Kazhnuz

C’était la première fois que Naï se rendait sur Ark’Dulah, ville la plus importante du satellite Galahad 3b. Dans l’ascenseur, il s’était même senti nerveux : c’était la première fois qu’il se rendait sur un astre-océan, et encore plus important, la première fois qu’il se rendait dans une ville sous-marine.

Le scientifique travaillait depuis des années dans le domaine des recherches en technologie cristalline de sa nation, le Conglomérat d’Albion. Il se rendait aujourd’hui dans un colloque dans cette ville, situé sur une planète neutre face aux grands empire multi-planétaire. L’université de cette planète était une référence en manière de technologie cristalline, et il était certaine que ce serait enrichissant. Même si cela voulait dire aller dans une ville située sous des tonnes d’eau. Il eut un frisson en y pensant. Le fait de connaître en quoi les boucliers protégeant les villes sous-marines était entièrement sûr ne suffisait pas à ne pas lui laisser cette peur irrationnelle de finir écrasé sous des tonnes d’eau.

Lorsque la porte s’ouvrit, il eut son premier regard sur la ville sous-marine. Il voyait d’immense bâtiment cristalin qui s’élevait, dans une architecture lui rapellant le gothique, mais dans des tons bleutés. Les tours étaient ouvragées, des petites statues de créatures sous-marines se trouvaient sur les bords des toitures. Et en haut, en guise de ciel se trouvait le bleu de l’océan, légèrement éclairé par les boucliers. Il pensa aux tonnes d’eau se trouvant au-dessus de sa tête et se sentit mal. Et sa sensation ne fit qu’empirer en voyant une immense ombre passer au-dessus des barrières. Cela ressemblait un peu à un poisson, mais il se rendit compte que la créature devait faire plusieurs kilomètres. Il avait déjà vu des gigafaune, ces écosystèmes de créatures dépassant la centaine de mètres, mais jamais en vrai, et dans une situation qui lui semblait aussi effrayante.

Il tenta de se défaire de cette image qui lui venait en tête de la créature qui brisait les boucliers. C’était sécurisé, se disait-il, ils ne peuvent pas ne pas avoir prévu des incidents avec ces bestioles. C’était impossible de ne pas avoir prévu ça. Mais même avec ça, la peur restait, encrée dans un coin de son esprit. Naï détourna son regard pour observer la colonne centrale, dont il était sorti. Cette colonne contenait des centaines d’ascenseurs qui reliait la ville sous-marine à une île artificielle se trouvant à la surface. Plusieurs cascades sortaient de cette colonne, remplissant les différents canaux de la ville. Le scientifique devinait que l’eau ne venait pas d’en dehors du dôme mais était recyclé depuis l’intérieur, mais il se demandait pourquoi diable ils voulaient utiliser de l’eau comme symbolique alors qu’ils étaient coincés sous plusieurs tonnes de ce même liquide.

Prise dans cette pensée, il en fut sorti par un immense bruit, et une vibration terrible. Naï poussa un glapissement terrifié. Les pensées fusèrent dans sa tête. Ça-y-est, c’était la fin, ils allaient tous mourir écrasés par la pression de l’eau ! Il regarda vers le haut pour voir ce qui se passait. La bête qu’il avait vu se cognait contre les boucliers. Cependant, ceux-ci tenaient sans la moindre difficulté, nullement impacté par le choc avec la bête titanesque. L’homme regarda autour de lui. À l’exception de quelques quidams regardait la scène, les passants continuaient leur chemin, nullement effrayés par la situation. Ce qui voulait sans doute dire que c’était courant.

Naï soupira. Il devinait que ce séjour allait lui sembler long…

Le soleil commençait à peine à se lever, et avec ce nouveau jour débutait également une nouvelle quête. Notre héroïne se dirigeait vers le plus grand des trésors avec une discrétion toute aussi grande. Elle désirait un Saint-Grall : les fruits les plus juteux, dont le nectar était tel l’ambroisie des dieux anciens. Camille commençait sa quête quotidienne : Faire son petit déjeuner.

Cependant, il lui fallait être des plus prudents. Les grands maîtres du donjon dormaient encore. Là était tout le sel. Elle devait traverser les grandes crevasses du couloir, sautant sur les dalles qui tenaient en équilibre au-dessus d’un précipice sans fond, sans faire le moindre bruit. Mais elle n’avait pas peur : elle se savait capable d’un tel exploit, capable de réussir une telle quête, capable d’accomplir sa destinée. De bond leste en bond leste, la petite fille devenue grande héroïne effectua sa périlleuse manœuvre, dirigée par l’envie d’avoir accès à son juteux trésor. Ce furent de véritable kilomètre de corridor obscur, traversant le château.

Cependant, ce ne fut pas sa plus grande difficulté. En effet, devant la pièce du trésor se trouvait un énorme canidé, un chien-loup à la mâchoire terrible, au cri rugissant, et à la terrible habitude de piquer les mouchoirs chaussons : Le teckel de la famille. Heureusement, pour l’instant, la créature démoniaque était encore dans les bras de Morphée. L’aventurière commença à tenter de passer à côté, mais la créature commençait à ouvrir les yeux et bailler. Diable, que faire face à un tel coup du sort, une telle attaque ironique d’un destin toujours prompt à se moquer des pauvres hères qui tentaient d’échapper à sa cruelle griffe ?

Mais une idée vint subitement désarmer la destinée. L’héroïne s’élança vers la porte-fenêtre et l’ouvrit brutalement. Le canin, voyant ce mouvement brusque, eut immédiatement l’idée de fondre vers le jardin, se retrouvant alors emprisonné à l’extérieur, comme une andouille. La voie était libre. Le chien alla faire ses besoins, la première chose importante à faire chaque matin, puis revint atteindre avec un air un peu idiot devant la porte-fenêtre.

Mais une dernière épreuve l’attendait. Les fruits étaient en haut de l’armoire, des kilomètres au-dessus du sol. Alors commença la terrible ascension des meubles, pour accéder à la corbeille de fruits. Chaque prise n’était pas aussi stable que le voudrait la petite aventurière, mais pour la gloire et pour les fruits, pour leur sucre et leur pulpe juteuse. Elle grimpa difficile sur la table, et tendit la main, s’approchant de son Graal. Elle attrapa la corbeille, mais manqua de perdre l’équilibre. Elle élança d’un coup son bras pour se rattraper à l’armoire, tenant bien contre elle la corbeille avec les précieux fruits. Elle descendit ensuite avec prudence, s’asseyant sur le plan de travail avant de bondir vers le sol.

L’héroïne, se dirigea avec son trophée d’un pas fier vers la table de la salle à manger. Camille aimait énormément avoir des fruits pour son petit-déjeuner, et encore plus jouer. Sa quête était accomplie, mais moult autres l’attendaient encore dans sa vie.

#Inktober2017 - Day 19. Juicy

Le souffle court. La respiration saccadée. La peur panique. Il fallait fuir.

La forêt serait son tombeau, il en était sûr, et la boue – rencontre de la pluie glaciale qui s’abattait sur ses épaules frigorifiées et de la terre qui souillait ses vêtements – son linceul. Il se souvenait avoir couru. Mais combien de temps ? Il n’avait jamais su ce qui s’était passé. Un jour, la corruption était arrivée dans leur monde. Telle une pluie d’encre noire, elle s’était abattue sur un village. Le village avait été entièrement détruit, et depuis cette substance étrange s’étendait sur le monde entier. Et il essayait désespérément de la fuir. Il ne la voyait pas encore, mais ne pouvait que la fuir.

Il écoutait ses pas. Le bruit des feuilles, de la boue et des flaques sous ses pieds rythmaient son avancée. Un, deux, un deux. C’est comme l’horloge qui comptait ses derniers instants. Comme si chaque seconde était un rapprochement vers la fin. Un pas inexorable vers le jour où le froid et le silence l’empliraient. Où il serait arraché au monde par les mille bras de la corruption. Le froid et le silence. Le destin final de tout être vivant, et un destin très proche pour lui. Ne devrions-nous pas avant être chaleur et chants ? Mais la seule chaleur ici est la brûlure du froid, et les seuls sons que petit échos face à l’infini silence. Il tentait de regarder autour de lui. Que les arbres à pertes de vue, que cette forêt aux chemins s’enfonçant dans les buissons, que ce labyrinthe sylvestre boueux et glacé. Il n’avait aucun repère, tout était aussi sombre, tout était aussi terne. Pas de mousse pour lui indiquer le nord, et les chemins étaient trop sinueux pour qu’il puisse suivre la même direction. Il était perdu et aucune porte de sortie ne s’ouvrait à lui.

Ce fut alors qu’arriva la corruption. Non pas derrière lui comme il le croyait, mais devant lui. Une brume, dont sortait des milliers de mains, dégoulinant d’un liquide noir comme la nuit. Le monde en reflet sur la surface lisse du liquide. Il ne pouvait s’empêcher de détailler les bras décharnés d’ombre qui se trouvait devant lui. C’était la fin. Mais il ressentait avec la peur qui lui tenaillait le ventre une sorte de fascination. Alors c’était ça qui allait tout terminer ? Des bras qui sortaient de la brume et qui arrachaient à la réalité tout ce qu’ils pouvaient trouver ? Il n’avait jamais vu de près la corruption, juste de loin, comme un brouillard obscur qui avançait au loin, engloutissant les villes et les maisons.

Les bras se fracassèrent contre l’arbre qui se trouvait devant lui, qui se retrouva comme figé dans le temps. Les branches ne se balançaient plus dans le vent, les feuilles n’étaient plus emportées par les torrents de pluie. C’était comme si ce qu’avait été touché par les mains était arraché au temps, comme s’il n'était plus qu'une image de l'arbre qui jadis avait fait parti de ce monde. Un murmure semblait résonner dans sa tête.

« Faim-peur-où-moi-douleur-rien-vie-pourquoi-présent-heureux-nourriture-aide-toi-faible-joie-mort-passé-tout-est-quoi-nous-tout. »

Le fuyard sentait son esprit se fractionner, comme si toute pensée claire devenait impossible. Il se remit à courir de plus belle. Il n’avait pas la moindre idée de pourquoi la corruption était dangereuse. Il n'avait aucune hypothèse à propos de ce que pourrait être cette voix dans sa tête. Il ne savait pas ce qu’il y avait de l’autre côté de la brume. Mais il sentait la menace dans chaque veine de son corps. Il était mort de trouille. Il avait l’impression d’être la victime d’un jeu tragique, un héros de récit dont l’unique sort était la disparition et l’oubli. Derrière lui, des volutes d’ombres s’élevaient, et la forêt semblait se déchirer dans le noir. Les bras atteignaient de nouveaux arbres, et d’autres bras en sortaient. Il continuait à s’éreinter pour essayer de ne pas se faire rattraper par l’obscurité.

« Passé-vie-pourquoi-comment-toi-existence-destructeur-peur-joie-haine-expérience-échec-nous-nous-nous-nous-anihilisation-besoin. »

Mais la réalité se déchirait face à ces ténèbres, et il entendait derrière lui le craquement de la chute des rares arbres qui n’étaient pas attrapés par la brume, mais qui avaient perdu leur racine dans les ombres. Il vit deux brisures dans le ciel qui semblaient le dépasser. Il était trop lent. L’univers s’effondrait autour de lui. Chacun de ses pas était inutile, pourtant il continuait de courir. Peut-être espérait-il être finalement sauvé, comme une récompense pour s’être battu pour continuer à vivre ? Peut-être espérait-il que le Grand Créateur aurait au dernier moment pitié de lui ?

« Abandonné-erreur-erreur-erreur-un-erreur-jour-pourquoi-erreur-erreur-regret-ne-erreur-fais-pas-erreur-erreur-pareil-erreur-court-haine-colère-destruction-erreur-erreur »

Il n’avait plus de souffle, mais la peur continuait à le porter. Chacun de ses pas était une nouvelle douleur qui s’ajoutait, chacune de ses inspirations lui brûlait les poumons. Survivre, il voulait survivre. À n’importe quel prix, qu’importe la souffrance. Mais le monde se détruisait aussi devant lui, emporté dans la brume de corruption. Il tenta de retourner en arrière. Il était tout autant bloqué. Les effets de la goutte noire avançaient vers lui, il était entouré, sur un petit îlot de réalité qui disparaissait de minute en minute. Il ne savait pas quoi faire. L’attente le condamnait, et tenter de sauter par-dessus le précipice était pure folie. Et plus il réfléchissait, plus la situation se reprochait d’une chute dans le vide. Mais il n’eut pas le temps de continuer sa pensée. Sa plateforme s’était morcelée sous mes pieds.

Il tomba. Les mains d’ombres l’attrapèrent. Sombrant dans la corruption, sentant son esprit se fragmenter en un flot d’incohérences, il vit les dernières nuances de bleu du ciel être engloutie par un noir des plus profonds.

#Inktober2017 - Day 11. Run

Celia avançait avec difficulté dans les vallées. Cela faisait déjà plusieurs jours qu’elle était au fond de cette vallée, se dirigeant vers le monastère qu’on lui avait indiqué. « Au bout de la vallée, Après la statue ». L’ancienne aventurière avançait parmi les roches et les herbes hautes, faisant attention aux serpents et autres dangers de la montagne. L’ascension était pénible et difficile.

Arrivée au bout de la vallée, elle comprit qu’elle n’était pas très loin de son objectif. Une immense statue de roc brut, qui montait jusqu’au flanc des deux montagnes qui entourait la voyageuse, se dressait devant elle. Ce qu’elle représentait était pourtant simple : Juste une femme, qui portant un grand châle. Une figure presque fantomatique, peut-être une déesse ancienne ou une incarnation de la nature. Mais même si cette représentation ne surprenait en rien, cette statue la surplombait comme jamais une statue ne l’avait faite.

Quel âge avait cette colossale femme de roche ? Celia n’en avait aucune idée, mais les plantes et l’érosion semblait indiqué un age très ancien. Célia se prit à se demander comment cette statue avait pu voir le jour. Était-ce creusé dans le roc, avaient-ils amené ici la matière première ou avait-elle était creusé à partir de la vallée ? Elle n’avait ni les moyens, ni les connaissances de savoir à coup sûr les réponses. Mais cela n’empêchait pas les questions de venir et de se bousculer dans sa tête. Était-ce ne serait-ce que possible pour un peuple ancien de construire une telle chose ? Sur combien de temps ?

Toute la journée, Célia fit des hypothèses sur cette femme, cherchant à percer le mystère de cette statue.

Était-ce le travail de tout un peuple, rendant hommage à une cheffe qui les avaient protégés d’un clan ennemi ou d’une menace quelconque ? Sur des générations, ils avaient creusé la montagne ou un mégalithe pour créer cette statue, mué par leur envie de rendre un hommage postume. Était-ce la représentation d’oracles, de femmes mystiques en communion avec les esprits qui avaient livré à leur peuple des secrets cachés et des prédictions qui les avaient sauvés ? Un monument à ces femmes désormais anonymes, mais qui resteraient vivante grâce à cette création de roche brute. Une manière pour elle de ne pas tomber dans l’oubli.

Était-elle plus ancienne ou plus récente que le monastère ? Avait-elle veillé sur les moines, telle une mère de toutes celles et ceux qui priaient ici. Était-celle dont ils imploraient la protection, quand les sombres nuages de la fatalité semblaient s’abattre sur eux ? Était-ce à elle qu’ils attribuaient les guérisons miraculeuses, les coups de chances et les instants de bonheurs ? Était-ce elle que de jeunes couples en besoin d’enfant venaient voir, telle les déesses de la fécondité de jadis ?

La nuit tombait. Celia devait quitter ce colosse, cette statue, cette déesse ancienne, cette incarnation de la nature, cette cheffe, cet oracle, cette mère du monastère, cette divinité de la fécondité. Elle se sépara d’elle comme d’une vieille amie, se promettant d’y retourner pour la voir le plus régulièrement possible.

Elle n’était pas plus avancée qu’avant ses réflexions sur la vérité sur cette statue. Mais peu importait. Cette statue était désormais pour elle l’entrée vers un nouveau pas de sa vie, et sa compagne d’un moment de rêverie et d’imagination. La véritable histoire importait peu face à ce que lui avait fait vivre la simple vision et les questions que cette statue géante.

#Inktober2017 - Day 10. Gigantic

100TC - 15. Silence

Il se réveille. Il ne voit autour de lui qu’un noir d’encre, et n’entend qu’un silence absolu.

Il est dans la chambre. Il le sait.

Aucun son. Il ne voit rien. Il ne sent même pas la position de son corps. La température est indéfinissable. Aucune odeur. Il ne sent pas le sol. Rien. Qu’est-ce qui lui prouve qu’il existe encore ? Rien. A-t-il un indice qu’il n’est pas piégé à l’intérieur de son propre esprit ? Rien. Est-il ne serait-ce que sûr que son corps existe encore, quelque part ? Non.

Mais le silence devient son. Un vacarme. À chaque inspiration, il entend l’engouffrement de l’air à travers les trachées, le bruit de ses bronches qui se remplissent, ses poumons qui se déplient tirés par le diaphragme. Il entend le torrent de son sang dans ses veines, les battements sourds de son cœur, le grondement de son estomac. Tous ces sons, il les entend aussi distinctement que si quelqu’un parlait à vive voie devant lui.

Le vacarme de la veine qui palpite contre ses oreilles est insupportable. Il devenait son. Du silence total était né une cacophonie, qui lui vrille les tympans.

Il tente de bouger. Il n’est même pas sûr des gestes qu’il fait. Tente-t-il de nager jusqu’à un rebord ? Il n’est même pas certain de si sa tête était en haut ou en bas.

Il voit un mouvement de l’ombre. Quelqu’un est là. Il en est sûr. Quelqu’un qui voit et qui s’amuse. Il sent un contact. Sur sa gorge. Quelqu’un l’attaque-t-il ? Il se souvient. Il se rappelle de la main qui voulait l’étouffer. Des paroles après coup. « C’était pour rire ». Parce que faire semblant de tuer quelqu’un peut être un jeu, maintenant. Il se souvient de la peur. Ça va recommencer. Il le sait. Il voit encore plus de mouvement dans l’ombre. Son esprit tente de rationaliser. C’était le passé. Ce n’est qu’une hallucination. Il n’y arrive pas. Il continue de sentir des contacts. Sur tout son corps. Porte-t-il seulement des vêtements ? Il a peur, il veut que ça s’arrête.

Ce n’est pas possible qu’il soit son seul danger ici. Quelqu’un doit être là. Quelqu’un qui lui veut du mal. Ce n’est pas possible qu’on se contente de le laisser seul. Il va se faire torturer physiquement. Il ressent une douleur. Est-ce que c’est sa peur qui fait ça, ou est-ce que ça se passe vraiment ? Il est certain que cela arrive vraiment.

Il tente de parler. S’il entend sa voix, la terreur et la douleur pourront se dissiper. Rien. Pourquoi ne peut-il pas parler alors qu’il entend sans arrêt le bruit assourdissant de son corps ?

Il se débat. Il commence à supplier. Il veut sortir, il est prêt à tout. Il sent la panique qui monte de plus en plus, il sent la douleur qui devient de pire en pire. Il sent des coups sur son corps. Est-ce en débattant qu’il se frappe lui-même, ou se fait-il battre ? Il tente de crier, il sent qu’il hurle à en déchirer les poumons, mais jamais un cri.

S’il savait ou était sa gorge, il tenterait de terminer tout cela. Mais il n’arrive pas à coordonner ses mains. Il veut juste que ça s’arrête.

Un déclic.

Il tombe lourdement sur le sol et ressent une douleur aiguë. Il sent qu’il est tombé sur son bras. La lumière l’éblouie, mais il tente d’ouvrir les yeux. Enfin de la lumière ! Il entend des bruits de pas, qui lui semblent être de véritables coups de tambour. L’odeur de l’air frais qui rentre envahi ses narines.

Il lève les yeux.

Un homme. L’air dur.

À la fois son bourreau et son sauveur.

« À partir de maintenant, tu te tiendras correctement. »

15. Silence

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