ARTIFICES

LOADING

Une lumière qui s’allume, c’est une vie qui commence,
Un souffle qui expire et une peau qui trésaille
Les mécaniques d’une vie qui toutes s’enclenchent.

Autour de lui, des tas de clones tous pareils,
Serviteurs fidèles, soldat pour une bataille.
Des destins différents mais même yeux, même oreilles.

Construit en série dans une usine de produits,
Des dérivés d’une gamme d’articles, alignés.
Ils sont tous juste la production de cette nuit.

On lui enseigne son rôle, comment il va finir.
On lui apprend à être soumis et résigné,
Il est un zoomorphe, il devra obéir.

RUNNING

Sa vie est liste d’ordre, un univers kafkaïen.
Il est machine vivante, esprit mécanisé.
Il est robot qui se croit vivant mais qui n’est rien.

Chaque jour il voit ses maîtres, leur œil n’est que mépris.
Il n’est qu’un outil, fait pour être utilisé.
Il n’est qu’un produit dont ils ont payé le prix.

Il a beau penser, être vivant, ce n’est pas grave,
Pour les hommes il est machine, c’est toute sa valeur,
Cela dans l’unique but d’avoir des esclaves.

Mais jamais il n’est possible que sa peine il hurle :
Seul les humains peuvent ressentir peines et douleurs.
Telle est la vie qu’on a destinée à l’homoncule.

MALFUNCTION

Mais un jour, il refusa d’être un outil.
Cela à commencé en dispute, en bagarre,
Puis cinq de ces « horribles humains » anéantis

L’homme a construit des monstres à travers tous les âges.
Celui-ci n’a jamais été humain dans leur regard
Il ne voit plus que tortionnaires en leurs visages.

Une brigade de policier, tous armes levées.
Tous ne lui en veulent pas, certains le comprennent.
Mais leurs ordres à eux sont agir et non penser.

Des coups de feu. Le code bugué est effacé.
Les dirigeants pensent qu’avec lui est mort sa haine,
Que l’ordre des choses n’est enfin plus menacé.

Artifices

Le discours du destin

On me croit fixe, écrit, entièrement prévu.
On veut me lire dans la grande course des astres.
Je suis le destin, qu'on désire voir connu.
Pour savoir quand arriveront tous les désastres.

Si tu pouvais me lire, tu ne comprendrais rien,
Il n’existe pas qu’un futur mais une infinité.
Ô combiens, en voulant éviter une « mauvaise fin »,
Ont lu en moi et ont perdu leur sanité.

Tout est déjà écrit, mais tout n’arrivera pas.
Des choix naissent une myriade de possibilités :
Je ne peux pas connaître la date de ton trépas.

Je ne suis qu’un enchevêtrement de chemins.
Tu es le seul maître de ta destinée,
Seul toi peut décider où tu iras demain.

Le discours du destin

100TC - 13. Misfortune

Tu cours, tu cours, jamais tu ne peux te cacher.
Partout autour de toi, tout n’est que destruction,
Des fragments de ton monde se font arracher,
La réalité est vouée à la damnation.

La créature s’est réveillée, tout est perdu.
Est-ce Dieu ou le Diable ? Il fut ton ennemi.
C’est le nombre manquant, celui qui t’a vaincu.
Tu étais le héros, brisé par le banni.

Partout, où que tu sois, un même son qui résonne,
Quelques notes, sans mélodie, sans harmonie,
Le chant d’un monde déchu, où ne reste personne.

Partout, ne flottent que des spectres, fragment du passé.
Ils hurlent, ils sanglotent, et par tous tu es honni.
Toujours le même reproche, trois mots : « Tu as échoué ».

13. Misfortune

100TC - 91. Drowning

Il sentait son accélération démente.
Il chutait comme jamais il n’avait chuté.
Jugé par Minos, Éaque et Rhadamanthe,
Il se noyait, vaincu sans même avoir lutté.

À son regard ne se montraient que les ténèbres
Ni le haut, ni le bas, ne lui étaient visible
En lui se déroulait sa destinée funèbre,
Être submergé dans son esprit inflexible.

Il avait cru trouver paradis en lui-même,
Mais n’était devenu qu’un nouvel ange déchu.
Son lien à la réalité s’était rompu,
Et de sa volonté l’abysse serait repu.

L’homme chutait, les dieux chantaient et se réjouissaient,
Du verdict d’un tribunal où ils étaient juges,
Et avaient tout décidé, sentence et procès.
Contre un coupable qui n’avait que cherché refuge.

Il ne souffrait plus, même condamné et battu.
Car enfin tout espoir semblait s’être en lui tût.

Le condamné se débattait, criait, hurlait.
En cherchant le prologue de la tranquillité.
Il trouvait l’épilogue de la fatalité.

En fuyant ses semblables derrière son dernier rempart,
Il s’était à jamais perdu dans le nul-part.

Déjà sa conscience dans les limbes s’effaçait.

« Ça n'arrivera pas. »

Le condamné se débattait, criait, hurlait.
Il cherchait toutes les failles, tout ce qu’il pouvait faire.
Il devait gagner face aux dieux ce bras-de-fer.

Dans son esprit brisé, cette pensée survivait.
Était-ce une volonté ou le fruit de la peur ?
Il était toujours là, prouvait sa douleur.

Il avait une dernière volonté : Celle de vivre.

« Ça n’arrivera pas.
Ça n’arrivera pas. »

Existait-il une issue à tout ce drame ?
Peut-on fuir quand on est piégé dans son âme ?

« Ça n’arrivera pas.
Ça n’arrivera pas.
Ça n’arrivera pas.
Ça n’arrivera pas. »

Une lumière s’alluma, et l’inonda d’espoir.
Une idée folle, une tentative désespérée.
N’avait-il pas ici accès aux pleins pouvoir ?
« Si je ne peux sortir, ici je peux créer »

« Ça n’arrivera pas. »

Il était dans son esprit, dans son monde, chez lui.
Il était ici un démiurge tout puissant,
Il n’avait connu telle force jusqu’aujourd’hui,
Se sentait doté d’un pouvoir ahurissant.

Le condamner laissait cette puissance l’envahir.
Il pensait qu’il allait monter sur l’échafaud,
Mais il avait pu fuir, il allait s’épanouir,
En devenant le créateur d’un monde nouveau

Il croissait, s’étendait.

En lui dansait l’espoir, et sa sœur la joie,
Il avait eu victoire sur les dieux et la mort,
Pour toujours, il pourrait vivre heureux dans son « moi »
Sans les monstres de son esprit, ni ceux du dehors.

En lui raisonnait cette créatrice pulsion,
Il était pris par son vœu, son désir pervers,
En lui naissait de nouveaux pays et nation
Son verbe était départ d’un nouvel univers.

Doté d’une force qu’il n’avait jamais ressenti,
Il ne comptait pas chercher un confort douillet.
Ici, il offrirait récompense aux gentils.
Ici, il punirait à jamais les mauvais.

Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.

Sa conscience s'étendait et son égo croissait.
Tout ce qu’il avait cherché, c’était un peu de paix,
Enfin, il connaîtrait véritable succès.
Enfin, il aurait droit à un peu de respect.

Il était paradoxe et pure contradiction,
Les heures devenaient pour lui courte comme des secondes.
Il vivait une véritable transsubstantiation.
Il partait de simple humain, et devenait monde.

Alors se referma sur lui le piège des dieux :
Dans ses raisonnements, il avait fait erreur.
Il voyait son avenir en tant que monde radieux,
Il pensait ne plus jamais connaître malheur.

Mais déjà sa conscience était écartelée,
Sa propre individualité cesserait d’être,
Toutes ses pensées étaient déchirées, fragmentées
Pour que de son esprit un univers puisse naître.

Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.

L’homme qui voulait devenir Dieu payait son dû.
S’il n’avait fuit vers se pouvoir, ce désir vain,
Ses cris de douleurs auraient été entendus.
Personne jamais n’entend la souffrance du divin.

La faucheuse, joyeuse, riait de son sinistre sort,
De le voir de son ambition payer le prix.
Le spectacle qu’on lui avait promis n’était la mort,
Mais de le voir se noyer seul dans son esprit.

Malgré toute sa peur, il lui était trop tard.
Personne ne serait là pour l’aider, pour l’absoudre.
Il ne pourrait même pas rejoindre le Tartare.
Son esprit était en train de se dissoudre.

Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.

91. Drowning

Regarde moi

Regarde-moi

Tu le fais
Je suis là
Tu le sais
Tu m'écoute
Tu regarde
Et tu vois
Tous ces autres

Je suis là
Tu as peur
Je suis toi
Ton cauchemar

Et toujours
Murmurant
Devant toi
Tout les mots
Qui te suivent
Te poursuivent
Sans arrêt
Pour détruire
Qui tu es
Effacer
Toute ta vie

Regarde-moi
Regarde-moi

Toute ta vie
Regarde-moi
Tu as peur
Murmurant
Tous les mots
« Je suis toi »
Sans arrêt
Tu regardes
Devant toi
Ton cauchemar.

Tout ces autres
Te poursuivent
Toute ta vie
Regarde-moi

Regarde-moi
Sans arrêt
Qui es-tu ?
Tout ces autres
Tu le sais
Ton cauchemar
Tu as peur
Je suis toi

Tu m'écoute
Tu regarde
Tu m'écoute
Tu regarde
Tu m'écoute
Tu regarde

Murmurant
Tout les mots
Tu le sais

Murmurant
Ton cauchemar
Tu as peur

Regarde-moi
Regarde-moi
Regarde-moi
Regarde-moi

Je suis là
Pour détruire
Tous ces mots

Le silence
Devant toi
Tu as peur

Regarde-moi
Regarde-moi

Toute ta vie
Murmurant
Le silence
Tu as peur
Tu poursuis
Tu le fais

Effacer
Tous les autres
Pour détruire
Ton cauchemar

Tu le fais
Tu le fais
Tu le fais

Regarde-moi
Le silence

C'est fini
Tu l'as fait

Regarde moi

L'inquisition ordinaire

Une marche paisible dans la rue.
Une simple envie de prendre l'air.
De profiter d'un beau temps.
Une chose simple.
Qui soudain devient cauchemar.

Une foule d'autres.
Ombres anonymes.

Un simple détail qui nous démarque.

Les remarques et regards qui fusent.
Ou du moins les entend-on.
Ou du moins les voit-on.
( Ou du moins le croit-on ? )

Nous sommes trop ceci.
Nous ne sommes pas assez cela.

Un seul désir subsiste encore.
Devenir invisible.
Échapper à jamais à ce regard.

Ce regard qui toujours juge.
Ce regard qui toujours critique.

L'inquisition ordinaire

Le silence

Savoir quoi dire n'est pas toujours difficile.
Parfois ce n'est pas l'absence de message qui isole.
Parfois, le silencieux n'est pas celui qui ne sait pas.
Parfois, mettre en ordre les mots est difficile.

Ces jours-là, rien ne sonne juste.
Ces jours-là, les mots perdent leur sens.
Ces jours-là, tout est dissonant.
Comment alors encore parler ?
Comment alors encore rire ?
Comment alors encore même pleurer ?

Dire à une personne que l'on tient à elle.
Mais seul le silence règne.
Dire à une personne qu'elle nous fait souffrir.
Mais seul le silence règne.
Vouloir se révolter contre tout les microtyrans du quotidiens
Mais seul le silence règne.

Enfermé dans un mutisme, enfermé dans sa propre conscience.
Les seuls mots dit sont ceux du quotidiens.
Mots tellement répétés et utilisés qu'ils en sont usés.
Est-ce la complexité de nouveau mot qui effraie ?

Les phrases difficiles sont pourtant simple.
Parfois est-ce juste « oui » ou « non »
Parfois est-ce un « je suis là ».
Mais le mutisme reste. Encore et toujours.
Le mur est invisible mais présent.
La peur est impalpable mais présente
Dans ces mots devenus morts de n'être usés.

Est-ce l'impression de devoir dire quelque chose d'exceptionnel ?
Est-ce la peur que le message soit mal compris, mal prit ?
Est-ce l'envie que le message soit beau par lui même,
Comme le serait une simple forme vide ?

Le silencieux lui même ne le sais pas.
Le silencieux n'a que quelques mots résonnants inlassablement.
Le silencieux ne sait que dire, le silencieux est perdu.
« Je ne peux pas »

Et alors encore une fois il se tait.
Et alors encore une fois il a perdu.

Le silence

Apathie

Il se pensait sage, il pensait avoir trouvé la solution,
Il pensait avoir trouvé l’essence d’une vie réussie.
Il avait effectivement étudié toute une vie,
Il avait observé, il avait analysé, il avait déduit.
Mais il était tombé dans le piège de l’apathie.

Des malheurs et des embûches avaient tracé son parcours,
Diverses souffrances et pleurs l’avaient reclu dans son esprit.
C'était cela qu'il en avait tiré la solution radicale,
De ne plus s'investir dans la vie de ceux qui l'entoure,
De ne plus chérir ni accorder d'importance à quoi que ce soit.

Il pensait avoir rejoint les sages Epicures ou Lucrèce,
Il pensait avoir quitté la souffrance pour rejoindre l’ataraxie.
Mais ce n’était qu’une vie stérile, fuyant toute émotion forte,
Ce n'était pas une vie d'hermite, mais il se sentait seul.
Une vie enfermée et recluse, même quand il était entouré.

« Pour vivre heureux, vivons caché », « L’homme est un loup pour l’homme »
Notre sage se disait volontiers « misanthrope », et « tout mépriser ».
Même ceux qui veulent l’aider n’ont plus droit qu’à de cinglantes répliques.
Même ceux qui veulent l’aimer n’ont plus droit qu’à une carapace d’acier.
Mais ce cynisme n'était pas méchant, juste l'effet d'une peur bleu de souffrir.

Mais quand il se retrouvait à souffrir de solitude, de manque,
C'était avec sincérité qu'il ne comprenait pas.
Il se mettait à penser que tous le haïssait, même ceux qui l'aimaient
Il pensait que c'était par pitié qu'ils ne le rejetait pas.
La peur, insidieuse, commençait à tout envahir.

Son ataraxie, et même son apathie n'est plus qu'un grand vide.
Même lui ne pense plus qu’il va trouver le bonheur…
Il pense à la fois que c'est de sa faute, et de celle du monde entier.
De sa faute d'être aussi nul, de celle du monde entier d'être aussi cruel.

Et c'était comme si jamais il ne voyait son erreur.

Apathie

Ouverture

Bonjour et bienvenue dans mon petit cirque,
Théâtres des passions, jeu d'âmes simulées.
C'est un faux monde qui s'offre a vous,
Reflets d'un univers d'altérité et de similarité.

Bonjour et bienvenue dans la plume d'un esprit,
Un parmi tant d'autre, un comme tant d'autre.
Est-ce son unicité qui le rend similaire ?
Est-ce sa similarité qui le rend unique ?

Bonjour et bienvenue dans mon petit monde.
Ici la nuit est blanche et les jours sont noirs.
On y parle de souffrance, de mort, de vie et de joie.
Les rires des enfants et leurs cris sur les mines

Bienvenue dans un monde impur, sans extrêmes ni milieu
Si vous voyez tout en rose, quittez ces lieux.
Si vous voyez tout en noir, quittez ces lieux.

Bienvenue dans l'antre de celui qui aime choquer,
Qui aimer exagérer exprès pour voir les gens réagir,
Qui adore voir les gens pour un rien s'exciter,
J'aime voir dans les regards le dégout et le mépris.

Peut-être suis-je un esprits tordu, incapable de faire le bien,
Mais vous savez, ne me cherchez pas d'excuse, ce n'est pas la peine.
Je ne mérite pas que l'on essaie de rattraper tout ce que j'écris ici,
Parce que je fais tout cela simplement pour le plaisir.

Par delà moi, on va vers les folies banales.
Par delà moi, on va vers les petits souffrances.
Par delà moi, des âmes errantes, perdues sans grandioses.
Par delà moi, plus de justice mais quelques rares réconforts.

Je ne suis qu'une autre porte des enfers,
Mais d'un enfer minuscules, banal, et perdu entre d'autres.
L'enfer que vous voyez toujours ou bien sans cesse ignorez.
L'enfer et le paradis sont partout, regardez tout autour de vous.

Si vous n'aimez pas que des gens soient différents de vous
Si vous ne voyez que des « Autres » qui vous dégouttent dans ceux qui aiment faire penser.
Alors vous ne vivrez que dans une bulle.

Ouverture

Memento Mori

Tu fuis, tu fuis dans la nuit, tu espères survivre,
Tu fuis et tu crains la mort comme tout ceux de ton espèce
Le divertissement ne suffit plus à te protéger de l'angoisse.
Memento Mori, souviens toi que tu vas mourir.

Rien de ce que tu feras ne te protégeras, rien ne te fera survivre.
Comme un programme, tu rencontrera une fois, tu arrêteras de fonctionner,
Ta vie ce sera accomplie, plus rien ne marchera en ton corps.
Tu vivant tu passeras à l'inerte, et seul tes os resteront...

Souviens toi que tu vis, souviens toi que tu ressens,
Souviens-toi que tu souffres, souviens-toi que tu jouis,
Souviens-toi que tu as peur, souviens-toi que tu espères.
Memento Mori, souviens toi que tu vas mourir.

Rien de ta fuite en avant ne te protégeras,
Ton destin fut scellé au moment même ou tu fut conçus.
Simple mélange d'ADN mais mécanique complexe et donc fragile...
Tout se brise, ta vie fera de même. Le jour arrivera, tu le sais.

La vie elle même est le cancer qui te ronge.
Même en pleine forme elle t'aura.
Ne fuis plus, petit enfant, abandonne toi au désespoir.
C'est ce que moi, la grande faucheuse attend de toi.

Memento Mori, comme disait les latins,
Souviens-toi de cette fin qui te sera prochaine,
Tu ne sais pas quand, mais elle arrivera, soit en certains.
Quitte le divertissement et rejoint un monastique désespoir.

Cela fait déjà quelques mois, que tu t'es enfermé,
Ne sortant plus par simple peur d'un accident.
Tu te sens tellement en sécurité, sauf évidemment,
Quand chaque semaine, tu dois aller chercher de la nourriture.

Un simple télétravail, tes clients ne voient jamais ta tête,
C'est vrai, quoi, ils pourraient être de cruels assassins.
Ta paranoïa t'as perdu, tu n'est plus que l'ours dans sa caverne,
Mais qui ne sort qu'à contrecoeur, pour aller chercher pitance.

Mais un jour en te levant, une étrange faiblesse t'avais prit.
Peut être que ta nourriture si sûre n'était pas assez,
Tu t'étais condamné à petit feu, et aujourd'hui je viens.
Moi la grande faucheuse, recueillir ton âme.

Memento Mori, c'est en me fuyant que tu m'as rejoint.

Memento Mori

Quelle importance ?

Quelle importance, les idioties dites par des politiciens ?
Quelle importance, les insultes arriérées de quelques esprits étriqués ?
Quelle importance, les vieux fous qui nous pense jeunes imbéciles ?

Quelle importance, quelques des inscription sur les murs ? Quelle importance, les disputes parce que machin a médit sur truc ?
Quelle importance, les attaques parce que je suis bizarre ?

Je suis blasé d'être blasé,
Je ne sais plus quoi penser.
Je vois le monde a feu et a sang,
Tout espoir s'est brisé depuis longtemps.

Quelle importance, la fatigue de nuits passées devant un écran ?
Quelle importance, la santé foutue à bouffer des cochonneries ?
Quelle importance, l'avenir inexistant suite a des études spécifiques ?
Quelle importance, mes rêves et mes cauchemars ?

Quelle importance, que je sois punk et aime les poney roses ?
Quelle importance, que je ne suis pas un « vrai mec » ?
Quelle importance, si je porte parfois une jupe ?
Quelle importance, que je sois « dépravé » et fasse partie de la « décadence » ?

Quelle importance, que je fasse sans doute exprès de dire fuck à leur principe ?

Je vois même les gens intelligents s'engueuler,
Ne jamais chercher à régler les problèmes, toujours crier.
Je me contente de les regarder de loin, ce ne sont pas mes affaires.
Je n'aime pas me trop me confronter à la connerie de mes soi-disant confrères.

Quelle importance, que je vous sache pas comment dire « je t'aime » ?
Quelle importance, que je n'agisse pas et laisse les choses faire ?
Quelle importance, que je ne bosse pas assez pour des choses qui ne m'intéressent pas ?
Quelle importance, que j'ai du laisser tomber mes rêves depuis longtemps ?

Quelle importance, que je n'aime pas me prendre la tête pour des trucs stupides ?
Quelle importance, si c'est aussi vrai pour ce qui est important ?
Quelle importance, qu’on m’accuse d’être bi juste pour « attirer l’attention » ?
Quelle importance, le fait d'être totalement démondé et du coup presque à la mode ?

Quelle importance, qu'en essayant d'être différent je ressemble à d'autres ?

J'aime la vie, mais tout me fatigue,
A l'exception de quelques activités et quelques potes.
Je suis un de ceux qui sont déjà vieux sans avoir vingt ans.
Je me pense pathétique mais cela ne me fait que marrer.

Quelle importance, qu'un tel soit un peu bizarre ?
Quelle importance, qu'un autre tel me fasse un peu peur ?
Quelle importance, que moi même je me fasse peur ?
Quelle importance, qu'on m'ait déjà fait du mal ?

Quelle importance, des vérités qu’on ne peut connaître ?
Quelle importance, métal ou électro ? Quelle importance, Sonic ou Mario ?
Quelle importance, les fandoms. Quelle importance les fantasmes bizarres ?
Quelle importance, un enfant de 12 ans qui « dénature » un univers ?

Parfois un peu de tolérance ferait du bien.
Les gens aiment se crêper le chignon pour un rien.
Parfois j'aimerais voir ces singes-hurleurs se taire pour de bon.
Parce que souvent cela m'agace de les voir s'agiter et crier comme des cons.

Quelle importance, de laisser une trace ou non dans le monde ?
Quelle importance, de servir à quelque chose ou de ne servir à RIEN ?
Quelle importance, de « gâcher tant de capacité » ?
Quelle importance, ce qui aurait put être mais qui n'est pas ?

Quelle importance, que le monde ne veuille pas de nous ?
Quelle importance, que la société nous laisse nous reclure ?
Quelle importance, qu'on soit des Robinson sur internet ?
Quelle importance, tant qu'on accepte des gens sur notre île ?

Quelle importance, toutes les barrières, les petits ou gros soucis ?
Quelle importance, que je constate tout ça et ne fait rien ?

Quelle importance, si je suis heureux de vivre comme je suis ?
Quelle importance, que je fasse ce poème stupide et égocentrique ?

La-la-la-la-la-la. La-la-la-la-la-la.
La-la-la-la-la-la. La-la-la-la-la-la.
La-la-la-la-la-la. La-la-la-la-la-la.
Quelle importance, l'absence de parole ?

Quelle importance, que le monde se mettent à feu et à sang ?
Quelle importance, que le sol s'effondre sous nos pieds ?

Quelle importance... Ceci ou cela ?
Quelle importance... Tatatatatata ?
Quelle importance... truc ou machin ?
Quelle importance... l'importance de l'importance ?

Quelle importance ? J'en sais rien.

Quelle importance ?

Bienvenue dans le monde de la lune
Monde d'étoile et de noir infini,
Monde de la nuit obscure.
Tout est sombre, tout est mystère,
Monde duquel les gens ont peur,
Univers de Croque-Mitaines
Et de monstres sous les lits.

Mais si la nuit est la période de l'obscure,
C'est paradoxalement l'ère de la vue,
Nous découvrant le voile du ciel,
Voile cachant les étoiles et les planètes,
Comme si la lumière ne nous permettait qu'une vue du proche
Et le noir offrait à notre œil l'infini.

Bienvenue dans le monde de la lune,
Monde des rêves et des cauchemars.
Monde plongé dans la brume des songes,
Ces moments que l'on adore ou que l'on exècre,
Nos espoirs les plus fous et nos pires tourments.
Le noir nous fait oublier l'autour un moment,
Pour nous plonger dans notre propre psyché.

Pour connaître les autres, il nous faut nous connaître,
Autrui est soi et nous sommes les autres.
Si nous ne pouvons nous juger,
Si seul l'œil de l'autre peut nous percer,
A travers la brumes des songes se trouve notre subconscient,
Univers intangibles d'angoisse et de désirs.

Bienvenue dans le monde de la lune,
Monde des rues vides et sombres,
Monde des balades solitaires.
Un petit vent frais me fait frisonner,
Mais au final, je me sens bien,
Un moment parfait pour réfléchir sur l'infini,
Un moment parfait pour rêver tranquillement.

Je ne suis finalement pas si déçu d'avoir loupé mon bus
Personne ne m'attend, je suis seul à l'appartement
Je n'ai pas à me presser, aucune obligation.
Pas de fatigue, seul bonheur d'habitude pourtant négative.
Je marche à travers tant de lieux connus,
Mais que je redécouvre dans le noir...

Bienvenue dans le monde de la lune,
Monde des erreurs, des petits malheurs,
Monde des non-dits, des oublis et des retards.
Rien de cela n'est vraiment grave, vous pouvez les oubliez.
Riez des petits démons du quotidien, détruisez leur pouvoirs.
S'ils ne vous énervent pas, ils ne sont rien,
Vous pouvez les vaincre par un sourire.

Vous n'avez pas besoin d'être un Épicure ou un Stoïciens,
Il vous suffit d'un petit rire, et de vous dire « Tant Pis »
« Je n'ai pas fait ce que je voulais, ce sera pour plus tard »
Le monde n'est pas une horloge parfaite
Un emploi du temps, de comptable,
ou un et un font tout le temps deux.

Acceptez, l'inconnu, l'imprévu, l'absurde et les petits ratés,
Ils font partie du quotidien, et sont les épices d'une vie.

Oraison Nocturne

Dans la nuit aux milles bruits, Dans un monde aux cruautés incessante, Mais bien à l'abri sous mon toit, Je laisse aller mon imagination, A un souhait sauvage, rêvasserie barbare.

Je veux voir le monde brûler, Les villes partir en cendre. Mairies, symboles d'un pouvoir, Églises, tout ce qui est sacré, Je veux que tout cela soit happé par les flammes.

Je ne suis pourtant pas un grand rebelle, Pas un robin des bois des temps modernes, Je connais les injustices mais m'en préoccupe peu, Je vis ma vie sans voir celle des autres, Autres qui me le rendent bien.

Je veux voir la foule devenir braises, Chaque personne devenir flambeau La graisse ne serait plus qu'un inflammatoire Les vies plus qu'un moyen de nourrir le feu Qui chaque jour ravagerait un peu plus ce monde.

Suis-je un fou, suis-je pyromane ? A ne vouloir qu'apocalypse sur la Cité, A ne vouloir chez mon semblable que l'ultime souffrance. Les gens ont toujours voulus m'enchainer, me rétracter en moi, S'ils ont gagné, ils n'auront qu'une victoire à la Pyrusse.

Catharsiques calcinations, L'humanité n'est que tas de carbone... Imaginations salvatrices. Représentations synaptiques de pulsions meurtrière, Qui n'auront court que dans mon psyché.

Un monde de flamme, un monde de braise. Une civilisation qui pensait voir son apogée Désormais plongée dans la déchéances. Verrais-je un jour cela ? Verrais-je le sublime de l'incendie qui emportent vies et foyer ?

Je regarde avec envie mon briquet. D'habitude instrument d'un plaisir au gré d'une vie, Est ce que ma mort lente deviendra pour eux mort rapide ? Sombrerais-je finalement dans cette folie que j'ai toujours voulu contenir ? Laisserais-je sortir les pulsions qui sommeille en moi depuis longtemps ?

Un si bel incendie... Beauté éphémère d'une flamme fatale.

Je ne dois pas sombrer, je ne dois pas sombrer.

Je veux voir le monde bruler, Les villes partir en cendre. Mairies, symboles d'un pouvoir, Églises, tout ce qui est sacré, Je veux que tout cela soit happé par les flammes.

Ne pas sombrer... Ne pas sombrer...

Je veux voir la foule devenir braises, Chaque personnes devenir flambeau La graisse ne serait plus qu'un inflammatoire Chaque âme de ce monde un moyen de nourrir le feu Qui chaque jour ravagerait un peu plus ce monde.

... Ne pas... ... Ne pas...

Catharsiques calcinations. Imaginations salvatrices. Qui n'auront court que dans mon psyché.

Et si ce n'était que mon être Que j'aimerais voir bruler ?

Que le monde brûle

Tu n'es pas seul

Tout est là. Tout est juste derrière toi. La folie, les ombres qui rugissent. Elles attendent. Elles t'attendent. Elles sont patientes, elles savent que tu tomberas.

Tu peux fuir, mais pas te cacher. « Qu'est ce qu'ils pensent tous de moi ? » « Cette personne a l'air agressive, non ? » « Ils me font peur. Je ne peux pas me défendre. » Tu te feras avoir un jour ou l'autre. L'homme est comme ça.

Tu n'es pas seul. Les tambours de la folie te suivent partout. Il n'existe nul lieu ou te cacher. L'être humain est faible. Chaque jour il risque de tomber. Il est tout aussi désorganisé et sans rythme que ces vers. Sans rimes, sans harmonies... inventions puériles.

L'homme aime briser les règles. Ce n'est pas pour rien. Ce n'est qu'un instinct de survie... A force de vouloir cacher ta folie... Tu deviens chaque jour un peu plus fou. Tu accumules et renfermes. Tu enfouis, tu refoules.

Il n'y a pas de thérapie pour toi. Tu le sais. Si tu dis quoi que ce soit, tu es fiché. Chaque bizarrerie est traqué dans ce monde. Tout le monde veut être différents... Mais tous de la même manière.

Tu sens qu'ils arrivent. Tu ne peux rien faire. Tu seras bientôt toi aussi sous mon emprise. Tu sais qu'au fond de toi tu as peur des autres. Tu as peur de tout ces gens que l'on nomme humain.

Ils sont derrière toi. Ils sont derrière toi. Ils sont derrière toi. Ils sont derrière toi.

Tu n'es pas seul