Kazhnuz

On dit qu'entre notre monde et celui de mages résident un nombre incroyable de mondes-bulles, de réalités fragmentaires caché dans les interstices du monde de la logique et de celui des paradoxes. Des espaces, coincés entre nos règles rationnelles et celles étranges des arcanes magiques, qui se retrouvent à vivre selon leur propres lois.

On dit que dans un de ces mondes, la mort n'existe pas, mais est remplacé par un mal bien pire. Un monde où les habitants doivent sans cesses lutter contre des hordes de monstres, nécessitant à chaque fois qu'ils chutent face à leurs ennemis, coincé dans une guerre éternelle où nulle mort ne peut les délivrer. Un monde où un roi éternelle regarde, coincé dans une solitude dont nul ne pourrait le sortir.

Aujourd'hui, je vais vous conter l'histoire de ce monde.

La solitude du roi immortel

Un jour, il y a bien longtemps, un frère et une sœur découvrir un des univers étrange qui se trouvent coincé entre les deux mondes. Chaque idée pouvait y être matérialisée, chaque rêve pouvait y être concrétisé. Ce monde était modifiable, jusque dans ses règles même, a volonté. De cette terre sans vie, ils pourraient faire un paradis. Un monde qui ne connaîtrait pas la mort, la guerre et les tourments. Cependant, pour y entrer, un prix terrible était à payer. Il fallait abandonner son corps, le voir être dispersé dans la structure même de cette nouvelle réalité, le voir faire qu’un avec ce nouveau monde. Seul le cœur de la personne résiderait alors dans ce monde, quelque part.

La sœur fut la première à y entrer, sacrifiant son ancienne vie pour son nouvel idéal. Elle y serait la Créatrice. Elle y fit naître l’océan, le ciel et le soleil. Et au centre de tout cela, une Île.. Elle fabriqua de ses mains les plages, les forêts et les montagnes de cette île. Et partout sur cette île, de grands cristaux, qui en permettait le fonctionnement, et aux gens d’y vivre. Après des mois, son frère revint. Il était aller chercher un peuple. Des gens malheureux, qui ne voulait qu’une chose : changer de vie. Parmi eux, cinq orphelin, qu’il adopta comme ses propres fils. Il organisa les villes, offrit de nouvelles identité à ceux qui avaient fuit l’ancien monde. On lui proposa au début d’être le roi, mais il refusa, nommant un de ses vieux amis à la place. Il se contenta d’être le Conseiller du roi, vivant pour servir au mieux son vieil ami, et pour éduquer les cinq orphelin. Au début, l’Île fonctionna comme cela. Le Roi, son Conseiller et la Créatrice, travaillant main dans la main pour construire le plus beau des mondes.

Dans cette terre, les corps n’était rien qu’une création des cristaux, une illusion, une fusion d’apparence et de souvenir. Pour chacun des êtres qui y vivait, manger, boire dormir et respirer n’étaient plus des obligations, mais des plaisirs. La mort n’y était pas supprimé, mais remplacé. Les blessures graves pouvaient être soignée par un repos dans les grands cristaux qui parsemaient le monde, et lorsqu’un corps était trop endommagé, la personne pouvait abandonner son corps et ses souvenirs et se réincarner dans un nouveau corps, démarrant une nouvelle vie. Personne ne savaient exactement ou se trouvait le cœur de chaque personne, mais il était quelque part, dans ce monde. Peut-être était-il partout ?

Malheureusement, un jour, la tempête vint sur l’Île. Un royaume puissant du monde originel découvrit ce monde caché, après avoir enquêté sur les disparitions mystérieuses de ceux qui avaient rejoint ce dernier. Au début, ils ne voulurent perturber ce paradis. Mais la peur commença à les gagner quand une terrible épidémie commença à décimer la population. Ils voulurent alors utiliser ce monde, non pour sauver tout le monde, mais les plus grands. Les esprits brillant, les grands artiste. Il voulait éviter la perte irrémédiable de ceux qu’ils voyaient comme pouvant apporter le plus à l’humanité.

Ce projet était de recréer le jardin d’Eden, le projet Elysium. Le but était de créer un paradis artificiel pour les grands esprits. Le cœur deviendrait alors leur nouveau lieu de vie, une terre de culture où les plus grands esprits se retrouveraient, dans une vie vouée à philosopher et faire avancer la science et l’espèce humaine. Ils seraient de plus en plus nombreux, et leurs publications éclaireraient de plus en plus la planète, jusqu'à permettre un age d'or où l’humanité serait éternellement éclairé par des savants immortels. Mais pour cela, ils devaient prendre le contrôle du Cœur, afin de reprogrammer le monde pour qu’il agisse comme ils le voulaient.

Le vieux roi regarda avec peur les armées qui commençaient à s’attaquer dans le royaume, mais tentant de toujours plus rassurer la population. Le Conseiller aidait les ravitaillement, à déplacer les blessés. La Créatrice utilisait de toute sa puissance pour faire surgir de nul part murs, armes, défenses. Mais les combattant de l’armée d’Elysium commencèrent à apprendre à utiliser les pouvoirs du monde. Une jeune femme rejoint les trois hautes personnes du royaume. Une ancienne générale, venue ici pour fuir les horreurs qu’elle avait vu pendant la guerre, se proposait pour combattre. Elle devint la Gardienne.

La guerre fut terrible et sans relâche, les soldats de la Terre et du Cœur revenaient tous sans cesse une fois qu’ils étaient tombé, ramené à la vie par les cristaux. Comment faire pour ne vaincre que les soldats de la terre ? Des armes expérimentales furent créé, dans le but de briser les corps cristallin, afin de forcer une réincarnation sans le moindre souvenir, ce qui permettrait au soldat terrestre de devenir de simples habitant du Cœur. Cependant, cela ne se passa pas comme prévu : sur les sujets de test, la destruction du corps cristallin ne fut pas complète mais se contenta de casser brisant toute cohérence entre le corps et le souvenirs, détruisant l'esprit de l'adversaire.

Ces armes furent quand même utilisées. L'armée terrestre fut exterminée, réduit à l'état de ces créatures incohérentes, les derniers souffles, qui furent bannis hors des mondes habités, dans des parties de l’île qui furent bloqués dans des petites bulles de réalités fermés parce que rendu trop brisés par la guerre, la structure même de la logique y était brisée. Les soldats se disaient qu'avec assez de temps, le corps des derniers souffles serait trop usé et ils se réincarneraient, sans aucun souvenirs de ce qui leur est arrivé. Cela n'arriva jamais.

À la fin de la guerre, traumatisée par ce qui s'était passé, une partie de la population décida de se réincarner. Il était plus simple de connaître dans les livres d'histoire une telle horreur que de l'avoir vécu soi-même. Parmi ceux qui se réincarnèrent, il y eut le vieux roi. Ce fut la fin de la première ère.

La Créatrice et le Conseiller décidèrent qu’il était temps de passer le flambeau à la nouvelle génération. Ils continueraient avec la Gardienne leur travail, tandis que leurs enfants pourraient organiser le monde comme ils le souhaiteraient. L’aîné devint le nouveau Roi, la suivante devint Générale des forces armées, les deux jumelles devinrent une Mage et une Prépresse. Seul le petit dernier refusa d’avoir un rôle important, déclarant qu’être l’Arlequin lui allait très bien. Malheureusement, le jeune Roi n’arrivait pas à dormir la nuit, effrayé de voir un jour le retour des esprits. Nuit après nuit, il faisait le même cauchemar. Le retour de l’armée d’Elysium. Si les premiers mois de son règne furent heureux, ils sombra rapidement dans la peur.

Pour se rassura, il ordonna de continuer la production des terribles armes qui leur avait assuré la victoire. Il avait au début voulu l’arrêter, mais avait changé d’avis, ses actes dictés par la peur. Le lendemain de sa décision, ces deux sœurs cadettes, la Mage et la Prêtresse virent le voir.

— « Ô mon roi, mon bon frère, réfléchit un peu à tes actes, » commença la mage. « Ces armes sont trop terrible pour être utilisés, notre monde même pourrait être en danger. »

La prêtresse, comme toujours, restait silencieuse.

Mais ils n’écouta pas ses conseils. Il était effrayé par une nouvelle possibilité. Et si les soldats étaient trop nombreux pour utiliser l’arme sur eux ? Et si une armée trop grande venait, des hordes permanentes qui continueraient à venir jusqu’à ce qu’ils les aient écrasés ? Et si tous les mondes de l’extérieur se mettaient à croire au projet Elysium ? Il devait avoir des troupes nombreuses, sans sacrifier des habitants qui n’avaient rien demandé. Alors il inventa à l’aide des cristaux un nouveau moyen de défense. Des monstres générés et contrôlés par les cristaux, servant à défendre le territoire du Cœur. Ces monstres seraient des sortes d'intelligences artificielles basiques dédiées au combat. Ils pourraient être déployées un peu partout en cas de besoin. Les deux sœurs revinrent l’avertir, la Mage disant qu’il jouait avec le feu, et qu’il mettait le monde entier en danger.

Mais ils n’écouta pas ses conseils. Il était effrayé par une nouvelle possibilité. Et si il existait des soldats terrestre rescapée, sans avoir la moindre possibilité de connaître leur position exacte ? Une force mystérieuse et invisible, qui n’attendait que leur heure. Et si des gens de ce monde adhéraient aux idée du projet Elysium ? En effet, pour certain, ne pouvait-ce être attirant de créer un monde de savants et philosophes éternels ? Il prit alors une terrible décision : Il allait changer la mémoire de tous les habitants, et faire effacer tous souvenirs de ce qu'était véritablement l’Île. Ce ne serait alors qu'un monde, ayant toujours été comme ça. L’ancien monde serait oublié à jamais. Au cas où, les monstres seraient déployés dans les zones hors des villes. Un programme serait installé en eux pour qu'ils attaquent toutes personne connaissant la terre : En effet, ils ne pourraient alors être que des Terriens, non ?

Quelques jours après son annonce, ses trois sœurs et son frère virent le voir, avec un ultimatum : Il devait abandonner son projet, sinon ils le forceraient à l'abandonner, et iraient même jusqu'à le détruire lui pour protéger l’Île. Faire tout oublier à tous le monde, les monstres et les armes, ce ne seraient que faire sombrer l’Île dans la catastrophe, celle d’oublier les erreurs et les horreurs du passé. Il répondit tristement qu'il n'avait pas le choix. Dans ses yeux, il y avait la peur. Il n'avait jamais oublié la guerre. Il appela ensuite la garde.

Alors qu’ils étaient accompagnés dehors, la jeune Prêtresse se retourna, et le regarda dans les yeux :

— Mon frère, je sais que tu as peur. Mais écouter sa peur, c’est arrêter d’écouter sa raison, c’est arrêter d’écouter son cœur. La raison et le cœur sont ce qui font de nos de vrais humains. C’est leur combat perpétuel qui nous fait avancé. La peur obscurcit les deux, et tu as perdu toutes tes forces. Abandonne ce projet qui n’est né que des ombres qui te hantent, et te murmurent à l’oreille des conseils bien malavisés. Mon frère, je t’aime, mais si tu veux déclarer la guerre à la sanité et à la vie, alors la sanité et la vie te déclareront la guerre. Je suis désolée.

Une nouvelle guerre éclata, à l’intérieur de la famille royal. La Créatrice, le Conseiller et la Gardienne, aussi effrayé par les souvenirs de l’ancienne guerre, furent dans le camp du Roi. Ils voulaient à tout prit assurer la protection de leur monde contre ceux qui étaient venu de nul part et de partout pour l’attaquer. Le reste de la fratrie royale devint les chefs de la Rébellion. Au début, la guerre restait une guerre froide. Nul combat n’éclata.

Mais un jour, la Gardienne, décida d’aller discuter avec la Mage pour tenter de la raisonner. Un combat éclata. On vit la Mage revenir avec le corps inerte de sa mère adoptive. Elle ne semblait ni pouvoir se réincarner, ni retourner aux cristaux. Elle avait trouvé comment bloquer le cœur d’une personne. La guerre fut déclaré. Le père des enfants, l’ancien Conseiller du Roi, sombra dans le chagrin et le regret, et parti pour ne jamais revenir. La Créatrice aussi se retira. L’ancienne génération s’était retiré, et la nouvelle se faisait la guerre.

Le jeune Roi se retrouvait alors seul, contre sa fratrie qui voulait le détrôner. Toute l’armée ne semblait suffire à les arrêter. Il eut un jour une explication : la maître des secrets avait découvert qu'il était possible d’utiliser les pouvoirs de son propre cœur. Cela permettait d'utiliser des pouvoirs incroyables, mais cela faisait risquer sa vie. Le roi ne chercha pas à faire de même, et entra dans un cycle perpétuel de blessure et de soins par les cristaux, et envoyant les monstres attaquer ses frères.

Après des mois de bataille, la rébellion fut capturée. Le royaume était grandement endommagé. Certains partisans de la terre grondaient. Le roi avait énormément perdu en popularité, considéré comme un faible. Il n'avait que 20 ans, et n'aurait sans doute même plus longtemps à vivre, tellement son corps était abîmé. Il lui fallait prendre une grande décision. S'il détruisait ses sœurs et son frère, il serait considéré comme un roi fort et puissant.

Mais il ne pouvait pas s'y résoudre.

Il décida de baisser la puissance d’une une des armes, et de se contenter de bloquer avec le fruit de ses recherches la forme physique de ses frères et sœurs, les rendant bien moins dangereux. Après, il les fit enfermer dans des tours conçu pour les garder prisonnier à jamais.

La révolution grondait alors, le peuple voulait se débarrasser du roi trop faible. Les quelques partisans de la Terre en avait profité pour semer l’idée qu’il serait mieux d’être un paradis pour les grands esprits que d’être un royaume en ruine. Le roi se dirigea alors vers les cristaux. Il mit alors directement son premier plan à exécution : la Grande Réincarnation. Il commença par désincarner tous les corps physique, sauf le siens, et de ses derniers fidèles. Ils détruisirent ce qu'ils purent trouver comme trace de la terre, ignorant l’existence de certains mondes cachés construit par la créatrice.

Ils lancèrent après cela la réincarnation, et le roi dit adieu à ses derniers fidèles.

Il n'allait pas se réincarner, mais il fit entrer sa forme physique dans les cristal. Il n'osait ni essayer de mourir définitivement, ni se réincarner, ni rester.

Il voulait juste un peu de sommeil.

Un seul élément ne se passa pas comme prévu. Les monstres se mirent à mal fonctionner : Ils en se contentaient pas d’attaquer les terriens, mais tout ce qui bougeait, à cause de leur intelligence artificielle qui fonctionnait mal. Le monde était désormais l’Île, terre ou les humains devaient vivre malgré les monstres, plongé dans un combat éternel entre deux armées immortelles. L'ancienne armée royale fut désormais destinée à protéger les habitants des monstres. Certains essayaient même d'apprendre à contrôler les monstres. La nouvelle histoire de le Cœur se fonda sur cette nouvelle situation, celle des héros et des monstres. Le vagues souvenirs de l'avant-réincarnation resta sous forme de légendes vagues, de mythes complexes à comprendre. Et, dans un demi sommeil, le roi éternel ne pouvait que contempler à jamais les dégâts de ce qu’il avait fait.

Quelque part dans les contrées où les fées et les lutins continuent de se montrer à la vue de tous se trouvent une ville, Carillon. Avec ses murs d’une blancheur éclatente et ses toits d’un bleu profond, cette cité perchée sur les falaises tient son nom des cloches qui sonnent perpétuellement, faisant de chaque journée une mélodie nouvelle et envoutante. Cependant, un jour par semaine, elle se taisent, faisant le silence.

Bien souvent les voyageurs étonnés s’enquissent de l’origine de ce troublant silence – est-ce le souvenir d’une tragédie, est-ce un deuil qui force le respect d’un mystérieux mutisme à cette métropole de mélodie ? À cela les habitants leur répondent qu’il s’agit d’un jour de fête, le jour de l’enfant. Ce jour est le jour où le questionnement enfantin sauva toute la ville d'un dragon. Ce jour est le jour qui rappelle aux puissants de la ville que bien des choses les dépassent.

Et après cela, ils racontent cette intrigante histoire :

« Jadis, les cloche de notre cité sonnaient sans cesse, et jamais un seul jour ne s’arrêtaient. Elles sonnaient la paisibilité de notre vie, le faste de nos récoltes et la clémence de notre climat. Notre puissance effrayait nos ennemis, et nos murs immenses montraient que nous étions imprenable.

Cependant, un jour, une menace arriva dans notre ville, une menace venu du ciel. Un dragon, au regard de cendre et au cri de fureur tomba du ciel et nous attaqua à l’intérieur même de nos murs. Il terrorisait les passants. Son souffle était brulant et son cri terrifiant, et nous perdimes bien des combattants, ce jour là. Mais nous n’arrêtames pas nos cloches, nous ne voulions pas céder à la peur, abandonner notre façon de vivre. Nous voulions montrer notre force. Il sembla disparaitre le soir tombé, nous laissant dans une nuit d’incertitude.

Le lendemain hélas, il attaqua de nouveau. Il n’était pas parti, mais se déplaçait dans le dédale des ruelles. Alors nous montâmes une équipe pour aller le traquer. Nul de revint. Un nouveau quotidien de peur et de mort commença alors. Les soldats ne réussissaient à vaincre le dragon, et celui-ci semblait ne pas vouloir sortir. Mais toujours les cloches sonnaient, donnant courage et volonté aux habitants et aux chevaliers. Nous gardions foi grâce à leur mélodie.

L’enfant d’un magistrat, alors émit une hypothèse sur le dragon :

— Et si le dragon au souffle brulant et au cri terrifiant était celui qui avait le plus peur ? Nos cloches sonnent fort et nos murailles sont grandes, peut-être se croit-il piégé dans notre cité ?

Mais personne ne voulait croire en l’idée d’un dragon qui avait peur.

Alors le roi décida que de simple guerrier ne suffirait à occir la bête. Les uns après les autres, il appella les cavaliers les plus nobles et courageux du royaumes. De pieux et preux chevaliers, qui sauveraient Carillon du souffle du dragon.

Le chevalier Alembert, à la monture resplendissante, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir ce reptile et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Dans un grand galop, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le broya immédiatement de ses puissantes pattes.

Le baron Hadrien, au courage incroyable, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir ce reptile et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Sans la moindre peur, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le déchiqueta immédiatement de sa terrible mâchoire.

Le comte Rembert, aux pouvoirs anciens, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir cet animal et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Psalmodiant d’étranges incantations, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci l’écrasa immédiatement avec sa queue aux écailles dures comme le diamant.

Le duc Eusèbe, à l’épée étincelante, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir cette bête et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Brandissant sa lâme, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le découpa immédiatement avec ses griffes asserées.

Le prince Amaury, à l’armure indestructible, répondit à l’appel et s’en vint s’agenouiller devant le roi. « Je viens, monseigneur, sauver cette ville et votre royaume. Je m’en vais occir ce monstre et offrir sûreté aux habitants de votre cité ». Sûr de son invulnérabilité, il s’attaqua au dragon. Mais celui-ci le carbonisa de son souffle flamboyant.

Pendant que les plus grand guerriers affrontaient le dragon, l’enfant avait petit à petit tenté de parler aux moines des églises. Après le décès du prince, ceux-ci acquiescèrent à l’idée d’arrêter les cloches. Et un beau jour, un mardi, il n’y eut plus aucun son dans la ville.

Tous, hommes, femmes, enfants, bêtes, tous découvraient parfois pour la première fois un monde en silence. Le dragon releva la tête. Son regard semblait moins fou, et il ne soufflait ni ne criait plus. Les derniers guerriers se préparèrent à l’achever, quand l’enfant passa devant eux. Des habitants poussèrent des cri d’effroi, à l’idée du sort que la bête allait faire à l’enfant. Le dragon allait-il broyer, déchiqueter, écraser, découper, carboniser l’unique personne qui avait pensé qu’il n’était pas une bête sauvage ?

L’enfant s’arrêta, loin du dragon, et resta debout, droit comme un piquet.

— « Les cloches ne font plus de bruit, tu peux partir. Je ne tenterais pas de t’en empêcher ou de te faire de mal ».

Le dragon regarda autour de lui. Son regard rougeoyant se posa sur l’être fragile qui se tenait devant lui. Le temps semblait comme arrêté, tous retenaient leur souffle. Brutalement, le dragon s’envola, et disparu dans le ciel.

La ville était sauvé.

L’enfant reçu les honneurs, mais ne vécu qu’une vie simple, en dehors des murailles de la ville. On raconte que dans son age avancé, le dragon vint chercher l’être qui l’avait épargné, avec la proposition de venir vivre de très longues dernières années avec eux. »

La légende qu’encore aujourd’hui, celui ou celle qui restera doux et silencieux pourra traverser la colonie du dragon, pour trouver une mystérieuse personne, à l’âge très avancé mais à la santé de fer, qui vous expliquera que même les nobles et fiers dragons peuvent avoir autant peur de vous que vous avez peur d'eux, et que parfois il faut savoir ne plus être puissant et effrayant pour pouvoir sauver ceux à qui nous tenons.

L'enfant et le dragon

On dit que dans les temps très reculé de la première civilisation, quand les jeunes personnes étaient trop bouleversé, leurs corps et leur esprit pouvaient perdre leur solidité, et ils se brisaient en mille morceaux, éparpillé à travers les endroits qu’ils avaient traversés dans leur vie. Trop nombreux étaient les jeunes membres de cette civilisation qui subissaient ce funeste sort. Ils étaient prit pour cible par leurs camarades, et par peur retenait leur colère et leur détresse jusqu’à ce que leur solidité se désagrège. Mais pourquoi est-ce que de telles attaques existaient ? Était-ce de la haine ? Était-ce une volonté d’éliminer les « plus faibles » ? N’était-ce qu’un jeu d’essayer de les briser ?

Au moment de se briser, c’était comme s’il était à jamais impossible d’être à nouveau vivant. Comme si chaque fragment de leur être s’échappait pour tenter de fuir la douleur. Et alors, il ne subsistait d’eux qu’une sorte de spectre, condamné à une demi-vie, qui devait alors partir à la recherche de ses fragments. Nombreux étaient ceux qui dans un premier temps, préférait rester sous un spectre et vivre une vie maudite à retourner dans le monde. Mieux valait être privé de leur corps, de leurs souvenirs et de leurs émotions que de risque à nouveau d’être la cible d’attaque. Mieux valait n’être personne et continuer à hanter un lieu que d’être à nouveau une victime. Nombreux étaient ceux qui restaient à jamais sous cette forme.

Pour qu’ils recommencent à chercher leur fragment pour se reconstruire, il fallait un évènement. Voir une autre personne le subir, avoir quelqu’un qui vaille le coup de sentir à nouveau. Il fallait que renaisse en eux l’espoir, alors même qu’ils étaient incapable de ressentir. Il fallait redonner au monde une saveur. Alors pouvait commencer la longue recherche des fragments. Même s’ils pouvaient les ressentir, c’était une longue étape de recherche à travers leur vie. C’était la bataille contre les souvenirs et contre les sentiments enfoui. A chaque étape, ils devaient ré-affronter ce qui les avait effrayé, les mauvais souvenir. Il fallait du courage pour continuer chaque pas, il fallait avancer pour retrouver chaque membre qui était caché sur le chemin.

Mais une fois le corps complété, les dernières épreuves restaient à passer. Après le corps venait l’esprit. Chacun des fragment d’esprit à retrouver était difficile, parce que cela causer douleur et frayeur. La première des épreuves était celle de la raison. Comprendre le monde, c’était aussi à en avoir peur. Qui ne s’était jamais dit qu’il préférait quand il ne comprenait pas ce qui se passait dans le monde ? Quand il était dans la douce ignorance des douleurs de la vie. La tentation était grande de préférer ne pas savoir, et ne pas avoir à se soucier des choses.

La deuxième épreuve était celle des souvenirs. Si on retrouvait alors ses bons souvenirs, on retrouvait aussi les mauvais. Dont tous ceux qui avait brisé les jeunes spectre en premier lieu. Retrouver ses souvenir, c’était aussi revivre les chagrins, revivre les regrets, revivre les traumatismes. En ces moments, ils oubliaient tout les bons moments qu’ils retrouveraient aussi. Et au moment de les accepter en soi, c’était revivre toute sa vie en l’espace d’un instant. Un océan de sensation, qui brouillant entièrement l’esprit, et qui laissait épuisé le fantôme.

Mais une dernière épreuve devait être passée. Le dernier fragment était celui des émotions. C’était toujours le dernier qui restait. Les émotions. La possibilité de se rappeler ce que c’était de ressentir, sans avoir besoin de se souvenir de ces sensations. La possibilité d’avoir de nouvelles émotions, différentes de celles de jadis. La tentation était toujours grande de les abandonner. De fuir le fait d’avoir mal, de pleurer, d’être terrifié. On revivait les deux plus anciens désirs, toujours en tension : chercher le bonheur, et fuir la douleur.

C’était l’étape ou le plus de spectre étaient tentés d’abandonné. Mais les retrouver était la dernière étape de la reconstruction. Ce n’était alors que cette étape passé qu’ils pouvaient à nouveau redevenir vivant, à nouveau sentir et marcher.

#Inktober2017 - Day 12. Shattered

Il y a bien longtemps, vivait dans les contrées de mes ancêtres un jeune mathématicien. Il était vu et considéré malgré son jeune âge et sa trop forte fierté comme un puits de sagesse. Sa science expliquait la pluie et le beau temps. Il prédisait la course des astres, calculait le temps qui passait, et son savoir semblait inépuisables à ses pairs. Des occultes profondeurs de la démonologie aux secrets célestes de la métaphysique, nulle connaissance ne semblait résister à ses discours désinvoltes.

Un jour, on dit que ce mathématicien tomba sur une jeune personne, qui était atteint d’un mal de l’âme qui semblait incurable. Il fut content de pouvoir se rendre utile, parce que cela lui semblait être un mal qu’il avait bien connu. En effet, non seulement il avait beaucoup lu sur le sujet, mais il avait eut une affliction qui lui semblait bien proche. Alors, il lui parla. Rapidement, ils entretinrent une correspondance régulière.

Au début, tout semblait bien se passer. Les belles paroles du savant offrait réconfort et soutient à la personne atteinte du mal. Il semblait être expert, maîtriser totalement la situation, et le calme qu’il offrait face à toute situation semblait contagieux. Mais quelques crises de colères par-ci, quelques disputes par-là, ce fut les deux confiances qui s’ébranlèrent. Le magicien des sciences avait peur de perdre le contrôle, et la personne qui lui avait donné sa confiance commençait à douter de l’efficacité des actions du savant – actions qui tardaient à arriver.

Peut-être fut-ce à ce moment-là que le mathématicien aurait-dû se rendre compte de son erreur et de sa faute. L’erreur d’avoir cru qu’il saurait guérir avec la même facilité qu’il avait à jouer avec les arguments et les mots un mal profond et incrusté. L’âme de son prochain est un sujet bien moins léger que le nombre d’ange qui pouvait tenir sur une tête d’épingle.

Mais le mathématicien avait trop de fierté pour admettre qu’il avait tors. Petit à petit, il perdait le contrôle, et sa confiance en lui. Ses actions étaient erratiques. Un coup il semblait accepté les conseils que lui prodiguait son patient, et un coup il refusait tout en bloc. La science était avec lui et son entêtement, non ? Il ne savait plus quoi faire, mais ne voulait pas l’admettre… ne le pouvait pas ?

Un jour, l’événement inévitable arriva. Il avait perdu le contrôle. Las de son manque de contrôle, et remarquant l’aggravation de sa situation, son patient lui fit signifier que tout était fini. Qu’il n’accepterait plus ses traitements. Le mathématicien accepta cela pourtant bien facilement : cette situation de manque de contrôle lui avait été douloureuse, et il lui était plus simple d’abandonner tout en bloc, et de se dire que c’était juste son patient qui avait refusé son traitement pourtant si efficace.

S’il était triste de voir s’éloigner un être qu’il avait appris à chérir, le mathématicien était au fond de lui soulagé. Il se résolut à ne plus perdre le contrôle : Les sciences de la nature et des anges étaient bien plus simples que les âmes de ses semblables. Il avait peur d’échouer à nouveau, et se refusait de prendre le risque. N’aurait-ce pas été plus simple d’accepter d’écouter les autres ? Mais la solution ne lui vint même pas. Il s’éloigna alors petit à petit de tous ces semblables, et ne prodiguait que quelques banalités quand on lui demandait de l’aide dans les affaires de l’âme et du cœur. Ce n'était plus un domaine dans lequel il manquait de connaissance : c'était devenu un domaine indigne d'intérêt.

Et on dit qu’il ne resta au mathématicien que son orgueil pour seule compagnie.

Les remèdes du mathematicien

Enfant, toi qui écoutes mes mots, entends la mise en garde de l’aède. Laisse-moi te conter l’histoire de l’origine du monde, et l’avidité des êtres qui jamais ne voulurent connaître mort ni peine. Les anciens ont toujours dit que la vie est une éternelle ronde, qu’il va de soi que naissent et meurent les êtres, les peuples, les terres et les mondes. Mais le trépas du premier monde ne fut causé ni par la volonté de la nature, ni par le destin. Enfant, laisse-moi te conter l’histoire du premier peuple.

L’élégie du commencement

La naissance du dieu corrompu

Il y a très longtemps, dans le premier monde né du Grand Commencement, un peuple très avancé décida de vaincre la maladie, la peur et la mort. Mais également d’acquérir la puissance, de devenir capable de combattre la fatalité même. Ils bâtirent alors une machine, un cerveau qui leur permettrait de tout contrôler, et de ne jamais mourir. C’était une création telle, si incroyable qu’elle transcendant la réalité même, qu’elle changeait ce qui était et réécrivait le réel. Tout cela leur permettait d’acquérir l’immortalité.

Mais en faisant cela, ce fut les graines de leur propre destruction qu’ils avaient semés.

Cette puissante création se nommait « cœur des mondes » et fondait son pouvoir sur la source de toute chose : Un phénomène plus vieux que les univers eux-mêmes, nommé le Paradoxe. Il était la vérité et le mensonge à la fois, le possible et l’impossible. Toujours, en tout instant, tout était vrai et faux. Il était caché dans un monde-bulle, afin d’être à jamais protégé. Grâce à cette puissance, ils régnèrent, commandèrent, et envahirent les peuples d’un grand nombre de terres. Ils devinrent proches des dieux, usant de ce pouvoir, reconstruisant le réel à leur bon vouloir.

Mais ils se sentaient limités par leur pensée et voulaient pouvoir fuir leur matérialité. Même toute l’éternité ne leur suffisait plus. Seule une dernière chose leur semblait digne d’être voulue : L’infinité, le pouvoir absolu. Sans relâche ils cherchèrent, des siècles et des millénaires durant, le plus grand des trésors. Et un jour, enfin, ils trouvèrent la transcendance.

Tous devinrent un. Un être étrange, à la fois l’un et le multiple, étendu à l’infini. Il était le peuple entier, et à la fois un individu unique. Il était une contradiction, mais restait toujours parfaitement en harmonie. Sa conscience s’étendait sur toutes les dimensions : La hauteur, la largeur, la longueur, le temps et les possibles. Il pouvait savoir tout ce qui était, serait et avait été, mais aussi pourrait être un jour, aurait pu être et pouvait être.

— « Enfin je suis vraiment, enfin je sais vraiment, enfin je vois vraiment. Connaissance, tu es seule ce qui est véritablement beau pour moi. »

Il était au plus haut, Icare face au soleil. Et vous, mes enfants, vous connaissez déjà la chute. Face à sa toute puissance, un grand mal le rongea, et du ciel il retomba. Et ce mal était le plus grand des maux : La corruption. Une étrange maladie née du paradoxe lui-même, qui affectait l’Être même. Et nul remède existe pour soigner le réel. Cette maladie rongea petit à petit l’être. L’harmonie fut rompue. Et alors il chuta, et alors il sombra.

—« Faim peur où moi douleur rien vie pourquoi présent heureux nourriture aide toi faible joie mort passé tout est quoi nous tout »

Ni instinct, ni discours ne le faisaient se mouvoir. Il n’était plus qu’une musique dissonante qui emplissait chaque esprit, une partition déchirée, un ensemble incohérent d’esprit fragmenté. Il ne pouvait plus penser, chaque fragment de pensée détruisant toutes les autres pensées, formant un chaos permanent de cris d’horreurs. Doté de la puissance du divin, mais la conscience détruite, il n’était plus qu’une fractale de frayeurs, de douleur et de violence.

Déchu de toute son infinité, il s’effondrait sur lui-même, emportant tout le premier monde avec lui. Omniprésent, il amena la corruption partout dans l’univers. Chaque nouvel être qu’il absorbait était ajouté à la fractale de pensée. La matière même fut corrompue, pulvérisé. Le monde se contracta jusqu’à provoquer un nouveau commencement. Tout fut détruit, pour recommencer.

Mais le dieu corrompu ne fut pas délivré par la mort, par l’inexistence.

Le cœur des mondes fonctionnait toujours.

Alors il continuait à exister, dans le néant entre les mondes. Condamné à la souffrance éternelle, il n’était régit que par un instinct qui lui disait de sortir, de fuir le néant. Tout le reste n’étant que fragments de pensées, de souffrances et de terreurs. À chaque fois qu’il réussissait à ressortir des abysses de la non-existence, il détruisait un nouveau monde, et un nouveau naissait. Il était toujours l’oméga, la dernière lettre, le point final de toute histoire. Si le multivers est un phénix, le dieu corrompu en était la combustion.

Et c’est depuis cela qu’à jamais ce cycle de destruction se répète. Parfois, cependant, un rayon d’espoir apparaît, et des héros réussissent à empêché la fuite du dieu de la corruption, à la sceller pour quelques nouveaux millénaires voir millions d’années. Mais ce n’est jamais que parti remise, le cycle éternel ne pourra toujours au mieux qu’être ralentit.

Le premier peuple avait souhaité faire partie de la structure même des choses, de l’être même. Son vœu avait été exaucé : le dieu corrompu était celui qui terminait les mondes.

L’élégie du commencement

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