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Quelque part dans les contrées où les fées et les lutins continuent de se montrer à la vue de tous se trouvent une ville, Carillon. Avec ses murs d’une blancheur éclatente et ses toits d’un bleu profond, cette cité perchée sur les falaises tient son nom des cloches qui sonnent perpétuellement, faisant de chaque journée une mélodie nouvelle et envoutante. Cependant, un jour par semaine, elle se taisent, faisant le silence.

Bien souvent les voyageurs étonnés s’enquissent de l’origine de ce troublant silence – est-ce le souvenir d’une tragédie, est-ce un deuil qui force le respect d’un mystérieux mutisme à cette métropole de mélodie ? À cela les habitants leur répondent qu’il s’agit d’un jour de fête, le jour de l’enfant. Ce jour est le jour où le questionnement enfantin sauva toute la ville d'un dragon. Ce jour est le jour qui rappelle aux puissants de la ville que bien des choses les dépassent.

Et après cela, ils racontent cette intrigante histoire :

« Jadis, les cloche de notre cité sonnaient sans cesse, et jamais un seul jour ne s’arrêtaient. Elles sonnaient la paisibilité de notre vie, le faste de nos récoltes et la clémence de notre climat. Notre puissance effrayait nos ennemis, et nos murs immenses montraient que nous étions imprenable.

Cependant, un jour, une menace arriva dans notre ville, une menace venu du ciel. Un dragon, au regard de cendre et au cri de fureur tomba du ciel et nous attaqua à l’intérieur même de nos murs. Il terrorisait les passants. Son souffle était brulant et son cri terrifiant, et nous perdimes bien des combattants, ce jour là. Mais nous n’arrêtames pas nos cloches, nous ne voulions pas céder à la peur, abandonner notre façon de vivre. Nous voulions montrer notre force. Il sembla disparaitre le soir tombé, nous laissant dans une nuit d’incertitude.

Le lendemain hélas, il attaqua de nouveau. Il n’était pas parti, mais se déplaçait dans le dédale des ruelles. Alors nous montâmes une équipe pour aller le traquer. Nul de revint. Un nouveau quotidien de peur et de mort commença alors. Les soldats ne réussissaient à vaincre le dragon, et celui-ci semblait ne pas vouloir sortir. Mais toujours les cloches sonnaient, donnant courage et volonté aux habitants et aux chevaliers. Nous gardions foi grâce à leur mélodie.

L’enfant d’un magistrat, alors émit une hypothèse sur le dragon :

— Et si le dragon au souffle brulant et au cri terrifiant était celui qui avait le plus peur ? Nos cloches sonnent fort et nos murailles sont grandes, peut-être se croit-il piégé dans notre cité ?

Mais personne ne voulait croire en l’idée d’un dragon qui avait peur.

Alors le roi décida que de simple guerrier ne suffirait à occir la bête. Les uns après les autres, il appella les cavaliers les plus nobles et courageux du royaumes. De pieux et preux chevaliers, qui sauveraient Carillon du souffle du dragon.

Le chevalier Alembert, à la monture resplendissante, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir ce reptile et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Dans un grand galop, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le broya immédiatement de ses puissantes pattes.

Le baron Hadrien, au courage incroyable, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir ce reptile et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Sans la moindre peur, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le déchiqueta immédiatement de sa terrible mâchoire.

Le comte Rembert, aux pouvoirs anciens, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir cet animal et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Psalmodiant d’étranges incantations, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci l’écrasa immédiatement avec sa queue aux écailles dures comme le diamant.

Le duc Eusèbe, à l’épée étincelante, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir cette bête et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Brandissant sa lâme, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le découpa immédiatement avec ses griffes asserées.

Le prince Amaury, à l’armure indestructible, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir ce monstre et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Sûr de son invulnérabilité, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le carbonisa de son souffle flamboyant.

Pendant que les plus grand guerriers affrontaient le dragon, l’enfant avait petit à petit tenté de parler aux moines des églises. Après le décès du prince, ceux-ci acquiescèrent à l’idée d’arrêter les cloches. Et un beau jour, un mardi, il n’y eut plus aucun son dans la ville.

Tous, hommes, femmes, enfants, bêtes, tous découvraient parfois pour la première fois un monde en silence. Le dragon releva la tête. Son regard semblait moins fou, et il ne soufflait ni ne criait plus. Les derniers guerriers se préparèrent à l’achever, quand l’enfant passa devant eux. Des habitants poussèrent des cri d’effroi, à l’idée du sort que la bête allait faire à l’enfant. Le dragon allait-il broyer, déchiqueter, écraser, découper, carboniser l’unique personne qui avait pensé qu’il n’était pas une bête sauvage ?

L’enfant s’arrêta, loin du dragon, et resta debout, droit comme un piquet.

— « Les cloches ne font plus de bruit, tu peux partir. Je ne tenterais pas de t’en empêcher ou de te faire de mal ».

Le dragon regarda autour de lui. Son regard rougeoyant se posa sur l’être fragile qui se tenait devant lui. Le temps semblait comme arrêté, tous retenaient leur souffle. Brutalement, le dragon s’envola, et disparu dans le ciel.

La ville était sauvé.

L’enfant reçu les honneurs, mais ne vécu qu’une vie simple, en dehors des murailles de la ville. On raconte que dans son age avancé, le dragon vint chercher l’être qui l’avait épargné, avec la proposition de venir vivre de très longues dernières années avec eux. »

La légende qu’encore aujourd’hui, celui ou celle qui restera doux et silencieux pourra traverser la colonie du dragon, pour trouver une mystérieuse personne, à l’âge très avancé mais à la santé de fer, qui vous expliquera que même les nobles et fiers dragons peuvent avoir autant peur de vous que vous avez peur d'eux, et que parfois il faut savoir ne plus être puissant et effrayant pour pouvoir sauver ceux à qui nous tenons.

L'enfant et le dragon

La cellule fut envahie de lumière lorsque la porte s’ouvrit. Au fond se trouvait une couche, et dessus un adolescent allongé, qui observait de ses yeux d’un vert légèrement luisant ce qui se passait. Sa fourrure était d’un brun sombre, et ses cheveux noirs retombaient autour de son visage, ne laissant visible que son regard. Il était maigre, et semblait se concentrer, comme s’il tentait de se rappeler qui était la personne qui venait d’entrer le voir. C’était un jeune therion, nom générique pour tout les êtres attribut aux traits animal, quasi-humain si ce n’était quelques traits animaux tels que des oreilles et une queue, rappelant les attributs d’un canidé. Coyote, si les dossiers étaient exacte.

Aezoth Yartelnac regardait le jeune adolescent. Il lui avait été décrit comme bête féroce, qui aurait même mordu un des médecins qui avait tenté de le voir. Oh, non pas que l’elfe métis avait l’habitude de croire les figures d’autorité, mais elle savait bien les écouter pour ensuite juger ce qu’il en était. Elle trouvait de temps en temps quelques informations utile dans leur discours. Et là, c’était qu’un adolescent blessé et effrayé pouvait paraître sauvage et féroce dans ses tentatives de se défendre.

Saël Disirian était un des rescapé des émeutes provoqué par le groupuscule des Exorcistes d’Anubis il y a de cela quelques jours, lorsqu’ils avaient tenté de manifester contre leur éviction du pouvoir. Cette secte avait gagné le pouvoir il y a 30 ans, lorsqu’une peste mystérieuse c’était abattue sur la ville. La ville entière avait été mise en quarantaine par le reste des cités-états de la région, et la secte avait trouvé un moyen de lutter, en utilisant l’énergie spirituelle des défunts contre cette maladie. Cela avait provoqué énormément de remous, puisque cela leur retirait toute chose de revenir en tant que fantôme, et donc aussi leur chance d’accéder à l’après-vie. Pour les habitants de la cité, c’était utiliser les âmes de leurs proche comme du carburant. Pour une noble cause, certes, mais pour eux la perte était toujours aussi dure.

Au bout de quinze ans, la peste avait diminuée, après avoir réduit énormément la population. Mais les Exorcistes avaient continué, terrifié à l’idée d’un retour de la peste. Il y a quelques mois, le peuple s’était révolté et avait chassé les exorcistes du pouvoir et les avait attaqué. Si tout le monde avait vu cela à l’époque contre une révolte d’un peuple ingrat contre ceux qui les avaient sauvé, cela avait changé après les émeutes d’il y a quelques jours. Une centaine d’adolescent, anciennement exorciste avaient utilisé un étrange pouvoir, qui s’était retourné contre eux.

La plupart en était mort sur le coup, le reste se retrouvant en sang sur le sol au bout de quelques pas, incapable de bouger et agités de spasme. Saël était l’un des seuls survivant de désastre.

Et désormais, Aezoth désirait des réponses.

Et ses seules chances de réponses résidaient dans un adolescent terrifié et affaibli. « Féroce », donc. Les personnes dirigeant la secte avaient affirmé ne rien connaître de cette histoire et de ne pas comprendre ce qui s’était passé. Les autorités aussi. Elles ne tireraient rien d’eux. Cependant, un enfant pouvait toujours finir par dire les informations. S’il comprenait que c’était mieux pour tout le monde que ce soit connu, c’était gagné. Mais elle savait que ce serait plus difficile. L’ado plissait des yeux. Il allait bientôt se rappeler d’elle.

Elle le vit quitter précipitamment sa position allongée pour s’asseoir sur le lit. Ah, il avait compris qui il était.

— Vou-vous ! s’écria-t-il, sa voix prise à la fois par la peur et l’indignation. C’est vous qui avez attaqué quand la police nous a encerclé !

Le jeune coyote se souvenait d’elle. Il ne l’avait pas très bien vue, mais maintenant il était sûr. Il se souvenait de l’attaque. Saël n’avait pas participé à la manifestation pour reprendre leur ancien rôle, mais pour faire voir au monde entier les purges qui avait commencé. L’adolescent avait déjà été attaqué plusieurs fois dans des rues. Pourtant, même s’il avait détesté ce qu’il avait eut à faire, il fallait bien que quelqu’un le fasse.

C’était la terreur face à sa puissance qui l’avait fait déclencher le pouvoir ancien.

— Sortez ! Partez ! Je ne veux pas vous voir !

Sa voix craquait sous les cris. L’elfe devina qu’il ne fallait pas qu’elle reste, et se retira rapidement, le laissa seul.

Dans le couloir, le gardien l’attendait avec un air goguenard.

— Je voulais l’avait bien dit qu’il se comporte comme une bête féroce, s’amusa-t-il. Je serais vous, je l’aiderais pas à être exilé ce voleur d’âme. La perpétuité lui conviendra mieux, ça lui apprendra la vie. Franchement vous devriez même pas mettre vos nez dans ces affaires.

— Oh, peut-être, répondit avec calme l’arcaniste. Il n’empêche que je suppose que vous ne vous posez pas de question sur cet incident, ni sur la possibilité qu’il en existe qui maitrise la force inconnue qu’ils ont tenté d’employer, et qui aimerait peut-être l’utiliser ?

Le gardien ne dit rien, et Aezoth en profita.

— Des personnes ont tenté des expériences malsaines sur ses enfants, et ont tenté de leur fournir un bizarre étrange. Je veux aussi savoir pourquoi tous leurs exorcistes sont des therions.

Le gardien haussa les épaules. Aezoth devina que dans sa tête, les therions acceptaient n’importe quel job. Elle décida de ne pas continuer cette discussion stérile. De toute façon, elle avait eut l’autorité sur cette affaire, et le gardien de cette prison n’avait pas envie de s’attirer la colère de l’autre type de gardien, ceux de cette planète. L’elfe prit congé, et rentra chez elle.

Elle devait trouver la solution.

Les jours suivants furent une succession d’échec avec le jeune therion.

Il refusait de parler et se contenter de fixer d’un air méfiant l’elfe, assis et recroquevillé sur son lit. Il mangeait peu, il parlait peu, et semblait s’enfermer dans un mutisme. Impossible de savoir ce qu’il voulait, ce qu’il pensait, ni même pourquoi il agissait comme cela. Est-ce le fait d’avoir frôlé la mort, le fait d’être enfermé, le fait de voir une personne qu’il voyait comme un ennemi venir régulièrement le voir ?

Aezoth tenta de lui expliquer pourquoi elle était ici. Le but de sa mission, l’importance de savoir ce qu’avait subit Saël. Même sa propre santé, les risques que son corps dégénère ne semblait pas suffisant pour qu’il délie son silence. En cela, elle voyait que Saël était un adolescent normal : elle ne savait pas s’il ne serait-ce que l’écoutait où pas. L’hostilité du jeune coyote se sentait rien qu’en entrant dans la pièce.

L’elfe se sentait mal. Elle n’avait pas envie de laisser un gamin mourir parce que celui-ci était trop borné pour l’écouter. Mais elle ne pouvait pas non plus le forcer. Cependant, les gens importants de la cité s’impatientait. Si elle ne réussissait pas à le faire sortir de cette ville, elle devinait que les conséquences seraient grave. La paranoïa montait, et les habitants commençait à croire – non sans l’aide de discours construit dans ce but – que l’ado mort de trouille au fond d’une cellule était une arme destinée à être utilisée contre eux.

Mais ce ne fut pas son seul échec. Il semblerait qu’une partie des personnes importante de la ville n’avait aucun rapport effectivement avec les agissement d’Anubis. Et même les chefs semblaient bel et bien ignorant des origines du drame. La conclusion commençait dangereusement à se rapprocher de l’existence de personnes extérieure ayant tenté d’utiliser les exorcistes d’Anubis pour tester quelque chose… mais quoi ?

Pour cette question, la réponse vint rapidement. Aezoth avait du mal à obtenir les dossiers des analyses médicales faites sur le jeune coyote. Elle dut lutter contre la bureaucratie, et user de toute son autorité de gardienne, allant même jusqu’à menacer la ville de lui faire retirer toute protection en cas d’attaque massive sur la ville – de quoi intéresser tout les voisins de la cité état. Et lorsqu’elle les obtint, les résultats furent plus alarmant pour l’ado que pour la ville. La vague d’énergie qui l’avait traversée avait tenté d’amplifié une grande partie de ses capacités physiques. Une « rage berserk ». Une ancienne capacité des berserk, sous-espèce aujourd’hui disparue, et qui était supposée leur offrir une puissance de combat incroyable. Un renforcer des capacités physiques. Cependant, il y avait un prix à l’abus de ce pouvoir : leur système nerveux et musculaire était petit à petit endommagé par cet usage, et la baisse progressive de leur espérance de vie.

Et le jeune corps frêle de Saël n’avait pas supporté le choc, et l’avait blessé. Elle devinait que sans soin médicaux, c’était la survie même du garçon qui était mise en péril. Elle allait donc devoir faire quelque chose. Le convaincre d’accepter de partir avec elle – et accessoirement ensuite de l’aider à mener l’enquête pour savoir qui cherchait à monter dans cette ville une armée de guerrier berserk. Et dans quel but.

Durant les jours suivant, Saël se fit de plus en plus fermé face aux questions de l’elfe. Ce fut cependant un incident qui lui offrit un moyen de se rapprocher de lui.

Des gardes furent obligé eux aussi de l’interroger, ordonné par les autorités qui espéraient que le jeune adolescent à moitié blessé et utilisé comme de la chair à canon aurait une idée de qui pouvait bien être la personne à l’origine de tout ce drame. Aezoth les vit attraper le bras du jeune adolescent qui poussa un glapissement de douleur. Son corps était visiblement toujours dans un mauvais état. Pour la première fois, elle vit Saël debout. Et elle compris pourquoi celui-ci avait toujours évité qu’elle le voit comme ça, même quand cela voulait dire devoir rester assis sur le sol.

Immédiatement, le jeune garçon perdit l’équilibre, tombant en avant. Ses jambes n’arrivaient plus à le porter.

Aezoth réagit aussitôt, et pointa vers le bras vers Saël. Elle était une arcaniste de la matière, elle pouvait influencer sur les connexion chimique dans les matériaux. Elle ne pouvait pas changer le plomb en or, mais elle pouvant modifier la structure du sol pour en faire une sorte de sable moelleux, qui allait amortir la chute de l’adolescent. Elle se précipita en même temps pour aller l’aider à se relever, poussant au passage les deux gardes, et leur passant un savon comme ils n’en avait sans doute rarement connu.

Elle exigea alors d’être présente lors de l’interrogatoire. Les deux gardes, penauds, ne semblèrent pas trouver d’objections à cette demande. Cependant, cet interrogatoire fut peu instructif. Si la langue du jeune coyote sembla se délier, il se contenta de dire qu’il ne savait rien. Si les gardes furent dubitatif, Aezoth consenti à donner – loin des oreilles du coyote – des renseignements venant de ses propres investigations, et le fait qu’elle soupçonnait un élément extérieur d’avoir manigancé tout cela.

Saël fut reconduit à sa cellule, et ce fut les informations d’Aezoth qui devinrent le premier sujet d’intérêt des hauts membres de la ville.

Les jours suivant, Saël commença à s’ouvrir à Aezoth.

Il commença par avouer qu’il avait faim. Obtenant ainsi des brioches – qu’Aezoth découvrit être l’aliment que Saël préférait dans la vie avec les sodas, le jeune coyote semblant être un grand amateur de nourriture sucrée – il fut d’humeur à en révéler plus sur lui même. Ainsi, l’elfe apprit que le jeune garçon rêvait d’apprendre la magie des esprits, voir de devenir un empathe – un mage des émotions. Il était une catastrophe niveau orientation, et qu’il aimait beaucoup la couleur bleu.

Cependant, après les bavardages commencèrent à venir les premières informations : Saël savait que ce qu’il avait tenté d’utiliser était une rage berserk. Tout les exorcistes de l’ordre avaient appris à la déclenché, mais il ne pensait pas qu’il y avait le moindre rapport entre les exorcismes et le berserk. Il ne pouvait imaginer que son ordre manigançait quelque chose : Ils avaient toujours sacrifié le fait d’avoir une vie simple pour protéger la ville de la maladie ! Aezoth constata que le jeune therion avait une confiance absolue en son ordre.

Cependant, ce fut cette confiance qui fit qu’il fut bouleversé lorsqu’il apprit à quel point la rage berserk mettait son corps en danger, et pour lui, et pour toute personne qui l’utilisait.

— Mais, ils ne feraient jamais ça !

Aeozth ne lui fit aucunement part des théories qu’elles commençait à développer. Quelqu’un, quelque part, qui avait manipuler les Exorcistes d’Anubis. Mais elle n’avait aucune idée de qui aurait pu faire ça. Ce n’était pas encore le moment. C’était le moment de lui indiquer qu’elle pouvait lui fournir de l’aide médicale. Le jeune coyote sembla songeur, et lui demanda ce qu’elle proposait.

— Oh, c’est simple, expliqua l’arcaniste. Les deux possibilités que t’offre la ville sont l’exil ou la perpétuité. Cependant, pour ce premier, il faut quelqu’un prêt à t’accueillir. Je peux t’amener chez moi, et te scolariser et te faire inscrire à un suivit médical. L’ordre des gardiens acceptera sans trop de soucis à payer tout ça et à te fournir une pension. De plus, ma mère est une mage des esprits, et je suis certain qu’un apprenti de plus ne lui déplairait pas. Ensuite, une fois que t’es majeur, tu seras libre de faire ce que tu veux.

Saël sembla songeur. C’était une nouvelle vie qui s’offrait à lui. Ces gardiens semblaient avoir pour but de protéger le monde. Il en avait entendu parler depuis des années, comme tout les enfants de la Contre-Terre, et se demandait bien ce qu’il pouvait avoir à découvrir dans cet ordre. Et la possibilité d’apprendre à maîtriser mieux la magie avec une maître lui offrait des possibilités nouvelles. Et surtout, il allait pouvoir en apprendre plus sur le monde… surtout si les gardiens voyageait à travers le monde !

— J’accepte ! répondit avec joie l’adolescent, souriant comme jamais Aezoth l’avait vu sourire. J’espère que je pourrais voir des gardiens, en rencontrer plus !

Aezoth fut contente de la réponse de Saël, mais s’inquiéta un peu de son enthousiasme envers les gardiens. Elle même songeait souvent à quitter l’ordre pour se retirer vers l’enseignement, et connaissant les soucis de la société des gardiens. L’elfe espérait qu’il pourrait se détacher de l’ordre des gardiens, et qu’il ne transférerait pas trop la loyauté qu’il avait envers Anubis aux gardiens Cependant, ce n’était pas le moment de penser à cela. Elle allait pouvoir dire que Saël acceptait l’exil, et qu’elle allait s’occuper désormais de lui.

Saël, lui, attendait patiemment sur le lit, mais avec un air plus enjoué que jamais. L’adolescent « féroce » ne le semblait désormais plus tellement, maintenant que la peur et la douleur était remplacé par une envie pleine de vivre.

#Inktober2017 - Day 31. Fierce

Il avait été puissant. Il avait été grand. Mais désormais, il n’était plus rien.

Il se souvenait d’avant. De ce temps où encore on L’adorait, ce temps où encore on Le vénérait, ce temps où encore on Le craignait. Cette époque où Sa puissance était telle que Sa simple colère pouvait faire tomber des royaumes, des empires, faire s’effriter les montagnes et carboniser les forets. Il avait été un titan, il avait été le plus roi incontesté d’un panthéon. Les autres divinité tremblaient face à Sa puissance. Il se souvenait de ce temps bénit de Lui-même, où d’un simple mot Il avait ses désirs satisfaits. Il avait protégé son peuple élu avec une dextérité qui L’impressionnait Lui-même, qui L’avait conforté dans son rôle de chef de tout les titans. Qu’il avait fait croire qu’en fin de compte, il était un Dieu, au dessus des titans : Il commençait à s’identifier au Grand Créateur, l’unique divinité des divinité, celui que devait vénéré les titans.

Il avait acquis le pouvoir après une dure lutte. Son prédécesseur était devenu un tyran, obnubilé par la crainte qu’il serait remplacé par un nouveau roi des titans. Son prédécesseur écrasait d’une violence également seulement à sa terreur toute les nouvelles divinité. Ce despote divin les détruisait physiquement, leur brisait le corps pour leur empêcher d’atteindre une force nécessaire pour l’arrêter. Presques immortels, ils ne décédaient à leur blessures mais devaient conduire une vie éternelle d'obéïssance aux titans puissants, une vie ou jamais ils ne pourraient prendre la main. Certains fuyaient loin du plus grand royaume des titans pour échapper à ce sort funeste, devenant des petites divinités au peu de croyant.

Alors, Lui, encore jeune divinité qui cherchait à faire Ses preuve était intervenu, et avait montré Sa puissance. Il avait avec patience réuni d’autres titans exilés, cachés dans les royaumes lointains. Il avait avec patience conduit un peuple dans les royaumes humains à la gloire pendant un temps. Fier de Sa grande armée, il était parti à l’assaut du tyran, dans la plus grande ville du royaume aux dix capitales, le royaume des titans. Armée d’une grande faux, Il avait tranché net le règne de Son prédécesseur, et avait accompli le cycle : Il avait été couronné nouveau roi des titans et avait condamné à l'oubli l'ancienne cour.

Ensuite était venu un long règne, pendant lequel Il avait prit goût à sa puissance. Il avait contrôler Ses nations, il avait défendu son honneur pendant de longues guerres. Mais avec le temps, Il était devenu de plus en plus certain de sa toute puissance. Avec le temps, Il n’avait même plus prit le soin de s’assurer du soutiens de ses hommes. Il était désormais le nouveau Grand Créateur, n’avait-Il donc rien à craindre de simple titan ? Il était une divinité supérieure.

Après des siècles de règne, un nouveau jeune titan était venu devant lui, et voulait son trône. Chaque jour, il revenait le défier, mais échouait et devait . Les mois passèrent, rythmé par ce nouveau. Cependant, un jour, un piège Lui fut tendu. Son ambroisie quotidienne fut empoisonné. Il ne sut jamais lequel de ses titans L’avait trahi. Celui qui s’était prit pour plus qu’un titan, pour un Dieu, pour l’incarnation du Grand Créateur subit le sort d’une grande partie des rois titans qui se rendaient coupable d’hybris.

D’un coup de sabre, il fut à la fois mutilé et déposé.

Humilié, vaincu, il était désormais obligé de vivre dans l’ombre. Mais la revanche d’un ancien roi des titans venait toujours, elle intervenait lorsque le règne de son successeur s’achevait dans la souffrance.

Il était patient.

Il avait tout son temps.

#Inktober2017 - Day 24. Fall

« Les gardiens, comme vous savez, sont les garants d’un bon équilibre entre les deux mondes. Depuis la mort de Merlin et la fondation par cinq de ses disciples de l’Ordre, ils se sont occupé de baisser les ingérences de la magie sur Terre, et les ingérences des états terrestre sur la Contre-Terre, jusqu’à ce que notre existence deviennent un secret pour les terriens. Ils sont la barrière contre la prédiction la plus funeste qui a été faite : La guerre entre les deux mondes. »

Tobias s’approchait silencieusement dans la nuit, se remémorant les cours qu’il avait à l’université. Il portait encore son uniforme. Ses longs cheveux encadraient son visage à l’air particulièrement calme, éclairé cependant par ses yeux, qui luisaient légèrement comme à chaque fois qu’un être vivant utilisant la magie. Rien ses manières ne montrait la fureur qui l’habitait.

À l’origine, tout indiquait Tobias comme un futur rat de bibliothèque, entrant dans l’Académie, et étudiant les arts magiques. Tout, sauf un de ses désirs : améliorer le monde. Tobias aurait aimé être l’un des engrenages d’un mécanisme qui encouragerait le meilleurs, qui aiderait à produire un plus beau monde. Alors il s’était engagé chez les gardiens, était devenu plus fort et plus puissant. Il aurait voulu être l’une des clefs qui ouvraient la porte de la paix, il aurait voulu sauver des vies et aider des gens. Et c’est ce qu’il faisait. Tout aurait dû être pour le mieux.

Il glissait silencieusement dans les geôles. Infiltrer le bâtiment avait été un jeu d’enfant, il avait passé des jours à placer une malédiction en ces lieux pour réussir à endormir tout les gardes. Un véritable travail d’orfèvre fait en but de son attaque. Sa véritable mission allait pouvoir commencer : libérer ceux qui le suivaient. Jamais il n’aurait cru qu’il rentrerait dans la clandestinité. Il avait toujours été le premier de la classe. La personne sage et obéissante. Mais un jour il vit l’injustice profonde de son ordre. Une jeune femme de la Terre, qu’il ne connaissait absolument pas, ne voulu pas que son fils lui soit prit par son époux pour entrer dans l’ordre des gardiens sur la Contre-Terre. Quand celle-ci commença a évoquer la possibilité de révéler le secret, son époux monta alors tout un complot des plus terrible. L’homme enleva leur enfant, et disparu en emportant avec lui de la mémoire de sa femme tout souvenir de lui et leur enfant. Il fit croire au monde entier qu’elle avait perdu la raison et avait tué son époux et son enfant. Pour satisfaire les ambitions qu’il nourrissait envers son fils, cet homme avait détruit la vie de sa propre femme. Tobias avait remué ciel et terre pour qu’une sentence soit appliqué.

Mais le gardien était vu comme un héros, et toujours des excuses lui avaient été trouvées. Alors Tobias était allé plus loin, il avait quitté les gardiens. Si le secret entre les mondes était destiné à tuer et à détruire des vies, il fallait alors y mettre fin. Il avait commencé de manière légale. A faire porter son discours. Utiliser sa colère de manière rationnel. Mais petit à petit, tout était fait pour réduire au silence ceux qui ne voulaient pas du statu-quo. Alors son groupe entra dans la clandestinité.

Alors il se mit à combattre.

Arrivant devant les cellules, il récita son sortilège savamment préparé. Il avait passé des semaines à préparer cette évasion. Celles et ceux qui avaient décidé de le suivre avaient été capturé lors d’une bataille contre le magicien qui avait causé le début de toute cette histoire. Contre cet homme prêt à trahir sa propre femme et à détruire sa vie. Cependant, si Tobias avait surpassé son ennemi, tout cela avait été guet-apens, et ils avaient été capturé. Le rebelle avait dû attendre son heure dans l’ombre.

Mais désormais, ils fuyaient dans la nuit, loin de la prison et de ses gardes ronflants. La fureur de Tobias pourrait alors continué, tourné entièrement vers un objectif : arrêter à jamais les injustices et les horreurs faites au nom du secret de l’existence de la Contre-Terre.

#Inktober2017 - Day 18. Furious

Lloyd Patterson et Samain Teurasis étaient excités comme ils ne l’avaient jamais été. Les deux jeunes étudiant étaient entrés avec succès dans l’université des Gardiens, et se préparaient à effectuer leur première mission, mis en bînome pour ce stage. Samain était contente d’être avec Lloyd : La famille Patterson était une ancienne famille d’exorciste, ce qui faisait qu’ils avaient pu être mis sur une mission un peu plus intéressante que la poursuite d’une chèvre à cinq patte dans les alpages. Elle avait également hâte de voir en action ses pouvoirs en action. Même si elle n'était pas intéressé par devenir exorciste, elle avait très envie de voir ça en action.

Les deux jeunes adolescents poussèrent la porte de la bibliothèque d’une banlieue de Neptrecus, capitale du royaume de Nouvelle-Neustrie, où ils avaient eu leur mission. Ils furent accueilli par le gardien de la bibliothèque, comme affolé :

— Ah, enfin vous voila, s’exclama-t-il d’une forte voix. Figurez-vous que je commençais à me demander ce que vous faisiez. Déjà que je suis fortement désappoité que l’Ordre des Gardiens accorde aussi peu d’importance à ma requête qu’ils ne m’envoient que des novices, mais. Depuis ces six derniers mois, ce n’est pas moins de 7 livres qui ont été dévorés ! Certes, l’assurance les a remboursés tous les trois, mais quand même ! Allez, j’espère que vous allez réussir à m’en débarrasser, sinon assurez-vous que je préciserais bien la teneur de votre échec dans mes messages !

Samain se tourna vers son camarade, légèrement effrayée. Elle avait eu des cours de spiritologie, mais elle n’avait pas la moindre idée de ce que ça pouvait être. Heureusement, celui-ci restait calme. On était dans son domaine, après tout.

– Il s’agit d’un dévoreur de mot, un mangeur d’information, même si normalement ils ne sont pas si voraces. Un dévoreur de mots se contente normalement de quelques informations à droite et à gauche : On les remarque d’habitude en voyant des détails qui ont disparu dans des textes qu’on relit. Après, techniquement, on a jamais vu un dévoreur de mot se retrouver en état de manque d’appétit. En avoir un dans une bibliothèque a du lui faire l’effet d’un buffet à volonté rempli de nourriture délicieuse et de luxe, la première fois : Il peut pas se contrôler, et n’aura même pas « plus faim ». Du coup, il mange de plus en plus. Ce qui veut dire que si on ne fait rien, ça va empirer.

Samain hocha la tête. Elle comprenait pourquoi on pouvait se permettre de faire une mission d’exorcisme de rang vert avec quelqu’un comme Lloyd. Il avait eut accès à une expérience que les autres n’avaient pas, ce qui lui donnait un avantage certain dans ce genre de situation.

– Et comment peut-on faire pour le débusquer ? questionna-t-elle.

– C’est la partie la plus simple, répondit simplement Lloyd en jetant une graine sur le sol. Un bon exorciste peut faire ça en quelques secondes. Pour nous, ils nous faudra facilement une quizaine de minute pour l’avoir.

Il y eut un grand flash lumineux et un bruissement. Des livres de la bibliothèque s’envola une nuée d’insectes, qui formaient une masse bourdonnante et indistinct. S’approchant dangereusement des deux apprentis, ceux-ci purent voir qu’il était composé uniquement de lettres et de signes.

– Wow, il est énorme ! s’excalama Lloyd, avec un peu de panique dans sa voix.

La créature fondit sur les deux. Samain vit que Lloyd n’arrivait pas à bouger, terrifié. Il n’avait visiblement pas anticipé la taille de la créature. Elle prit son courage à deux mains et bondit sur le jeune homme, le plaquant au sol pour éviter qu’il se fasse attaquer par le dévoreur. Celui-ci passa juste par-dessus leur tête. Ils sentirent les informations dans leur tête être aspirées par la créature. C’était comme s’ils sentaient leurs pensées, et quelques détails de leurs souvenirs partir à travers leur crâne, vers la créature. Le mal de crâne provoqué par cette expérience était lancinant, mais fort heureusement s’arrêta bien vite quand la créature alla se terrer. Dans le fond de la bibliothèque.

— Merci, fit Lloyd à sa camarade, gêné de son manque de contrôle.

Il se ressaisit cependant rapidement, et alla attraper quelques livres. Une encyclopédie. Il la posa par terre, et l’entoura rapidement de parchemin qu’il avait sorti de sa poche. Il expliqua rapidement à voix basse qu’il tendait un piège.

— Hé, dévoreur ! Je t’en conjure, prend ce livre et laisse le reste de la bibliothèque tranquille ! Pense aux générations futures, et au festin qui t’attends dans ce livre !

La créature sombra de l’ombre et s’approcha. C’était comme si la pensée de ce qu’elle allait manger était trop forte pour pouvoir résister. L’esprit plongea comme prévu droit dans le piège. Les quelques parchemins s’illuminèrent à son contact, et il se retrouva piégé. Lloyd prit une inspiration et commença à réciter son incantation.

— Ô créature des temps premiers, descendant de ceux qui ont marché jadis sur les deux mondes, être d’esprit et non de corps, part de ce monde, part de cette terre. Je te chasse, moi, membre de ceux qui foulent aujourd’hui ce sol, membre des êtres qui dirigent à présent ce monde. Par les pouvoirs de cette incantation, par le travail de tout mes ancêtres, je te bannis dans les limbes, dans l’autre monde.

La créature sembla se révulser pendant que Lloyd récitait ces mots d’un ton monocorde. Cepednant, brutalement, la magie fut comme brisé et les parchemins se consumèrent. Lloyd n’était pas assez fort pour la contenir. Celui-ci blêmi. Il était à la portée d’un être furieux contre lui, qui pouvait dévorer toutes les informations que contenait sa tête. Son identité même n’était qu’un casse-croûte pour cette créature.

Il ferma les yeux. Il n’avait pas le temps de fuir ou de faire quoi que ce soit. Le seul moyen qu’il aurait serait d’utiliser Samain comme appât, et il se refusait de faire ça. Dans un coin de sa tête, il espérait qu’elle serait là pour l’aider une fois qu’il perdrait tout. Il espérait pouvoir avoir une personne sur qui il pouvait compter.

Mais sa préparation à la mort de sa personnalité fut brisée par la voix de Samain.

— Hé, ducon, la mouche-à-mot ! cria-t-elle sur un ton et dans un langage qui ne lui ressemblait absolument pas. Tu veux vraiment de l’info croustillante ? Je t’assure que la bibliothèque, ou ce qu’a dans la tête Lloyd, c’est genre rien par rapport à ce que je vais te filer.

Elle tenait dans sa main un petit rectangle de plastique, avec un écran qui brillait. Son téléphone portable.

— Laisse-moi te présenter Internet ! Chantonna-t-elle avec fierté. Une source infinie d’information. Sais-tu qu’on y produit l’équivalent d’un nombre invraisemblable de livre chaque jour ? Des encyclopédies complètes s’y trouve, du code et de la documentation pour des tonnes de logiciels, des théories, assez d’aventure écrite pour remplir toute une vie de lecture, assez d’oeuvre et d’idée pour te nourrir à jamais. Tu crois que cette bilibothèque est un buffet à volonté ? Ah ! On dirait que dans tes infos, tu n’as jamais trouvé le mot

Lloyd eut un glapissement. Elle le provoquait ! Il devina qu’elle imitait le style d’une de leur camarade, Faiza. Samain parlait avec l’exact même assurance de la jeune sorcière. L’esprit fondit vers le téléphone de la jeune fille, entourant sa main et son bras. Il commença à aspirer les informations

— C’est bon, hein ? Et tu n’as pas fini. Accélère, parce que tu en trouveras toujours plus. Vu ce que je vais te présenter, tu vas être impressionné. Laisse-moi te présenter les réseaux sociaux. Ici, chaque personne peut y donner des informations sur sa vie privée. Une encyclopédie du jour-le-jour de plusieurs milliards d’individus ! Tu n’as jamais vu autant, hein !

La créature semblait grossir à vue d’œil. Des petits éclairs d’énergie se formaient entre les lettres et les signes. Lloyd jura voir des emoji apparaître parmi les symboles.

— Oh, toutes ces données, tous ces savoirs ! C’est un peu le fast-food de l’info, hein ? Le Big-Data, en guise de Big Mac, quoi ! C’est gras, c’est fat, c’est tout ce que tu as toujours rêvé !

D’un coup, l’esprit sembla exploser. L’onde de choc dérangea tous les livres, et fit tomber à la reverse Samain et Lloyd.

Ce dernier se releva rapidement, étant plus loin de l’épicentre de l’explosion, et se précipita vers Samain pour voir si celle-ci allait bien. Il l’aida à se reposer, et la vit grimacer en voyant que son téléphone ne marchait plus. Cette histoire lui aurait coûté cher… Elle se tourna vers Lloyd avec un sourire :

— Bon bah l'exorcisme 2.0 c'est rigolo mais à ça coûte cher ! rit-elle.

Lloyd fit un sourire un peu forcé, et l’aida à marcher jusqu’au bibliothécaire qui les attendait avec un air mi-en colère contre le bazar qu'ils avaient mis, mi-impressionné par la performance de Samain. Le jeune exorciste était venu en imaginant apprendre des choses à sa camarade. Il avait espéré que le voir en action l’aiderait à se dire que l’exorcisme était une bonne chose, et pourquoi pas un choix possible pour elle maintenant qu'elle ne pouvait plus devenir une sorcière. Qu’il en montrerait les qualités. Mais en fin de compte, elle avait même fait une découverte, celle qu’il était possible d’atteindre les limites d’un dévoreur de mot, grâce à internet.

Le jeune homme soupira. Il se dit qu’ils avaient été deux à avoir les yeux plus grands que le ventre, dans cette histoire… Et maintenant, lui devrait subir les conséquences quand son père apprendrait sa performance.

#Inktober2017 - Day 15. Fat

Audren cherchait ses mots, mais rien ne lui venait en tête. Il savait qu’il devait dire quelque chose, mais n’osait pas. Un grand silence gêné régnait dans la salle de réunion des Gardiens.

À la base de toute cette histoire, un risque habituel, mais qui faisait toujours un choc quand il se produisait. Une nouvelle mission avait mal tourné. Une simple mission protégé un enfant tourmenté avec un poltergeist sur Terre. La bataille avait été rude, et l’enfant avait été blessé. Kenneth était enfoncé dans un fauteuil, un verre à la main. Il n’avais pas suffisamment bu pour être ivre, mais son état de déprime inquiétait tout de même Audren. Cela faisait quelques mois que les missions allaient mal, qu’il y avait des imprévus, et que le métier commençait à fatiguer Kenneth’. Et rien ne l’affectait plus que quand il y avait des innocents blessés lors d’une mission. Et plus ça continuait, plus il se sentait mal.

— Connards de Patterson, on peut jamais compter sur ces exorcistes d’opérette… grommela juste le jeune gardien, toujours furieux du refus d’envoyer de l’aide par la famille de professionnels de la gestion des spectres.

Il soupira.

— Enfin, c’est moi qui ait bien merdé, sur ce coup… rajouta-t-il en regardant le plafond.

Kenneth ne continua cependant pas de parler de ce qui le tracassait. Il estimait en avoir trop dit et était déjà gêné d’avoir avoué avoir envie de tout quitter parce qu’il s’en sentait pas capable. Audren avait envie de lui répondre qu’il avait du talent, qu’il était doué et que ce n’était qu’une mauvaise phase. Que les crasses, cela arrivait à tout le monde, et que statistiquement ce mois était pas top pour tout le monde. Cependant, rien ne sortait. Il devinait pourtant ce qu’il devait lui dire, ce qui était pour lui la vérité. Mais il n’osait pas, et le silence s’installait.

On lui avait toujours dit que la timidité c’était mignon. Peut-être, mais il y avait des moments. Aller, il devait trouver quelque chose à dire. N’importe quoi d’utile. Mais peut-être que c’était déjà trop tard ? Le silence s’était installé depuis plusieurs minutes. Peut-être que s’il le disait maintenant, cela allait sonner faux et que Kenneth allait encore plus déprimer en pensant qu’on voulait le rassurer mais qu’au fond, ses amis pensaient aussi qu’il foirait tout. Peut-être qu’il valait mieux se taire. Non, c’était stupide. Mais peut-être que c’était bien trop tard, et qu’il se disait déjà que ce silence.

Audren s’était toujours dit qu’il était bon pour écouter, et que c’était une de ses qualités. En effet, il acceptait d’écouter ce que ses amis avait sur le cœur, cela ne le dérangeait pas. Mais dans ce genre de moment, il se disait que ce n’était rien. Il se sentait jaloux de ceux qui arrivaient à trouver les bons mots, les mots juste – sans se rendre compte qu’eux aussi se foiraient, disaient des choses qu’ils ne devaient pas dire.

Mais dans sa peur de dire le mauvais mot, il s’était à la fois persuadé que tout ce qu’il dirait serait mal, et que tout ce que dirait quelqu’un d’autre serait meilleur.

Il inspira. Il devait se lancer.

— Je-je pense que tu t'es bien débrouillé, bredouilla-t-il. Tu as été fort et talentueux, tu t'es bien battut contre le spectre alors que c'est pas ta spécialité. On peut pas demadner à un forgeron de forger, euh non, de faire du paillage de chaise. Enfin si, s'il est passionné de paillage de chaise, si, il peut totalement le faire, je lui interdit pas ! Mais s'il fait pas de paillage de chaise, on peut pas lui demander. Bref, je voulais dire que ça n'a jamais été ta spécialité ni la mienne l'exorciste, on sait pas faire ça. On aurait du avoir un Patteson assigné pour pouvoir faire la mission ! Enfin, pour les Patterson, c'est pas d'être des exorcistes qu'on peut leur demander mais d'être des gros péteux !

Génial, se disait-il. Il avait bafouillé, il en avait trop fait - ce qui risquait de le faire paraitre soit être un fanboy soit pas sincère, il s'était perdu dans sa métaphore, et il avait terminé sur une note de mauvais humour gênant.

Alors qu'il s'attendait au pire, Kenneth pouffa de rire, et lui dit simplement : "T'as raison".

#Inktober2017 - Day 7. Shy

Tic. Tac. Tic. Tac.

Samain était fatiguée d’attendre. Lorsqu’elle avait découvert l’existence de la Contre-Terre, un univers de magie et de créature fantastique, elle s’était imaginée que son arrivée serait la découverte d’un nouveau monde, comme une sorte de mélange entre ses romans de fantasy et ses jeux vidéos en monde ouvert. Qu’elle arriverait dans une rue fantastique où marcheraient gobelins, orc, elfes, korrigans, nains, créatures anthropomorphiques, et toutes les autres espèces dont on lui avait expliqué l’existence lorsqu’elle avait découvert l’existence de la magie !

Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac.

Mais non, elle se retrouvait à devoir patienter tant bien que mal dans la salle d’attente du service de régularisation des nouveaux arrivant. Ses premières impressions du monde magique auront donc été quelques passants dans une rue quelconque, une salle d’attente avec une horloge particulièrement irritante, puis de la paperasse. Samain se consolait en se disant qu'il y avait un avantage : elle n'avait pas d'identité existante ici, et du coup pouvait indiquer un genre féminin sur ses nouveaux papiers, et se déclarer au nom de Samain. Mais même si cet aspect des plus positif la rendait contente, cela ne suffisait pas vraiment à l'aider à attendre. A vrai dire, elle se sentait encore plus impatiente, parce que cela rajoutait la hâte d'avoir enfin des papiers corrects ! Si seulement elle avait pu tout envoyer par mail, et revenir ici pour avoir le droit à un "tout est en règle, voilà votre carte d'identité".

Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac.

Elle tenta de s’occuper, en se remémorant comment elle avait découvert l’existence du monde magique. Cela avait été fantastique, ça, au moins. La découverte que les sorcières existaient et utilisaient des démons pour influencer les esprits, et que son père avait eut une histoire d’amour avec une sorcière et avait gardé l’enfant après leur divorce, l’avait impressionnée. Elle songea à quel point elle préférait être dans la ville des sorcières – Walpurgis, si elle avait bien compris son nom – à apprendre à invoquer des démons. Mais elle ne pourrait se rendre dans cette ville avant d’avoir eut son bac.

Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac.

Samain remuait les pieds et avait du mal à ne pas se lever pour marcher. Elle regarda à côté d’elle son père. Celui-ci semblait parfaitement capable d’attendre, utilisant sa tablette. Oh, il n’avait pas accès à internet, mais avait assez de jeux stupide pour passer le temps. Cela impatienta encore plus la jeune fille ! Comment pouvait-on s’occuper en jouant à des jeux sur tablette alors qu’ils étaient enfermés dans une salle d’attente pourrie à l’intérieur d’un monde de magie ! N’était-ce pas l’ultime torture, que seul un esprit sadique pouvait avoir inventé ! Pour l’adolescente, c’était l’unique explication. Tant de bureaucratie dans ce qui s’annonçait être une vie passionnante, cela ne pouvait qu’avoir été volontairement conçu.

Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac. Tic. Tac.

D’un coup, arriva le Graal : La porte s’ouvrit, et les noms de Samain et de son père furent annoncés. Celle-ci se précipita vers la salle, suivit de son père qui s’amusait naïvement de ce qui semblait être l’excitation de sa fille. « Ah, ces enfants », pensait-il, avec sa tendance habituelle à considérer que même à 15 ans, Samain était sa petite fille adorée. « ils sont vraiment capables de s’amuser dans des situations incongrues ».

Dans la salle, la jeune fille déchanta. L’employé parlait avec une voix lente, et relisait chaque section de chacun des nombreux papiers qu’ils avaient dû remplir, vérifiant jusqu’à la moindre lettre. Et pire encore : une autre horloge bien bruyante étant dans la pièce. Samain se consola en se disant que cette étape serait bientôt finie : Ensuite, il ne lui resterait qu’aller au centre des passeurs pour remettre les papiers pour obtenir leurs cartes de passage entre les mondes, puis la création de leurs papiers d’identité dans la Nouvelle-Neustrie, l’inscription dans son nouveau lycée, sa demande de conversion des acquis du système éducatif français vers celui néoneustriens, sa demande de bourse scolaire, la récupération des clefs de leur nouvel appartement…

Elle ne se sentit pas tellement consolée. La journée allait être longue.

#Inktober2017 - Day 5. Long

Il était cette histoire. On la nommait celle de la Tour du Magicien. Elle se racontait dans les plus haut cercles de la société très fermé de ceux qui connaissait l’existence de l’autre monde. Elle était supposé y cacher la plus grande des armes. Le plus grand des secrets. On disait qu’elle contenait le but ultime de la vie de ceux qui connaissaient l’existence des forces magiques.

On disait aussi qu’il fallait faire le plus grand des sacrifices pour y l’obtenir.

La tour du magicien

Depuis longtemps existent dans nos contrées des monastères cachés. Ils étaient là pour offrir une retraite loin du monde à ceux qui étaient initiés à l’existence de l’autre monde et des forces qui en provenait. Les jeunes moines y apprenaient à devenir les gardiens du Grand Mystère, à protéger la Terre de l’autre monde, et l’autre monde de la Terre.

Un jeune de ces moines, bercé dans les secrets et les apprentissages, désirait connaître. Il voulait savoir toujours plus. Et des connaissances que son insatiable curiosité convoitait, la plus grande était le contenu de la Tour du Magicien. Il désirait savoir qui était le magicien. Quel était ce secret. Pourquoi il était aussi grand, pourquoi était il retiré du monde. Était-il dangereux ? Rien n’était plus attrayant qu’un secret dangereux.

Entraîné par le torrent de la curiosité, il s’était enfuit une nuit de son monastère, vers la porte qui séparaient les mondes. N’écoutant que son désir de savoir, et nullement les recommandations à la prudence, il répétait l’erreur que bien des jeunes gens, avide de pouvoir, avait fait avant lui.

À travers le monastère, il était arrivé dans la plus grande forêt de la Contre-Terre. Jamais nul des peuples de l’autre monde n’avait réussi à la dompter. Les âmes s’y perdaient, les vies se brisaient face aux monstres qui la hantait.

Le jeune moine entra dans la forêt, et marcha pendant des heures. Devant lui se présenta une araignée géante, reine des arachnide. Elle s’avança et lui parla de sa voie froide et rêche.

— Que viens tu faire dans ce bois, petit homme. Ne sais-tu pas le sort qui t’y attends ?

— Je viens découvrir le plus grand des secrets, je viens découvrir ce que recèle la tour du magicien.

Et alors l’araignée s’éloigna. Elle semblait avoir peur. Comme si elle ne voulait interférer avec une telle mission.

— Je ne veux pas partager ne serait-ce qu’une seconde du destin de celui qui vivra les deux morts. Fuis ses bois, si jamais tu tiens à tout ce qui est plus cher que la vie.

Et le jeune moine repris sa route. Il croisa d’autre créatures monstrueuses, mais toutes étaient effrayé par le destin du jeune homme, comme si la fatalité de ses actions pouvait se reporter sur elles.

— La tour du magicien n’est pas un endroit interdit, lui expliqua une liche. Tout le monde peut y aller. Seulement, quand on y entre, il faut accepter le chemin sur lequel on s’est avancé. Sais-tu au moins ce que tu cherches, en ce secret ?

Le jeune garçon s’arrêtait un moment. Il regarda la créature qui se tenait devant lui. Il attendit un moment, et lui donna la réponse

— Je veux juste savoir quel secret peut être assez terrible pour qu’on estime que l'interdire où le détruire n'est pas suffisant pour décourager ceux qui veulent le découvrir.

La liche s’éloigna du jeune garçon.

— Se poser la bonne question est une bonne chose. Mais encore faut-il la comprendre, pour savoir si on veut vraiment trouver la réponse. Bien des gens, alors qu’ils comprenaient même les Arcanes, les cinq grandes sources de la magie, n’ont pu survivre à cet entre du démon

À la fin de son périple, il voyait l’entrée de la tour. Cependant, à se pied, un crâne. Et juste à côté, les ossements du bras. Une personne avait tenté de se traîner jusqu’ici, et était mort. Le jeune garçon regarda alors autour de lui, et vit ce qui entourait la tour. Des centaines de squelettes, de cadavres. Le jeune garçon dégluti, et s’avança. Il entra dans la tour.

Son envie de savoir le poussait à aller affronter cette épreuve.

Cependant, quand il entra dans la tour, rien. Il n’y avait même plus de corps. Avait-ils tous eut le droit de ressortir, ou était-ce une puissance qui détruisait tout ceux qui entraient sans être méritant ? Mais aucun piège ne sembla s’enclencher, aucun monstre ne vint l’arrêter alors qu’il gravit l’escalier en colimaçon de la tour. Et tout en haut, en son sommet, se trouvait au cœur de la pièce, ce qu’il cherchait : un simple cahier à la couverture noire et unie, un simple cahier abîmé par le temps. Ses pages étaient jaunies, couvertes d'inscriptions dans une langue que personne ne semblait comprendre.

Le jeune moine tourna les pages. Il essayait de comprendre. Rien d’autre ne se trouvait dans cette pièce. Était-ce inscrit dans ce cahier les plus terribles secrets magiques existant ? Une pierre philosophale de la magie ? Une formule pour dépasser les arcanes, sources de la magie ? Les inscriptions du cahier semblait comprendre de nombreux alphabets, mélangés dans des mêmes mots incompréhensibles. Certains mots n’étaient en fait que le même son, inscrit dans le plus d’alphabet possible. Était-ce alors un véritable texte ?

Était-ce une vaste farce macabre ? Une mise en scène, pour punir celui qui croiraient en un secret si puissant qu’il permettrait de vaincre toute les armes ? En effet, combien d’expression ne disaient-elles pas que les livres avaient un pouvoir plus grand que les armes ? Que l’érudit à la force de vaincre toutes les armées. Tout cela était malheureusement faux. En maniant les phrases, en pensant que ce qui est plus beau est plus grand, peut-être qu'on peut penser que c'est vrai… Mais malheureusement, bien des grands esprits, bien des âmes pures furent réduits au silence par le feu des armes et des batailles. Ce serait alors une moquerie, une vengeance de tous les brillants esprits détruit par la guerre. Un livre qu’on ne pouvait comprendre, parce qu’il n’y avait plus ceux qui pouvaient l’expliquer.

Cependant, la puissance magique se sentait dans se livre. Peut-être était-ce seulement un leurre, pour cacher la véritable nature du livre. Le secret n’était pas dans le livre, mais avait la forme du livre. Un livre incompréhensible. Une épreuve. Fallait-il comprendre le livre, où comprendre ce qu’était le livre pour le trouver ? Le jeune moine se demanda combien de guerrier venu chercher une arme capable de vaincre tous leurs ennemis était parti en voyant le livre, et qu’il était impossible à comprendre.

Où peut-être était-ce un avertissement. Ce secret n’entraînera que la confusion. Le jeune homme se concentra. S’il avait raison, le livre devait être un simple sceau. Et ce qu’il fallait faire pour découvrir le secret, c’était ouvrir le sceau.

— Très bien, livre. Je suis prêt à découvrir le secret.

Il brisa le sceau.

En apparence, rien semblait se passer. Cependant, le jeune moine se sentit tomber dans un abysse. Le monde venait de cesser de faire sens. Un tas d’idée lui entrait dans la tête en même temps, des vérités sur le monde. Des informations qui semblent surgir de nulle part, une fois le sceau qu’étais le livre rompu. Cependant, il problème l’empêchait de comprendre toutes ces informations. Elles étaient toutes contradictoires. Toutes ses croyances se révélaient vrai, même celles auxquelles il n’avait jamais cru. Cependant, elles était aussi fausse. Toute, sans exception. Même l’idée que le vrai et le faux était contradictoire devenait à la fois vrai et faux. Toutes les lois de la magie, de la morale, s’étiraient dans une sensation incompréhensible pour le jeune homme. Tout faisait sens, mais un sens qui n’était que le chaos des informations et des entités. Tout n’était plus que paradoxe. Il était submergé de visions d’objets qui étaient présent et absent à la fois, il se voyait à la fois jeune, bébé, vieux, riche, pauvre, fort, faible, petit, grand, existant, inexistant, être physique, être d’esprit… Il ne voyait plus rien, où plutôt ne pouvait retrouver la véritable image dans l’infini d’image vrai et fausses à la fois. Il voulait partir, il voulait fuir. Mais une petite voix en son sein lui disait de rester. Il ne devait pas partir.

Il ne se souvint jamais combien de temps il resta dans cet état. Obligé d’utiliser toute sa volonté pour ne pas s’enfuir et retourner vers un univers cohérent. Obligé de rester à une envie de fuir qui face à cette douleur qui lui brûlait l’esprit, comme si son âme même allait être détruite par le feu du chaos. Cependant, après un moment, il comprit. Il comprit ce qu’était ce livre, pourquoi il vivait cela. Et pourquoi les gens en mourrait. Et pourquoi les gens étaient tués pour cela. Il avait déjà lu cette histoire.

« Il y a cette histoire, avec cette caverne. Des hommes y sont enchaînés. »

Il tenta de marcher, il devait retrouver son chemin.

« Ils n’ont jamais vu la lumière du jour. Jamais directement. Tout ce qu’ils voient, depuis le fond de leur grotte, ce sont des ombres d’eux-même et des choses, projeté par les quelques rayons du soleils qui parviennent jusqu’à eux. Des sons, ils ne connaissent que quelques échos, de temps en temps. »

Il chercha le piédestal du livre de ses doigts, toujours aveuglé. Il voulait se remettre debout.

« Qu’est-ce qu’il se passe, si l’un d’entre eux est libéré, et qu’on l’amène jusqu’à la sortie ? »

Il ne réussi pas à se remettre debout. Il resta alors assis, dos contre le piédestal.

« Si on l’amène jusqu’à la sortie, alors il sera ébloui, ses yeux seront brûlés par une lumière bien plus forte que tout ce qu’il aura jamais supporté auparavant. Il souffrira de ces changements. Il voudra résister, et ne pourra percevoir ce qu’il y a devant lui. Il voudra retourner à son état initial. »

Il tenta de reprendre son souffle.

Ce qu’il voyait, c’était le vrai monde.

Le paradoxe.

Le monde n’était pas cohérent, mais rempli de moments qui n’obéissait pas aux lois de la logique. De moments impossibles. Et de cela naissait la magie. Ex contradictione sequitur quodlibet. D’une contradiction, on peut déduire ce qu’on veut. Il avait appris ça. Une loi de logique classique qui disait que quand une série de proposition contenait une contradiction, on pouvait déduire n’importe quel énoncé de cette contradiction.

Et des contradiction de la réalité, permanente et omniprésente, pouvait naître n’importe quoi. Mais comment pouvait-elles exister ? Cette question lui restait encore sans réponse. La magie. La puissance de transformer le monde en outrepassant les lois visible de la nature.

« S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir le monde dans sa réalité. »

On lui avait appris qu’il y avait cinq arcanes de la magie. Le mouvement, la matière, l’esprit, la vie et le pouvoir. On lui avait dit que c’était les sources de la magie. C’était faux. Les arcanes n’étaient que la manière dont on avait réussi à comprendre cette puissance de transformation et à plus où moins la maîtriser. Elles n’étaient qu’une métaphore. Les êtres magiques puissants puisaient directement dans l’énergie du Paradoxe. Cependant, s’il en comprenait le principe du Paradoxe, sa nature profonde lui échappait.

« S’il retourne auprès de ces semblables, ceux-ci seront incapable d’imaginer sa transformation, accomplie ou non. Ils le recevront très mal. Ils refuseront de le croire. »

Le jeune moine se relevait difficilement. Il avait toujours le souffle court, mais il commençait à retrouver la vue. Il voyait maintenant que la pièce était rempli de bibliothèques, pleines de livres dont des feuilles dépassaient des pages. Il comprenait l’idée de base, mais une grande partie du reste des informations qu’il avait reçu le dépassait encore. Quelques uns avaient fuit avant de comprendre, d’autres étaient sorti pour partager leur savoir au monde entier.

Il comprenait pourquoi il avait vu tant de corps qui sortaient de la tour.

« Ceux-ci, ayant peur d’une vérité qui changerait tout leur monde, incapable d’imaginer ce qu’il a vu… Ne le tueront-ils pas ? »

Les monstres avaient eut peur d’empêcher une personne d’aller vers la tour, de peur que ce qu’il y avait dedans les veuillent eux à la place. Cependant, une fois que la personne sortait, ils avaient encore plus peur qu’elle corrompe le monde avec ce qu’elle avait vu. Il était donc condamner à rester ici. Il était enfermé ici. Le retour lui était impossible.

Désormais, le jeune moine savait qui était le magicien. Il n’était pas un individu en particulier. Il est le chercheur, il est celui qui veut découvrir la vérité sur les forces du monde. Il avait eut accès à des tas d’information dont il n’avait compris que les bases , et tout ce qu’il pouvait faire, c’était de tenter de comprendre.

Il avait désormais l’éternité pour essayer de mettre du sens sur ce qu’il avait vu. Sur le monde. Sa récompense était sa punition. Sa récompense était la possibilité du savoir, le début d’une nouvelle quête, et l’éternité pour y accéder. Sa punition était de vivre l’éternité enfermé ici, jusqu’à ce qu’une autre personne arrive pour le rejoindre. Il ne pourrait revoir ceux à qui il tenait.

Il s’assit.

Il prit un des ouvrages de note.

Il aurait besoin de s’occuper.

La tour du magicien

On dit qu'entre notre monde et celui de mages résident un nombre incroyable de mondes-bulles, de réalités fragmentaires caché dans les interstices du monde de la logique et de celui des paradoxes. Des espaces, coincés entre nos règles rationnelles et celles étranges des arcanes magiques, qui se retrouvent à vivre selon leur propres lois.

On dit que dans un de ces mondes, la mort n'existe pas, mais est remplacé par un mal bien pire. Un monde où les habitants doivent sans cesses lutter contre des hordes de monstres, nécessitant à chaque fois qu'ils chutent face à leurs ennemis, coincé dans une guerre éternelle où nulle mort ne peut les délivrer. Un monde où un roi éternelle regarde, coincé dans une solitude dont nul ne pourrait le sortir.

Aujourd'hui, je vais vous conter l'histoire de ce monde.

La solitude du roi immortel

Un jour, il y a bien longtemps, un frère et une sœur découvrir un des univers étrange qui se trouvent coincé entre les deux mondes. Chaque idée pouvait y être matérialisée, chaque rêve pouvait y être concrétisé. Ce monde était modifiable, jusque dans ses règles même, a volonté. De cette terre sans vie, ils pourraient faire un paradis. Un monde qui ne connaîtrait pas la mort, la guerre et les tourments. Cependant, pour y entrer, un prix terrible était à payer. Il fallait abandonner son corps, le voir être dispersé dans la structure même de cette nouvelle réalité, le voir faire qu’un avec ce nouveau monde. Seul le cœur de la personne résiderait alors dans ce monde, quelque part.

La sœur fut la première à y entrer, sacrifiant son ancienne vie pour son nouvel idéal. Elle y serait la Créatrice. Elle y fit naître l’océan, le ciel et le soleil. Et au centre de tout cela, une Île.. Elle fabriqua de ses mains les plages, les forêts et les montagnes de cette île. Et partout sur cette île, de grands cristaux, qui en permettait le fonctionnement, et aux gens d’y vivre. Après des mois, son frère revint. Il était aller chercher un peuple. Des gens malheureux, qui ne voulait qu’une chose : changer de vie. Parmi eux, cinq orphelin, qu’il adopta comme ses propres fils. Il organisa les villes, offrit de nouvelles identité à ceux qui avaient fuit l’ancien monde. On lui proposa au début d’être le roi, mais il refusa, nommant un de ses vieux amis à la place. Il se contenta d’être le Conseiller du roi, vivant pour servir au mieux son vieil ami, et pour éduquer les cinq orphelin. Au début, l’Île fonctionna comme cela. Le Roi, son Conseiller et la Créatrice, travaillant main dans la main pour construire le plus beau des mondes.

Dans cette terre, les corps n’était rien qu’une création des cristaux, une illusion, une fusion d’apparence et de souvenir. Pour chacun des êtres qui y vivait, manger, boire dormir et respirer n’étaient plus des obligations, mais des plaisirs. La mort n’y était pas supprimé, mais remplacé. Les blessures graves pouvaient être soignée par un repos dans les grands cristaux qui parsemaient le monde, et lorsqu’un corps était trop endommagé, la personne pouvait abandonner son corps et ses souvenirs et se réincarner dans un nouveau corps, démarrant une nouvelle vie. Personne ne savaient exactement ou se trouvait le cœur de chaque personne, mais il était quelque part, dans ce monde. Peut-être était-il partout ?

Malheureusement, un jour, la tempête vint sur l’Île. Un royaume puissant du monde originel découvrit ce monde caché, après avoir enquêté sur les disparitions mystérieuses de ceux qui avaient rejoint ce dernier. Au début, ils ne voulurent perturber ce paradis. Mais la peur commença à les gagner quand une terrible épidémie commença à décimer la population. Ils voulurent alors utiliser ce monde, non pour sauver tout le monde, mais les plus grands. Les esprits brillant, les grands artiste. Il voulait éviter la perte irrémédiable de ceux qu’ils voyaient comme pouvant apporter le plus à l’humanité.

Ce projet était de recréer le jardin d’Eden, le projet Elysium. Le but était de créer un paradis artificiel pour les grands esprits. Le cœur deviendrait alors leur nouveau lieu de vie, une terre de culture où les plus grands esprits se retrouveraient, dans une vie vouée à philosopher et faire avancer la science et l’espèce humaine. Ils seraient de plus en plus nombreux, et leurs publications éclaireraient de plus en plus la planète, jusqu'à permettre un age d'or où l’humanité serait éternellement éclairé par des savants immortels. Mais pour cela, ils devaient prendre le contrôle du Cœur, afin de reprogrammer le monde pour qu’il agisse comme ils le voulaient.

Le vieux roi regarda avec peur les armées qui commençaient à s’attaquer dans le royaume, mais tentant de toujours plus rassurer la population. Le Conseiller aidait les ravitaillement, à déplacer les blessés. La Créatrice utilisait de toute sa puissance pour faire surgir de nul part murs, armes, défenses. Mais les combattant de l’armée d’Elysium commencèrent à apprendre à utiliser les pouvoirs du monde. Une jeune femme rejoint les trois hautes personnes du royaume. Une ancienne générale, venue ici pour fuir les horreurs qu’elle avait vu pendant la guerre, se proposait pour combattre. Elle devint la Gardienne.

La guerre fut terrible et sans relâche, les soldats de la Terre et du Cœur revenaient tous sans cesse une fois qu’ils étaient tombé, ramené à la vie par les cristaux. Comment faire pour ne vaincre que les soldats de la terre ? Des armes expérimentales furent créé, dans le but de briser les corps cristallin, afin de forcer une réincarnation sans le moindre souvenir, ce qui permettrait au soldat terrestre de devenir de simples habitant du Cœur. Cependant, cela ne se passa pas comme prévu : sur les sujets de test, la destruction du corps cristallin ne fut pas complète mais se contenta de casser brisant toute cohérence entre le corps et le souvenirs, détruisant l'esprit de l'adversaire.

Ces armes furent quand même utilisées. L'armée terrestre fut exterminée, réduit à l'état de ces créatures incohérentes, les derniers souffles, qui furent bannis hors des mondes habités, dans des parties de l’île qui furent bloqués dans des petites bulles de réalités fermés parce que rendu trop brisés par la guerre, la structure même de la logique y était brisée. Les soldats se disaient qu'avec assez de temps, le corps des derniers souffles serait trop usé et ils se réincarneraient, sans aucun souvenirs de ce qui leur est arrivé. Cela n'arriva jamais.

À la fin de la guerre, traumatisée par ce qui s'était passé, une partie de la population décida de se réincarner. Il était plus simple de connaître dans les livres d'histoire une telle horreur que de l'avoir vécu soi-même. Parmi ceux qui se réincarnèrent, il y eut le vieux roi. Ce fut la fin de la première ère.

La Créatrice et le Conseiller décidèrent qu’il était temps de passer le flambeau à la nouvelle génération. Ils continueraient avec la Gardienne leur travail, tandis que leurs enfants pourraient organiser le monde comme ils le souhaiteraient. L’aîné devint le nouveau Roi, la suivante devint Générale des forces armées, les deux jumelles devinrent une Mage et une Prépresse. Seul le petit dernier refusa d’avoir un rôle important, déclarant qu’être l’Arlequin lui allait très bien. Malheureusement, le jeune Roi n’arrivait pas à dormir la nuit, effrayé de voir un jour le retour des esprits. Nuit après nuit, il faisait le même cauchemar. Le retour de l’armée d’Elysium. Si les premiers mois de son règne furent heureux, ils sombra rapidement dans la peur.

Pour se rassura, il ordonna de continuer la production des terribles armes qui leur avait assuré la victoire. Il avait au début voulu l’arrêter, mais avait changé d’avis, ses actes dictés par la peur. Le lendemain de sa décision, ces deux sœurs cadettes, la Mage et la Prêtresse virent le voir.

— « Ô mon roi, mon bon frère, réfléchit un peu à tes actes, » commença la mage. « Ces armes sont trop terrible pour être utilisés, notre monde même pourrait être en danger. »

La prêtresse, comme toujours, restait silencieuse.

Mais ils n’écouta pas ses conseils. Il était effrayé par une nouvelle possibilité. Et si les soldats étaient trop nombreux pour utiliser l’arme sur eux ? Et si une armée trop grande venait, des hordes permanentes qui continueraient à venir jusqu’à ce qu’ils les aient écrasés ? Et si tous les mondes de l’extérieur se mettaient à croire au projet Elysium ? Il devait avoir des troupes nombreuses, sans sacrifier des habitants qui n’avaient rien demandé. Alors il inventa à l’aide des cristaux un nouveau moyen de défense. Des monstres générés et contrôlés par les cristaux, servant à défendre le territoire du Cœur. Ces monstres seraient des sortes d'intelligences artificielles basiques dédiées au combat. Ils pourraient être déployées un peu partout en cas de besoin. Les deux sœurs revinrent l’avertir, la Mage disant qu’il jouait avec le feu, et qu’il mettait le monde entier en danger.

Mais ils n’écouta pas ses conseils. Il était effrayé par une nouvelle possibilité. Et si il existait des soldats terrestre rescapée, sans avoir la moindre possibilité de connaître leur position exacte ? Une force mystérieuse et invisible, qui n’attendait que leur heure. Et si des gens de ce monde adhéraient aux idée du projet Elysium ? En effet, pour certain, ne pouvait-ce être attirant de créer un monde de savants et philosophes éternels ? Il prit alors une terrible décision : Il allait changer la mémoire de tous les habitants, et faire effacer tous souvenirs de ce qu'était véritablement l’Île. Ce ne serait alors qu'un monde, ayant toujours été comme ça. L’ancien monde serait oublié à jamais. Au cas où, les monstres seraient déployés dans les zones hors des villes. Un programme serait installé en eux pour qu'ils attaquent toutes personne connaissant la terre : En effet, ils ne pourraient alors être que des Terriens, non ?

Quelques jours après son annonce, ses trois sœurs et son frère virent le voir, avec un ultimatum : Il devait abandonner son projet, sinon ils le forceraient à l'abandonner, et iraient même jusqu'à le détruire lui pour protéger l’Île. Faire tout oublier à tous le monde, les monstres et les armes, ce ne seraient que faire sombrer l’Île dans la catastrophe, celle d’oublier les erreurs et les horreurs du passé. Il répondit tristement qu'il n'avait pas le choix. Dans ses yeux, il y avait la peur. Il n'avait jamais oublié la guerre. Il appela ensuite la garde.

Alors qu’ils étaient accompagnés dehors, la jeune Prêtresse se retourna, et le regarda dans les yeux :

— Mon frère, je sais que tu as peur. Mais écouter sa peur, c’est arrêter d’écouter sa raison, c’est arrêter d’écouter son cœur. La raison et le cœur sont ce qui font de nos de vrais humains. C’est leur combat perpétuel qui nous fait avancé. La peur obscurcit les deux, et tu as perdu toutes tes forces. Abandonne ce projet qui n’est né que des ombres qui te hantent, et te murmurent à l’oreille des conseils bien malavisés. Mon frère, je t’aime, mais si tu veux déclarer la guerre à la sanité et à la vie, alors la sanité et la vie te déclareront la guerre. Je suis désolée.

Une nouvelle guerre éclata, à l’intérieur de la famille royal. La Créatrice, le Conseiller et la Gardienne, aussi effrayé par les souvenirs de l’ancienne guerre, furent dans le camp du Roi. Ils voulaient à tout prit assurer la protection de leur monde contre ceux qui étaient venu de nul part et de partout pour l’attaquer. Le reste de la fratrie royale devint les chefs de la Rébellion. Au début, la guerre restait une guerre froide. Nul combat n’éclata.

Mais un jour, la Gardienne, décida d’aller discuter avec la Mage pour tenter de la raisonner. Un combat éclata. On vit la Mage revenir avec le corps inerte de sa mère adoptive. Elle ne semblait ni pouvoir se réincarner, ni retourner aux cristaux. Elle avait trouvé comment bloquer le cœur d’une personne. La guerre fut déclaré. Le père des enfants, l’ancien Conseiller du Roi, sombra dans le chagrin et le regret, et parti pour ne jamais revenir. La Créatrice aussi se retira. L’ancienne génération s’était retiré, et la nouvelle se faisait la guerre.

Le jeune Roi se retrouvait alors seul, contre sa fratrie qui voulait le détrôner. Toute l’armée ne semblait suffire à les arrêter. Il eut un jour une explication : la maître des secrets avait découvert qu'il était possible d’utiliser les pouvoirs de son propre cœur. Cela permettait d'utiliser des pouvoirs incroyables, mais cela faisait risquer sa vie. Le roi ne chercha pas à faire de même, et entra dans un cycle perpétuel de blessure et de soins par les cristaux, et envoyant les monstres attaquer ses frères.

Après des mois de bataille, la rébellion fut capturée. Le royaume était grandement endommagé. Certains partisans de la terre grondaient. Le roi avait énormément perdu en popularité, considéré comme un faible. Il n'avait que 20 ans, et n'aurait sans doute même plus longtemps à vivre, tellement son corps était abîmé. Il lui fallait prendre une grande décision. S'il détruisait ses sœurs et son frère, il serait considéré comme un roi fort et puissant.

Mais il ne pouvait pas s'y résoudre.

Il décida de baisser la puissance d’une une des armes, et de se contenter de bloquer avec le fruit de ses recherches la forme physique de ses frères et sœurs, les rendant bien moins dangereux. Après, il les fit enfermer dans des tours conçu pour les garder prisonnier à jamais.

La révolution grondait alors, le peuple voulait se débarrasser du roi trop faible. Les quelques partisans de la Terre en avait profité pour semer l’idée qu’il serait mieux d’être un paradis pour les grands esprits que d’être un royaume en ruine. Le roi se dirigea alors vers les cristaux. Il mit alors directement son premier plan à exécution : la Grande Réincarnation. Il commença par désincarner tous les corps physique, sauf le siens, et de ses derniers fidèles. Ils détruisirent ce qu'ils purent trouver comme trace de la terre, ignorant l’existence de certains mondes cachés construit par la créatrice.

Ils lancèrent après cela la réincarnation, et le roi dit adieu à ses derniers fidèles.

Il n'allait pas se réincarner, mais il fit entrer sa forme physique dans les cristal. Il n'osait ni essayer de mourir définitivement, ni se réincarner, ni rester.

Il voulait juste un peu de sommeil.

Un seul élément ne se passa pas comme prévu. Les monstres se mirent à mal fonctionner : Ils en se contentaient pas d’attaquer les terriens, mais tout ce qui bougeait, à cause de leur intelligence artificielle qui fonctionnait mal. Le monde était désormais l’Île, terre ou les humains devaient vivre malgré les monstres, plongé dans un combat éternel entre deux armées immortelles. L'ancienne armée royale fut désormais destinée à protéger les habitants des monstres. Certains essayaient même d'apprendre à contrôler les monstres. La nouvelle histoire de le Cœur se fonda sur cette nouvelle situation, celle des héros et des monstres. Le vagues souvenirs de l'avant-réincarnation resta sous forme de légendes vagues, de mythes complexes à comprendre. Et, dans un demi sommeil, le roi éternel ne pouvait que contempler à jamais les dégâts de ce qu’il avait fait.

La solitude du roi immortel