Kazhnuz

Des rats géants.

Des foutus rats géants.

Les soldats regardaient avec un air des plus médusé la menace peu commune, mais néammoins dangereuse, qui se trouvait devant eux. Ils avaient juste eut des des informations comme quoi des bestioles énormes s’attaquaient à la ville. Ils s’étaient attendu à des fauves échappés du zoo suite à la négligence de quelque gardien un peu fatigué, mais s’était rapidement rendu compte que ce n’était pas ça. Et face à eux, c’était des rats tout à fait ordinaire, si ce n’étiat le fait qu’ils faisaient trois mètres au garrot. La menace pourquoi ils avaient été appelé était des foutus rats géant. Et évidemment, la transformation les avait rendu agressifs et les faisait attaquer tout le monde.

Bref, une sacré journée de merde en perspective.

En effet, les créatures se promenaient dans la ville, et plutôt de que suivre tranquillement les chemins de balade, avaient décider que s’attaquer au passant serait une activité parfaite pour des rats mutants. Il y avait déjà un grand nombre de victime, et c’était la panique. Sans compter le plus important : les dégâts matériels. Quelques morts ça allait, mais des frais de réparations, c’était vraiment terrible. En tout cas, une chose était certaines : ces bestioles avaient été rangé dans la catégories des « menaces ».

Ils se demandaient ce qui avaient pu provoquer une telle chose. Était-ce un cours d’un laboratoire du coin ? A leurs souvenirs, il y en avait quelques uns dans le centre ville, qui étudiait un peu tout et n’importe quoi. C’était bien le genre de truc qui pouvait arriver. Tout d’abord, il fallait une expérimentation sur les gênes, que ce soit pour améliorer un truc, avoir plus de bouffe, ou n’importe quelle autre raison que ce soit. Ensuite, il fallait soit une erreur de dosage, soit un membre de l’équipe recherche et développement qui décidait d’un seul coup de se reconvertir en savant fou, et paf, des paramètres étaient changés. Et à cause de cela se provoquait une réaction en chaîne qui finissait par créer des rongeurs mutants géant doté de volontés meurtrières et anthropophages. C’était le genre de truc qui arrivait tout le temps, les expériences qui tournaient mal.

D’autres théories semblaient plus ou moins plausibles : Effet des rejets de produits étranges dans les égouts, animal domestique un peu trop nourri, secte occulte dont le but était de créer des rats géants, ou encore le une quelconque espèce qui n’était pas encore connue à ce jour, et qui avait décidée d’être découverte en plein milieu des rues de la ville.

Ils soupirèrent. En fin de compte, comment cela été arrivé importait peu, pour eux. C’était le travail ensuite de la police, des enquêteurs et du commité de bioéthique de la ville. Eux, ils n’étaient payé que pour tenter de dézinguer la menace… tout en essayant de pas se faire bouffer au passage. Et c’était pas spécialement gagné d’avance.

Bref, une sacré journée de merde en perspective.

Judith déglutit en se connectant à l’unité centrale. Le mécanisme de gestion de la planète demandait le sacrifice d’une personne, qui acceptait d’être relié jusqu’à la fin de sa vie à la machine pour en être le cœur conscient, le maillon humain qui empêchait la planète d’être contrôlée uniquement par la froide logique de la machine. Elle obtenait l’omniscience, l’omnipotence et l’omniprésence à l’échelle de la planète, mais abandonnait à jamais une vie normale. Cependant, peu de gens acceptaient un tel sort, et seule les personnes certifiées comme bonne pouvait l’accepter. Et Judith ne l’avait fait que pour éviter à une amie de le subir.

Elle était allongé sur le lit où elle passerait le reste de sa vie. Sachant que les personnes connectées recevaient des soins qui leur permettait d’atteindre plus de cent ans, elle allait passer dans les quatre-vingt ans accrochée à cette machine. Elle avait peur, mais elle était contente d’épargner à son amie de subir cela. Elle avait déjà pour but de tenter de passer quand même sa vie autour de son amie, telle un ange gardien. Par amour.

Sans un mot, les médecins l’accrochèrent.

Un bruit de cliquetis.

Judith sentit le flot des informations et des données se déverser dans sa tête, directement dans son esprit. Elle était reliée à la machine, elle s’était unie avec le réseaux. La sensation n’était pas un simple accès aux données sur l’univers numérique : elle faisait un avec la planète. Elle voyait chaque personne. Elle sentait sa personnalité se dilaté, mais faisait tout pour conserver son identité. C’était important. Elle devenait fractale. C’était comme si chaque fragment d’elle prenait une forme d’autonomie pour se concentrer sur une partie du monde. Elle était à chaque instant consciente de toute les Judith qui se rependaient sur toute le monde. Elle était partout à la fois, mais tout en restant unique.

Elle était désormais unie à la machine.

C’était une lutte pour conserver sa personnalité. Elle se sentait déchirée de toute part. Elle se sentait perdue dans l’immensité des informations. Elle en savait trop. Il fallait qu’elle trouve un moyen de continuer à exister pour ne pas être emportée à jamais dans le flot de données. Était-ce que subissaient tous ceux et celles sacrifiés à la machine ? Parmi les données qui faisaient désormais partie de ses pensées, il y avait les personnalités de tous ses prédécesseurs. Elle serrait les dents intérieurement : elle voulait rester elle-même.

Cependant, c’était comme si une question pernicieuse faisait désormais parti de son esprit : pourquoi résister, pourquoi lutter ? En effet, ne serait-ce pas plus simple, plus agréable de ne faire qu’un avec la machine. Judith se sentait prête à abandonner.

Cependant, elle ne voulait pas. Elle était Judith, elle était la fille de Clamin et Eveline, elle était l’ainée d’une fratrie, elle était amoureuse de Sarah. Elle avait sacrifié sa vie corporelle pour sauver cette dernière. Elle aimait les fruits sucrés et jouer au sports de ballons. Elle détestait les cours de grammaire mais adorait les math. Judith était une personne, et résisterait. Elle organisa toute les Judith, pour que toujours elles se souviennent d’elle. C’était sa personnalité, c’était son identité qui se propageait dans la machine. Si elle devait se dilater à travers toute la machine, elle ferait en sorte de ne pas se diluer dedans. Ses pensées seraient répétée à travers toute la mécanique virtuelle. Telle un écho qui s’assurait que son esprit ne se perdrait pas, goutte d’eau dans l’océan. Si elle devait tomber dans l’océan, elle ferait en sorte d’être elle aussi un océan entier.

Elle se concentra sur Sarah. Elle était en train de déprimer dans sa chambre, se fustigeant de sa lâcheté. Si elle n’avait pas fuit lorsqu’elle avait été désignée, Judith serait encore une humaine. Elle n’avait même pas pu assister à son intronisation, prise par la honte. Judith se concentra. L’ordinateur de Sarah. Un fichier texte qui apparaissait. Trois mots et un symbole.

« Je suis là ♥ »

#Inktober2017 - Day 26. United

C’était la première fois que Naï se rendait sur Ark’Dulah, ville la plus importante du satellite Galahad 3b. Dans l’ascenseur, il s’était même senti nerveux : c’était la première fois qu’il se rendait sur un astre-océan, et encore plus important, la première fois qu’il se rendait dans une ville sous-marine.

Le scientifique travaillait depuis des années dans le domaine des recherches en technologie cristalline de sa nation, le Conglomérat d’Albion. Il se rendait aujourd’hui dans un colloque dans cette ville, situé sur une planète neutre face aux grands empire multi-planétaire. L’université de cette planète était une référence en manière de technologie cristalline, et il était certaine que ce serait enrichissant. Même si cela voulait dire aller dans une ville située sous des tonnes d’eau. Il eut un frisson en y pensant. Le fait de connaître en quoi les boucliers protégeant les villes sous-marines était entièrement sûr ne suffisait pas à ne pas lui laisser cette peur irrationnelle de finir écrasé sous des tonnes d’eau.

Lorsque la porte s’ouvrit, il eut son premier regard sur la ville sous-marine. Il voyait d’immense bâtiment cristalin qui s’élevait, dans une architecture lui rapellant le gothique, mais dans des tons bleutés. Les tours étaient ouvragées, des petites statues de créatures sous-marines se trouvaient sur les bords des toitures. Et en haut, en guise de ciel se trouvait le bleu de l’océan, légèrement éclairé par les boucliers. Il pensa aux tonnes d’eau se trouvant au-dessus de sa tête et se sentit mal. Et sa sensation ne fit qu’empirer en voyant une immense ombre passer au-dessus des barrières. Cela ressemblait un peu à un poisson, mais il se rendit compte que la créature devait faire plusieurs kilomètres. Il avait déjà vu des gigafaune, ces écosystèmes de créatures dépassant la centaine de mètres, mais jamais en vrai, et dans une situation qui lui semblait aussi effrayante.

Il tenta de se défaire de cette image qui lui venait en tête de la créature qui brisait les boucliers. C’était sécurisé, se disait-il, ils ne peuvent pas ne pas avoir prévu des incidents avec ces bestioles. C’était impossible de ne pas avoir prévu ça. Mais même avec ça, la peur restait, encrée dans un coin de son esprit. Naï détourna son regard pour observer la colonne centrale, dont il était sorti. Cette colonne contenait des centaines d’ascenseurs qui reliait la ville sous-marine à une île artificielle se trouvant à la surface. Plusieurs cascades sortaient de cette colonne, remplissant les différents canaux de la ville. Le scientifique devinait que l’eau ne venait pas d’en dehors du dôme mais était recyclé depuis l’intérieur, mais il se demandait pourquoi diable ils voulaient utiliser de l’eau comme symbolique alors qu’ils étaient coincés sous plusieurs tonnes de ce même liquide.

Prise dans cette pensée, il en fut sorti par un immense bruit, et une vibration terrible. Naï poussa un glapissement terrifié. Les pensées fusèrent dans sa tête. Ça-y-est, c’était la fin, ils allaient tous mourir écrasés par la pression de l’eau ! Il regarda vers le haut pour voir ce qui se passait. La bête qu’il avait vu se cognait contre les boucliers. Cependant, ceux-ci tenaient sans la moindre difficulté, nullement impacté par le choc avec la bête titanesque. L’homme regarda autour de lui. À l’exception de quelques quidams regardait la scène, les passants continuaient leur chemin, nullement effrayés par la situation. Ce qui voulait sans doute dire que c’était courant.

Naï soupira. Il devinait que ce séjour allait lui sembler long…

#Inktober2017 - Day 4. Underwater

Devant toi, une infinité de lignes, qui fondent à travers l’espace, vers un horizon obscur. Des lignes qui s’entrecroisent, se séparent. Chaque ligne est un univers, et tu sais qu’à l’intérieur de chacune de ces lignes se trouve une infinité de fils de vie, chacun commençant et se terminant en un point d’une des lignes de monde. Chacun se divisant à chaque ramification d’univers. Une même personne, dispersées sur une infinité de temporalités et de possibilités.

Devant toi, des mondes exactement comme le tien, qui semblent étrangement identique à celui d’où tu viens. Quelques petits détails qui diffèrent… où peut-être pas ? Un monde qui pourrait être le tiens, mais qui ne l’est pourtant pas. Cette personne, existait-elle ? Cette action, est-ce qu’il s’est véritablement déroulée comme cela ? Comment est-ce qu’à bien pu se passer cet événement du passé dont on ne sait pas grand-chose ? Chaque fragment d’action qui diffère suffit à créer un univers qui est différent de celui d’où tu viens.

Devant toi, une infinité de futur possible, de présent possible et même de passé possible. Une infinité d’uchronie. Où un événement aurait pu faire sombrer le monde vers quelque chose de différent. Vers un autre monde. Et si l’Empire Romain avait pu trouver une structure stable lui permettant de continuer à exister ? Et si Hitler était mort dans sa première tentative ratée de Putsch ? Et si les grandes révolutions ne s’étaient jamais passée ? Et si l’URSS n’était pas tombée ? Et si Christophe Colomb avait coulé ? Et si…

Devant toi, une infinité de futur possible, par rapport à ton présent. De quoi sera fait demain ? Quels sont les facteurs, dans l’infinité d’événement que vit le monde aujourd’hui qui influeront de ce que sera le monde dans lequel tu continueras ta vie, dans lequel les enfants qui naissent aujourd’hui vivront ? Est-ce que tout est joué d’avance, ou est-ce que la contingence et ses accidents, dans leur infini ironie, propulseront ton univers vers un futur que nul n’aurait pu deviner ? Est-ce que lorsque tout semblera aller pour le mieux, un coup du sort, un crime, un coup d’état, l’action terrible de ceux qui veulent imposer leur puissance feront naître un sombre destin ? Est-ce que lorsque tout semblera aller pour le pire, un coup de chance, une découverte, des idées, l’espoir de chacune des destinées qui constitue ce monde feront naître un futur plus radieux ?

Devant toi, une infinité de mondes aux règles toutes différentes. Des mondes qui ne fonctionnent pas selon les mêmes lois que le notre. Univers qui pourraient sembler imaginaire, mais qu’un pacte te fait accepter quand tu les lis. Magie, mystique, divinités… tu acceptes tout cela, combien même ils ne te semblent pas être présent dans ton monde, à condition que le monde reste cohérent. Tu suspends ton incrédulité et tu acceptes l’étrange implicite que contient cette histoire : quelque part, au milieu des infinies possibilités du multivers, pourrait se cacher le monde qui t’es décrit. Un fin fond d’un des mondes possibles, se trouverait la fantasy, les créatures mythiques et les orques. Ces épopées épiques seraient celles de mondes qui existent, quelque part à travers cette infinité des fils des Moires des mondes.

Écrivains et lecteurs, voici la mer dont vous êtes les navigateurs, voici les cieux que vous traversez avec vos aéronefs de verbes. Voici les terres que vous explorez, terres d’hypothèses où chaque possibilité peut exister, où vous pouvez découvrir chacune des ramifications des questions que vous vous posez, qui s’étendent pour former des lieux, des intrigues et des êtres.

Oyez ce discours, celui d’un de ces nombreux passeurs. Mais vous en êtes aussi un, à chaque fois que vous vous imaginez comment quelque chose a ou aurait pu se passer, à chaque fois que vous vous questionnez, à chaque fois que vous vous poser la simple question « et si ? », à chaque fois que vous imaginez comment le monde pourrait être. Toute histoire est avant tout une question. Une question qui fait naître un univers. Qu’il te paraisse possible où non, il existe quelque part, dans cette infinité de probabilité. À chacun de ces instants, tu es navigateur, tu es explorateur.

Soyez tous bienvenus dans le véritable multivers, celui de la pensée et des histoires. Maintenant, c’est à vous d’écrire la suite de cette histoire.

De ces histoires.

De vos histoires.

1. Introduction

100TC - 15. Silence

Il se réveille. Il ne voit autour de lui qu’un noir d’encre, et n’entend qu’un silence absolu.

Il est dans la chambre. Il le sait.

Aucun son. Il ne voit rien. Il ne sent même pas la position de son corps. La température est indéfinissable. Aucune odeur. Il ne sent pas le sol. Rien. Qu’est-ce qui lui prouve qu’il existe encore ? Rien. A-t-il un indice qu’il n’est pas piégé à l’intérieur de son propre esprit ? Rien. Est-il ne serait-ce que sûr que son corps existe encore, quelque part ? Non.

Mais le silence devient son. Un vacarme. À chaque inspiration, il entend l’engouffrement de l’air à travers les trachées, le bruit de ses bronches qui se remplissent, ses poumons qui se déplient tirés par le diaphragme. Il entend le torrent de son sang dans ses veines, les battements sourds de son cœur, le grondement de son estomac. Tous ces sons, il les entend aussi distinctement que si quelqu’un parlait à vive voie devant lui.

Le vacarme de la veine qui palpite contre ses oreilles est insupportable. Il devenait son. Du silence total était né une cacophonie, qui lui vrille les tympans.

Il tente de bouger. Il n’est même pas sûr des gestes qu’il fait. Tente-t-il de nager jusqu’à un rebord ? Il n’est même pas certain de si sa tête était en haut ou en bas.

Il voit un mouvement de l’ombre. Quelqu’un est là. Il en est sûr. Quelqu’un qui voit et qui s’amuse. Il sent un contact. Sur sa gorge. Quelqu’un l’attaque-t-il ? Il se souvient. Il se rappelle de la main qui voulait l’étouffer. Des paroles après coup. « C’était pour rire ». Parce que faire semblant de tuer quelqu’un peut être un jeu, maintenant. Il se souvient de la peur. Ça va recommencer. Il le sait. Il voit encore plus de mouvement dans l’ombre. Son esprit tente de rationaliser. C’était le passé. Ce n’est qu’une hallucination. Il n’y arrive pas. Il continue de sentir des contacts. Sur tout son corps. Porte-t-il seulement des vêtements ? Il a peur, il veut que ça s’arrête.

Ce n’est pas possible qu’il soit son seul danger ici. Quelqu’un doit être là. Quelqu’un qui lui veut du mal. Ce n’est pas possible qu’on se contente de le laisser seul. Il va se faire torturer physiquement. Il ressent une douleur. Est-ce que c’est sa peur qui fait ça, ou est-ce que ça se passe vraiment ? Il est certain que cela arrive vraiment.

Il tente de parler. S’il entend sa voix, la terreur et la douleur pourront se dissiper. Rien. Pourquoi ne peut-il pas parler alors qu’il entend sans arrêt le bruit assourdissant de son corps ?

Il se débat. Il commence à supplier. Il veut sortir, il est prêt à tout. Il sent la panique qui monte de plus en plus, il sent la douleur qui devient de pire en pire. Il sent des coups sur son corps. Est-ce en débattant qu’il se frappe lui-même, ou se fait-il battre ? Il tente de crier, il sent qu’il hurle à en déchirer les poumons, mais jamais un cri.

S’il savait ou était sa gorge, il tenterait de terminer tout cela. Mais il n’arrive pas à coordonner ses mains. Il veut juste que ça s’arrête.

Un déclic.

Il tombe lourdement sur le sol et ressent une douleur aiguë. Il sent qu’il est tombé sur son bras. La lumière l’éblouie, mais il tente d’ouvrir les yeux. Enfin de la lumière ! Il entend des bruits de pas, qui lui semblent être de véritables coups de tambour. L’odeur de l’air frais qui rentre envahi ses narines.

Il lève les yeux.

Un homme. L’air dur.

À la fois son bourreau et son sauveur.

« À partir de maintenant, tu te tiendras correctement. »

15. Silence

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