Kazhnuz

Thalassa regardait fièrement la mer des nuages être fendue par la coque de son navire. Le fier vaisseau, ouvrage de centaine d’ouvrier de son peuple, était ce qui leur permettait d’aller plus loin à travers l’immensité du vide. Il y a des siècles, ils avaient été abandonnés ici par le peuple qui les employait comme colons. La planète, avait été déclaré comme non-viable par le sénat solaire, et ce après trente ans de colonisation, et malgré les dizaines de milliers d’habitants qui y vivaient déjà.

Et les quelques humains et zoomorphes employés par le système solaire avaient été abandonné ici, devant se débrouiller pour survivre sur les îles flottantes qui parsemait la couche haute de l’athmosphère. La vie était dure. Il fallait réussir à vivre dans une atmosphère empoisonnée, et miner l’oxygène dans des poches d’air respirable, située à la surface de la planète, là où la pression était trop forte pour y vivre. C’était une entreprise périlleuse, puisqu’il fallait traverser une mer de nuages plongés dans un orage permanent, et réussir à surveiller les tubes et lutter contre les éléments et la piraterie. Avoir des réserves d’air personnelles étaient un luxe que peu pouvaient se permettre, la plus grande partie du peuple devant vivre dans les espaces communs en faisant des travaux pour la communautés, n’ayant des bouteilles d’oxygène que quand on les envoyait travailler dehors.

Sans technologie du système solaire, sans l’accès aux savoirs de la planète-mère, chacune des colonies étaient coincé sur leur île, devant lutter pour survivre.

Mais ces navires flottant étaient l’espoir d’un monde meilleurs. Mélange entre les navires et les ballons dirigeable, ces vaisseaux étaient capable de relier un continent à un autre. Thalassa était en train de réaliser la première liaison entre les deux plus grande capitales. Cela faisait plus de 600 ans que tout contact était impossible entre les deux. Elle avait hâte de rejoindre sa destination. Ce serait le début d’une nouvelle ère, la fin de l’âge sombre. Thalassa imaginait les possibilités : en unissant leur forces, ils pourraient automatiser les stations de récupérations de l’air pur, et partager leurs connaissances pour construire des moyens de le purifier. Toutes la planète, unie pour améliorer leur condition de vie.

Mais surtout, c’était une vengeance symbolique. La preuve qu’ils pouvaient se débrouiller sans le Système Solaire. Ils les avaient considéré comme une ressource qu’ils avaient le droit d’abandonner quand celle-ci devenait trop coûteuse ? Maintenant les habitants de la planète prouvaient qu’il n’avaient pas besoin d’eux. Ils atteindraient d’eux même à nouveaux les étoiles, et prouveraient à l’univers entier les agissements de la Terre. Au fond d’eux, ils espéraient même que l’empire ancien des humains s’était effondré. Tant pouvait s’être passé en 600 ans !

Thalassa regardait fièrement la mer des nuages être fendue par la coque de son navire. Toute sa vie, elle avait travaillé sur ce projet. Toute sa vie, elle avait attendu le jour où les habitants de sa planète pourraient à nouveaux être réunis. Toute sa vie, elle l’avait destinée à permettre le début d’une ère nouvel. Ce premier voyage serait le début d’une grande série. D’ici quelques années, ce serait une liaison régulière qui serait faite entre les deux villes. D’ici quelques décennies, les cieux seraient remplis de ces bateaux volants.

Thalassa était contente. Ils avaient pu se relever de leur abandon, même si cela leur avait mis des siècles, et étaient en train de construire tous ensemble une ère nouvelle. Une époque d’infinies possibilités s’ouvraient à eux tous.

« Les gardiens, comme vous savez, sont les garants d’un bon équilibre entre les deux mondes. Depuis la mort de Merlin et la fondation par cinq de ses disciples de l’Ordre, ils se sont occupé de baisser les ingérences de la magie sur Terre, et les ingérences des états terrestre sur la Contre-Terre, jusqu’à ce que notre existence deviennent un secret pour les terriens. Ils sont la barrière contre la prédiction la plus funeste qui a été faite : La guerre entre les deux mondes. »

Tobias s’approchait silencieusement dans la nuit, se remémorant les cours qu’il avait à l’université. Il portait encore son uniforme. Ses longs cheveux encadraient son visage à l’air particulièrement calme, éclairé cependant par ses yeux, qui luisaient légèrement comme à chaque fois qu’un être vivant utilisant la magie. Rien ses manières ne montrait la fureur qui l’habitait.

À l’origine, tout indiquait Tobias comme un futur rat de bibliothèque, entrant dans l’Académie, et étudiant les arts magiques. Tout, sauf un de ses désirs : améliorer le monde. Tobias aurait aimé être l’un des engrenages d’un mécanisme qui encouragerait le meilleurs, qui aiderait à produire un plus beau monde. Alors il s’était engagé chez les gardiens, était devenu plus fort et plus puissant. Il aurait voulu être l’une des clefs qui ouvraient la porte de la paix, il aurait voulu sauver des vies et aider des gens. Et c’est ce qu’il faisait. Tout aurait dû être pour le mieux.

Il glissait silencieusement dans les geôles. Infiltrer le bâtiment avait été un jeu d’enfant, il avait passé des jours à placer une malédiction en ces lieux pour réussir à endormir tout les gardes. Un véritable travail d’orfèvre fait en but de son attaque. Sa véritable mission allait pouvoir commencer : libérer ceux qui le suivaient. Jamais il n’aurait cru qu’il rentrerait dans la clandestinité. Il avait toujours été le premier de la classe. La personne sage et obéissante. Mais un jour il vit l’injustice profonde de son ordre. Une jeune femme de la Terre, qu’il ne connaissait absolument pas, ne voulu pas que son fils lui soit prit par son époux pour entrer dans l’ordre des gardiens sur la Contre-Terre. Quand celle-ci commença a évoquer la possibilité de révéler le secret, son époux monta alors tout un complot des plus terrible. L’homme enleva leur enfant, et disparu en emportant avec lui de la mémoire de sa femme tout souvenir de lui et leur enfant. Il fit croire au monde entier qu’elle avait perdu la raison et avait tué son époux et son enfant. Pour satisfaire les ambitions qu’il nourrissait envers son fils, cet homme avait détruit la vie de sa propre femme. Tobias avait remué ciel et terre pour qu’une sentence soit appliqué.

Mais le gardien était vu comme un héros, et toujours des excuses lui avaient été trouvées. Alors Tobias était allé plus loin, il avait quitté les gardiens. Si le secret entre les mondes était destiné à tuer et à détruire des vies, il fallait alors y mettre fin. Il avait commencé de manière légale. A faire porter son discours. Utiliser sa colère de manière rationnel. Mais petit à petit, tout était fait pour réduire au silence ceux qui ne voulaient pas du statu-quo. Alors son groupe entra dans la clandestinité.

Alors il se mit à combattre.

Arrivant devant les cellules, il récita son sortilège savamment préparé. Il avait passé des semaines à préparer cette évasion. Celles et ceux qui avaient décidé de le suivre avaient été capturé lors d’une bataille contre le magicien qui avait causé le début de toute cette histoire. Contre cet homme prêt à trahir sa propre femme et à détruire sa vie. Cependant, si Tobias avait surpassé son ennemi, tout cela avait été guet-apens, et ils avaient été capturé. Le rebelle avait dû attendre son heure dans l’ombre.

Mais désormais, ils fuyaient dans la nuit, loin de la prison et de ses gardes ronflants. La fureur de Tobias pourrait alors continué, tourné entièrement vers un objectif : arrêter à jamais les injustices et les horreurs faites au nom du secret de l’existence de la Contre-Terre.

#Inktober2017 - Day 18. Furious

Celia avançait avec difficulté dans les vallées. Cela faisait déjà plusieurs jours qu’elle était au fond de cette vallée, se dirigeant vers le monastère qu’on lui avait indiqué. « Au bout de la vallée, Après la statue ». L’ancienne aventurière avançait parmi les roches et les herbes hautes, faisant attention aux serpents et autres dangers de la montagne. L’ascension était pénible et difficile.

Arrivée au bout de la vallée, elle comprit qu’elle n’était pas très loin de son objectif. Une immense statue de roc brut, qui montait jusqu’au flanc des deux montagnes qui entourait la voyageuse, se dressait devant elle. Ce qu’elle représentait était pourtant simple : Juste une femme, qui portant un grand châle. Une figure presque fantomatique, peut-être une déesse ancienne ou une incarnation de la nature. Mais même si cette représentation ne surprenait en rien, cette statue la surplombait comme jamais une statue ne l’avait faite.

Quel âge avait cette colossale femme de roche ? Celia n’en avait aucune idée, mais les plantes et l’érosion semblait indiqué un age très ancien. Célia se prit à se demander comment cette statue avait pu voir le jour. Était-ce creusé dans le roc, avaient-ils amené ici la matière première ou avait-elle était creusé à partir de la vallée ? Elle n’avait ni les moyens, ni les connaissances de savoir à coup sûr les réponses. Mais cela n’empêchait pas les questions de venir et de se bousculer dans sa tête. Était-ce ne serait-ce que possible pour un peuple ancien de construire une telle chose ? Sur combien de temps ?

Toute la journée, Célia fit des hypothèses sur cette femme, cherchant à percer le mystère de cette statue.

Était-ce le travail de tout un peuple, rendant hommage à une cheffe qui les avaient protégés d’un clan ennemi ou d’une menace quelconque ? Sur des générations, ils avaient creusé la montagne ou un mégalithe pour créer cette statue, mué par leur envie de rendre un hommage postume. Était-ce la représentation d’oracles, de femmes mystiques en communion avec les esprits qui avaient livré à leur peuple des secrets cachés et des prédictions qui les avaient sauvés ? Un monument à ces femmes désormais anonymes, mais qui resteraient vivante grâce à cette création de roche brute. Une manière pour elle de ne pas tomber dans l’oubli.

Était-elle plus ancienne ou plus récente que le monastère ? Avait-elle veillé sur les moines, telle une mère de toutes celles et ceux qui priaient ici. Était-celle dont ils imploraient la protection, quand les sombres nuages de la fatalité semblaient s’abattre sur eux ? Était-ce à elle qu’ils attribuaient les guérisons miraculeuses, les coups de chances et les instants de bonheurs ? Était-ce elle que de jeunes couples en besoin d’enfant venaient voir, telle les déesses de la fécondité de jadis ?

La nuit tombait. Celia devait quitter ce colosse, cette statue, cette déesse ancienne, cette incarnation de la nature, cette cheffe, cet oracle, cette mère du monastère, cette divinité de la fécondité. Elle se sépara d’elle comme d’une vieille amie, se promettant d’y retourner pour la voir le plus régulièrement possible.

Elle n’était pas plus avancée qu’avant ses réflexions sur la vérité sur cette statue. Mais peu importait. Cette statue était désormais pour elle l’entrée vers un nouveau pas de sa vie, et sa compagne d’un moment de rêverie et d’imagination. La véritable histoire importait peu face à ce que lui avait fait vivre la simple vision et les questions que cette statue géante.

#Inktober2017 - Day 10. Gigantic

« Et toi, dans quel camp tu es !? »

Nicolas n’aurait jamais pensé que son retour au monde, sa renaissance se serait possiblement le théâtre de la fin d’un monde.

Hier même, une simple phrase lui avait semblé être la plus belle du monde : « tout est en règle, vous pouvez sortir ». Il avait écouté avec calme et attention toutes les conditions de son droit de sortie : Pas trop de sel, pas trop de sucre, surtout pas d’alcool et de tabac, et pas d’excitation. Il avait accepté chaque injonction, et même l’idée de retourner au lycée lui avait parue superbe, malgré l’épée de Damoclès qu’était le rattrapage de leçon. Il n’avait eut qu’une hâte : quitter ce lieu. Il avait souhaité retrouver le monde, son monde, qui n’aurait jamais dû se réduire à une pièce et au bruit régulier de machine.

« Et toi, dans quel camp tu es !? »

Nicolas avait toujours été dans le même groupe d’ami depuis son enfance. Il s’y sentait bien, et c’était un peu son univers. Il n’était ni très connecté, ni très sociable, et se sentait donc à l’aise d’avoir ce petit groupe qu’il pouvait retrouver. De ce fait, il avait été impatient de les retrouver, n’ayant eut des nouvelles que de ceux qui lui avaient envoyé des textos pour lui tenir compagnie. De longues discussions sans queue ni tête, dont il savait qu’une partie des messages avaient été envoyés au nez et à la barbe d’un professeur pas assez attentif. Il avait attendu avec impatience la première journée de cours, la première récréation.

« Et toi, dans quel camp tu es !? »

Dès le début de la journée, il avait commencé à comprendre que quelque chose n’allait pas. Les félicitations étaient sincères et chaleureuses, les blagues sur sa victoire héroïque pleine de virilité sur les terribles clans infectieux avaient fusée. Mais à côté de ses rires, il avait sentit la gêne et la tension. Ses amis ne discutaient pas entre eux, juste avec lui.

Il avait demandé si tout allait bien. La guerre fut déclarée.

D’abord, juste quelques remarques sarcastiques. Des réponses acides. Visiblement, une trahison de confiance. Et finalement, virent les mots et les cris. Les insultes.

« Et toi, dans quel camp tu es !? »

Ces mots étaient à la fois une attaque, une menace et une insulte. Une attaque envers lui, qui avait juste écouté les récits contradictoires sur l’effondrement de son groupe d’ami. En lui demandant de prendre position, on le plongeait sans ménagement dans cette situation. Une menace, parce qu’il savait très bien qu’ils ne lui demandaient pas avec qui il serait ami – mais avec qui il allait être brouillé. Et une insulte, parce qu’il lui demandait de designer un coupable et un innocent sans rien savoir de la situation.

« Et toi, dans quel camp tu es !? »

Cette phrase marquait la rupture, la fin de son monde. Le groupe d’ami n’existait plus, il n’y avait que deux clans ennemis, et il ne pouvait se résoudre à en trahir l’un pour rejoindre l’autre. Il ne savait pas. Et il savait que dans ce genre de conflit, ne pas choisir n’allait pas lui permettre de garder de bon contact avec les deux groupes.

Il avait le choix entre décider arbitrairement de qui il voulait perdre, ou perdre tout le monde.

#Inktober2017 - Day 2. Divided

Quand j’étais petit, j’ai régulièrement fait ce même cauchemar. Je courais, j’essayais d’éviter quelque chose, mais je ne faisais qu’allez de moins en moins vite. La lenteur me prenait, et j’avais l’impression que tout ce que je voyais au loin, tous les moyens de fuite étaient inaccessibles. Peut-être était-ce pour cela que je n’aimais pas trop courir, peut-être était-ce juste de la paresse.

Cependant, la vitesse gardait quelque chose d’attirant, malgré les faibles capacités de mes jambes. Être rapide, ce n’était pas simplement être dans une grosse voiture et jouer de l’accélérateur, non. Ce n’était non plus un intérêt pour les sportifs, qui à travers entraînements intensifs et produits chimiques avaient fait de leur vitesse leur métier. C’était rendre accessible ce qui était trop loin. C’était également la souplesse et la fluidité. Ce n’était pas temps la vitesse d’une fusée Ariane que ces mouvements souples et rapides qui en devenaient presque invisibles. Était-ce une attirance personnelle, où faisait-ce partie de ces nombreux fantasmes de l’enfance ?

Quand on est enfant, on court tout le temps. Il faut dire qu’on aime pas trop attendre. Courir, être rapide, c’est aussi le moyen de baisser la terrible, la funeste attente. On traîne des pieds pour éviter ce qu’on ne veut pas, mais on court vers ce que l’on veut. Même si ce n’était pas trop ce que je préférais, il m’arrivait de courir dans tous les sens quand j’attendais quelque chose. On nous dit d’attendre cinq minutes – c’est-à-dire une éternité. Mais nous, ce qu’on veut, c’est la suite. Mais ce n’était pas que de l’impatience. C’était aussi des sensations.

Dans la voiture, j’aimais par-dessus tout ouvrir la vitre. Je sentais le vent s’engouffrer, ébouriffer mes cheveux. D’un seul coup, je n’étais plus dans un véhicule incroyablement plus rapide que ma marche a pied, mais je faisais moi-même partie de cette sensation. Je regardais dehors, sur le côté de la route. J’imaginais quelqu’un avançait sur ces obstacles, ce jeu classique de l’enfance. Chaque élément du décor faisait alors partie de cette chorégraphie fantasmée, de ce ballet de mouvements imaginaires d’un personnage inexistant à travers des obstacles physiques. Un saut pour éviter un rocher, un tournoiement habile pour passer à travers une branche. Des flexions successives autour des poteaux qui défilaient à toute vitesse. À travers, ce jeu classique de l’enfance, c’était ce même attrait des mouvements rapides et souples, de la vitesse qui jouait.

Et le mieux, c’était d’avoir son propre véhicule. S’allonger sur une chaise de bureau – que dis-je, dans un fier et somptueux char – et courir pour se laisser emporter par l’inertie. On devenait d’un coup des fusées, capable de parcourir des distances incroyables, tels qu’un couloir et quelques salles. Se mettre sur un tourniquet, s’y accrocher pendant que des camarades le tournait. Dans ces moments, on était grisé par la vitesse. Dans ces moments, des sensations que l’on ne rencontrait pas dans la « vraie vie ».

Peut-être était-ce aussi ça : un des nombreux échappatoires que nos jeux et nos fantaisies nous offraient face à cette affliction qu’était le quotidien. Un de ces moments où il n’était plus question d’algèbre et de grammaire, de questions compliquées « réservées aux adultes » mais d’expériences et de plaisirs.

#Inktober2017 - Day 1. Swift

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