Kazhnuz

Tu n'es pas seul

Tout est là. Tout est juste derrière toi. La folie, les ombres qui rugissent. Elles attendent. Elles t'attendent. Elles sont patientes, elles savent que tu tomberas.

Tu peux fuir, mais pas te cacher. « Qu'est ce qu'ils pensent tous de moi ? » « Cette personne a l'air agressive, non ? » « Ils me font peur. Je ne peux pas me défendre. » Tu te feras avoir un jour ou l'autre. L'homme est comme ça.

Tu n'es pas seul. Les tambours de la folie te suivent partout. Il n'existe nul lieu ou te cacher. L'être humain est faible. Chaque jour il risque de tomber. Il est tout aussi désorganisé et sans rythme que ces vers. Sans rimes, sans harmonies... inventions puériles.

L'homme aime briser les règles. Ce n'est pas pour rien. Ce n'est qu'un instinct de survie... A force de vouloir cacher ta folie... Tu deviens chaque jour un peu plus fou. Tu accumules et renfermes. Tu enfouis, tu refoules.

Il n'y a pas de thérapie pour toi. Tu le sais. Si tu dis quoi que ce soit, tu es fiché. Chaque bizarrerie est traqué dans ce monde. Tout le monde veut être différents... Mais tous de la même manière.

Tu sens qu'ils arrivent. Tu ne peux rien faire. Tu seras bientôt toi aussi sous mon emprise. Tu sais qu'au fond de toi tu as peur des autres. Tu as peur de tout ces gens que l'on nomme humain.

Ils sont derrière toi. Ils sont derrière toi. Ils sont derrière toi. Ils sont derrière toi.

100TC - 91. Drowning

Il sentait son accélération démente.
Il chutait comme jamais il n’avait chuté.
Jugé par Minos, Éaque et Rhadamanthe,
Il se noyait, vaincu sans même avoir lutté.

À son regard ne se montraient que les ténèbres
Ni le haut, ni le bas, ne lui étaient visible
En lui se déroulait sa destinée funèbre,
Être submergé dans son esprit inflexible.

Il avait cru trouver paradis en lui-même,
Mais n’était devenu qu’un nouvel ange déchu.
Son lien à la réalité s’était rompu,
Et de sa volonté l’abysse serait repu.

L’homme chutait, les dieux chantaient et se réjouissaient,
Du verdict d’un tribunal où ils étaient juges,
Et avaient tout décidé, sentence et procès.
Contre un coupable qui n’avait que cherché refuge.

Il ne souffrait plus, même condamné et battu.
Car enfin tout espoir semblait s’être en lui tût.

Le condamné se débattait, criait, hurlait.
En cherchant le prologue de la tranquillité.
Il trouvait l’épilogue de la fatalité.

En fuyant ses semblables derrière son dernier rempart,
Il s’était à jamais perdu dans le nul-part.

Déjà sa conscience dans les limbes s’effaçait.

« Ça n'arrivera pas. »

Le condamné se débattait, criait, hurlait.
Il cherchait toutes les failles, tout ce qu’il pouvait faire.
Il devait gagner face aux dieux ce bras-de-fer.

Dans son esprit brisé, cette pensée survivait.
Était-ce une volonté ou le fruit de la peur ?
Il était toujours là, prouvait sa douleur.

Il avait une dernière volonté : Celle de vivre.

« Ça n’arrivera pas.
Ça n’arrivera pas. »

Existait-il une issue à tout ce drame ?
Peut-on fuir quand on est piégé dans son âme ?

« Ça n’arrivera pas.
Ça n’arrivera pas.
Ça n’arrivera pas.
Ça n’arrivera pas. »

Une lumière s’alluma, et l’inonda d’espoir.
Une idée folle, une tentative désespérée.
N’avait-il pas ici accès aux pleins pouvoir ?
« Si je ne peux sortir, ici je peux créer »

« Ça n’arrivera pas. »

Il était dans son esprit, dans son monde, chez lui.
Il était ici un démiurge tout puissant,
Il n’avait connu telle force jusqu’aujourd’hui,
Se sentait doté d’un pouvoir ahurissant.

Le condamner laissait cette puissance l’envahir.
Il pensait qu’il allait monter sur l’échafaud,
Mais il avait pu fuir, il allait s’épanouir,
En devenant le créateur d’un monde nouveau

Il croissait, s’étendait.

En lui dansait l’espoir, et sa sœur la joie,
Il avait eu victoire sur les dieux et la mort,
Pour toujours, il pourrait vivre heureux dans son « moi »
Sans les monstres de son esprit, ni ceux du dehors.

En lui raisonnait cette créatrice pulsion,
Il était pris par son vœu, son désir pervers,
En lui naissait de nouveaux pays et nation
Son verbe était départ d’un nouvel univers.

Doté d’une force qu’il n’avait jamais ressenti,
Il ne comptait pas chercher un confort douillet.
Ici, il offrirait récompense aux gentils.
Ici, il punirait à jamais les mauvais.

Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.

Sa conscience s'étendait et son égo croissait.
Tout ce qu’il avait cherché, c’était un peu de paix,
Enfin, il connaîtrait véritable succès.
Enfin, il aurait droit à un peu de respect.

Il était paradoxe et pure contradiction,
Les heures devenaient pour lui courte comme des secondes.
Il vivait une véritable transsubstantiation.
Il partait de simple humain, et devenait monde.

Alors se referma sur lui le piège des dieux :
Dans ses raisonnements, il avait fait erreur.
Il voyait son avenir en tant que monde radieux,
Il pensait ne plus jamais connaître malheur.

Mais déjà sa conscience était écartelée,
Sa propre individualité cesserait d’être,
Toutes ses pensées étaient déchirées, fragmentées
Pour que de son esprit un univers puisse naître.

Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.

L’homme qui voulait devenir Dieu payait son dû.
S’il n’avait fuit vers se pouvoir, ce désir vain,
Ses cris de douleurs auraient été entendus.
Personne jamais n’entend la souffrance du divin.

La faucheuse, joyeuse, riait de son sinistre sort,
De le voir de son ambition payer le prix.
Le spectacle qu’on lui avait promis n’était la mort,
Mais de le voir se noyer seul dans son esprit.

Malgré toute sa peur, il lui était trop tard.
Personne ne serait là pour l’aider, pour l’absoudre.
Il ne pourrait même pas rejoindre le Tartare.
Son esprit était en train de se dissoudre.

Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.
Il croissait, s’étendait.

91. Drowning

Memento Mori

Tu fuis, tu fuis dans la nuit, tu espères survivre,
Tu fuis et tu crains la mort comme tout ceux de ton espèce
Le divertissement ne suffit plus à te protéger de l'angoisse.
Memento Mori, souviens toi que tu vas mourir.

Rien de ce que tu feras ne te protégeras, rien ne te fera survivre.
Comme un programme, tu rencontrera une fois, tu arrêteras de fonctionner,
Ta vie ce sera accomplie, plus rien ne marchera en ton corps.
Tu vivant tu passeras à l'inerte, et seul tes os resteront...

Souviens toi que tu vis, souviens toi que tu ressens,
Souviens-toi que tu souffres, souviens-toi que tu jouis,
Souviens-toi que tu as peur, souviens-toi que tu espères.
Memento Mori, souviens toi que tu vas mourir.

Rien de ta fuite en avant ne te protégeras,
Ton destin fut scellé au moment même ou tu fut conçus.
Simple mélange d'ADN mais mécanique complexe et donc fragile...
Tout se brise, ta vie fera de même. Le jour arrivera, tu le sais.

La vie elle même est le cancer qui te ronge.
Même en pleine forme elle t'aura.
Ne fuis plus, petit enfant, abandonne toi au désespoir.
C'est ce que moi, la grande faucheuse attend de toi.

Memento Mori, comme disait les latins,
Souviens-toi de cette fin qui te sera prochaine,
Tu ne sais pas quand, mais elle arrivera, soit en certains.
Quitte le divertissement et rejoint un monastique désespoir.

Cela fait déjà quelques mois, que tu t'es enfermé,
Ne sortant plus par simple peur d'un accident.
Tu te sens tellement en sécurité, sauf évidemment,
Quand chaque semaine, tu dois aller chercher de la nourriture.

Un simple télétravail, tes clients ne voient jamais ta tête,
C'est vrai, quoi, ils pourraient être de cruels assassins.
Ta paranoïa t'as perdu, tu n'est plus que l'ours dans sa caverne,
Mais qui ne sort qu'à contrecoeur, pour aller chercher pitance.

Mais un jour en te levant, une étrange faiblesse t'avais prit.
Peut être que ta nourriture si sûre n'était pas assez,
Tu t'étais condamné à petit feu, et aujourd'hui je viens.
Moi la grande faucheuse, recueillir ton âme.

Memento Mori, c'est en me fuyant que tu m'as rejoint.

Memento Mori

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