Kazhnuz

Les rues d’habitude toujours propre et parfaite de la capitale étaient en ruines. En plein centre de la ville se trouvait le cœur de la corruption. Elle avait déjà envahi tout le pays et s’étendait sur la planète entière. Des vents chargés d’une énergie incohérente et incontrôlable balayait tous ceux qui voulaient résister. Les maisons anciennement blanche et lisses n’étaient désormais plus que des gravats, et plus rien en restait de la grande cathédrale du Grand-Ordre, principale religion du pays. Au cœur de ce lieu se trouvait l’apôtre de la corruption, celui qui avait reçu l’accès au pouvoir terrible du dieu ancien qui était à l’origine de cette calamité. Celui qui par un simple pacte avait réussi à mettre en danger le monde, puis à libérer l’entité maléfique dans ce monde. Celui qui avait obtenu le pouvoir de briser la logique et la cohérence. Celui qui avait accepté d’être la porte d’entrée du monstre qui dévorait les réalités.

Ismaël regardait le désastre, l’épée en main. Le guerrier avait été nommé pour diriger le combat contre l’entité. Quand il avait été tout petit, des êtres entièrement masqués par une armure blanche étaient arrivés en expliquant l’existence du dieu ancien, et que son mouvement se dirigeait vers ce monde. Ils avaient alors confié armement et connaissance pour le combattre. Ils avaient aidé à mener l’évolution du pays, que ce soit technologiquement, socialement et même moralement. Ils avaient préparé la bataille. Pendant des années, l’apôtre avait été recherché, en vain. Jusqu’à ce jour.

Ismaël, lui, avait suivit l’entraînement. Les êtres aux armures blanche l’avait nommé « héros ». Il n’avait pas d’épée spéciale, par d’arme légendaire. Juste un bracelet qui lui permettait de pénétrer dans l’être maudit, en formant une légère barrière dorée autour de sa peau que seule la corruption ne pouvait pénétrer. Ce qu’il allait faire. Tous ses hommes étaient dispersés dans la ville, tentant de combattre les monstres créés par l’apôtre, et de ralentir l’arme. Lui, il devait aller affronter l’apôtre. Le guerrier se mit à courir, et plongea volontairement à l’intérieur de la corruption.

À l’intérieur de la corruption, le liquide noir qui le composait était désormais invisible. Il se trouvait dans les rues du quartier populaire de la ville, pourtant bien loin, hors de la zone d’influence de la créature. Il y marcha, traversant les rues entièrement désertes, comme figée dans le temps. Les papiers d’habitude transportés par le vent restaient en l’air, bloqué dans un moment. Ce n’est qu’après quelques minutes de marche qu’Ismael se rendit compte que toutes les couleurs du lieu semblaient avoir disparue. Lui, pourtant, avait encore toutes ses couleurs. Était-ce la créature qui tentait de lui faire passer un message ?

Les rues étaient bien différentes du cœur de la capitale dont il avait vécu toute sa vie, et des riches campagnes du nord du pays. La crasse était partout. Les poubelles étaient renversées. Quelques maisons étaient à moitié détruites et à l’abandon. Ismaël ne sut jamais combien de temps il avait marché. Sans soleil dans le ciel, sans mouvement autre que les siens, il lui était impossible de constater le temps qui passait. Cependant, il était sûr qu’il avait passé un bon moment à errer dans les rues, avant de voir une autre personne dans les rues.

Une petite fille crasseuse avec un ballon.

Elle était habillée d’une vieille salopette déchirée et d’un tee-shirt, quelques anciennes blessures formaient des croûtes et des cicatrices sur ses bras. Elle le regardait avec des yeux partagés entre de la peur et de la méfiance, et serra son jouet contre elle, comme si le guerrier allait lui voler. Celui-ci était surpris de voir une autre personne que lui dans les rues.

Ismaël demanda à la petite fille son prénom, et ce qu’elle faisait ici. Il se posait des questions. Comment une petite fille pouvait se retrouver ici ? La seule théorie probable lui semblait invraissemblable.

— Pourquoi maintenant d’un seul coup vous vous intéressez à moi, vous autres ? Demanda-t-elle avec de la rancœur dans sa voix. Je suis ici chez moi, c’est à vous de partir, je ne veux pas vous voir.

Ismaël pressentit le danger et se jeta en arrière. Il esquiva de justesse deux bout de mur qui avaient tenté de l’attraper, tel des mains de brique et de mortier. Si la petite fille avait le pouvoir en ces lieux, cela ne pouvait vouloir dire qu’une seule chose : Elle était la clef qui avait permis à toute cette puissance de venir dans leur monde. Cette petite fille était l’apôtre.

— Vous êtes tous méchants ! s’écria-t-elle. Vous nous avez toujours tous laissé tout seuls ! Quand on pleurait, jamais vous vous êtes arrêtés. Pour vous, on est rien du tout !

Un jet d’énergie fondit sur le guerrier, qui pu le dévier avec son épée. Si la puissance corruptrice ne lui faisait rien en elle-même, la quantité d’énergie pouvait toujours le blesser ou pire encore. Cependant, techniquement, son ennemi n’était pas bien dangereux pour lui. Ses attaques étaient basiques et il voyait les arriver très facilement. Elle n’était pas du tout une combattante. Juste une petite fille avec des pouvoirs extra-ordinaire.

Le guerrier esquiva encore quelques attaques. Il n’osait pas l’attaquer. Avec son arme, il pouvait sérieusement la blesser. Et il ne pouvait tuer un enfant, même si cet enfant était la porte d’entrée d’un dieu maléfique. Il devait trouver un autre moyen. Il voyait dans les yeux de cette petite la même détermination bornée qu’il pouvait voir dans celle de ses propres enfants parfois.

Parce qu’en fin de compte, il comprenait les raisons pourquoi la petite fille avait pu être « manipulée » par la puissance de la corruption. Ce monde la rejetait, elle et les siens. Ils n’étaient pas simplement des intrus, ils étaient ce que le monde ne voulait voir. Cette petite fille n’avait pas été visé en particulier par les partisans de la corruption. Ils avaient juste cherché quelqu’un qui aurait assez de ressentiment et qui pourrait vouloir de la puissance. Qui sait ce que pouvait être ses plans avec autant de pouvoir. Se venger, construire un monde meilleur ? Tel était le pouvoir de Tav. Tel était le pouvoir du dieu maudit. Sa conscience avait été détruite, mais sa puissance immense était assez pour pouvoir influencer les esprits. Ils suffisaient que des gens avide découvre l’immensité de ses capacités, et ils devenaient les portes-paroles du diable. L’être maudit ne pouvait pas manipuler par lui-même, mais ceux qui voulaient exploiter son pouvoir le faisait à sa place.

— Je dois terminer tout ça, déclara avec conviction le guerrier à l’apôtre. Je te promet que dès que j’en aurais fini avec ce combat, ma lutte sera dédiée à rendre ce monde meilleur, à faire en sorte qu’il puisse te donner envie de vivre dedans.

La jeune fille ne répondit rien. Il devinait qu’elle n’avait pas confiance en lui. Il s’approcha d’elle, déviant ses attaques avec son épée. Quelques tirs le touchaient, il se concentrait seulement sur ceux arrivant trop vers les organes vitaux.

— Seul le temps pourra te montrer la sincérité de mon engagement, continua-t-il. Mais je te promets que je ne serais pas le seul à le construire. Que ce sera un travail d’équipe, un long trajet commun pour que nous n’abandonnions plus les « petits enfants sales » dans les rues.

Il la regarda. Il regarda son bracelet. Il devait faire vite, il n’aurait que quelque seconde.

— Et je te promets que tu pourras superviser tout ce que je fais.

Il retira subitement son bracelet. La corruption commença à entrer par toutes ses pores. Ce fut comme si une douleur intense et lancinante le traversait. La petite fille fut surprise. Que voulait-il faire, et pourquoi était-il prêt à souffrir pour elle ? Serrant les dents, il accrocha le bracelet à la petite fille. D’un coup, sa peau s’illumina d’une lumière dorée. La barrière que la corruption ne pouvait traverser entourait sa peau. Cependant, elle ne protégeait pas la petite fille de la corruption. Mais le monde entier de la corruption qui provenait de la petite fille. La porte du dieu maudit venait de se refermer.

Le monde autour d’eux commença à se dissiper. Le dieu ne pouvait plus rentrer dans le monde, et la corruption qu’il avait produite était dispersée très vite par les vents. Ils revenaient vers le monde réel. Ensemble. Ils sortaient des douleurs passées pour se diriger vers le futur qu’ils construiraient. Il devinait qu’il allait devoir fortement surveiller la fillette au début. Mais il avait confiance.

Il voulait donner à cette petite fille crasseuse avec un ballon une seconde chance de ne pas devenir celle qui provoquerait la fin du monde.

C’était un jour normal pour Gaël. Le jeune humain aux implants bioniques se promenait dans les rues protégées de la capitale du continent Antarctique, le Pôle Sud. Depuis qu’il avait du avoir la mécanisation complète, le jeune homme s’habituait non sans quelques difficultés à son nouveau corps. Cependant, les nouvelles possibilités lui semblaient impressionnantes. Il avait hâte de tout essayer. Il se dirigea comme à son habitude vers son disquaire préféré, et commença à regarder les disques.

Et c’est en ce jour ordinaire que l’évènement arriva. Gaël commença par se sentir plutôt mal. Il ne comprenait pas trop ce qu’il lui arrivait. Cependant, ce fut comme si une phrase résonnait dans sa tête, ou plutôt, était implémenté dans ses composants bioniques.

« Il est temps de retourner à la réalité »

Et ce fut à ce moment précis que la lumière qui éclairait le monde s’éteignit. Seul existait désormais une nuit perpétuelle. Les yeux artificiels de son nouveau corps avaient cessé de fonctionner.

Gaël paniqua. Autour de lui, il entendait des sons entremêlés, mais ne pouvait pas regarder pour en identifier visuellement la cause. Qu’est ce qui avait fait tel ou tel bruit ? Il n’avait aucun moyen de le vérifier. Il ne savait même pas si certains sons avaient la même cause ou non. Le jeune homme ne savait pas quoi faire. Le cyborg avait peur de demander de l’aide. Qu’est-ce qui se passait, qu’est-ce qu’était cette voix, pourquoi lui avait-on fait cela ? Il avait cependant encore plus peur de tenter de sortir en avançant à tatons. Ne risquait-il pas de mettre sa main dans quelque chose de dangereux ? Gaël avait peur. Est-ce que c’est comme ça que sera désormais sa vie ?

La peur, les sensations, et un mal de crâne eurent raison de la façade qu’il tentait de garder, et il fit un malaise. Sans pouvoir voir ce qu’il se passait, il entendit les gens s’affairer autour de lui. Des échos de voix, tous entremêlés. Il entendit que quelqu’un appelait les secours. Oui, vite, qu’on puisse réparer ses yeux ! Gaël se laissa glisser dans l’inconscience. Il espérait voir en cela un raccourci vers le moment ou il retrouverait sa vue.

***

Gaël se réveilla, allongé dans un lit. Autour de lui, les sons typiques des appareils d’un hopîtal. Il ne voyait toujours rien. Il entendit juste une voix. Il devina que c’était le médecin ou une personne en charge de ses parties bioniques : il ne reconnaissait pas cette voix.

— Tu es réveillé ?

Il acquiesça. Il entendit un soupir. Le médecin avait sans doute des mauvaises nouvelles à lui annoncer. Gaël se sentait trembler.

— Tu as été attaqué par des membres de l’Homo Novus. Il semblerait qu’ils aient attaqué plusieurs personnes ayant des implants bioniques ces derniers jours. Je suis vraiment désolé que tu ais été une de leurs victimes, et nous allons faire notre possible pour les attraper.

A vrai dire, qui l’avait fait n’était pour l’instant pas la première préoccupation de Gaël. C’était ses chances de guérisons.

— Bon, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle à t’annoncer…

C’était toujours mauvais signe quand un médecin disait ça.

— La bonne, c’est que les mecs qui t’ont attaqués n’ont pas réussi à pirater des zones de ton cerveau. Ils n’auront pas de quoi te faire du chantage, ni n’ont pu implanter de virus en toi.

Un silence. L’heure allait être à la mauvaise nouvelle. Le jeune cyborg devinait aisément ce qu’il allait entendre, tout en espérant de toutes ses forces le contraire.

— Malheureusement, ils ont en piratant tes yeux abîmés ton cerveau, et la zone de la vue en tout particulier. On ne peut pas réparer ça.

Le jeune garçon en dit rien. Il avait envie de crier, de pleurer, mais ne dit rien. Il n’avait pas envie de savoir que cette personne qui lui avait annoncé de la nouvelle retentirait de la pitié pour lui. Il se retourna dans son lit. Il n’écouta que d’une oreille l’homme lui expliquer qu’on lui fournirait des cours pour apprendre le braille, et lui expliquerait comment se brancher directement à un ordinateur pour utiliser des interfaces non-visuelles pour l’utiliser, et acquérir directement les informations des textes à l’écran. Il n’avait pas envie d’aller à ses cours. Même si ces cours servaient à l’aider dans sa vie, il avait l’impression que ça rendait la situation définitive, lui retirait tout échappatoire. Il se retourna.

Lorsque l’homme fut parti, Gaël resta allongé dans son lit. Il rumina l’attaque qui l’avait privé de ses yeux. Comme si en imaginant assez comment cet événement pourrait s’être passé autrement, cela allait changer les choses. Comment s’adapter à la perte d’un sens ? Comment s’adapter à tout ce qu’on ne pourra plus faire ? Comment accepter l’idée que toutes ces sensations que nous avait apporté notre vue, nous ne l’auront plus ? Cela lui semblait impossible.

Toute la fin de la matinée, le cyborg vit des membres de sa famille le visiter. Autour de lui, ses proches tentaient de lui remonter le moral. Lui dire qu’il réussirait à s’en sortir, que ça irait mieux. Ce n’était pas eux qui sont dans cette situation, c’était donc facile de dire ça. Quelques personnes tentèrent de faire de l’humour dessus. Des jeux de mots dont Gaël se serait bien passé pour le moment. Le pire n’était pas quand c’était méchant. Le pire était qu’ils étaient persuadés que ça allait lui remonter le moral.

Une fois cette procession terminée, Gaël se retourna à nouveau dans son lit. Il ne se sentait pas encore capable de faire autre chose que de ruminer. Que de vouloir pleurer, hurler à l’injustice du sort. Il avait subi une attaque par des gens qui le considérait comme inférieur aux humains, et un danger pour l’humanité, à cause des parties bioniques qu’il avait subit comme un accident. Et à cause de ces personnes, il avait perdu désormais sa vue.

Gaël avait envie de vengeance, mais savait qu’il n’avait aucun moyen de la faire. Il ne pouvait que ruminer sur son sort, et pour l’instant s’apitoyer.

Il lui faudrait du temps pour remonter la pente.

#Inktober2017 - Day 20. Blind

« Nan, mais c’est pas possible, je peux pas porter ça, je vais être ridicule ».

Sous cette complainte classique, c’était un cri du cœur qui sortait de la bouche de Lucie. Dans cette robe de soirée, elle se sentait gênée comme jamais. Elle regardait avec envie le costume de son frère, Lucas. Celui lui semblait tellement plus proche de ce que les deux jeux adolescents portaient habituellement, juste à prix beaucoup plus élevés. Cependant, comme s’il avait entendu les pensées de sa jumelle, il rétorqua.

— « Te plains pas, toi tu ressembles pas à un pingouin… »

Les deux jumeaux étaient obligés de se rendre à une soirée huppée, pour des raisons obscures liés au métiers de leurs parents. S’ils avaient bien compris, ils avaient fait un truc, ce truc avait été apprécié, et du coup ils étaient passé à la télé – ça c’était super cool – et ils avaient été invités avec les enfants à la soirée. Et les deux jeunes adolescents étaient donc forcé de porter ces tenues. Ils se sentaient tellement gênés dans leurs costumes qu’ils se demandaient s’ils ne ferait pas mieux de venir nus…

On leur avait dit que c’était important, que là-bas, tout le monde était élégant, et qu’ils devaient l’être aussi. Aucun des deux ne s’était jamais décrit comme « élégant », et ils avaient l’impression que leur faire croire qu’ils allaient être élégant juste en portant ce costume, c’était un mythe. Lucas savait parfaitement qu’il n’allait pas parler de la même manière que les autres, et que ça se remarquait. Lucie avait lu une fois quelque chose sur le nombre de couvert qu’il y avait. Et si elle se trompait de fourchette ? Tous deux comprenaient qu’il y avait certains codes pour être élégant, et qu’il leur manquait les clefs pour les déchiffrer. Ils n’auraient pas les mêmes références, ils seraient plongés dans un monde dont ils ne connaissaient rien. Lucas avait même voulu prétexter de devoir réviser une dictée pour échapper à cela.

Ils avaient peur. Et si par leur comportement, ils étaient reconnus comme ne faisait pas partie de ce monde ? Seraient-ils des intrus, n’ayant aucun droit d’être présent en ces lieux ? Seraient-ils ridicules de par leurs vêtements et leurs comportements ? Ils ne savaient pas si c’était vrai ou faux, mais en tout cas avaient assez peur que ce soit vrai pour vouloir éviter que cela arrive. Lucas remarqua que c’était sans doute la première fois que lui et Lucie étaient inquiets d’être à un endroit où ils ne devaient pas être.

Cependant, malgré toute leurs protestations, les parents les amenèrent dans la voiture, scellant leur triste sort.


Au sortir de la soirée, les enfants se dirent que ça avait été un succès, contrairement aux adultes qui l’étaient moins, et ce pour la même raison. Même si le début de la soirée fut prise d’un silence gênant avec les enfants des autres adultes, il y avait un langage universel, qui pouvait transcender les différences de langage, et composer leur manque dans cette discipline auguste et ancienne qu’était l’élégance :

Les bêtises.

#Inktober2017 - Day 16. Graceful

Lloyd Patterson et Samain Teurasis étaient excités comme ils ne l’avaient jamais été. Les deux jeunes étudiant étaient entrés avec succès dans l’université des Gardiens, et se préparaient à effectuer leur première mission, mis en bînome pour ce stage. Samain était contente d’être avec Lloyd : La famille Patterson était une ancienne famille d’exorciste, ce qui faisait qu’ils avaient pu être mis sur une mission un peu plus intéressante que la poursuite d’une chèvre à cinq patte dans les alpages. Elle avait également hâte de voir en action ses pouvoirs en action. Même si elle n'était pas intéressé par devenir exorciste, elle avait très envie de voir ça en action.

Les deux jeunes adolescents poussèrent la porte de la bibliothèque d’une banlieue de Neptrecus, capitale du royaume de Nouvelle-Neustrie, où ils avaient eu leur mission. Ils furent accueilli par le gardien de la bibliothèque, comme affolé :

— Ah, enfin vous voila, s’exclama-t-il d’une forte voix. Figurez-vous que je commençais à me demander ce que vous faisiez. Déjà que je suis fortement désappoité que l’Ordre des Gardiens accorde aussi peu d’importance à ma requête qu’ils ne m’envoient que des novices, mais. Depuis ces six derniers mois, ce n’est pas moins de 7 livres qui ont été dévorés ! Certes, l’assurance les a remboursés tous les trois, mais quand même ! Allez, j’espère que vous allez réussir à m’en débarrasser, sinon assurez-vous que je préciserais bien la teneur de votre échec dans mes messages !

Samain se tourna vers son camarade, légèrement effrayée. Elle avait eu des cours de spiritologie, mais elle n’avait pas la moindre idée de ce que ça pouvait être. Heureusement, celui-ci restait calme. On était dans son domaine, après tout.

– Il s’agit d’un dévoreur de mot, un mangeur d’information, même si normalement ils ne sont pas si voraces. Un dévoreur de mots se contente normalement de quelques informations à droite et à gauche : On les remarque d’habitude en voyant des détails qui ont disparu dans des textes qu’on relit. Après, techniquement, on a jamais vu un dévoreur de mot se retrouver en état de manque d’appétit. En avoir un dans une bibliothèque a du lui faire l’effet d’un buffet à volonté rempli de nourriture délicieuse et de luxe, la première fois : Il peut pas se contrôler, et n’aura même pas « plus faim ». Du coup, il mange de plus en plus. Ce qui veut dire que si on ne fait rien, ça va empirer.

Samain hocha la tête. Elle comprenait pourquoi on pouvait se permettre de faire une mission d’exorcisme de rang vert avec quelqu’un comme Lloyd. Il avait eut accès à une expérience que les autres n’avaient pas, ce qui lui donnait un avantage certain dans ce genre de situation.

– Et comment peut-on faire pour le débusquer ? questionna-t-elle.

– C’est la partie la plus simple, répondit simplement Lloyd en jetant une graine sur le sol. Un bon exorciste peut faire ça en quelques secondes. Pour nous, ils nous faudra facilement une quizaine de minute pour l’avoir.

Il y eut un grand flash lumineux et un bruissement. Des livres de la bibliothèque s’envola une nuée d’insectes, qui formaient une masse bourdonnante et indistinct. S’approchant dangereusement des deux apprentis, ceux-ci purent voir qu’il était composé uniquement de lettres et de signes.

– Wow, il est énorme ! s’excalama Lloyd, avec un peu de panique dans sa voix.

La créature fondit sur les deux. Samain vit que Lloyd n’arrivait pas à bouger, terrifié. Il n’avait visiblement pas anticipé la taille de la créature. Elle prit son courage à deux mains et bondit sur le jeune homme, le plaquant au sol pour éviter qu’il se fasse attaquer par le dévoreur. Celui-ci passa juste par-dessus leur tête. Ils sentirent les informations dans leur tête être aspirées par la créature. C’était comme s’ils sentaient leurs pensées, et quelques détails de leurs souvenirs partir à travers leur crâne, vers la créature. Le mal de crâne provoqué par cette expérience était lancinant, mais fort heureusement s’arrêta bien vite quand la créature alla se terrer. Dans le fond de la bibliothèque.

— Merci, fit Lloyd à sa camarade, gêné de son manque de contrôle.

Il se ressaisit cependant rapidement, et alla attraper quelques livres. Une encyclopédie. Il la posa par terre, et l’entoura rapidement de parchemin qu’il avait sorti de sa poche. Il expliqua rapidement à voix basse qu’il tendait un piège.

— Hé, dévoreur ! Je t’en conjure, prend ce livre et laisse le reste de la bibliothèque tranquille ! Pense aux générations futures, et au festin qui t’attends dans ce livre !

La créature sombra de l’ombre et s’approcha. C’était comme si la pensée de ce qu’elle allait manger était trop forte pour pouvoir résister. L’esprit plongea comme prévu droit dans le piège. Les quelques parchemins s’illuminèrent à son contact, et il se retrouva piégé. Lloyd prit une inspiration et commença à réciter son incantation.

— Ô créature des temps premiers, descendant de ceux qui ont marché jadis sur les deux mondes, être d’esprit et non de corps, part de ce monde, part de cette terre. Je te chasse, moi, membre de ceux qui foulent aujourd’hui ce sol, membre des êtres qui dirigent à présent ce monde. Par les pouvoirs de cette incantation, par le travail de tout mes ancêtres, je te bannis dans les limbes, dans l’autre monde.

La créature sembla se révulser pendant que Lloyd récitait ces mots d’un ton monocorde. Cepednant, brutalement, la magie fut comme brisé et les parchemins se consumèrent. Lloyd n’était pas assez fort pour la contenir. Celui-ci blêmi. Il était à la portée d’un être furieux contre lui, qui pouvait dévorer toutes les informations que contenait sa tête. Son identité même n’était qu’un casse-croûte pour cette créature.

Il ferma les yeux. Il n’avait pas le temps de fuir ou de faire quoi que ce soit. Le seul moyen qu’il aurait serait d’utiliser Samain comme appât, et il se refusait de faire ça. Dans un coin de sa tête, il espérait qu’elle serait là pour l’aider une fois qu’il perdrait tout. Il espérait pouvoir avoir une personne sur qui il pouvait compter.

Mais sa préparation à la mort de sa personnalité fut brisée par la voix de Samain.

— Hé, ducon, la mouche-à-mot ! cria-t-elle sur un ton et dans un langage qui ne lui ressemblait absolument pas. Tu veux vraiment de l’info croustillante ? Je t’assure que la bibliothèque, ou ce qu’a dans la tête Lloyd, c’est genre rien par rapport à ce que je vais te filer.

Elle tenait dans sa main un petit rectangle de plastique, avec un écran qui brillait. Son téléphone portable.

— Laisse-moi te présenter Internet ! Chantonna-t-elle avec fierté. Une source infinie d’information. Sais-tu qu’on y produit l’équivalent d’un nombre invraisemblable de livre chaque jour ? Des encyclopédies complètes s’y trouve, du code et de la documentation pour des tonnes de logiciels, des théories, assez d’aventure écrite pour remplir toute une vie de lecture, assez d’oeuvre et d’idée pour te nourrir à jamais. Tu crois que cette bilibothèque est un buffet à volonté ? Ah ! On dirait que dans tes infos, tu n’as jamais trouvé le mot

Lloyd eut un glapissement. Elle le provoquait ! Il devina qu’elle imitait le style d’une de leur camarade, Faiza. Samain parlait avec l’exact même assurance de la jeune sorcière. L’esprit fondit vers le téléphone de la jeune fille, entourant sa main et son bras. Il commença à aspirer les informations

— C’est bon, hein ? Et tu n’as pas fini. Accélère, parce que tu en trouveras toujours plus. Vu ce que je vais te présenter, tu vas être impressionné. Laisse-moi te présenter les réseaux sociaux. Ici, chaque personne peut y donner des informations sur sa vie privée. Une encyclopédie du jour-le-jour de plusieurs milliards d’individus ! Tu n’as jamais vu autant, hein !

La créature semblait grossir à vue d’œil. Des petits éclairs d’énergie se formaient entre les lettres et les signes. Lloyd jura voir des emoji apparaître parmi les symboles.

— Oh, toutes ces données, tous ces savoirs ! C’est un peu le fast-food de l’info, hein ? Le Big-Data, en guise de Big Mac, quoi ! C’est gras, c’est fat, c’est tout ce que tu as toujours rêvé !

D’un coup, l’esprit sembla exploser. L’onde de choc dérangea tous les livres, et fit tomber à la reverse Samain et Lloyd.

Ce dernier se releva rapidement, étant plus loin de l’épicentre de l’explosion, et se précipita vers Samain pour voir si celle-ci allait bien. Il l’aida à se reposer, et la vit grimacer en voyant que son téléphone ne marchait plus. Cette histoire lui aurait coûté cher… Elle se tourna vers Lloyd avec un sourire :

— Bon bah l'exorcisme 2.0 c'est rigolo mais à ça coûte cher ! rit-elle.

Lloyd fit un sourire un peu forcé, et l’aida à marcher jusqu’au bibliothécaire qui les attendait avec un air mi-en colère contre le bazar qu'ils avaient mis, mi-impressionné par la performance de Samain. Le jeune exorciste était venu en imaginant apprendre des choses à sa camarade. Il avait espéré que le voir en action l’aiderait à se dire que l’exorcisme était une bonne chose, et pourquoi pas un choix possible pour elle maintenant qu'elle ne pouvait plus devenir une sorcière. Qu’il en montrerait les qualités. Mais en fin de compte, elle avait même fait une découverte, celle qu’il était possible d’atteindre les limites d’un dévoreur de mot, grâce à internet.

Le jeune homme soupira. Il se dit qu’ils avaient été deux à avoir les yeux plus grands que le ventre, dans cette histoire… Et maintenant, lui devrait subir les conséquences quand son père apprendrait sa performance.

#Inktober2017 - Day 15. Fat

« Laissez-moi partir ! » hurlais-je contre la porte désespérément close. « Je peux appeler la police ! J'ai mon téléphone ! Ça ne sert à rien, je ne peux rien vous rapporter ! »

Prisonnier

Aucune réponse. Je donne un coup de pied dans la porte à cause de la colère. Toujours pas de réponse et maintenant j'ai mal. Je m'assois par terre, partagé entre la fureur et la terreur. Que se passe-t-il, qu'est ce que je peux bien foutre ici ?

J'essayai de rassembler mes souvenirs. Je m'étais endormi comme d'habitude, seul à mon appartement. Puis plus rien. Et puis, je m'étais réveillé dans cette salle étrange, au planché terne et abimé, et aux étagères pleines à craquer d'objets en tout genre et aux murs sales et délaissés. Cela ne m'aidait pas beaucoup à comprendre ce qui se passait. La salle sentait le moisi et l'abandon, et la poussière me faisait tousser. Personne n'y était sans doute entré depuis un moment… Si l'on exceptais la personne qui m'y avait amené pendant mon sommeil. Parce que j'étais certain de ne jamais être entré ici. L'endroit ne me disait rien, et je me serais sûrement souvenu d'un lieu aussi bizarre. Et je ne voyais toujours pas ce que je fichais ici. Et j'avais peur de ne jamais pouvoir quitter cet endroit.

— LAISSEZ-MOI SORTIR !! hurlais-je à pleins poumon. Je, je ferais ce que vous voulez ! Vous savez, je ne suis pas n’importe qui. Mes parents sont puissant, une ancienne famille de l’empire ! Je sais pas si vous connaissez la théorie des métaux, mais ma famille est considéré comme étant d’or. Donc on peut régler cela à l’amiable, tandis que si vous me faites quoi que ce soit, les répercutions seront bien plus dure. On a un deal ?

Aucune réponse. Toujours que le silence.

— Il y a bien une raison pourquoi je suis ici, hein ? On n'enlève pas les gens comme cela, pour rire. Ce serait une attitude hautement illogique. Et vous n'êtes sûrement pas un tueur en série. En effet, vous auriez pu me tuer bien plus tôt… A moins que vous vouliez vous amuser avant… Mais… ce n’est pas le cas. N’est-ce pas ?

Je sentais ma peur grimper au fur et à mesure de ce que je disais. Et si c'était bien cela ? Et si j'avais juste été une victime capturée au hasard par un sadique pervers qui ne cherchait qu'une victime à torturer ou tuer – voir les deux à la fois ? Et ça se trouve, en lui disait que j’étais fait d’or, il allait encore plus en vouloir à ma personne… Je me mis à marcher en rond, mes mains agrippant mon propre tee-shirt. Merde, merde, merde ! Qu'allait-il m'arriver ? Je n'arrivais même pas à réunir mon esprit pour essayer de comprendre ce qui se passait. J’accélérai le pas, de plus en plus stressé. Peut-être que le tueur allait entrer à l'instant. Peut-être que je vivais mes dernières secondes. Je ne veux pas mourir. Du moins, ni maintenant, ni comme ça. Une mort rapide et non douloureuse dans environ une soixantaine d'année ça m'arrangerait. Avoir le temps de réaliser quelque chose digne de moi et de ma famille, au lieu de subir une mort inutile, enfermé dans cette salle. Tout seul.

— Ah ! résonna une voix. Je crois que tu commence à comprendre ou est le problème. C'est moyen, disons que c'est ni la meilleur réaction, ni la pire. Je te met 11/20, peut mieux faire.

Je me retournai. Qui a dit ça ? Et depuis quand c'était possible de lire dans les pensées ? Malgré la situation et ma frousse, je ne put m'empêcher de penser à toute les fois ou je m'étais dit qu'heureusement que la télépathie n'existait pas. Non, c'était impossible, elle n'existait pas, si elle existait, ce serait trop gênant… Et c’était le genre de superstition que pouvait se permettre les familles de basse naissance, qui n’étaient pas écrasés sous le poids des responsabilités. Ce type avait sûrement dit ça juste pour me troubler, ou en regardant mes expressions faciale. Il devait y avoir des caméras de surveillance, des hauts parleurs, et le type jouait à me déstabiliser. C'était donc bien un sadique. Je m'assis sur le sol. Je devais rester concentré, rester concentré…

— Tu refroidis pour le premier, mais tu es brûlant pour le deuxième ! retentit à nouveau le voix mystérieuse.

Non, non, non, non, non… C'était impossible, impossible, la télépathie n'existait pas, je le sais, c'est absurde qu'elle existe, elle ne peut pas exister, le surnaturel n'existe pas, tout est rationnel…

— Je ne saurais pas dire si tu es amusant ou tu es chiant, soupira mon geolier. Amusant parce que tu joue au rationnel et tout, mais plutôt qu'être certain de tes explications rationnelle, tu panique au moindre truc qui pourrait paraître irrationnel, sans même trouver l'explication la plus plausible. Chiant parce que tu es borné.

Mon cœur bat de plus en plus. Cette fois, il ne pouvait qu'avoir lu dans mes pensées, j'en était certains, c'était impossible de faire de la psychologie aussi bien et de deviner aussi facilement mes hésitation.

— Mais ça je le savais déjà, que tu étais borné… Sinon : Bonne réponse, mais par le mauvais moyen. 8/20.

Par le mauvais moyen ? Mon explication se tenait pourtant… Non ! Je ne doit pas l'écouter. Je repris ma marche, essayant à tout prit de chasser de mon esprit ce télépathe. Et je devais trouver un moyen de sortir, les télépathes pouvaient être un danger. Il ne devait pas rester dans mon psyché, si cela continuait, je deviendrais fou. Et surtout, mon esprit ne devait pas rester une porte ouverte comme cela. Ouvrir son esprit, son « ame », comme le disent certains, c'était la porte ouverte à toute les faiblesses. N'importe qui pouvait alors briser simplement la poutre branlante. Et nous détruire, partir en nous laissant à l'état de ruine. Je n'avais pas passez des années à batir un bunker pour qu'un clown psychique pervers et sadique viennent foutre le souk dans mes pensées. Je devais respirer. Il ne s'était pas manifesté face à ce que je disais. C'était un bon point. Peut-être que quand je reprend mes esprits et que je pense de manière claire et rationnelle, il ne peut pas apparaître. D'ailleurs, peut-être n'a-t-il jamais existé, et que c'est juste le stress qui me fait halluciner additivement. Je me sentais reprendre confiance à moi, j'en avait presque oublié que j'étais enfermé sans pour l'instant espoir de sortie.

— Peut-être que quand je reprend mes esprits et que je pense de manière claire et rationnelle, il ne peut pas apparaître, m'imita alors la voix d'une manière particulièrement aiguë et nasillarde.

Mais quand cela allait-il s'arrêter ! En tout cas, maintenant, là, c'était sûr… Mais non, j'étais con ! Je ricanai dans mon coin, me sentant stupide. Il y avait une explication à tout cela. Une explication logique. Déjà, j’étais fatigué. Hors, je sais que quand je suis fatigué, j'ai tendance à penser à voix haute, parfois sans m'en rendre compte. Ensuite, peut-être qu'hier j'avais un peu bu, ou une connerie du genre, et que j'avais décidé de faire un somme dans cette salle, et que j'avais tout oublié ! Et cette voix, c'était juste un gamin qui m'entendait, et qui tentait de me faire flipper. Mais j'étais un esprit cartésien. Les fantômes et autre connerie du genre, on pouvait pas m'avoir avec cela.

— Je crois que cette explication est encore plus tiré par les cheveux que ta situation… Et quand tu flippais quelques secondes auparavant parce que tu pensais qu'on lisait dans tes pensées, c'est un peu pitoyable de te qualifier d'esprit cartésien…

Haha gamin, tu ne me prend pas au piège ! Mon explication tiens la route, quoi que tu en dises, tu vas donc tranquillement me laisser sortir de cette salle ! Je me dirigeais après ces mots vers la porte. Je me levai avec difficulté, ayant très sûrement passé la nuit sur ce plancher, mon dos et mes articulations me faisaient mal comme à chaque fois que je passait une nuit sur une surface trop solide. En tout cas, douleur ou pas, une chose était sûre. Je n'allais pas rester dans cette endroit lugubre. Et surtout pas dans ce froid, dans ce froid qui me glaçait jusqu'au sang. L'endroit ne devait sûrement pas être chauffé. Je me dirigeai donc vers la sortit d'un pas rapide, n'ayant pas envie de m'attarder une seconde de plus. La porte de sortie était une grande porte en bois sombre, imposante et presque effrayante tellement je me sentait tout petit par rapport à elle. Mais ce qui me perturba le plus était l'inscription gravée dessus. Inscription qui n'y était pas auparavant :

« Tu ne vas quand même pas me quitter ? »

Je ne l'avais sûrement pas remarqué la première fois. C'était la seule explication logique. Bon, je devais trouver un moyen d'enfoncer la porte. Sans grande conviction, j’eus le réflexe de quand même vérifier si la porte était ouverte.

Elle l'était.

Je restais méfiant. Il y avait quelque chose qui clochait. Le texte pouvait bien avoir été écrit par mon « ravisseur ». Peut-être était-ce un piège qui m'attendais de l'autre coté. Ici, au moins, je savais ce qu'il y avait. C'était bizarre, mais j'étais en terre connue. Par contre, derrière… Peut-être que la personne qui m'avait enfermé s'y trouvait ? Peut-être qu'il allait m'attaquer ? Et qu'est-ce qu'il y avait derrière ? Un début d'escalier en colimaçon. Ma curiosité était encore plus attisé, et finalement arriva le moment ou j'ouvris en grand la porte et sortit de la salle. En descendant l'escalier en colimaçon, dont la traversé me sembla longue de plusieurs heures, je réfléchissait… J'était visiblement enfermé par une sorte de type bizarre qui jouait au télépathe et qui avait le goût des mauvaises histoires d'horreur. Je me demandait s'il allait faire un truc genre sortir des infos que personne ne sait sur moi… Les murs étaient des murs de pierres fissurées, qui semblait proche de l'effondrement. Après une longue descente, j'atteint la fin de l'escalier, pour arriver dans une nouvelle salle. Cette fois ci, elle était entièrement blanche, immaculée. La saleté avait laissé place à une propreté des plus surprenante. Okay, donc avait j'étais dans le vieux grenier tout sale d'une maison tenue par un maniaque de la propreté ? Mais au final, je compris ce qui me dérangeait. Ce n'était pas la propreté. Cette salle était vide. Il n'y avait aucun objet, aucun meuble. Que du blanc. Au plafond, au mur, et au sol. Et sur la porte à l'autre bout.

« Bien, tu es arrivé au niveau 2 ! Il est maintenant tant que l'on se rencontre, n'est-ce pas ? »

Je vis la porte à l'autre bout s'ouvrir, mais sans vraiment pouvoir distinguer ce qu'il y avait comme salle – ou comme extérieur – derrière, et je vis entrer une personne habillée toute en noir, ne laissant rien voir d'elle-même. Cela me semblait trop cliché pour être une mise en scène. Il devait venir de l'extérieur, parce que la température avait chuté de quelque degré lorsqu'il était entré. Mais que me voulait-il, bon sang !

« Te faire comprendre deux-trois trucs. » chantonna l'être encapuchonné. « Déjà, si tu pouvais comprendre ou tu es, cela m'amuserait beaucoup ! »

Comment ça, me faire comprendre deux-trois trucs ? J'essayais de cacher le mieux possible ma frousse. Parce que même si la situation me semblait cliché au possible, le simple fait d'être dans cette situation cliché, et de courir un risque qui me semblait imminent.

— Le risque que tu as, ce n'est pas le risque du type de celui qui va se faire poignarder, ne t'inquiète pas… Non, le risque que tu as, c'est celui de l'homme assiéger, mais qui refuse de l'admettre. Tu es dans la dernière forteresse que tu possède. Ton dernier bastion. Celui ou personne ne peut t'atteindre – à part moi. Tu es dans l'oeuf cosmique, la dernière forteresse que possède l’esprit d’une personne. La source de tout ton monde, la source de tout ton être. Ta conscience. C'est la seule terre ou tu peux-être en sécurité. Pourquoi ? Parce que c'est la seule qui t'appartient ! On n'est jamais mieux que chez soi, home sweet home, comme le disent les expressions, non ? »

Je regardais. Ce pouvoir de création de monde. L'imagination était mon arme, ma retraite. Mon pouvoir Je comprenais tout. Pourquoi il lisait dans mes pensées et tout. J'étais seulement en train d'imaginer un nouveau monde ou je pourrais me retirer. J'étais dans cet œuf cosmique, qui venait d'être réalisé par mon imagination. La retraite de l'artiste. Son atelier ultime, qui est sa propre création. Et derrière cette porte, qu'était-ce ? Ce monde ? Celui d'où je venais ? Je tentais de rationaliser. J’étais une personne d’or, et on m’avait toujours qualifié comme étant un grand créatif, futur penseur et écrivain. Je devais donc avoir la capacité de modéliser quelque chose de véritablement « physique » en moi.

— C'est la porte de l'enfer. Tu y retrouveras les autres, comme pourrait-on dire si on mélangeais Huis Clos et La Divine Comédie… Cela ne donne pas envie, hein, les autres, la foule… Mais ils sont encore là. D'ailleurs, je suis eux… Leur regard, leur esprit… Je suis le gardien de l'enfer, le regard des autres. Je suis Minos, Juge de l'Enfer. Tu es éternellement soumis à mon regard, mortel. Je suis celui qui t’empêche de protéger de te diriger vers ce monde trop dangereux. Les ors, les sages, voudraient bien être à ta place. Les argents, les soldats, sont colériques et bornés. Les bronzes sont peu enclin à l’intelligence et aux discussions intéressante. Ici au moins, en toi, tu es en bonne compagnie, non ? Avec moi, jusqu’à la fin des temps ! Minos avait fini cette phrase, en me susurrant les derniers mots à l’oreille. J'eus un frisson. Derrière cette capuche, qui ne me montrait rien de celui me regardait, une certitude était en effet présente.

Il me regardait. Et me jugeait sûrement. Il jugeait ces bégaiement que je pouvais avoir, il jugeais mes maladresses… Il me pensait sûrement être un menteur à chaque fois que je disais des trucs paradoxaux. Il se souvenait sûrement de chaque connerie que j'avais faite, et m'en voulait peut-être pour cela. Ou alors il ne prenait même pas la peine de me détester, j'étais trop ridicule et pathétique pour cela… M'appréciait-il ? Je ne pouvais le savoir… Je m'étais trompé dans son rôle initial. Il ne me retenait pas captif. Il était venu troubler ma retraite. Tout ces doutes quand je n'entendais plus personne parler après que moi j'ai parlé. Toute cette honte quand je n'étais pas capable de me souvenir de ce que je disais. Toutes mes conneries. Tous les instants ou j'avais été ridicule ou ridiculisé. Toutes les fois où les règles de vie de ma classe m’étaient retombée dessus.

La porte. Je pouvais prendre la porte. Oui, je pouvais le fuir, je pouvais partir.

— Je ne peux en effet pas te retenir… soupira-t-il. Mais n'oublie pas… Je viens du regard des autres, qui sont derrières cette porte. C’est ça, que tu dois fuir. Don’t shoot the messenger, comme ils disent.

Tant pis, au moins je devais essayer. Je me dirigea vers cette porte de sorti en courant, au cas ou il me tendait un piège. Mais il ne fit rien. En quelque pas, j'étais devant la porte, qui était tout simple, comme une porte de cuisine. Avec un post-it dessus avec un mot. « Vous qui sortez, abandonnez toute espérance ».

Par delà cette porte était la foule. Par delà cette porte était le regard constant des autres. Me devais-je de fuir dans le royaume de l'enfer si son gardien s'invitait chez moi ? J'avais presque la certitude que je ne pouvais pas le virer… Il était trop fort. Je me sentit mal, comme si ma respiration se coupait. Je pensais à la foule. Je les voyais, ces silhouettes informes, qui m'entouraient, qui formaient une véritable prisons. J'entendais des voix. Est-ce que ces gens allaient m’attaquer ? Non, calme toi, calme toi, tout vas bien… J'étouffais, je me noyais, cet océan d'humain était impossible à traverser… Je les voyais, toutes ces personnes, qui était comme moi, mais qui étaient certainement amplises de haine et de jalousie pour une place que je n’avais pas demander…. Ne pas se faire remarquer, ne pas se faire remarquer. J'étais compressé, j'étais écrasé…

Mais je devais fuir.

Je devais quitter ce monstre qui me manipulait. Je ne peux pas rester une seconde de plus. Il a perverti mon œuf cosmique. Ma seule cachette n'en est plus une, seule la vie de fugitif me reste, a présent. Je déglutis, toujours en lutte contre le froid qui s'insinuait en moi. Mais j'ouvris quand même la porte, pour me retrouver dans un chemin forestier, de nuit. Je soupirais de soulagement : Il était vide. Personne.

La seule lumière que j'avais était celle de lanternes accrochées sur les arbres, qui me permettaient de pouvoir avancer. Je fis quelque mètre, avant d'hésiter. Il faisait quand même sacrément noir. Et c'était bien ici le lieu de la foule. Ils pouvaient être partout. Mieux valait peut-être supporter Minos que d'avoir la vrai foule face à soit. Mais à peine eus-je fait un seul pas en arrière qu'un corbeau vint se poser sur une branche devant moi, me dévisageant de ses deux petits yeux brillants. Je continuai d'avancer, décidant de ne pas avoir peur d'un simple corbeau.

Mais je me figeai au moment où il se mit à me parler.

— Stupide. Lâche

Pardon ? Cette journée est déjà assez pourrie, je dois quitter mon propre refuge pour retourner vers les autres, et je me fais maintenant insulter par un oiseau ?

— Stupide, répéta-t-il. Tu es stupide. Lâche. Tu fuis.

Oh, sale piaf, je fuirais moins si c’était pas rempli de connards ici-bas.

— Lâche. Et méchant. Tu fais l’hypothèse que tous les autres sont méchant, mais tu es méchant. Méchant, moi ? Ce n’est pas moi qui suis allé agressé des gens dans la rue, par jalousie de leur situation. Bon, je savais bien que la situation n’était pas totalement juste, mais quand même !

— Méchant. Tu les agresses à chaque fois que tu les dis de bronze ou de métaux peu précieux. Tu les insultes à chaque fois que tu crois qu’ils méritent leur place.

Je n’ai jamais dit qu’il la mérité, mais qu’ils étaient jaloux. C’était normal, mais c’était pas bien.

— Mesquin. Tu te cherche des excuses pour te justifier. T’es tu dis que si tu étais gentil avec eux, que si tu les écoutais et ne les méprisais pas, ça irai mieux ?

Son regard était particulièrement pénétrant… Était-ce un troisième round ? Était-ce encore ce Minos qui venait se la ramener sous une apparence différente. Il m'avait d'abord fait peur. Puis s'était joué de mot. Et maintenant m'attaquait directement en m'engueulant. Et pourquoi étais-je lâche, en plus ? Oui, je ne fais pas l'hypothèse la plus agréable du « tout le monde est gentil », monsieur le corbeau. Mais j’ai vu le monde. Okay, j’ai pas tout vu, mais soyons un peu logique, okay ? Je sais que c’est dur pour un animal qui n’a donc pas l’intelligence de mon espace, mais faisons un peu de calcul.

Quand tu subis une douleur attendu, celle-ci est plus faible que quand elle est attendu. C'est la même chose pour les joies : Une bonne surprise c'est toujours mieux qu'un truc que tu attendais. Donc, si tu fais l'hypothèse la plus joyeuse : Si elle s'avère vrai, tu te prend un truc un tout petit peu agréable, et si elle est fausse, tu te mange un camion de déception. Si tu fais l'hypothèse pessimiste, tu peux amortir la douleur ou recevoir une joie plus grande ! Tu es donc gagnant dans les deux cas. Ce n'est même pas avoir du -1 ou +1 dans un cas et -2 ou +2 dans l'autre, non ! L'optimiste à -2 et +1, et le pessimiste -1 et +2 !

C’est pour ça que les gens intelligents sont toujours pessimistes. Parce que c’est lo-gi-que. — Lâche. Tu te réfugie derrière des mathématiques, en mettant des valeurs au hasard. La plupars du temps, il se passe rien. On vit sa vie sans grande surprise. Pendant tout ce temps, l’optimiste à ton +1, ton pessimiste -1. Pareil en attendant quelque chose. Pas logique. Mais si, c’est logique, parce que c’est bien plus fort quand se prend la surprise, tu met +1 mais moi je mettrais plus une quantité négligeable.

— Prétentieux. Tu pense toujours avoir raison. Et lâche. Tu as tellement peur d'être déçu que tu ignores chaque possibilité qu'il y ait le moindre événement cool, juste parce qu'il y a des arbres qui font peur avant…

Je me retournai, légèrement en colère. Il se prenait pour qui, ce corbeau, pour me faire la morale ? Et se foutre de moi par la même occasion ? Énervé, je lui rétorquai que je ne voyais pas de quoi il parlait, et que j'avais mes raisons d'être comme j'étais, de ne pas prendre de risque, et qu’il ne pouvait pas les comprendre. Il se mit à rire, avec un croassement qui m'irrita encore plus.

— Égocentrique. Tu dis avoir souffert. Mais tu rejette la souffrance de tous ceux qui sont en dessous de toi pour grandir la tienne. Le classique « Tu ne sais pas ce que j’ai vécu ». Je sais ce que tu as vécu. Ta petite vie de personne d’or, de la haute société. Riche. Puissant. Mais d’autre était jaloux. Des disputes. Des claques quand tu n’as pas été aussi intelligent que tu te dis être. Tout les tiens l’ont connu. Oui ça fait mal. Ta « terrible souffrance », c’est celle que tous rencontre un jour. Un gros foirage qui te fais honte. Une rupture difficile. Quelques personnes qui t’emmerde. Et pour cela, ensuite, tu accuses le monde entier d’être contre toi, chaque personne que tu vois peut être un méchant, alors que t’es plutôt du bon côté du fossé de ceux qui sont les puissant et ceux qui sont leurs victimes.

Il se rapproche de moi. Je comprend son but : Il ne veut que me faire culpabiliser. Mais tu n’es pas le premier, tu sais ?

— Mais combien de fois tu as ignoré avec un certain dégoût une personne dans le besoin, dont le métal n’était pas « précieux » ? Combien de fois tu as dit que tu n’avais « pas le temps » quand quelqu’un avait besoin de ton aide, avant d’aller glander devant l’ordinateur ? Combien de fois, tu as vu une personne dans la rue se faire harceler, et tu t’es dit que ce n’était pas tes affaires ? Je te dis tout ça parce que tu sais que c’est injuste, mais ne veux pas l’admettre parce que tu ne veux pas accepter avoir commis des fautes. C’est toi qui ne veut pas admettre la vérité avec sérénité.

Il vole autour de moi.

—La seule source de ton mal, c'est toi qui l'a fait rentrer, tu sais qui elle est, et pourquoi elle est là. Aller, pschitt, ne retourne pas vers ce bâtiment. Le monde qui t’attend par delà, c’est le monde à construire. Tu dois construire un monde avec les autres.

Je tapai du pied. Il commençait vraiment à me courir sur le haricot. En plus, ce qu'il disait me faisait mal. Je serrais les dents avant de lui répondre que je savais ce que je faisais, que je n'étais plus un enfant. Et puis qu'en plus je ne faisais pas vraiment chier les autres quand j'étais tranquillement dans ma tête, et que je gardais ce genre de truc pour moi et puis après c'était bon, basta et je pouvais rire et m'amuser. Je lui déclarai aussi qu'il n'était pas dans ma tête, et qu'un corbeau qui parlait était déjà assez bizarre comme ça. — Si, répondit-il. Je suis dans ta tête.

Je tenta de déloger le corbeau d'une pierre mais celui-ci l'évita sans problème. Écoute, le piaf, j'ai eut mes histoires, j'ai le droit de prendre un peu de repos et de ne plus penser à ce genre de chose, non ? Il me rétorqua que j'y pensais tout le temps, avant de me faire la remarque qu'il allait bien falloir réfléchir un peu. Je bougonnais. Je n'avais pas envie de m'arrêter, je préférais continuer en avant, puis voir au fur et à mesure de ce qui se passait. J'eus le droit encore au reproche d'être un gamin. Je ressentais une envie de piaf rôti à la broche…

—Tu as le choix, fit l'oiseau, ouvrant grand ses ailes tout en ignorant mes menaces. Tu peux retourner là bas, ou avancer pour pénétrer plus profondément dans la forêt pour rejoindre le monde, pour sortir de la monade.

Je me retournai et décidai de reprendre la route vers le bâtiment lugubre. C'était sans doute là-bas que je pourrais retourner en arrière pour que tout soit comme avant. J'entendis derrière moi que le piaf semblait presque paniquer. Tout me semblait logique à présent. Ce piaf avait juste envie de me faire avancer plus loin dans cette foret, et pour cela il m'avait provoqué en essayant de jouer sur une fierté qu'il s'imaginait en moi. Il voulait m'envoyer dans la foule. Et qui avait interet à ce que je sois dans la foule ? Minos, tout simplement. Il devait avoir un pouvoir réduit quand j'étais dans l'oeuf. D'ailleurs, c'était que au moment ou j'étais en train de sortir qu'il a put me faire subir une hallucination. J'entrai dans le bâtiment, traversant la salle vide – ou le bourreau n'étais plus.

Je reconstituait tout en marchant le plan de Minos. Il m'avait fait sortir de la salle principale de l'oeuf – le grenier, qui représentait le bazar que c'était dans mes idées, avec des trucs partout… La poussière, c'était peut être pour faire grenier abandonné, un genre d'endroit que j'avais toujours révé de visité – dans l'entrée pour commencer à avoir un pouvoir plus fort sur moi, dans le but de me faire fuir vers la foule. Dans cette entrée, il avait été jusqu'au traumatisme, pour que je le fuis en prenant mes jambes à mon coups. Ensuite, voyant que j’hésitai, il avait envoyé le corbeau… Mais avait utilisé la mauvaise technique. Je retournerais dans l’œuf cosmique, à l'abri. Au cœur de ma monade. Je continuerais de vivre ma vie comme je l'entend, essayant d'avoir le moins d'histoire possible. L'escalier en colimaçon ne fut pas long à remonter – à ma grande surprise – et je me retrouvai enfin dans la salle ou tout avant commencé.

Mais elle était vide. Surpris, je me mis à regarder dans tout les sens. Plus aucun meuble ni rien. Je regardais au plafond, ou était suspendu un grand chandelier magnifique, avec d'étranges flammes violettes, qui projetaient une lumière surnaturelle dans toute la salle. Et il était là.

— Je t'attendais.

Il n'y avait quelque chose que je n'avais compris ? Pourtant, tout tenait… J'essayais de fuir à nouveau, vers la porte. Elle était fermée. Je me retournai. Il était juste devant moi.

— Alors, tu as compris, maintenant ?

Je tombai à la renverse. Que ce passait-il, que ce passait-il ? Est-ce que je m'étais trompé ? Est-ce qu'en fait le corbeau avait eut raison ? Mais c'était forcément un piège ! Il me provoquait pour que j'ai envie de continuer ma route…

— C'était bien ce qu'il faisait. Il voulait te renvoyer vers la foule. Moi, je ne voulais pas, donc j'avoue que j'ai été très content de ton choix. Même s'il m'a surpris. Je pensais que tu aurais compris que certains de ces conseils était « bons », dans sa vision des choses. Mais cela veut dire qu'au fond tu penses comme moi, ça me rassure ! Tu ne restes pas sous le danger… Les autres, surtout ceux de bronzes, ceux qui t’on attaqué. C’est eux le vrai danger que tu subis. Tous jaloux, tous à vouloir avoir ta place. Alors, tu la leur laisse, qu’ils s’entre-tuent tandis que toi ici, tu pourra régner sur ta monade. Être tout puissant et créer un monde où toi seul sera le roi. Toi et moi. Tous deux seuls.

Je vis une porte à l'opposée de la porte aux gravures. Je m'y dirigea et sortit immédiatement dans la salle. Mais tout ce qui m'attendais était un précipice ou je sombrai. Le noir sembla tout absorber, je ne voyais plus rien. L'obscurité et le froid était partout, en moi, en mon esprit. J'avais du mal à penser, je ne me sentait même plus chuter dans cet abyme infini.

— Mais tu le provoque toi même ! Mais ne t'inquiètes pas, tu ne sera plus jamais seul, je serais là, avec toi, pour toujours ! Je te parlerais, te susurrerais, ne quitterais jamais ton esprit… Nous sommes réunis maintenant, tu ne peux plus partir de l’œuf cosmique, de la monade… Tu as fermé la porte. Tu es enfin chez toi… Je suis le seul autrui dont tu as besoin, mon très cher, et je suis là pour toi.

Je suis là pour toi.

Prisonnier

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