’ici quelques années, ce serait une liaison régulière qui serait faite entre les deux villes. D’ici quelques décennies, les cieux seraient remplis de ces bateaux volants.

Thalassa était contente. Ils avaient pu se relever de leur abandon, même si cela leur avait mis des siècles, et étaient en train de construire tous ensemble une ère nouvelle. Une époque d’infinies possibilités s’ouvraient à eux tous.

#Inktober2017 - Day 21. Ship

C’était un jour normal pour Gaël. Le jeune humain aux implants bioniques se promenait dans les rues protégées de la capitale du continent Antarctique, le Pôle Sud. Depuis qu’il avait du avoir la mécanisation complète, le jeune homme s’habituait non sans quelques difficultés à son nouveau corps. Cependant, les nouvelles possibilités lui semblaient impressionnantes. Il avait hâte de tout essayer. Il se dirigea comme à son habitude vers son disquaire préféré, et commença à regarder les disques.

Et c’est en ce jour ordinaire que l’évènement arriva. Gaël commença par se sentir plutôt mal. Il ne comprenait pas trop ce qu’il lui arrivait. Cependant, ce fut comme si une phrase résonnait dans sa tête, ou plutôt, était implémenté dans ses composants bioniques.

« Il est temps de retourner à la réalité »

Et ce fut à ce moment précis que la lumière qui éclairait le monde s’éteignit. Seul existait désormais une nuit perpétuelle. Les yeux artificiels de son nouveau corps avaient cessé de fonctionner.

Gaël paniqua. Autour de lui, il entendait des sons entremêlés, mais ne pouvait pas regarder pour en identifier visuellement la cause. Qu’est ce qui avait fait tel ou tel bruit ? Il n’avait aucun moyen de le vérifier. Il ne savait même pas si certains sons avaient la même cause ou non. Le jeune homme ne savait pas quoi faire. Le cyborg avait peur de demander de l’aide. Qu’est-ce qui se passait, qu’est-ce qu’était cette voix, pourquoi lui avait-on fait cela ? Il avait cependant encore plus peur de tenter de sortir en avançant à tatons. Ne risquait-il pas de mettre sa main dans quelque chose de dangereux ? Gaël avait peur. Est-ce que c’est comme ça que sera désormais sa vie ?

La peur, les sensations, et un mal de crâne eurent raison de la façade qu’il tentait de garder, et il fit un malaise. Sans pouvoir voir ce qu’il se passait, il entendit les gens s’affairer autour de lui. Des échos de voix, tous entremêlés. Il entendit que quelqu’un appelait les secours. Oui, vite, qu’on puisse réparer ses yeux ! Gaël se laissa glisser dans l’inconscience. Il espérait voir en cela un raccourci vers le moment ou il retrouverait sa vue.

***

Gaël se réveilla, allongé dans un lit. Autour de lui, les sons typiques des appareils d’un hopîtal. Il ne voyait toujours rien. Il entendit juste une voix. Il devina que c’était le médecin ou une personne en charge de ses parties bioniques : il ne reconnaissait pas cette voix.

— Tu es réveillé ?

Il acquiesça. Il entendit un soupir. Le médecin avait sans doute des mauvaises nouvelles à lui annoncer. Gaël se sentait trembler.

— Tu as été attaqué par des membres de l’Homo Novus. Il semblerait qu’ils aient attaqué plusieurs personnes ayant des implants bioniques ces derniers jours. Je suis vraiment désolé que tu ais été une de leurs victimes, et nous allons faire notre possible pour les attraper.

A vrai dire, qui l’avait fait n’était pour l’instant pas la première préoccupation de Gaël. C’était ses chances de guérisons.

— Bon, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle à t’annoncer…

C’était toujours mauvais signe quand un médecin disait ça.

— La bonne, c’est que les mecs qui t’ont attaqués n’ont pas réussi à pirater des zones de ton cerveau. Ils n’auront pas de quoi te faire du chantage, ni n’ont pu implanter de virus en toi.

Un silence. L’heure allait être à la mauvaise nouvelle. Le jeune cyborg devinait aisément ce qu’il allait entendre, tout en espérant de toutes ses forces le contraire.

— Malheureusement, ils ont en piratant tes yeux abîmés ton cerveau, et la zone de la vue en tout particulier. On ne peut pas réparer ça.

Le jeune garçon en dit rien. Il avait envie de crier, de pleurer, mais ne dit rien. Il n’avait pas envie de savoir que cette personne qui lui avait annoncé de la nouvelle retentirait de la pitié pour lui. Il se retourna dans son lit. Il n’écouta que d’une oreille l’homme lui expliquer qu’on lui fournirait des cours pour apprendre le braille, et lui expliquerait comment se brancher directement à un ordinateur pour utiliser des interfaces non-visuelles pour l’utiliser, et acquérir directement les informations des textes à l’écran. Il n’avait pas envie d’aller à ses cours. Même si ces cours servaient à l’aider dans sa vie, il avait l’impression que ça rendait la situation définitive, lui retirait tout échappatoire. Il se retourna.

Lorsque l’homme fut parti, Gaël resta allongé dans son lit. Il rumina l’attaque qui l’avait privé de ses yeux. Comme si en imaginant assez comment cet événement pourrait s’être passé autrement, cela allait changer les choses. Comment s’adapter à la perte d’un sens ? Comment s’adapter à tout ce qu’on ne pourra plus faire ? Comment accepter l’idée que toutes ces sensations que nous avait apporté notre vue, nous ne l’auront plus ? Cela lui semblait impossible.

Toute la fin de la matinée, le cyborg vit des membres de sa famille le visiter. Autour de lui, ses proches tentaient de lui remonter le moral. Lui dire qu’il réussirait à s’en sortir, que ça irait mieux. Ce n’était pas eux qui sont dans cette situation, c’était donc facile de dire ça. Quelques personnes tentèrent de faire de l’humour dessus. Des jeux de mots dont Gaël se serait bien passé pour le moment. Le pire n’était pas quand c’était méchant. Le pire était qu’ils étaient persuadés que ça allait lui remonter le moral.

Une fois cette procession terminée, Gaël se retourna à nouveau dans son lit. Il ne se sentait pas encore capable de faire autre chose que de ruminer. Que de vouloir pleurer, hurler à l’injustice du sort. Il avait subi une attaque par des gens qui le considérait comme inférieur aux humains, et un danger pour l’humanité, à cause des parties bioniques qu’il avait subit comme un accident. Et à cause de ces personnes, il avait perdu désormais sa vue.

Gaël avait envie de vengeance, mais savait qu’il n’avait aucun moyen de la faire. Il ne pouvait que ruminer sur son sort, et pour l’instant s’apitoyer.

Il lui faudrait du temps pour remonter la pente.

#Inktober2017 - Day 20. Blind

Le soleil commençait à peine à se lever, et avec ce nouveau jour débutait également une nouvelle quête. Notre héroïne se dirigeait vers le plus grand des trésors avec une discrétion toute aussi grande. Elle désirait un Saint-Grall : les fruits les plus juteux, dont le nectar était tel l’ambroisie des dieux anciens. Camille commençait sa quête quotidienne : Faire son petit déjeuner.

Cependant, il lui fallait être des plus prudents. Les grands maîtres du donjon dormaient encore. Là était tout le sel. Elle devait traverser les grandes crevasses du couloir, sautant sur les dalles qui tenaient en équilibre au-dessus d’un précipice sans fond, sans faire le moindre bruit. Mais elle n’avait pas peur : elle se savait capable d’un tel exploit, capable de réussir une telle quête, capable d’accomplir sa destinée. De bond leste en bond leste, la petite fille devenue grande héroïne effectua sa périlleuse manœuvre, dirigée par l’envie d’avoir accès à son juteux trésor. Ce furent de véritable kilomètre de corridor obscur, traversant le château.

Cependant, ce ne fut pas sa plus grande difficulté. En effet, devant la pièce du trésor se trouvait un énorme canidé, un chien-loup à la mâchoire terrible, au cri rugissant, et à la terrible habitude de piquer les mouchoirs chaussons : Le teckel de la famille. Heureusement, pour l’instant, la créature démoniaque était encore dans les bras de Morphée. L’aventurière commença à tenter de passer à côté, mais la créature commençait à ouvrir les yeux et bailler. Diable, que faire face à un tel coup du sort, une telle attaque ironique d’un destin toujours prompt à se moquer des pauvres hères qui tentaient d’échapper à sa cruelle griffe ?

Mais une idée vint subitement désarmer la destinée. L’héroïne s’élança vers la porte-fenêtre et l’ouvrit brutalement. Le canin, voyant ce mouvement brusque, eut immédiatement l’idée de fondre vers le jardin, se retrouvant alors emprisonné à l’extérieur, comme une andouille. La voie était libre. Le chien alla faire ses besoins, la première chose importante à faire chaque matin, puis revint atteindre avec un air un peu idiot devant la porte-fenêtre.

Mais une dernière épreuve l’attendait. Les fruits étaient en haut de l’armoire, des kilomètres au-dessus du sol. Alors commença la terrible ascension des meubles, pour accéder à la corbeille de fruits. Chaque prise n’était pas aussi stable que le voudrait la petite aventurière, mais pour la gloire et pour les fruits, pour leur sucre et leur pulpe juteuse. Elle grimpa difficile sur la table, et tendit la main, s’approchant de son Graal. Elle attrapa la corbeille, mais manqua de perdre l’équilibre. Elle élança d’un coup son bras pour se rattraper à l’armoire, tenant bien contre elle la corbeille avec les précieux fruits. Elle descendit ensuite avec prudence, s’asseyant sur le plan de travail avant de bondir vers le sol.

L’héroïne, se dirigea avec son trophée d’un pas fier vers la table de la salle à manger. Camille aimait énormément avoir des fruits pour son petit-déjeuner, et encore plus jouer. Sa quête était accomplie, mais moult autres l’attendaient encore dans sa vie.

#Inktober2017 - Day 19. Juicy

« Les gardiens, comme vous savez, sont les garants d’un bon équilibre entre les deux mondes. Depuis la mort de Merlin et la fondation par cinq de ses disciples de l’Ordre, ils se sont occupé de baisser les ingérences de la magie sur Terre, et les ingérences des états terrestre sur la Contre-Terre, jusqu’à ce que notre existence deviennent un secret pour les terriens. Ils sont la barrière contre la prédiction la plus funeste qui a été faite : La guerre entre les deux mondes. »

Tobias s’approchait silencieusement dans la nuit, se remémorant les cours qu’il avait à l’université. Il portait encore son uniforme. Ses longs cheveux encadraient son visage à l’air particulièrement calme, éclairé cependant par ses yeux, qui luisaient légèrement comme à chaque fois qu’un être vivant utilisant la magie. Rien ses manières ne montrait la fureur qui l’habitait.

À l’origine, tout indiquait Tobias comme un futur rat de bibliothèque, entrant dans l’Académie, et étudiant les arts magiques. Tout, sauf un de ses désirs : améliorer le monde. Tobias aurait aimé être l’un des engrenages d’un mécanisme qui encouragerait le meilleurs, qui aiderait à produire un plus beau monde. Alors il s’était engagé chez les gardiens, était devenu plus fort et plus puissant. Il aurait voulu être l’une des clefs qui ouvraient la porte de la paix, il aurait voulu sauver des vies et aider des gens. Et c’est ce qu’il faisait. Tout aurait dû être pour le mieux.

Il glissait silencieusement dans les geôles. Infiltrer le bâtiment avait été un jeu d’enfant, il avait passé des jours à placer une malédiction en ces lieux pour réussir à endormir tout les gardes. Un véritable travail d’orfèvre fait en but de son attaque. Sa véritable mission allait pouvoir commencer : libérer ceux qui le suivaient. Jamais il n’aurait cru qu’il rentrerait dans la clandestinité. Il avait toujours été le premier de la classe. La personne sage et obéissante. Mais un jour il vit l’injustice profonde de son ordre. Une jeune femme de la Terre, qu’il ne connaissait absolument pas, ne voulu pas que son fils lui soit prit par son époux pour entrer dans l’ordre des gardiens sur la Contre-Terre. Quand celle-ci commença a évoquer la possibilité de révéler le secret, son époux monta alors tout un complot des plus terrible. L’homme enleva leur enfant, et disparu en emportant avec lui de la mémoire de sa femme tout souvenir de lui et leur enfant. Il fit croire au monde entier qu’elle avait perdu la raison et avait tué son époux et son enfant. Pour satisfaire les ambitions qu’il nourrissait envers son fils, cet homme avait détruit la vie de sa propre femme. Tobias avait remué ciel et terre pour qu’une sentence soit appliqué.

Mais le gardien était vu comme un héros, et toujours des excuses lui avaient été trouvées. Alors Tobias était allé plus loin, il avait quitté les gardiens. Si le secret entre les mondes était destiné à tuer et à détruire des vies, il fallait alors y mettre fin. Il avait commencé de manière légale. A faire porter son discours. Utiliser sa colère de manière rationnel. Mais petit à petit, tout était fait pour réduire au silence ceux qui ne voulaient pas du statu-quo. Alors son groupe entra dans la clandestinité.

Alors il se mit à combattre.

Arrivant devant les cellules, il récita son sortilège savamment préparé. Il avait passé des semaines à préparer cette évasion. Celles et ceux qui avaient décidé de le suivre avaient été capturé lors d’une bataille contre le magicien qui avait causé le début de toute cette histoire. Contre cet homme prêt à trahir sa propre femme et à détruire sa vie. Cependant, si Tobias avait surpassé son ennemi, tout cela avait été guet-apens, et ils avaient été capturé. Le rebelle avait dû attendre son heure dans l’ombre.

Mais désormais, ils fuyaient dans la nuit, loin de la prison et de ses gardes ronflants. La fureur de Tobias pourrait alors continué, tourné entièrement vers un objectif : arrêter à jamais les injustices et les horreurs faites au nom du secret de l’existence de la Contre-Terre.

#Inktober2017 - Day 18. Furious

Les rues d’habitude toujours propre et parfaite de la capitale étaient en ruines. En plein centre de la ville se trouvait le cœur de la corruption. Elle avait déjà envahi tout le pays et s’étendait sur la planète entière. Des vents chargés d’une énergie incohérente et incontrôlable balayait tous ceux qui voulaient résister. Les maisons anciennement blanche et lisses n’étaient désormais plus que des gravats, et plus rien en restait de la grande cathédrale du Grand-Ordre, principale religion du pays. Au cœur de ce lieu se trouvait l’apôtre de la corruption, celui qui avait reçu l’accès au pouvoir terrible du dieu ancien qui était à l’origine de cette calamité. Celui qui par un simple pacte avait réussi à mettre en danger le monde, puis à libérer l’entité maléfique dans ce monde. Celui qui avait obtenu le pouvoir de briser la logique et la cohérence. Celui qui avait accepté d’être la porte d’entrée du monstre qui dévorait les réalités.

Ismaël regardait le désastre, l’épée en main. Le guerrier avait été nommé pour diriger le combat contre l’entité. Quand il avait été tout petit, des êtres entièrement masqués par une armure blanche étaient arrivés en expliquant l’existence du dieu ancien, et que son mouvement se dirigeait vers ce monde. Ils avaient alors confié armement et connaissance pour le combattre. Ils avaient aidé à mener l’évolution du pays, que ce soit technologiquement, socialement et même moralement. Ils avaient préparé la bataille. Pendant des années, l’apôtre avait été recherché, en vain. Jusqu’à ce jour.

Ismaël, lui, avait suivit l’entraînement. Les êtres aux armures blanche l’avait nommé « héros ». Il n’avait pas d’épée spéciale, par d’arme légendaire. Juste un bracelet qui lui permettait de pénétrer dans l’être maudit, en formant une légère barrière dorée autour de sa peau que seule la corruption ne pouvait pénétrer. Ce qu’il allait faire. Tous ses hommes étaient dispersés dans la ville, tentant de combattre les monstres créés par l’apôtre, et de ralentir l’arme. Lui, il devait aller affronter l’apôtre. Le guerrier se mit à courir, et plongea volontairement à l’intérieur de la corruption.

À l’intérieur de la corruption, le liquide noir qui le composait était désormais invisible. Il se trouvait dans les rues du quartier populaire de la ville, pourtant bien loin, hors de la zone d’influence de la créature. Il y marcha, traversant les rues entièrement désertes, comme figée dans le temps. Les papiers d’habitude transportés par le vent restaient en l’air, bloqué dans un moment. Ce n’est qu’après quelques minutes de marche qu’Ismael se rendit compte que toutes les couleurs du lieu semblaient avoir disparue. Lui, pourtant, avait encore toutes ses couleurs. Était-ce la créature qui tentait de lui faire passer un message ?

Les rues étaient bien différentes du cœur de la capitale dont il avait vécu toute sa vie, et des riches campagnes du nord du pays. La crasse était partout. Les poubelles étaient renversées. Quelques maisons étaient à moitié détruites et à l’abandon. Ismaël ne sut jamais combien de temps il avait marché. Sans soleil dans le ciel, sans mouvement autre que les siens, il lui était impossible de constater le temps qui passait. Cependant, il était sûr qu’il avait passé un bon moment à errer dans les rues, avant de voir une autre personne dans les rues.

Une petite fille crasseuse avec un ballon.

Elle était habillée d’une vieille salopette déchirée et d’un tee-shirt, quelques anciennes blessures formaient des croûtes et des cicatrices sur ses bras. Elle le regardait avec des yeux partagés entre de la peur et de la méfiance, et serra son jouet contre elle, comme si le guerrier allait lui voler. Celui-ci était surpris de voir une autre personne que lui dans les rues.

Ismaël demanda à la petite fille son prénom, et ce qu’elle faisait ici. Il se posait des questions. Comment une petite fille pouvait se retrouver ici ? La seule théorie probable lui semblait invraissemblable.

— Pourquoi maintenant d’un seul coup vous vous intéressez à moi, vous autres ? Demanda-t-elle avec de la rancœur dans sa voix. Je suis ici chez moi, c’est à vous de partir, je ne veux pas vous voir.

Ismaël pressentit le danger et se jeta en arrière. Il esquiva de justesse deux bout de mur qui avaient tenté de l’attraper, tel des mains de brique et de mortier. Si la petite fille avait le pouvoir en ces lieux, cela ne pouvait vouloir dire qu’une seule chose : Elle était la clef qui avait permis à toute cette puissance de venir dans leur monde. Cette petite fille était l’apôtre.

— Vous êtes tous méchants ! s’écria-t-elle. Vous nous avez toujours tous laissé tout seuls ! Quand on pleurait, jamais vous vous êtes arrêtés. Pour vous, on est rien du tout !

Un jet d’énergie fondit sur le guerrier, qui pu le dévier avec son épée. Si la puissance corruptrice ne lui faisait rien en elle-même, la quantité d’énergie pouvait toujours le blesser ou pire encore. Cependant, techniquement, son ennemi n’était pas bien dangereux pour lui. Ses attaques étaient basiques et il voyait les arriver très facilement. Elle n’était pas du tout une combattante. Juste une petite fille avec des pouvoirs extra-ordinaire.

Le guerrier esquiva encore quelques attaques. Il n’osait pas l’attaquer. Avec son arme, il pouvait sérieusement la blesser. Et il ne pouvait tuer un enfant, même si cet enfant était la porte d’entrée d’un dieu maléfique. Il devait trouver un autre moyen. Il voyait dans les yeux de cette petite la même détermination bornée qu’il pouvait voir dans celle de ses propres enfants parfois.

Parce qu’en fin de compte, il comprenait les raisons pourquoi la petite fille avait pu être « manipulée » par la puissance de la corruption. Ce monde la rejetait, elle et les siens. Ils n’étaient pas simplement des intrus, ils étaient ce que le monde ne voulait voir. Cette petite fille n’avait pas été visé en particulier par les partisans de la corruption. Ils avaient juste cherché quelqu’un qui aurait assez de ressentiment et qui pourrait vouloir de la puissance. Qui sait ce que pouvait être ses plans avec autant de pouvoir. Se venger, construire un monde meilleur ? Tel était le pouvoir de Tav. Tel était le pouvoir du dieu maudit. Sa conscience avait été détruite, mais sa puissance immense était assez pour pouvoir influencer les esprits. Ils suffisaient que des gens avide découvre l’immensité de ses capacités, et ils devenaient les portes-paroles du diable. L’être maudit ne pouvait pas manipuler par lui-même, mais ceux qui voulaient exploiter son pouvoir le faisait à sa place.

— Je dois terminer tout ça, déclara avec conviction le guerrier à l’apôtre. Je te promet que dès que j’en aurais fini avec ce combat, ma lutte sera dédiée à rendre ce monde meilleur, à faire en sorte qu’il puisse te donner envie de vivre dedans.

La jeune fille ne répondit rien. Il devinait qu’elle n’avait pas confiance en lui. Il s’approcha d’elle, déviant ses attaques avec son épée. Quelques tirs le touchaient, il se concentrait seulement sur ceux arrivant trop vers les organes vitaux.

— Seul le temps pourra te montrer la sincérité de mon engagement, continua-t-il. Mais je te promets que je ne serais pas le seul à le construire. Que ce sera un travail d’équipe, un long trajet commun pour que nous n’abandonnions plus les « petits enfants sales » dans les rues.

Il la regarda. Il regarda son bracelet. Il devait faire vite, il n’aurait que quelque seconde.

— Et je te promets que tu pourras superviser tout ce que je fais.

Il retira subitement son bracelet. La corruption commença à entrer par toutes ses pores. Ce fut comme si une douleur intense et lancinante le traversait. La petite fille fut surprise. Que voulait-il faire, et pourquoi était-il prêt à souffrir pour elle ? Serrant les dents, il accrocha le bracelet à la petite fille. D’un coup, sa peau s’illumina d’une lumière dorée. La barrière que la corruption ne pouvait traverser entourait sa peau. Cependant, elle ne protégeait pas la petite fille de la corruption. Mais le monde entier de la corruption qui provenait de la petite fille. La porte du dieu maudit venait de se refermer.

Le monde autour d’eux commença à se dissiper. Le dieu ne pouvait plus rentrer dans le monde, et la corruption qu’il avait produite était dispersée très vite par les vents. Ils revenaient vers le monde réel. Ensemble. Ils sortaient des douleurs passées pour se diriger vers le futur qu’ils construiraient. Il devinait qu’il allait devoir fortement surveiller la fillette au début. Mais il avait confiance.

Il voulait donner à cette petite fille crasseuse avec un ballon une seconde chance de ne pas devenir celle qui provoquerait la fin du monde.

#Inktober2017 - Day 17. Flithy

« Nan, mais c’est pas possible, je peux pas porter ça, je vais être ridicule ».

Sous cette complainte classique, c’était un cri du cœur qui sortait de la bouche de Lucie. Dans cette robe de soirée, elle se sentait gênée comme jamais. Elle regardait avec envie le costume de son frère, Lucas. Celui lui semblait tellement plus proche de ce que les deux jeux adolescents portaient habituellement, juste à prix beaucoup plus élevés. Cependant, comme s’il avait entendu les pensées de sa jumelle, il rétorqua.

— « Te plains pas, toi tu ressembles pas à un pingouin… »

Les deux jumeaux étaient obligés de se rendre à une soirée huppée, pour des raisons obscures liés au métiers de leurs parents. S’ils avaient bien compris, ils avaient fait un truc, ce truc avait été apprécié, et du coup ils étaient passé à la télé – ça c’était super cool – et ils avaient été invités avec les enfants à la soirée. Et les deux jeunes adolescents étaient donc forcé de porter ces tenues. Ils se sentaient tellement gênés dans leurs costumes qu’ils se demandaient s’ils ne ferait pas mieux de venir nus…

On leur avait dit que c’était important, que là-bas, tout le monde était élégant, et qu’ils devaient l’être aussi. Aucun des deux ne s’était jamais décrit comme « élégant », et ils avaient l’impression que leur faire croire qu’ils allaient être élégant juste en portant ce costume, c’était un mythe. Lucas savait parfaitement qu’il n’allait pas parler de la même manière que les autres, et que ça se remarquait. Lucie avait lu une fois quelque chose sur le nombre de couvert qu’il y avait. Et si elle se trompait de fourchette ? Tous deux comprenaient qu’il y avait certains codes pour être élégant, et qu’il leur manquait les clefs pour les déchiffrer. Ils n’auraient pas les mêmes références, ils seraient plongés dans un monde dont ils ne connaissaient rien. Lucas avait même voulu prétexter de devoir réviser une dictée pour échapper à cela.

Ils avaient peur. Et si par leur comportement, ils étaient reconnus comme ne faisait pas partie de ce monde ? Seraient-ils des intrus, n’ayant aucun droit d’être présent en ces lieux ? Seraient-ils ridicules de par leurs vêtements et leurs comportements ? Ils ne savaient pas si c’était vrai ou faux, mais en tout cas avaient assez peur que ce soit vrai pour vouloir éviter que cela arrive. Lucas remarqua que c’était sans doute la première fois que lui et Lucie étaient inquiets d’être à un endroit où ils ne devaient pas être.

Cependant, malgré toute leurs protestations, les parents les amenèrent dans la voiture, scellant leur triste sort.


Au sortir de la soirée, les enfants se dirent que ça avait été un succès, contrairement aux adultes qui l’étaient moins, et ce pour la même raison. Même si le début de la soirée fut prise d’un silence gênant avec les enfants des autres adultes, il y avait un langage universel, qui pouvait transcender les différences de langage, et composer leur manque dans cette discipline auguste et ancienne qu’était l’élégance :

Les bêtises.

#Inktober2017 - Day 16. Graceful

Lloyd Patterson et Samain Teurasis étaient excités comme ils ne l’avaient jamais été. Les deux jeunes étudiant étaient entrés avec succès dans l’université des Gardiens, et se préparaient à effectuer leur première mission, mis en bînome pour ce stage. Samain était contente d’être avec Lloyd : La famille Patterson était une ancienne famille d’exorciste, ce qui faisait qu’ils avaient pu être mis sur une mission un peu plus intéressante que la poursuite d’une chèvre à cinq patte dans les alpages. Elle avait également hâte de voir en action ses pouvoirs en action. Même si elle n'était pas intéressé par devenir exorciste, elle avait très envie de voir ça en action.

Les deux jeunes adolescents poussèrent la porte de la bibliothèque d’une banlieue de Neptrecus, capitale du royaume de Nouvelle-Neustrie, où ils avaient eu leur mission. Ils furent accueilli par le gardien de la bibliothèque, comme affolé :

— Ah, enfin vous voila, s’exclama-t-il d’une forte voix. Figurez-vous que je commençais à me demander ce que vous faisiez. Déjà que je suis fortement désappoité que l’Ordre des Gardiens accorde aussi peu d’importance à ma requête qu’ils ne m’envoient que des novices, mais. Depuis ces six derniers mois, ce n’est pas moins de 7 livres qui ont été dévorés ! Certes, l’assurance les a remboursés tous les trois, mais quand même ! Allez, j’espère que vous allez réussir à m’en débarrasser, sinon assurez-vous que je préciserais bien la teneur de votre échec dans mes messages !

Samain se tourna vers son camarade, légèrement effrayée. Elle avait eu des cours de spiritologie, mais elle n’avait pas la moindre idée de ce que ça pouvait être. Heureusement, celui-ci restait calme. On était dans son domaine, après tout.

– Il s’agit d’un dévoreur de mot, un mangeur d’information, même si normalement ils ne sont pas si voraces. Un dévoreur de mots se contente normalement de quelques informations à droite et à gauche : On les remarque d’habitude en voyant des détails qui ont disparu dans des textes qu’on relit. Après, techniquement, on a jamais vu un dévoreur de mot se retrouver en état de manque d’appétit. En avoir un dans une bibliothèque a du lui faire l’effet d’un buffet à volonté rempli de nourriture délicieuse et de luxe, la première fois : Il peut pas se contrôler, et n’aura même pas « plus faim ». Du coup, il mange de plus en plus. Ce qui veut dire que si on ne fait rien, ça va empirer.

Samain hocha la tête. Elle comprenait pourquoi on pouvait se permettre de faire une mission d’exorcisme de rang vert avec quelqu’un comme Lloyd. Il avait eut accès à une expérience que les autres n’avaient pas, ce qui lui donnait un avantage certain dans ce genre de situation.

– Et comment peut-on faire pour le débusquer ? questionna-t-elle.

– C’est la partie la plus simple, répondit simplement Lloyd en jetant une graine sur le sol. Un bon exorciste peut faire ça en quelques secondes. Pour nous, ils nous faudra facilement une quizaine de minute pour l’avoir.

Il y eut un grand flash lumineux et un bruissement. Des livres de la bibliothèque s’envola une nuée d’insectes, qui formaient une masse bourdonnante et indistinct. S’approchant dangereusement des deux apprentis, ceux-ci purent voir qu’il était composé uniquement de lettres et de signes.

– Wow, il est énorme ! s’excalama Lloyd, avec un peu de panique dans sa voix.

La créature fondit sur les deux. Samain vit que Lloyd n’arrivait pas à bouger, terrifié. Il n’avait visiblement pas anticipé la taille de la créature. Elle prit son courage à deux mains et bondit sur le jeune homme, le plaquant au sol pour éviter qu’il se fasse attaquer par le dévoreur. Celui-ci passa juste par-dessus leur tête. Ils sentirent les informations dans leur tête être aspirées par la créature. C’était comme s’ils sentaient leurs pensées, et quelques détails de leurs souvenirs partir à travers leur crâne, vers la créature. Le mal de crâne provoqué par cette expérience était lancinant, mais fort heureusement s’arrêta bien vite quand la créature alla se terrer. Dans le fond de la bibliothèque.

— Merci, fit Lloyd à sa camarade, gêné de son manque de contrôle.

Il se ressaisit cependant rapidement, et alla attraper quelques livres. Une encyclopédie. Il la posa par terre, et l’entoura rapidement de parchemin qu’il avait sorti de sa poche. Il expliqua rapidement à voix basse qu’il tendait un piège.

— Hé, dévoreur ! Je t’en conjure, prend ce livre et laisse le reste de la bibliothèque tranquille ! Pense aux générations futures, et au festin qui t’attends dans ce livre !

La créature sombra de l’ombre et s’approcha. C’était comme si la pensée de ce qu’elle allait manger était trop forte pour pouvoir résister. L’esprit plongea comme prévu droit dans le piège. Les quelques parchemins s’illuminèrent à son contact, et il se retrouva piégé. Lloyd prit une inspiration et commença à réciter son incantation.

— Ô créature des temps premiers, descendant de ceux qui ont marché jadis sur les deux mondes, être d’esprit et non de corps, part de ce monde, part de cette terre. Je te chasse, moi, membre de ceux qui foulent aujourd’hui ce sol, membre des êtres qui dirigent à présent ce monde. Par les pouvoirs de cette incantation, par le travail de tout mes ancêtres, je te bannis dans les limbes, dans l’autre monde.

La créature sembla se révulser pendant que Lloyd récitait ces mots d’un ton monocorde. Cepednant, brutalement, la magie fut comme brisé et les parchemins se consumèrent. Lloyd n’était pas assez fort pour la contenir. Celui-ci blêmi. Il était à la portée d’un être furieux contre lui, qui pouvait dévorer toutes les informations que contenait sa tête. Son identité même n’était qu’un casse-croûte pour cette créature.

Il ferma les yeux. Il n’avait pas le temps de fuir ou de faire quoi que ce soit. Le seul moyen qu’il aurait serait d’utiliser Samain comme appât, et il se refusait de faire ça. Dans un coin de sa tête, il espérait qu’elle serait là pour l’aider une fois qu’il perdrait tout. Il espérait pouvoir avoir une personne sur qui il pouvait compter.

Mais sa préparation à la mort de sa personnalité fut brisée par la voix de Samain.

— Hé, ducon, la mouche-à-mot ! cria-t-elle sur un ton et dans un langage qui ne lui ressemblait absolument pas. Tu veux vraiment de l’info croustillante ? Je t’assure que la bibliothèque, ou ce qu’a dans la tête Lloyd, c’est genre rien par rapport à ce que je vais te filer.

Elle tenait dans sa main un petit rectangle de plastique, avec un écran qui brillait. Son téléphone portable.

— Laisse-moi te présenter Internet ! Chantonna-t-elle avec fierté. Une source infinie d’information. Sais-tu qu’on y produit l’équivalent d’un nombre invraisemblable de livre chaque jour ? Des encyclopédies complètes s’y trouve, du code et de la documentation pour des tonnes de logiciels, des théories, assez d’aventure écrite pour remplir toute une vie de lecture, assez d’oeuvre et d’idée pour te nourrir à jamais. Tu crois que cette bilibothèque est un buffet à volonté ? Ah ! On dirait que dans tes infos, tu n’as jamais trouvé le mot

Lloyd eut un glapissement. Elle le provoquait ! Il devina qu’elle imitait le style d’une de leur camarade, Faiza. Samain parlait avec l’exact même assurance de la jeune sorcière. L’esprit fondit vers le téléphone de la jeune fille, entourant sa main et son bras. Il commença à aspirer les informations

— C’est bon, hein ? Et tu n’as pas fini. Accélère, parce que tu en trouveras toujours plus. Vu ce que je vais te présenter, tu vas être impressionné. Laisse-moi te présenter les réseaux sociaux. Ici, chaque personne peut y donner des informations sur sa vie privée. Une encyclopédie du jour-le-jour de plusieurs milliards d’individus ! Tu n’as jamais vu autant, hein !

La créature semblait grossir à vue d’œil. Des petits éclairs d’énergie se formaient entre les lettres et les signes. Lloyd jura voir des emoji apparaître parmi les symboles.

— Oh, toutes ces données, tous ces savoirs ! C’est un peu le fast-food de l’info, hein ? Le Big-Data, en guise de Big Mac, quoi ! C’est gras, c’est fat, c’est tout ce que tu as toujours rêvé !

D’un coup, l’esprit sembla exploser. L’onde de choc dérangea tous les livres, et fit tomber à la reverse Samain et Lloyd.

Ce dernier se releva rapidement, étant plus loin de l’épicentre de l’explosion, et se précipita vers Samain pour voir si celle-ci allait bien. Il l’aida à se reposer, et la vit grimacer en voyant que son téléphone ne marchait plus. Cette histoire lui aurait coûté cher… Elle se tourna vers Lloyd avec un sourire :

— Bon bah l'exorcisme 2.0 c'est rigolo mais à ça coûte cher ! rit-elle.

Lloyd fit un sourire un peu forcé, et l’aida à marcher jusqu’au bibliothécaire qui les attendait avec un air mi-en colère contre le bazar qu'ils avaient mis, mi-impressionné par la performance de Samain. Le jeune exorciste était venu en imaginant apprendre des choses à sa camarade. Il avait espéré que le voir en action l’aiderait à se dire que l’exorcisme était une bonne chose, et pourquoi pas un choix possible pour elle maintenant qu'elle ne pouvait plus devenir une sorcière. Qu’il en montrerait les qualités. Mais en fin de compte, elle avait même fait une découverte, celle qu’il était possible d’atteindre les limites d’un dévoreur de mot, grâce à internet.

Le jeune homme soupira. Il se dit qu’ils avaient été deux à avoir les yeux plus grands que le ventre, dans cette histoire… Et maintenant, lui devrait subir les conséquences quand son père apprendrait sa performance.

#Inktober2017 - Day 15. Fat

Quand j’étais petit, aucun lieu ne me semblait plus mystérieux qu’une bibliothèque. Un espace avec ses rituels étranges, tel que garder le silence. Un lieu ou tout pouvait se trouver, n’importe quel histoire pouvait se cacher au tournant d’un ouvrage. Ces lieux étaient comme des temples, non pas uniquement du savoir, mais également des temples des histoires, des lieux et des mondes à découvrir.

Quand j’ouvrais un livre, je me demandais toujours : comment quelqu’un a pu écrire ça. Comment pouvait-il savoir que les mots étaient les bons, comment pouvait-il réussir à écrire des choses aussi belles. Est-ce que chaque phrase était fabriquée, façonnée dans l’argile des mots et des figures de style afin de construire un ensemble ou chaque sonorité et lettre tomberait à la bonne place ? Ou était-ce un talent inné, les phrases naissaient toutes seules, naissant comme une mélodie harmonieuse de caractères couchés sur du papier. J’errais dans les bibliothèques à la recherche d’une réponse à cette question.

Comment une histoire pouvait-elle être faite ? Où trouvaient-ils des idées originales, comment pouvait-elle naître d’un coup dans leurs esprits fertiles. N’ayant point la clef de l’inspiration, la porte de la compréhension de ce mystère semblait rester irrémédiablement close. Comme si le secret des livres que j’adorais dévoré semblait impossible à découvrir par la simple lecture. C’est ainsi que l’envie d’écrire naquit. Comment réussir à faire pareil. Comment réussir à faire des histoires. Était-ce des jeux ? Est-ce qu’on jouait des personnages, puis on couchait ses jeux sur du papier ? Était-ce des plans bien suivi ? Était-ce un univers dans lequel on vivait un peu ?

Mais quand on passe de l’autre côté du miroir, n’y a-t-il pas un risque de perdre le mystère ? Ce qui semble impossible devient possible, et le pouvoir mystérieux de créer devient narratologie, construction du conte et théories du récit. La fulgurance de la naissance d’une histoire devient clapotis mécanique d’un clavier. Est-ce que le transformer en méthodologie n’a-t-il pas tué le mystère ? Les symboles devenus visibles n’ont-ils pas érigé un mur bloquant l’immersion dans le récit ? Lorsqu’on perçoit des structures et des formes dans un récit, lorsque l’expérience nous permet de prédire ce qui va se passer, est-ce que nous n’avons pas perdu un peu de notre enfance, du jeune nous qui aimait dévorer les livres avec la naïveté de la découverte ? La désillusion du récit n’est-elle pas la perte d’une partie de la magie des livres ? Et pire encore, n’est-ce pas la fermeture partielle de certains mondes de récits, remplacés par des microscopes et des fiches d’analyses ? Peut-on encore errer dans une bibliothèque, alors ?

C’est ainsi que l’on part alors sur une nouvelle route. Après une quête pour remplacer le savoir par le mystère, on cherche le mystère au-delà du savoir. Récit qu’on a jamais lu, dans un style tout nouveau. Récit dont on pensait déjà tout connaître, observés d’un œil nouveau. Peut-être que la recherche est-elle avant tout un amour du mystère.

#Inktober2017 - Day 14. Mysterious

Uther était prêt. Il avait vérifié tout son équipement, de quoi survivre, de quoi réussir à fuir si le danger devenait trop important. Des vêtements lisses, antidérapant, avec une forte capacité de protection. Des chaussures confortable pour avancer d'un pas ferme et décidé. Aucun ne devait réussir à agripper à lui, et toute substance sortant de leur bouche devait pouvoir être lavée vite. Uther pensa à sa famille, à sa femme, à ses enfants, pour se donner du courage. Il se devait de réussir cette épreuve.

Il allait devoir traverser l’espace où ils grouillaient. Où ils pouvaient la voir. Où ils se rapprocheraient sûrement d’elle. Ce n’était pas qu’il les détestait. C’était plus une capacité peu courante à les voirs comme ils étaient. Leurs grands yeux vides et globuleux qui la fixait si il s’approchait, comme s’ils se préparaient à faire quelque chose. Les bruits bizarres quand ils s’approchaient de lui. Les substances indéfinies – et qu’il ne souhaitait surtout pas définir – qui pouvaient s’en échapper. Ils étaient de l’autre côtés. Il les voyait comme les création du diable qu'ils étaient

Il se maudissait. Tout cela à cause d’une erreur bête, tout cela à cause d’un oubli. Il n'avait pas fait attention, et avait laissé un document important. Et pour le chercher maintenant, il devait aller dans la salle ou ça grouillait, dans la salle avec les sons étranges.Lorsque l’informaticien avait accepté ce post, il savait qu’il devrait faire quasiment tous les bâtiments de la ville. Tout ce que possédait la commune contenait des ordinateurs, et tous demandaient souvent d’être réparés. Il se devait d’intervenir partout ou il y avait des pannes, quel que soit l’endroit, même dans les pires lieux, les plus dangereux.

Et même dans cette antichambre de l’enfer, cet antre délabré né du pêché et qui abritait des êtres vils et répugnants. Des êtres dégoulinant, bruyant, qui s’attaquaient les uns les autres. Des êtres sournois, capable de torturer juste par jeu. Les cris et les bruits étaient audibles de l’autre côté de la porte. Il allait falloir y aller, traverser tout ça.

Il hésitait. Devait-elle y aller véritablement ? N’y avait-il pas une autre solution ? Il savait qu’il avait absolument besoin de ce dossier. Que sans lui, il ne pouvait pas avoir les informations nécessaires pour modifier les pilotes. Fichue technologie, qui le trahissait au pire moment ! Encore une fois, les machines montraient qu’elles n’étaient pas digne de confiance. Mais il pouvait peut-être travailler sur autre chose, le temps que ça se calme ? Trouver un autre truc à faire, et le faire lentement pour repousser l’échéance ?

Uther se ressaisit. Il devait être fort. Rendre fièrs sa famille, sa femme et ses enfants. Vaincre l’adversité. Que valait-il si il abandonnait face à la difficulté ? Que valait-il, si il n’affrontait pas la peur, l’horreur. Ce n’était pas parce que ça grouillait de ces créatures qu’il devait abandonner. Il devait affronter sa peur, réussir à passer le fouillis. Il devait voir cela comme une épreuve. Et faire attention à ne pas marcher sur un. Ce serait le pire. Il inspira et expira lentement.

Il était prêt.

Uther devait aller chercher le dossier contenant toutes les données sur les ordinateurs. Et pour cela, il devait traverser la salle de jeu de la crèche, infestée par la plus vile créature : les enfants des autres.

#Inktober2017 - Day 13. Teeming

On dit que dans les temps très reculé de la première civilisation, quand les jeunes personnes étaient trop bouleversé, leurs corps et leur esprit pouvaient perdre leur solidité, et ils se brisaient en mille morceaux, éparpillé à travers les endroits qu’ils avaient traversés dans leur vie. Trop nombreux étaient les jeunes membres de cette civilisation qui subissaient ce funeste sort. Ils étaient prit pour cible par leurs camarades, et par peur retenait leur colère et leur détresse jusqu’à ce que leur solidité se désagrège. Mais pourquoi est-ce que de telles attaques existaient ? Était-ce de la haine ? Était-ce une volonté d’éliminer les « plus faibles » ? N’était-ce qu’un jeu d’essayer de les briser ?

Au moment de se briser, c’était comme s’il était à jamais impossible d’être à nouveau vivant. Comme si chaque fragment de leur être s’échappait pour tenter de fuir la douleur. Et alors, il ne subsistait d’eux qu’une sorte de spectre, condamné à une demi-vie, qui devait alors partir à la recherche de ses fragments. Nombreux étaient ceux qui dans un premier temps, préférait rester sous un spectre et vivre une vie maudite à retourner dans le monde. Mieux valait être privé de leur corps, de leurs souvenirs et de leurs émotions que de risque à nouveau d’être la cible d’attaque. Mieux valait n’être personne et continuer à hanter un lieu que d’être à nouveau une victime. Nombreux étaient ceux qui restaient à jamais sous cette forme.

Pour qu’ils recommencent à chercher leur fragment pour se reconstruire, il fallait un évènement. Voir une autre personne le subir, avoir quelqu’un qui vaille le coup de sentir à nouveau. Il fallait que renaisse en eux l’espoir, alors même qu’ils étaient incapable de ressentir. Il fallait redonner au monde une saveur. Alors pouvait commencer la longue recherche des fragments. Même s’ils pouvaient les ressentir, c’était une longue étape de recherche à travers leur vie. C’était la bataille contre les souvenirs et contre les sentiments enfoui. A chaque étape, ils devaient ré-affronter ce qui les avait effrayé, les mauvais souvenir. Il fallait du courage pour continuer chaque pas, il fallait avancer pour retrouver chaque membre qui était caché sur le chemin.

Mais une fois le corps complété, les dernières épreuves restaient à passer. Après le corps venait l’esprit. Chacun des fragment d’esprit à retrouver était difficile, parce que cela causer douleur et frayeur. La première des épreuves était celle de la raison. Comprendre le monde, c’était aussi à en avoir peur. Qui ne s’était jamais dit qu’il préférait quand il ne comprenait pas ce qui se passait dans le monde ? Quand il était dans la douce ignorance des douleurs de la vie. La tentation était grande de préférer ne pas savoir, et ne pas avoir à se soucier des choses.

La deuxième épreuve était celle des souvenirs. Si on retrouvait alors ses bons souvenirs, on retrouvait aussi les mauvais. Dont tous ceux qui avait brisé les jeunes spectre en premier lieu. Retrouver ses souvenir, c’était aussi revivre les chagrins, revivre les regrets, revivre les traumatismes. En ces moments, ils oubliaient tout les bons moments qu’ils retrouveraient aussi. Et au moment de les accepter en soi, c’était revivre toute sa vie en l’espace d’un instant. Un océan de sensation, qui brouillant entièrement l’esprit, et qui laissait épuisé le fantôme.

Mais une dernière épreuve devait être passée. Le dernier fragment était celui des émotions. C’était toujours le dernier qui restait. Les émotions. La possibilité de se rappeler ce que c’était de ressentir, sans avoir besoin de se souvenir de ces sensations. La possibilité d’avoir de nouvelles émotions, différentes de celles de jadis. La tentation était toujours grande de les abandonner. De fuir le fait d’avoir mal, de pleurer, d’être terrifié. On revivait les deux plus anciens désirs, toujours en tension : chercher le bonheur, et fuir la douleur.

C’était l’étape ou le plus de spectre étaient tentés d’abandonné. Mais les retrouver était la dernière étape de la reconstruction. Ce n’était alors que cette étape passé qu’ils pouvaient à nouveau redevenir vivant, à nouveau sentir et marcher.

#Inktober2017 - Day 12. Shattered