Kazhnuz

On dit qu'entre notre monde et celui de mages résident un nombre incroyable de mondes-bulles, de réalités fragmentaires caché dans les interstices du monde de la logique et de celui des paradoxes. Des espaces, coincés entre nos règles rationnelles et celles étranges des arcanes magiques, qui se retrouvent à vivre selon leur propres lois.

On dit que dans un de ces mondes, la mort n'existe pas, mais est remplacé par un mal bien pire. Un monde où les habitants doivent sans cesses lutter contre des hordes de monstres, nécessitant à chaque fois qu'ils chutent face à leurs ennemis, coincé dans une guerre éternelle où nulle mort ne peut les délivrer. Un monde où un roi éternelle regarde, coincé dans une solitude dont nul ne pourrait le sortir.

Aujourd'hui, je vais vous conter l'histoire de ce monde.

La solitude du roi immortel

Un jour, il y a bien longtemps, un frère et une sœur découvrir un des univers étrange qui se trouvent coincé entre les deux mondes. Chaque idée pouvait y être matérialisée, chaque rêve pouvait y être concrétisé. Ce monde était modifiable, jusque dans ses règles même, a volonté. De cette terre sans vie, ils pourraient faire un paradis. Un monde qui ne connaîtrait pas la mort, la guerre et les tourments. Cependant, pour y entrer, un prix terrible était à payer. Il fallait abandonner son corps, le voir être dispersé dans la structure même de cette nouvelle réalité, le voir faire qu’un avec ce nouveau monde. Seul le cœur de la personne résiderait alors dans ce monde, quelque part.

La sœur fut la première à y entrer, sacrifiant son ancienne vie pour son nouvel idéal. Elle y serait la Créatrice. Elle y fit naître l’océan, le ciel et le soleil. Et au centre de tout cela, une Île.. Elle fabriqua de ses mains les plages, les forêts et les montagnes de cette île. Et partout sur cette île, de grands cristaux, qui en permettait le fonctionnement, et aux gens d’y vivre. Après des mois, son frère revint. Il était aller chercher un peuple. Des gens malheureux, qui ne voulait qu’une chose : changer de vie. Parmi eux, cinq orphelin, qu’il adopta comme ses propres fils. Il organisa les villes, offrit de nouvelles identité à ceux qui avaient fuit l’ancien monde. On lui proposa au début d’être le roi, mais il refusa, nommant un de ses vieux amis à la place. Il se contenta d’être le Conseiller du roi, vivant pour servir au mieux son vieil ami, et pour éduquer les cinq orphelin. Au début, l’Île fonctionna comme cela. Le Roi, son Conseiller et la Créatrice, travaillant main dans la main pour construire le plus beau des mondes.

Dans cette terre, les corps n’était rien qu’une création des cristaux, une illusion, une fusion d’apparence et de souvenir. Pour chacun des êtres qui y vivait, manger, boire dormir et respirer n’étaient plus des obligations, mais des plaisirs. La mort n’y était pas supprimé, mais remplacé. Les blessures graves pouvaient être soignée par un repos dans les grands cristaux qui parsemaient le monde, et lorsqu’un corps était trop endommagé, la personne pouvait abandonner son corps et ses souvenirs et se réincarner dans un nouveau corps, démarrant une nouvelle vie. Personne ne savaient exactement ou se trouvait le cœur de chaque personne, mais il était quelque part, dans ce monde. Peut-être était-il partout ?

Malheureusement, un jour, la tempête vint sur l’Île. Un royaume puissant du monde originel découvrit ce monde caché, après avoir enquêté sur les disparitions mystérieuses de ceux qui avaient rejoint ce dernier. Au début, ils ne voulurent perturber ce paradis. Mais la peur commença à les gagner quand une terrible épidémie commença à décimer la population. Ils voulurent alors utiliser ce monde, non pour sauver tout le monde, mais les plus grands. Les esprits brillant, les grands artiste. Il voulait éviter la perte irrémédiable de ceux qu’ils voyaient comme pouvant apporter le plus à l’humanité.

Ce projet était de recréer le jardin d’Eden, le projet Elysium. Le but était de créer un paradis artificiel pour les grands esprits. Le cœur deviendrait alors leur nouveau lieu de vie, une terre de culture où les plus grands esprits se retrouveraient, dans une vie vouée à philosopher et faire avancer la science et l’espèce humaine. Ils seraient de plus en plus nombreux, et leurs publications éclaireraient de plus en plus la planète, jusqu'à permettre un age d'or où l’humanité serait éternellement éclairé par des savants immortels. Mais pour cela, ils devaient prendre le contrôle du Cœur, afin de reprogrammer le monde pour qu’il agisse comme ils le voulaient.

Le vieux roi regarda avec peur les armées qui commençaient à s’attaquer dans le royaume, mais tentant de toujours plus rassurer la population. Le Conseiller aidait les ravitaillement, à déplacer les blessés. La Créatrice utilisait de toute sa puissance pour faire surgir de nul part murs, armes, défenses. Mais les combattant de l’armée d’Elysium commencèrent à apprendre à utiliser les pouvoirs du monde. Une jeune femme rejoint les trois hautes personnes du royaume. Une ancienne générale, venue ici pour fuir les horreurs qu’elle avait vu pendant la guerre, se proposait pour combattre. Elle devint la Gardienne.

La guerre fut terrible et sans relâche, les soldats de la Terre et du Cœur revenaient tous sans cesse une fois qu’ils étaient tombé, ramené à la vie par les cristaux. Comment faire pour ne vaincre que les soldats de la terre ? Des armes expérimentales furent créé, dans le but de briser les corps cristallin, afin de forcer une réincarnation sans le moindre souvenir, ce qui permettrait au soldat terrestre de devenir de simples habitant du Cœur. Cependant, cela ne se passa pas comme prévu : sur les sujets de test, la destruction du corps cristallin ne fut pas complète mais se contenta de casser brisant toute cohérence entre le corps et le souvenirs, détruisant l'esprit de l'adversaire.

Ces armes furent quand même utilisées. L'armée terrestre fut exterminée, réduit à l'état de ces créatures incohérentes, les derniers souffles, qui furent bannis hors des mondes habités, dans des parties de l’île qui furent bloqués dans des petites bulles de réalités fermés parce que rendu trop brisés par la guerre, la structure même de la logique y était brisée. Les soldats se disaient qu'avec assez de temps, le corps des derniers souffles serait trop usé et ils se réincarneraient, sans aucun souvenirs de ce qui leur est arrivé. Cela n'arriva jamais.

À la fin de la guerre, traumatisée par ce qui s'était passé, une partie de la population décida de se réincarner. Il était plus simple de connaître dans les livres d'histoire une telle horreur que de l'avoir vécu soi-même. Parmi ceux qui se réincarnèrent, il y eut le vieux roi. Ce fut la fin de la première ère.

La Créatrice et le Conseiller décidèrent qu’il était temps de passer le flambeau à la nouvelle génération. Ils continueraient avec la Gardienne leur travail, tandis que leurs enfants pourraient organiser le monde comme ils le souhaiteraient. L’aîné devint le nouveau Roi, la suivante devint Générale des forces armées, les deux jumelles devinrent une Mage et une Prépresse. Seul le petit dernier refusa d’avoir un rôle important, déclarant qu’être l’Arlequin lui allait très bien. Malheureusement, le jeune Roi n’arrivait pas à dormir la nuit, effrayé de voir un jour le retour des esprits. Nuit après nuit, il faisait le même cauchemar. Le retour de l’armée d’Elysium. Si les premiers mois de son règne furent heureux, ils sombra rapidement dans la peur.

Pour se rassura, il ordonna de continuer la production des terribles armes qui leur avait assuré la victoire. Il avait au début voulu l’arrêter, mais avait changé d’avis, ses actes dictés par la peur. Le lendemain de sa décision, ces deux sœurs cadettes, la Mage et la Prêtresse virent le voir.

— « Ô mon roi, mon bon frère, réfléchit un peu à tes actes, » commença la mage. « Ces armes sont trop terrible pour être utilisés, notre monde même pourrait être en danger. »

La prêtresse, comme toujours, restait silencieuse.

Mais ils n’écouta pas ses conseils. Il était effrayé par une nouvelle possibilité. Et si les soldats étaient trop nombreux pour utiliser l’arme sur eux ? Et si une armée trop grande venait, des hordes permanentes qui continueraient à venir jusqu’à ce qu’ils les aient écrasés ? Et si tous les mondes de l’extérieur se mettaient à croire au projet Elysium ? Il devait avoir des troupes nombreuses, sans sacrifier des habitants qui n’avaient rien demandé. Alors il inventa à l’aide des cristaux un nouveau moyen de défense. Des monstres générés et contrôlés par les cristaux, servant à défendre le territoire du Cœur. Ces monstres seraient des sortes d'intelligences artificielles basiques dédiées au combat. Ils pourraient être déployées un peu partout en cas de besoin. Les deux sœurs revinrent l’avertir, la Mage disant qu’il jouait avec le feu, et qu’il mettait le monde entier en danger.

Mais ils n’écouta pas ses conseils. Il était effrayé par une nouvelle possibilité. Et si il existait des soldats terrestre rescapée, sans avoir la moindre possibilité de connaître leur position exacte ? Une force mystérieuse et invisible, qui n’attendait que leur heure. Et si des gens de ce monde adhéraient aux idée du projet Elysium ? En effet, pour certain, ne pouvait-ce être attirant de créer un monde de savants et philosophes éternels ? Il prit alors une terrible décision : Il allait changer la mémoire de tous les habitants, et faire effacer tous souvenirs de ce qu'était véritablement l’Île. Ce ne serait alors qu'un monde, ayant toujours été comme ça. L’ancien monde serait oublié à jamais. Au cas où, les monstres seraient déployés dans les zones hors des villes. Un programme serait installé en eux pour qu'ils attaquent toutes personne connaissant la terre : En effet, ils ne pourraient alors être que des Terriens, non ?

Quelques jours après son annonce, ses trois sœurs et son frère virent le voir, avec un ultimatum : Il devait abandonner son projet, sinon ils le forceraient à l'abandonner, et iraient même jusqu'à le détruire lui pour protéger l’Île. Faire tout oublier à tous le monde, les monstres et les armes, ce ne seraient que faire sombrer l’Île dans la catastrophe, celle d’oublier les erreurs et les horreurs du passé. Il répondit tristement qu'il n'avait pas le choix. Dans ses yeux, il y avait la peur. Il n'avait jamais oublié la guerre. Il appela ensuite la garde.

Alors qu’ils étaient accompagnés dehors, la jeune Prêtresse se retourna, et le regarda dans les yeux :

— Mon frère, je sais que tu as peur. Mais écouter sa peur, c’est arrêter d’écouter sa raison, c’est arrêter d’écouter son cœur. La raison et le cœur sont ce qui font de nos de vrais humains. C’est leur combat perpétuel qui nous fait avancé. La peur obscurcit les deux, et tu as perdu toutes tes forces. Abandonne ce projet qui n’est né que des ombres qui te hantent, et te murmurent à l’oreille des conseils bien malavisés. Mon frère, je t’aime, mais si tu veux déclarer la guerre à la sanité et à la vie, alors la sanité et la vie te déclareront la guerre. Je suis désolée.

Une nouvelle guerre éclata, à l’intérieur de la famille royal. La Créatrice, le Conseiller et la Gardienne, aussi effrayé par les souvenirs de l’ancienne guerre, furent dans le camp du Roi. Ils voulaient à tout prit assurer la protection de leur monde contre ceux qui étaient venu de nul part et de partout pour l’attaquer. Le reste de la fratrie royale devint les chefs de la Rébellion. Au début, la guerre restait une guerre froide. Nul combat n’éclata.

Mais un jour, la Gardienne, décida d’aller discuter avec la Mage pour tenter de la raisonner. Un combat éclata. On vit la Mage revenir avec le corps inerte de sa mère adoptive. Elle ne semblait ni pouvoir se réincarner, ni retourner aux cristaux. Elle avait trouvé comment bloquer le cœur d’une personne. La guerre fut déclaré. Le père des enfants, l’ancien Conseiller du Roi, sombra dans le chagrin et le regret, et parti pour ne jamais revenir. La Créatrice aussi se retira. L’ancienne génération s’était retiré, et la nouvelle se faisait la guerre.

Le jeune Roi se retrouvait alors seul, contre sa fratrie qui voulait le détrôner. Toute l’armée ne semblait suffire à les arrêter. Il eut un jour une explication : la maître des secrets avait découvert qu'il était possible d’utiliser les pouvoirs de son propre cœur. Cela permettait d'utiliser des pouvoirs incroyables, mais cela faisait risquer sa vie. Le roi ne chercha pas à faire de même, et entra dans un cycle perpétuel de blessure et de soins par les cristaux, et envoyant les monstres attaquer ses frères.

Après des mois de bataille, la rébellion fut capturée. Le royaume était grandement endommagé. Certains partisans de la terre grondaient. Le roi avait énormément perdu en popularité, considéré comme un faible. Il n'avait que 20 ans, et n'aurait sans doute même plus longtemps à vivre, tellement son corps était abîmé. Il lui fallait prendre une grande décision. S'il détruisait ses sœurs et son frère, il serait considéré comme un roi fort et puissant.

Mais il ne pouvait pas s'y résoudre.

Il décida de baisser la puissance d’une une des armes, et de se contenter de bloquer avec le fruit de ses recherches la forme physique de ses frères et sœurs, les rendant bien moins dangereux. Après, il les fit enfermer dans des tours conçu pour les garder prisonnier à jamais.

La révolution grondait alors, le peuple voulait se débarrasser du roi trop faible. Les quelques partisans de la Terre en avait profité pour semer l’idée qu’il serait mieux d’être un paradis pour les grands esprits que d’être un royaume en ruine. Le roi se dirigea alors vers les cristaux. Il mit alors directement son premier plan à exécution : la Grande Réincarnation. Il commença par désincarner tous les corps physique, sauf le siens, et de ses derniers fidèles. Ils détruisirent ce qu'ils purent trouver comme trace de la terre, ignorant l’existence de certains mondes cachés construit par la créatrice.

Ils lancèrent après cela la réincarnation, et le roi dit adieu à ses derniers fidèles.

Il n'allait pas se réincarner, mais il fit entrer sa forme physique dans les cristal. Il n'osait ni essayer de mourir définitivement, ni se réincarner, ni rester.

Il voulait juste un peu de sommeil.

Un seul élément ne se passa pas comme prévu. Les monstres se mirent à mal fonctionner : Ils en se contentaient pas d’attaquer les terriens, mais tout ce qui bougeait, à cause de leur intelligence artificielle qui fonctionnait mal. Le monde était désormais l’Île, terre ou les humains devaient vivre malgré les monstres, plongé dans un combat éternel entre deux armées immortelles. L'ancienne armée royale fut désormais destinée à protéger les habitants des monstres. Certains essayaient même d'apprendre à contrôler les monstres. La nouvelle histoire de le Cœur se fonda sur cette nouvelle situation, celle des héros et des monstres. Le vagues souvenirs de l'avant-réincarnation resta sous forme de légendes vagues, de mythes complexes à comprendre. Et, dans un demi sommeil, le roi éternel ne pouvait que contempler à jamais les dégâts de ce qu’il avait fait.

La solitude du roi immortel

100TC - 45. Illusion

Une pièce blanche. Aseptisée. Entièrement vide. Une moquette tout aussi pâle, et des murs qui ne revêtent pas plus de couleurs. Pas de doute, j’y suis de retour. Je prends une chaise en attendant son arrivée. Il ne devrait pas tarder. Je m’assieds, et regarde le vide des murs. Dans un lieu qui n’existe pas, une longue attente hors du temps d’une personne qui n’existe pas. Pour patienter, je prends un magazine et un petit gâteau.

Il finit par arriver. Mon Némésis, mon meilleur ami. Mon oppresseur, ma victime. Celui qui toujours veut me chasser, celui qui toujours cherche à me retrouver. Celui qui me console, celui qui m’humilie. Celui qui veut voir mes couples s’effondrer, celui qui me donne des conseils pour aider les personnes que j’aime. Celui qui excite mes haines, celui qui les tempère. Ma conscience, mon démon intérieur.

— Cher monsieur, commençait-il, vêtu d’un costard. Je vous ai fait quérir dans mon bureau parce qu’il faut qu’on parle d’un sujet très important.

Je m’assieds sur la chaise, lui est bien enfoncé dans son confortable fauteuil, dos à la fenêtre. Derrière lui, une superbe vue sur la ville et ses multiples lumières, ce tableau étrange composé de taches de couleurs sur un fond noir.

— Es-tu bien certain que tout dans ta vie est bien réelle ? Me demande-t-il avec un air sérieux à travers ses lunettes.

Je fronce les sourcils. Où est-ce qu’il veut en venir ? Je ne suis pas certain de comprendre quel est son but.

— Comment te dire… Je pense qu’il doit y avoir quelque chose qui n’est pas normal dans tout ce qui se passe. Je regarde tes notes, je regarde ta situation, je regarde ton nombre d’amis… C’est vraiment pas mal. Mais quand je vois ensuite ton investissement dans tout ça… Y’a comme un truc qui colle pas.

Il se penche un peu plus vers moi, comme pour m’examiner du mieux qu’il peut.

— En effet, notre conférence d’aujourd’hui portera sur ce sujet très important. Est-ce que le monde existe ou n’est qu’une illusion ? Cette question est très intéressante aux vues de la polysémie du mot « monde ».

Je suivais la conférence, dans mon siège de l’amphithéâtre miteux ou j’ai eut une partie de mes cours, à une époque qui me semble étrangement lointaine. Il me faisait face, j’étais son seul public. Autour de moi, les sièges n’étaient pas vides, mais plein d’ombres sans visage.

— En effet, si le monde peut rapporter à la réalité physico-mathématique où l’on vit, il peut également s’agir d’un sens plus « mondain », si je puis me permettre. Il peut en effet s’agir de la société humaine dans laquelle nous évoluons, où quelque chose de plus proche comme notre cercle d’amis.

Il fit quelques pas, au centre de sa scène. Il était dans le feu des projecteurs. Il a toujours aimé ça.

— L’une des premières particularités de l’humain, c’est sa tendance au mensonge. En effet, en tant qu’une des seules espèces intelligente, l’humain à ce pouvoir de mentir. La « guerre juste », « tous les hommes naissent libre et égaux ». Toute la base de l’humanité est le mensonge : En effet, après avoir mordu le fruit originel, Adam et Ève s’aperçoivent de leur nudité, et en ont honte. C’est la genèse qui nous montre le premier mensonge, qui naît avec l’arrivée de l’humanité : Le fait de cacher sa nudité.

— En effet, regarde le monde autour de toi ! Regarde tous ces mensonges qui remplissent notre réalité ! Regarde tous ces faux-semblants. Qu’est-ce qui te prouve que quand toi tu penses que c’est vrai, ça l’est, hein ?

Terrassé par le coup de poing qu’il venait de m’assener en pleine figure, je vins m’aplatir contre le bitume de la cours. Qu’est-ce qui m’avait pris d’accepter de me battre, je savais pourtant que je n’avais jamais été fait pour ça.

— Qu’est-ce que tu te fais dire que tout ce qu’on t’a dit et que tu considères comme vrai, ça l’est ? Des mensonges, tu en as eut des tas ! Mais encore et toujours, tu te raccroches sottement à l’espoir que dans le lot, il y ait quelques trucs vrais.

Il m’attrapa par le col, et me souleva. Je vis dans ses yeux les reflets des miens.

— Parce que l’autre possibilité te fait peur.

On est de retour dans la salle blanche. Il était face à moi. Plus de mise en scène grotesque. Plus de saut du coq à l’âne. Il ne faisait qu’une petite introduction pour en venir à son sujet. Nous étions toujours dans la même position que précédemment. Il attendit un moment.

— Parce que l’autre possibilité, c’est qu’en fait, tous ce qu’on t’a dit est faux.

Il me relâcha. Je fis quelques pas pour m’éloigner de lui… Mais je ne pouvais pas fuir.

— Regarde un peu autour de toi, et surtout la vérité en face. Regarde cette fable que tu appelles la vie, et ose me dire encore un peu qu’elle ait un sens. Et donne-moi le sens des gens qui sont morts. Et donne-moi les preuves que les mots qu’on te dit sont sincères. Donne-moi les preuves que tous ne roulent pas les yeux dès que tu ne t’es pas éloigné, avec toutes les conneries que tu dis. Avec toutes les fois où tu te donnes toi-même des défis que jamais personne t’as demandé de relever, pour les foirer lamentablement devant tout le monde.

J’essaie de préparer mes mots pour lui répondre. Il suffit de trouver les bons mots, et je peux le faire partir.

— Et je ne peux pas simplement les croire. Je tiens à eux, et je sais qu’ils tiennent à moi. La confiance, c’est un peu la base de tout ça ? Si je commence à être paranoïaque et croire que tout le monde me veut du mal, ça ne va pas le faire.

Il fit quelques pas. Il rigolait. Je déteste quand il fait ça.

— Parce que tu crois que c’est par méchanceté qu’on ment ? Tu irais dire à quelqu’un de pathétique qu’il l’est, pour l’enfoncer encore plus ? Tu irais lui dire à quel point il est mauvais ? Où tu préférerais pas lui mentir, pour éviter de lui faire du mal ?

— Les choix ne se limitent pas à ça, m’énervais-je ! Déjà, primo, personne n’est « pathétique », on peut être positif ! Tu crois que j’ai pas assez potassé la positivité et tout ? Suffit d’avoir la bonne tournure d’esprit, ce n’est pas du mensonge.

Un sourire amusé.

— Sérieux, le coup larmoyant de l’éducateur positif. « Regardez-moi, comme je suis le grand chevalier pourfendeur de la croyance en la hiérarchie, regardez comme je suis un saint qui jamais n’irais juger quelqu’un comme en dessous de lui ». T’as besoin que je te fasse les flashback de toutes les fois où tu as pensé ce genre de chose ?

Il marqua un temps.

— Et puis, combien même ce ne serait pas le cas sur le cas… Les raisons de soupirer c’est pas juste de croire que quelqu’un est « pathétique » ou « ridicule ». Voici les autres cas : Il peut être agaçant, insupportable. Il peut donner des envies de le baffer… Mais on est bien obligé de le supporter, donc on prend sur nous.

Il pointa du doigt, victorieux.

— Ce genre de mensonges, ceux que tu as entendu par le passé, ceux que tu as vu quand tu as découvert que le monde était une grande boucherie sans aucun sens… Tout cela remonte au père noël ! Le monde est un grand tas de mensonges, auquel tu contribueras à chaque fois que tu feras croire à quelqu’un qu’il a de l’importance, que sa vie sert à quelque chose…

— Pense à tous ces détails douteux, à tout ce qui ne colle pas dans ta vie par rapport à ce que tu mériterais. Pense à tout ce qui est trop beau.

Il me fait face, enfoncé dans son fauteuil

— Pense aux mensonges de l’humanité. Pense à toutes les « guerres justes » commises à coup de bombe sur des villes.

Il me fait face, éclairé par les projecteurs sur l’estrade.

— Pense aux doutes qui t’habite, pense à toutes ces fois où tu n’as pas compris pourquoi on pouvait t’accepter.

Il me surplombe, tandis que j’essaie de me relever, étalé sur le bitume.

— Pense à tous ceux qui vont devoir supporter le fait de chuter après avoir cru que leur vie avait un sens, comptait pour quelqu’un.

Il me domine, dans une pièce blanche, aseptisée et entièrement vide.

— Ce n’est qu’en acceptant l’absence de vérité que tu pourrais apprendre la véritable paix intérieur : tout est faux, donc je ne dois plus me préoccuper de tout ça.

Un blanc. Je ne sais pas quoi dire. Je prends une inspiration.

« Peut-être que la vie n’a aucun sens. Peut-être qu’on est juste qu’un amas d’atome qui font des réactions cheloues entre eux. Peut-être qu’il y a des tas de trucs qui sont « trop beaux ». Peut-être que le monde est bourré de mensonge. Peut-être qu’il y a des tas de gens qui me déteste, en fait. Peut-être. Et peut-être que non. Cependant… Il existe quelque chose qui à un sens dans tout ça.

Ou plutôt, il y a quelque chose qui a encore moins de sens : toutes ces questions. En fin de compte, si la vérité n’existe pas, est-ce que le mensonge peut exister ? Si tout est mensonge, alors, est-ce que la réalité n’est pas l’ensemble de fausse vérité dans laquelle on nage, ce qui leur donne une réalité. La nôtre. Parce qu’on existe dedans.

Peut-être que tu as raisons, et que je devrais croire en rien. Mais où serait le but. Qu’est-ce que douter de tout m’apporterait en plus, à part le fait de me questionner sans arrêt encore plus ? Remplacer la question « est-ce que c’est faux » par « qu’est-ce qui est faux là-dedans » n’apporte pas la paix de l’âme. Elle n’apporte qu’encore plus de désarrois. Elle remplace l’appréhension du coup de poignard, par celle de quel organe sera transpercé par le poignard. Elle remplace la crainte par la terreur permanente, elle remplace l’espoir du bonheur par une vague espérance que ça ne fera pas trop mal. Elle remplace le risque de voir sa confiance trahie par la solitude de ne pouvoir l'accorder.

Pour répondre à ta question : Je ne sais pas si le monde existe vraiment, si y’a quoi que ce soit de vrai. Voilà ton aporie. Peut-être que tout est faux, peut-être que y’a des trucs vrai. Je ne sais pas. Peut-être que tout est faux, et c’est pour ça que je veux tenter de vivre ma vie comme je l’entends moi, et en croyant à ceux autour de moi.

Cependant, voilà la véritable réponse : En fait, ce n’est pas qu’on a la réponse, c’est qu’on a pas trop le choix. »

Et je referme le rideau.

45. Illusion

Devant toi, une infinité de lignes, qui fondent à travers l’espace, vers un horizon obscur. Des lignes qui s’entrecroisent, se séparent. Chaque ligne est un univers, et tu sais qu’à l’intérieur de chacune de ces lignes se trouve une infinité de fils de vie, chacun commençant et se terminant en un point d’une des lignes de monde. Chacun se divisant à chaque ramification d’univers. Une même personne, dispersées sur une infinité de temporalités et de possibilités.

Devant toi, des mondes exactement comme le tien, qui semblent étrangement identique à celui d’où tu viens. Quelques petits détails qui diffèrent… où peut-être pas ? Un monde qui pourrait être le tiens, mais qui ne l’est pourtant pas. Cette personne, existait-elle ? Cette action, est-ce qu’il s’est véritablement déroulée comme cela ? Comment est-ce qu’à bien pu se passer cet événement du passé dont on ne sait pas grand-chose ? Chaque fragment d’action qui diffère suffit à créer un univers qui est différent de celui d’où tu viens.

Devant toi, une infinité de futur possible, de présent possible et même de passé possible. Une infinité d’uchronie. Où un événement aurait pu faire sombrer le monde vers quelque chose de différent. Vers un autre monde. Et si l’Empire Romain avait pu trouver une structure stable lui permettant de continuer à exister ? Et si Hitler était mort dans sa première tentative ratée de Putsch ? Et si les grandes révolutions ne s’étaient jamais passée ? Et si l’URSS n’était pas tombée ? Et si Christophe Colomb avait coulé ? Et si…

Devant toi, une infinité de futur possible, par rapport à ton présent. De quoi sera fait demain ? Quels sont les facteurs, dans l’infinité d’événement que vit le monde aujourd’hui qui influeront de ce que sera le monde dans lequel tu continueras ta vie, dans lequel les enfants qui naissent aujourd’hui vivront ? Est-ce que tout est joué d’avance, ou est-ce que la contingence et ses accidents, dans leur infini ironie, propulseront ton univers vers un futur que nul n’aurait pu deviner ? Est-ce que lorsque tout semblera aller pour le mieux, un coup du sort, un crime, un coup d’état, l’action terrible de ceux qui veulent imposer leur puissance feront naître un sombre destin ? Est-ce que lorsque tout semblera aller pour le pire, un coup de chance, une découverte, des idées, l’espoir de chacune des destinées qui constitue ce monde feront naître un futur plus radieux ?

Devant toi, une infinité de mondes aux règles toutes différentes. Des mondes qui ne fonctionnent pas selon les mêmes lois que le notre. Univers qui pourraient sembler imaginaire, mais qu’un pacte te fait accepter quand tu les lis. Magie, mystique, divinités… tu acceptes tout cela, combien même ils ne te semblent pas être présent dans ton monde, à condition que le monde reste cohérent. Tu suspends ton incrédulité et tu acceptes l’étrange implicite que contient cette histoire : quelque part, au milieu des infinies possibilités du multivers, pourrait se cacher le monde qui t’es décrit. Un fin fond d’un des mondes possibles, se trouverait la fantasy, les créatures mythiques et les orques. Ces épopées épiques seraient celles de mondes qui existent, quelque part à travers cette infinité des fils des Moires des mondes.

Écrivains et lecteurs, voici la mer dont vous êtes les navigateurs, voici les cieux que vous traversez avec vos aéronefs de verbes. Voici les terres que vous explorez, terres d’hypothèses où chaque possibilité peut exister, où vous pouvez découvrir chacune des ramifications des questions que vous vous posez, qui s’étendent pour former des lieux, des intrigues et des êtres.

Oyez ce discours, celui d’un de ces nombreux passeurs. Mais vous en êtes aussi un, à chaque fois que vous vous imaginez comment quelque chose a ou aurait pu se passer, à chaque fois que vous vous questionnez, à chaque fois que vous vous poser la simple question « et si ? », à chaque fois que vous imaginez comment le monde pourrait être. Toute histoire est avant tout une question. Une question qui fait naître un univers. Qu’il te paraisse possible où non, il existe quelque part, dans cette infinité de probabilité. À chacun de ces instants, tu es navigateur, tu es explorateur.

Soyez tous bienvenus dans le véritable multivers, celui de la pensée et des histoires. Maintenant, c’est à vous d’écrire la suite de cette histoire.

De ces histoires.

De vos histoires.

1. Introduction

Petite histoire uchronique du systeme solaire (2)

Partie II : Les révolutions solaires

Les guerres révolutionnaires (2120 – 2141)

Une des particularités des guerres révolutionnaires qui menèrent à l’indépendance du système solaire, c’est la brièveté de cette période, et comment le monde fut bouleversé en assez peu de temps, finalement : 21 ans après le début de cette période, le système solaire avait changé du tout au tout.

Les historiens des générations futurs auront une très grande fascination pour cette période de changement très rapide, aux guerres multiples, et aux exactions parfois terribles.

Aux origines de la révolution solaire

Il existe une croyance commune que c’est dans les milieux aisés des populations lunaire que nait l’idée d’une indépendance des territoires d’outre-terre, et que ce serait l’élément déclencheur des révolutions qui secouées le système solaire. S’il y a véritablement de nombreux débats dans les grandes sociétés lunaires, notamment dans l’industrie des nouvelles technologie dès le milieu des années 2110, les révoltes martiennes auront tout autant contribué à l’émergence d’un mouvement.

En effet, en l’an 2115, il y a de fortes révoltes dans les territoires martiens. La cause de ces révoltes sont les fortes difficultés économiques qui existent sur la planète. En effet, une grande partie du peuple martien est pauvre, et pour des raisons liées au besoin d'apports en terre organique dans les écosphères (les bases martiennes dotée de terre et d'écosystèmes), il est encore difficile d’avoir une agriculture vivrière suffisante sur Mars. Malgré l’évolution rapide de la situation, Mars reste non seulement dépendante des exportations de la Terre au niveau de l’alimentation, mais la situation est également empirée à cause du trust d’une compagnie sur les échanges commerciaux entre les deux planètes, la société « PurpleTransport » (la couleur violette faisant référence au mélange des couleurs bleues et rouges), qui a progressivement racheté toutes les sociétés de transport spatiale entre Mars et la Terre. Cela rend donc la planète très affectée par le moindre changement dans la situation économique ou stratégique Terrestre, et en particulier celle des nations profitant et donc investissant le plus de la conquête spatiale.

Ce sont donc des difficultés économiques terrestres qui provoqueront une hausse du prix de l’alimentation, ce qui fera naître la révolte qui traversera toute la planète. En effet, même si la planète rouge est divisée en territoire appartenant aux différentes nations, il y a très vite eux un sentiment de triple appartenance sur Mars : À la fois à sa culture d’origine, au territoire dans lequel on vivait, et à la fois à la planète tout entière. Mars était en effet une planète multi-culturelle à plusieurs niveaux : La planète était à la fois divisé entre de nombreux états Terriens aux cultures différentes, mais à l’intérieur de chaque territoire, les marsiens étaient souvent issues de l’immigration sur leur planète même. C’est par cette extrème division culturelle que naquit par opposition une unité martienne, fondée sur pensée résumable en l’expression suivante : « on est tous dans le même bateau ».

Si le sujet premier de cette révolte n’est pas l’indépendance, de nombreux groupes indépendantistes Martiens s’y formeront, voulant former une confédération de nations unies dans leur lutte contre les états terriens. Ils formeront également des réseaux à travers les différentes planète, même si la durée des transports et l’absence d’un réseau globale rendront cela plus difficile. En effet, il faut plusieurs jours pour se déplacer d’une planète à une autre, sans compter qu’à cause de difficultés techniques liées à la vitesse de la lumière et des interférences causées par le soleil quand deux planètes sont opposées, sur chaque planète a été conçu un « internet » différent, le seul moyen de communiquer entre les planètes étant par des plateformes spécifiques connectant des sites des différents internets.

L’indépendance de Sélénite et l’Alliance Lunaire (2120 – 2127)

C’est cependant la cité de Sélénite qui en premier prendra son indépendance. Très inspiré par les révoltes martiennes, mais partisan du système fondé sur le commerce des cités lunaires, l’indépendantiste Lunaire était comme dit plus haut très présent dans les grandes entreprises de la Lune. Les discussions et les débats des indépendantistes Séléniens commenceront dès la publication en fin 2116 du livre « pour une Confédération Lunaire ». Ce livre subira de nombreuses critiques, et sera interdit dans de nombreuses villes lunaires par les autorités lunaires. Cependant, il circulera sur l’internet lunaire (lunarnet) et aura son succès. À Sélénite, un nouveau parti politique se forma, l’Alliance pour l’Indépendance. Composé d’homme politiques qui étaient déjà populaire dans la ville Lunaire, cette alliance monta très vite, ce qui inquiéta fortement les autorités terrestres.

Ceux-ci tentèrent de financer en force l’opposition anti-indépendance, mais ce fut peine perdue : En 2119, ce fut le tout jeune parti qui fut élu, et qui fit sa promesse de préparer l’indépendance de la ville. Sur Terre, ce fut le début de très fortes disputes entre ceux qui estimaient qu’il ne fallait pas intervenir, et les partisans d’un rétablissement du pouvoir terrien par la force sur Sélénite. Cette dispute se retrouva de manière plus violente dans les bases militaires lunaires. Composée d’une dizaine de ville-bulle entièrement consacré à l’armée, et d’une batterie de stations spatiales en orbites autour de la Lune, elles devinrent le théâtre d’une véritable guerre civile entre les partisans de l’indépendance lunaire et ceux de la Terre. La situation échappa à tout contrôle de la part de la Terre, qui hésita en plus de cela trop longtemps à envoyer des troupes en plus – en grande partie parce que chaque pays estimaient que les autres devaient faire un effort plus important dans le maintien militaire sur la Lune.

Les historiens estiment que cette conjonction d’événement est ce qui permit à la ville d’obtenir l’indépendance de manière relativement tranquille d’un point de vue militaire. Cependant, au niveau civil, c’était bien plus tendu : Des débats houleux se passaient entre partisans et opposants à l’indépendance, à travers des journaux et médias opposés. Il y eux même une forte hausse du taux d’agression sur Sélénite autour de cette période.

C’est en 2120 que la ville de Sélénite prit son indépendance et devint la Cité-État Lunaire de Sélénite. La ville adopta un modèle fondé sur le commerce et sur les théories libérales, avec une faible présence de l’état dans le commerce et les domaines non-régaliens. Le commerce était en particulier dirigé vers les autres villes de la Lune encore sous domination Terriennes, ce qui permit de diffuser le mouvement indépendantiste sur tout le satellite. À partir de cela, les choses se mirent à accélérer : En effet, le mouvement indépendantiste gagna du Terrain sur la Lune, et en 2123, la moitié des villes Lunaires avaient déjà prit leurs indépendances. Chaque ville était une Cité-État indépendante, avec ses propres organes. Cependant, elles firent une alliance entre elles, voulant éviter tout conflit entre elles. Le raisonnement était simple : Toute guerre qui se produirait sur la Lune deviendrait très vite extrêmement meurtrière. Si on faisait assez de dégâts à une ville Lunaire, on pouvait éliminer d’un coup toute sa population. Il fallait donc éviter toute possibilité de guerre entre les états lunaires, et ce fut pour cela qu’il fut décidé qu’une alliance de toutes les citées indépendantes était le seul moyen d’éviter cela. Ce fut ainsi que fut fondée l’Alliance Lunaire, dont l’armée était composée des militaires qui s’étaient rebellés contre la Terre.

La révolution martienne (2122 – 2130)

Si la situation sur Mars était déjà très compliquée, l’indépendance de Sélénite fut une véritable étincelle qui mit le feu aux poudres. Les révoltes devinrent de plus en plus fréquentes, et s’organisèrent pour devenir une véritable révolution. C’est deux ans après l’indépendance de Sélénite, en 2122, que les révoltes sur Mars s’intensifièrent, et que tomba Arès I, la plus grande ville de Mars, aux mains des indépendantistes. Cette ville était la plus grande des cinq villes de l'écosphère d'Arès, et comme toute cette écosphère appartenait à la coalition spatiale nord-américaine. Le gouvernement se réfugia dans la seconde ville de l'écosphère, Arès II. Cependant, cette ville tomba aussi au bout de quelques mois, et toute l'écosphère.

C’est à ce moment-là que l’armée révolutionnaire déclara la fondation de l’Union des Républiques des Conseils de Mars. L'écosphère d'Arès fut nommée « République d’Arès », et deux conseils, l’un dirigeant l’exécutif et l’autre le législatif. Il fut déclaré que chacun des territoires martien pourrait devenir une république autonome qui ferait partie de l’Union, et qui pourrait garder sa langue et sa culture.

Cependant, elles devraient participer à l’union militaire, et respecter la Constitution Martienne, qui déterminait quelques fonctionnements politiques, moraux et économique de l’Union. Sur le plan économique, l’Union des Républiques des Conseils Martiennes portait une doctrine inspirée de quelques idées issues des théories de Marx, mais également en partie d’idée libérale, chose provoquant souvent la surprise des commentateurs de l'époque. L’idée était que les entreprises devaient fonctionner de manières démocratiques sous formes d’associations dirigés par des conseils de travailleurs et par une sorte « d’exécutif de la direction », et que chacune de ses « association-entreprise » était un tel un « mini-pays » (qui se devait de respecter comment fonctionnait le pays dans lequel il se trouvait), et donc être doté d'une séparation des pouvoirs et de système démocratiques.

Un conseil indépendant existant au niveau de l’union était également élu, de manière à voter quelles lois s’appliqueraient sur l’ensemble de l’union.

Sur Mars, la révolution se passa de manière plus « normale » que sur la Lune : La planète étant vivable, les militaires qui étaient pour la révolution désertèrent pour rejoindre la rébellion à Arès, leur fournissant des armes, des combinaisons permettant de se battre hors des bases, et des véhicules martiens. Il y eut donc moins de conflit interne à l’armée sur Mars, et plus un conflit traditionnel entre deux armées qui s’opposaient. Globalement, l’armée indépendantiste était bien plus nombreuse, mais bien moins entraînée que celle terrestre.

Il y eut cependant également quelques facteurs qui aidèrent la révolution martienne à se faire : À la fois l’envoie d’une armée globale de force coalisée, mais également chaque pays qui tentèrent de régler le conflit d’abord dans leurs pays. Cependant, petit à petit, à cause de la Guerre Civile Terrestre, les armées terriennes présentent sur Mars diminuèrent fortement, ce qui laissa les gouvernements locaux seuls pour tenter de contrer la révolution, beaucoup décidant alors de capituler dans l'espoir de pouvoir garder un certain pouvoir. Cela permit à la révolution de progresser très vite. Rapidement, face à des tensions, l’Union laissa plus de liberté économiques aux Républiques, mais globalement, l’Union devint une république à la fois très diverse sur le plan culturel, mais avec des lois et un fonctionnement économique très unifié sur toute la planète.

La dictature Vénusienne (2124 – 2135)

En 2124, c’est au tour de Vénus de prendre son indépendance. À cette époque, la première écosphère vivable n'était même pas encore en travaux, et est divisé en sept grandes citée spatiale "traditionnelles" dispersées sur la planète, et relié par un train souterrain. Ces citées étaient toutes nommées selon des déesses de l’amour ou de la sexualité de civilisations différentes.

C’est un général en post sur Vénus, Noël de Grand-Duc, qui mit fin à la présence Terrienne en faisant un coup d’état à Aphrodite, et en déclarant la fondation de la République de Venus, épaulé par un conseil pour l’épauler et constituer le corps législatif : la Convention Venusienne. Il utilisait une vision qui s’inspirait de beaucoup de grande révolution et révolte, que ce soit les révolutions américaines, françaises…

La raison de son coup d’état était les soucis économiques entre la Terre et Vénus, et la grande pauvreté qui régnait à Vénus. Il se déclara « président de Vénus », et commença à donner des postes important dans son royaume aux personnalités scientifiques importantes des bases vénusienne. Il estimait que « quand Vénus serait vivable, il fallait que les élites soient déjà en place ». De plus, il commença à lancer un vaste programme de recherche pour créer des écosphères sur Vénus, condition nécessaire pour avoir une véritable augmentation de la population sur Vénus.

Cependant, cette situation fut de courte durée. Si la première année se passa relativement bien, avec un président qui déclarerait partir une fois que la Convention aurait créé la constitution vénusienne, ce fut les événements qui changèrent tout. Dès l’année suivante, un second général, Julius Cromwell, membre du Conseil, tentera de le renverser. Cette tentative fut fait aux noms de certaines déclarations ou le général de Grand-Duc déclara qu’il « était possible qu’il se maintienne plus longtemps si le besoin se fait », déclaration ou le général voyait germer « les fondations de la dictature ». Il fut emprisonné, puis exécuté par un conseil militaire quelques mois plus tard.

L’histoire est bien souvent ironique : On estime que ce sont généralement les réactions du président de Grand-Duc à cette tentative qui fut le début de la dictature de Vénus. En effet, c’est suite à cette tentative que de Grand-Duc commença à prendre contrôle de divers journaux, afin de faire passer l’idée que le général à l’origine du coup d’état avait pour but d’instaurer lui-même une dictature, et que des efforts sont à faire pour maintenir la République de Vénus. Mais petit à petit, des déclarations furent faites, pour contrôler.

La Dictature Vénusienne commença en 2126 avec l’instauration du Comité de la Justice, sous le contrôle du président, qui s’occupait à la fois de gérer l’exécutif, les tribunaux d’extension, et de déterminer quel candidat étaient « dignes de faire partie de la Convention ». La dictature Venusienne est peu connue, de par l’aspect reclus des bases de Vénus, et le règne de de Grand-Duc ne dure que 5 ans. Cependant, elle sera meurtrière et présentera beaucoup de faits graves. Outre son contrôle total sur la vie politique et civile de Venus, elle sera surtout connue pour ses condamnations à l’exil, qui sont dans les faits des condamnations à mort. La personne est rester, avec un scaphandre, dans les territoires Vénusiens. La personne finissait par mourir lentement, une fois que la combinaison n’avait plus d’oxygène où d’énergie pour protéger de la chaleur et de la pressions encore écrasante de Vénus (qui n'avaient que très peu baissées malgré les efforts de terraformation).

La période de la dictature dura 9 ans, de 2126 à 2135, et le Général de Grand-Duc y régna en maître jusqu’à sa mort accidentelle en 2131. La transition démocratique fut cependant complexe, à cause de la grande importance des partisans de la dictature dans les classes politiques, qui redoutaient un nouveau coup d’état. Cependant, le Comité fut dissous en 2135, ce qui marqua officiellement la fin de la dictature. Les exécutions par la méthode de l’exil fut interdite quelques mois plus tard.

La Guerre Civile Terrestre (2128 – 2138~2141)

Sur Terre, la perte extrêmement rapide d’une grande partie des territoires d’outre-terre eut des effets sur la vie politique de la planète. En effet, dès les années 2123, les partisans les plus farouches de la domination terrestre sur le système solaire s’organisèrent et fondèrent un mouvement, le Terra Mater. L’analogie à la « Terre Mère » n’est pas anodine : ce mouvement estimait qu’il était dans l’ordre des choses que la Terre, berceau de l’humanité, domine les autres planètes. Ce mouvement arriva au pouvoir dans différents pays

Cette guerre est connue pour avoir été très confuse. En effet, comme son nom l’indique, il s’agit bien plus d’une guerre civile que d’une guerre traditionnelle opposant des états. La guerre était entre l’idéologie de la Terra Mater, et les partisans de l’indépendance des territoires extra-terrestres. De ce fait, les alliances changeaient rapidement suivant qui gagnait le pouvoir dans les différents pays. Cependant, la Terra Mater fut globalement au pouvoir tout le long de la Guerre Civile Terrestre dans les grands pays qui bénéficiaient de la colonisation solaire (États-Unis, Royaumes-Unis, Arabie Saoudite, Chine, Russie, Argentine, France…), tandis que d’autres voyaient au contraire cela comme un moyen de rééquilibrer la répartition des puissances sur Terre.

Ce fut une guerre acharnée qui coûta énormément de ressources aux pays terrestres, en particulier dans leurs propres territoires, d’autant plus que cela se combina aux conflits internes déjà présents. Certaines fédérations telles que les États-Unis semblaient sur le bord de l’éclatement. Cependant, au début, le Terra Mater restait globalement plus puissant, tandis que les autres courant restaient minoritaires mais assez nombreux pour lutter.

La guerre redoubla d’intensité en 2131 quand fut fondé la Confédération Solaire, et que quelques pays anti-Terra Mater acceptèrent d’en faire partie. Parmi ces pays, on trouve plusieurs pays d’Amérique du Sud et d’Europe, le Mexique, l’Australie et l’Afrique du Sud, en tête des pays qui étaient à l’époque pour la Confédération Solaire. L’Organisation des Nations Unis éclata entre deux entités : L’Organisation des Nations Souveraines Unis, qui comportait les pays partisans du Terra Mater, et l’Organisation des Nations Unies de la Terre, qui rejoignit la Confédération Solaire. Si les deux organisations ne se déclarèrent jamais formellement la guerre, il y eux de nombreux front à travers le monde, les plus célèbres étant celui de l’Argentine et celui d’Europe. À cela se rajoute un début du financement plus massif par les deux camps de leurs partisans dans les différents pays. Cette situation provoqua le second nom de cette guerre : « La Troisième Guerre Mondiale ». Par dérision, de nombreuses personnes importantes de la Confédération Solaire la nommèrent la « Troisième Guerre Civile Terrestre ».

La situation ne se renversa en la faveur d’aucun camp de 2131 à 2133. Une grande partie des efforts étaient déployés pour convertir les pays indécis dans l’un ou l’autre des deux camps. Si certains pays tels que le Mexique (par les États-Unis) ou la Corée furent envahis par les forces du Terra Mater, il y eut d’autres invasions, tel que l’Argentine en Amérique du Sud par une coalition des autres pays. D’autres joignirent de manière volontaire les rangs de l’un ou l’autre des camps, tel que l’Espagne en Europe, qui élirent des présidents pro-Terra Mater, ou des pays d’Asie et d’Afrique qui rejoignirent les rangs de la Confédération Solaire. Globalement, la Confédération Solaire avait le soutiens de plus de pays, mais une grande partie des pays puissants étaient membres du Terra Mater. Nombreux étaient également les pays qui restaient neutre, voulant éviter d’avoir à subir cette guerre.

C’est à partir du début de l’an 2134 qu’on assiste à une montée massive des forces de la Confédération Solaire. En effet, tout d’abord, les pays extra-terrestres, en particulier l’Alliance Lunaire, commencèrent à massivement financer leurs alliés afin de leur donner le plus de moyens possible. C’est ensuite l’éclatement des États-Unis en 2134 qui provoqua une forte montée du mouvement Solaire. En effet, la rébellion nomma un « Président des États-Unis Libres », et certains états se joignirent à leurs cause. Cela provoqua une onde de choc à travers tous les pays.

Le premier des effets de cela fut une très forte montée de la Confédération Solaire dans les pays neutres, qui estimèrent que la chute des États-Unis signait l’arrêt de mort du Terra Mater. En 2136, l’Union Africaine rejoignit dans sa totalité la version pro-Confédération de l’ONU. Cela se retrouve aussi dans les élections de pays pro-Terra Mater : En France et en Espage, le Terra Mater perdit les élection en 2135, et aux Royaumes Unis et en Russie, ce fut en 2136. Dans deux nombreux pays, le Terra Mater fut interdit pour leurs refus de l’autodétermination des peuples, et pour crimes de guerre.

On considère globalement l’année 2138, et l’acceptation de la Corée Unie dans la Confédération Solaire comme la fin de la Guerre Civile Terrestre : Il ne restait alors dans l’ONSU que deux pays : la Chine et ce qu’il restait des États-Unis. S’il ne fut pas dissout avant 2141 (date ou les deux pays rejoignirent la Confédération Solaire), les deux pays ne participèrent à aucun combat, et l’ONUT restait de facto l’unique organisme pan-terrien qui existait.

Cependant, une nostalgie du Terra Mater et de la « toute puissance de la Terre » continua à exister, et contribuera des décennies plus tard à la naissance de nouveaux troubles sur la planète bleue.

Petite histoire uchronique du systeme solaire (2)

100TC - 14. Smile

Le ciel était orangé comme son habitude dans les cieux de Manco Capac, et l’étoile Cuzco était visible dans le ciel, un immense disque rouge. L’air était comme toujours frais sur la planète. Même en étant la plus proche des planètes de la zone habitable de l’étoile, Manco Capac était la plus fraîche.

Mais l’air frais était aussi ce qui faisait son charme. Ainsi que ses grands espaces à explorer, à découvrir, à habiter. Cette planète, à l’origine vierge de vie, était un nouveau terrain d’aventure, d’exploration. Et cette fois, se disait Tiso, ce ne serait pas aux dépens d’autres peuples. Aucune des planètes de Cuzco n’était habité. Cependant, à une année lumière se trouvait une étoile autour de laquelle il y avait des traces de vie. La petite planète avait été assez rapide à terraformer, et était l’une des premières communautés extra-terrestres qui avaient été formées grâce au projet Dandelion.

Tiso vivait dans un village fermier dans les plaines qui entouraient la capitale Quri Kancha, sur le continent de Vilcabamba. Ils étaient la première génération arrivée sur la planète, il y a de cela six ans. Le jeune homme se souvenait encore du jour de l’atterissage, après quelques années d’orbite durant la terraformation. Ça avait été une grande fête improvisée sur le train d’atterissage, et qui avait durée plusieurs jours. À la fin de la fête, un discours des différents chefs religieux, politiques et culturels présent dans le voyage avait annoncé ce qui était le nouvel espoir du projet Dandelion : Ils étaient sur une nouvelle terre, qu’ils allaient devoir construire ensemble. Ils avaient le droit à un nouveau départ, à une nouvelle possibilité de faire les choses d’une nouvelle manière.

Même si tout n’était pas blanc, ce projet de construire ensemble une planète, une civilisation, était ce qui faisait sourire les habitants du vaisseau Manco Capac. Ils n’étaient pas bien nombreux : à peine quelques millions, sans compter les enfants, qu’ils soient en stases ou non. Était-ce assez ? Ils étaient sûrs que oui.

Depuis, l’espace s’étendait. Ils construisaient de nouveaux villages autour de la ville, et déjà des bateaux étaient lancés pour découvrir les nouveaux continents, et commencer à y vivre. Les animaux s’acclimataient généralement bien. Petit à petit, ce nouveau monde se construisait. Il n’était pas comme l’ancien : De nouvelles expérimentations de sociétés s’y faisaient, des cultures pouvaient y prospérer plus facilement que sur Terre, et les premiers éléments d’une culture commune continuaient à se former.

Depuis Manco Capac, les scientifiques commençaient à réfléchir à comment ils allaient observer, voir entrer en communication avec les formes de vie sur les planètes du soleil voisin. Ils ne voulaient pas répéter les horreurs du passé – surtout quand bien des habitants de la planète étaient descendants de victimes de la colonisation. Ils ne voulaient pas non plus être les « méchants aliens envahisseurs » des films de science-fiction.

Il y avait parfois des conflits. Certains se demandaient comment les choses se passaient, sur la lointaine terre-mère. Les récoltes n’étaient pas toujours faciles, et il fallait apprivoiser cette nouvelle terre : Quelle plante pouvaient pousser ici, comment allait être le climat ? Parfois, des pluies catastrophiques détruisaient tout. Ils découvraient à leur dépend que la zone était sismique.

Cependant, ils reconstruisaient. Ils avançaient et tentaient d’améliorer les choses.

Parce qu’ils avaient un but. Parce qu’ils avaient un projet. Parce qu’ils avaient un avenir.

Et à travers l’espace, se disait Tiso, des centaines de petites graines d’humanités avaient été plantés. Chacune permettant à des cultures différentes de revivre, chacune permettant à de nouveaux modèles de se former. La diversité de l’espèce humaine se diffusait à travers le cosmos. Des planètes inhabitées se retrouvaient habités. Des premières rencontres se faisaient quand une planète non-habitée était voisine d’une autre habitée – il fallait espérer désormais qu’elles se passent bien, et que les fautes du passé ne soient pas répétées. On était dans le début d'une nouvelle ère. Comme tout changement de cette envergure, il était à la fois effrayant et excitant. Tout était possible. Les meilleurs futurs comme les pires dystopies. Cependant, les habitants de Manco Capac avaient décidé de sourire. Parce qu'ils espéraient un futur meilleur.

On avait soufflé sur le pissenlit, et ses graines s’en allaient se disperser à travers l’espace.

14. Smile

Petite histoire uchronique du système solaire

Partie 1 - Le projet Nouvelle Frontière

Les prémisses de l’expansion terrestre (1986 – 2024)

Point de divergence : L'accident de Challenger n'aura pas lieu (1986 – 2000)

Nouvelle frontière est un univers de SF se passant dans notre système solaire plus d’un siècle dans le futur, plus précisément une sorte de mélange entre de l’anticipation et de l’uchronie, puisque dans ce monde, l’explosion de navette spatiale Challenger le 28 janvier 1986, n’a pas eut lieu, et le projet Teacher in Space a marqué la volonté de faire de la conquête spatiale un des points qui amènerait l’humanité en avant (le second point uchronique est le fait que la science spatiale après cela progressera pas mal, permettant ce qui va suivre – mais l’idée est que la réussite du projet va entraîner encore plus de motivation pour la recherche spatiale).

Jusqu’aux années 2000, cela provoquera un certain nombre de différences : L’utilisation plus forte des stations spatiales, et la création d’une nouvelle génération de base spatiale qui créera trois nouvelles stations spatiales nommées Hyperboréa, Mu et Lemoria (qui seront terminées et habitables entre 1999 et 2004), qui seront construite dans une optique nouvelle : Si à court terme le but de cette génération de bases spatiale est de servir aux scientifiques, à long terme le but est de créer des stations spatiales capable de durer et être maintenues et améliorée pendant plusieurs siècles.

La deuxième conséquence est une forte augmentation de l’envoi de sondes et d’appareils sur d’autres planètes, certains servant à préparer une future venue humaine. La dernière est la création d’une nouvelle générale de navette spatiale, plus modernes, plus résistantes et sécurisée et surtout pouvant accueillir plus de civils (notamment avec des compensateurs d’accélération) : Les Navettes Char d’Helios. La dernière mais pas la moindre : Les futures bases extra-terrestre seront testés sur le Continent Antarctique, en créant des bases de nouvelles générations, mieux protégée du froid, et habitable par des populations civiles.

Les débuts de la colonisation spatiale (2003-2024)

Les années 2000 à 2020 seront des années de développement de nouvelles technologies et de préparation de la colonisation de la périphérie de notre planète. On date le début de l’époque de la colonisation spatiale avec la mission Internationale Lunaire de 2003. En effet, le 15 juin 2003, sera projet préparé depuis un moment, seront envoyé une équipe internationale sur la Lune, qui habitera quelques jours dans la base Apollo en début de construction se trouvant à environs une centaine de kilomètres du site de l’atterrissage lunaire de 1969. Ils se rendront notamment sur le site même de l’atterrissage, déclaré Patrimoine Mondial de l’Humanité. Dix autres missions lunaires seront faites entre 2003 et 2010 de cette manière.

C’est la même année, le 18 septembre qu’est fondée un organisme international pour gérer la conquête spatiale, qui se nommera l’Organisation Internationale de la Conquête Spatiale et Antarctique. Le but de cette organisation sera à la fois de permettre une coordination des efforts de la conquête spatiale, mais également à surveiller que les territoires spatiaux ne servent pas de relais aux conflits entre les pays. De nombreuses critiques seront cependant faites au fait que le conseil contient uniquement des hommes politiques venant des pays les plus puissants économiquement (France, États-Unis, Canada, Chine, Russie, Singapour…) et de conseillés venant de multinationales. Ses sections scientifiques seront affiliées à des acteurs nationaux et privé, et ses sections administratives seront divisées suivant les différents territoires, au début seront créé l’Administration Antarctique et l’Administration de la Périphérie Terrestre (qui administrera les colonies orbitales autour de notre planète).

Mais la conquête de la lune et de l’espace proche de la Terre accélérera grâce à l’arrivée dans les années 2010-2020 des Chars d’Hélios de Génération 2, capable de démarrer comme un avion à l’horizontale, et surtout de faire des voyages Terre Lune, ce qui permettra d’augmenter le nombre de voyages entre la Terre et la Lune. Dans ces mêmes années, seront lancée les deuxième et troisième génération de stations orbitales, supposé durer pour les deuxièmes jusqu’à 2080, et pour les troisièmes jusqu’à 2120.

Cependant, cette période est marquée par un manque d’intérêt envers une véritable colonisation spatiale par les populations civiles. En effet, cette colonisation est encore réputée dangereuse. Il s’agit plus de tourisme, et d’habitation temporaire, décrite souvent comme une « expérience à vivre au moins une fois dans sa vie ». Si quelques civils y voyageront, il n’y aura aucune population de personnes restant plus d’un an avant 2021, date du premier « déménagement définitif » d’un couple dans la Station Spatiale Saguenay. À partir de ce premier aménagement, les choses accéléreront rapidement.

C’est également en 2017 qu’ouvrira officiellement la Ville Lunaire d’Apollo, première ville-bâtiment de notre satellite, ayant une capacité d’accueil largement supérieur aux bases. Ses premières populations civiles n’arriveront qu’après 2024, en partie grâce au projet nommé Nouvelle Frontière.

Le projet « Nouvelle Frontière » (2024 – 2120)

Les premières migrations (2024 – 2067)

C’est en 2024 que sera fondé le projet dit « Nouvelle Frontière » par l’Organisation Internationale de la Conquête Spatiale et Antarctique. Le but de ce projet était simple : Renforcer l’attrait de la conquête spatiale, et d’en faire une grande épopée humaine. L’idée est à la fois de lutter contre les risques de surpopulation, et de créer une dynamique autour des nouveaux territoires solaires. La même opération est essayé au niveau des cités Antarctiques. Les améliorations technologiques et scientifiques continueront, et seront marqué par de grandes avancées informatiques en terme d’intelligence artificielles et de réalité virtuelle, permettant notamment de combattre un certain blues qui peut arriver dans les villes-bâtiments.

C’est pour cela que les bases antarctiques et spatiales commenceront à avoir une augmentation des populations civiles, envoyé là-bas pour des raisons diverses. L’expatriation spatiale sera souvent proposée à des jeunes en échec, ou subissant des violences. Cette façon de faire sera extrêmement critiquée par de nombreuses associations, cette façon de faire sera décrite comme une « capitalisation sur la misère ».

Le projet Nouvelle Frontière lancera également des projets de conquête et terraformation des planètes Mars et Venus, dès 2028. Les projets se baseront sur des travaux qui ont cependant commencé plus tôt, afin d’avoir le plus rapidement des expérimentations à faire. Les premières expérimentations seront sur Venus, à l’aide d’une réaction chimique ayant pour but d’expulser une partie de l’atmosphère de la planète, et créer une sous-pression afin de baisser la température de la planète. Cette expérience sera cependant dangereuse pour les tempêtes planétaires qu’elle provoque, et nécessiteront la construction de ville-bâtiment souterraines. Une grande partie de l’atmosphère expulsé sera captée pour tenter d’être utilisée afin d’épaissir celle de Mars, et d’augmenter l’effet de serre. À cela s’ajouteront des expériences afin d’augmenter le champ magnétique des planètes, et tout un tas d’autres expérimentations, qui s’étaleront sur les siècles successifs.

En 2048 est fondée Sélénite, la nouvelle capitale Lunaire. Cette ville est très proche d’Apollo, et se trouve situé sur le site de l’atterrissage d’Apollo 13, le paysage lunaire étant cependant préservé autour du site même, formant le « Square de l’Alunissage », un lieu qui restera très longtemps très important dans la culture de la lune. Apollo deviendra rapidement une sorte de « banlieue » de Sélénite, à la dynamique et aux capacités d’accueils supérieurs. Le nombre de ville lunaire continuera de croître, afin d’accueillir les nouveaux habitants qui arrive. On passe de trois villes en 2024 à vingt-cinq en 2064 lorsque fut construite la cité de Kaguya-hime.

Cependant, si durant toute cette période il y aura un grand engouement pour la conquête spatiale (On remarque un passage de 583 habitants en 2025 à 50 millions en 2065.), des critiques commencèrent à naître. Elles porteront sur l’utilité réelle de la conquête spatiale, sur les méthodes du projet nouvelles frontières, et sur la plus grande participation des états riches et influences sur l’OICSA.

Troubles et conflits d’influences (2067 – 2095)

C’est en 2067 qu’un accident arrive dans une petite ville lunaire, Su’en, ce qui forcera à devoir l’abandonner. Malgré les systèmes d’autoréparation des cités lunaire qui la rendra de nouveau habitable sans risque dès les dix ans après, elle gardera éternellement l’image d’une ville maudite, ce qui en fera une ville fantôme, et une sorte de squat. Cette période est marquée par une grande baisse de la croyance en la conquête spatiale. En effet, elle ne rapportant pas énormément, et coûtant assez cher, de nombreux pays commenceront à douter en le bien-fondé de ce projet. Et surtout, comme l’incident de Su’en rappellera longtemps une vérité : la conquête spatiale est dangereuse.

C’est en 2071 que sera pris une décision de "sponsorisation" de chaque base et ville par un pays ou une organisation en particulier. Le système connaîtra vite des dérives, et même s’il est faux de dire que l’OICSA n’a plus aucune influence, il en perdit énormément aux profits d’états ou d’entreprise privés dans chaque bases. Cela provoquera de sérieux soucis de corruption et de conflits d’intérêt.

Sur les planètes en cours de terraformation, les expériences et travaux continueront, montrant des signes d’avancement. Cependant, cela sera souvent mis de côté dans les grands média, et beaucoup croiront que les projets sont tout simplement mort. Cependant, il serait faux de croire qu’il n’y a pas eut d’accroissement de la population. En effet, on passe de 50 millions en 2067 à 75 millions en 2095. C’est cependant une stagnation si on compare ces chiffres à celles des périodes avant et après.

L’époque des « Territoires d’Outre-Terre » (2095 – 2120)

C’est en 2095 que seront atteint les objectifs premiers de la colonisation de Mars : La création d'écosphères autonomes vivables de plusieurs centaine de kilomètres de rayons, où les premières plantes réussissant à pousser dans le sol martien. Dans ces bases hermétiques, on y trouvaient toutes les conditions idéales pour la vie terrestre : Atmosphère vivable non-polluée, cycle de l'eau et présence d'eau liquide en surface, quelques reproductions de saisons - mais cependant à l'échelles de l'année martienne. Cependant, il fallut près de 50 ans avant de réussir à véritablement fertiliser les sols des bases martiennes, ce qui aura de nombreux effets négatifs sur les prix de l'alimentation, et près de 100 ans pour réussir à construire des écosystèmes parfaites viables et autonomes dans les écosphères. En même temps que cela, les premiers efforts miniers commencèrent, visant à exploiter les ressources du sol martien. Environs 20 ans plus tard, la première écosphère Venusienne fut conçue, les technologies étant différente pour faire face à une surpression externe plutôt qu'interne. À partir de ce moment là, le nombre de bases commença à croître très vite sur les deux planètes.

C’est ce nouveau palier franchi qui fera changer une grande partie des avis négatifs sur l’habitation solaire : D’une « lubie », cela devint un moyen d’avoir plus de ressources à exploiter, ainsi que la construction d'un futur radieux.

La planète fut alors divisées en territoire par un conseil de l’OICSA contenant des membres des nations les plus riches, des grandes entreprises d’exploitation spatiale et des pays en développement. Les débats seront houleux pour savoir qui à quoi, et finalement les planètes sont divisées de la manière suivante : 20 % seront autorisé à la possession privée, 35 % seront aux pays les plus riches, et le reste des pays devront se partager les 25 % qui restent. Il faut rajouter qu’à l’intérieur même de ces portions, le partage sera très inégal.

C’est en ceci que c’est généralement considéré comme la fin du projet « nouvelle frontière ». D’un « rêve un peu fou », on est passé à une entreprise industrialisée, où le but n’est pas simplement d’avoir des habitants pour étendre l’humanité, mais avant tout d’avoir une force de travail sur les planètes où se trouvent les nouvelles ressources.

Là où les pays avant se fondaient surtout sur l’utilisation de nouveaux espoir, ils vont rajouter à cela d’autres méthodes plus douteuse : l’acceptation d’aller vivre sur Mars devient rapidement une condition sine que non aux remises de peines. Beaucoup de clandestins, reçoivent le choix d’aller travailler dans les deux planètes où d’être renvoyé dans leur pays d’origine. Il est même très fortement conseillé aux personnes en situations de chômages de quitter la planète Terre. L’argumentation dans ces cas est toujours fondée sur l’idée que c’est dans ces planètes dynamiques qu’ils auront le plus de chance d’avoir une vie correcte. Certains pays vont même jusqu’à faire des campagnes d’émigrations massives vers ces planètes, se basant officiellement sur le volontarisme, mais souvent avec des pressions très fortes.

Cependant, une chose est sûre, c’est que ces campagnes ont été efficaces en terme d'accélération du nombre d'habitant dans le reste du système solaire. Pendant les trente-cinq ans qui ont suivit, le nombre d’habitants dans l’espace a grimpé exponentiellement, d’autant plus qu’il y a de fortes politiques natalistes sur ces planètes. On passe de quelques millions d’habitants dans l’espace en 2094 à 750 millions d’habitants en 2120, une grande majorité se trouvant sur Mars. Cette période fut également une grande période d’accroissement des richesses pour les pays exploitant la planète. Mais ce fut également une période parfois de conflits entre les territoires ultraterriens et la Terre, comme nous en parlerons plus tard, et cela en grande partie à cause des méthodes employés pour les peupler et d'une de ses conséquences logiques, a savoir un certain mépris qu'il y avait de la Terre pour Mars et la Lune.

Cependant, c’est dans les années 20 du vingt-deuxième siècle que s’arrêtera brusquement cette ère, avec l’indépendance de Sélénite, et la naissance de la Confédération Solaire, ce qui ira jusqu’à entraîner une guerre sur la Terre.

Petite histoire uchronique du système solaire (1)

ARTIFICES

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Une lumière qui s’allume, c’est une vie qui commence,
Un souffle qui expire et une peau qui trésaille
Les mécaniques d’une vie qui toutes s’enclenchent.

Autour de lui, des tas de clones tous pareils,
Serviteurs fidèles, soldat pour une bataille.
Des destins différents mais même yeux, même oreilles.

Construit en série dans une usine de produits,
Des dérivés d’une gamme d’articles, alignés.
Ils sont tous juste la production de cette nuit.

On lui enseigne son rôle, comment il va finir.
On lui apprend à être soumis et résigné,
Il est un zoomorphe, il devra obéir.

RUNNING

Sa vie est liste d’ordre, un univers kafkaïen.
Il est machine vivante, esprit mécanisé.
Il est robot qui se croit vivant mais qui n’est rien.

Chaque jour il voit ses maîtres, leur œil n’est que mépris.
Il n’est qu’un outil, fait pour être utilisé.
Il n’est qu’un produit dont ils ont payé le prix.

Il a beau penser, être vivant, ce n’est pas grave,
Pour les hommes il est machine, c’est toute sa valeur,
Cela dans l’unique but d’avoir des esclaves.

Mais jamais il n’est possible que sa peine il hurle :
Seul les humains peuvent ressentir peines et douleurs.
Telle est la vie qu’on a destinée à l’homoncule.

MALFUNCTION

Mais un jour, il refusa d’être un outil.
Cela à commencé en dispute, en bagarre,
Puis cinq de ces « horribles humains » anéantis

L’homme a construit des monstres à travers tous les âges.
Celui-ci n’a jamais été humain dans leur regard
Il ne voit plus que tortionnaires en leurs visages.

Une brigade de policier, tous armes levées.
Tous ne lui en veulent pas, certains le comprennent.
Mais leurs ordres à eux sont agir et non penser.

Des coups de feu. Le code bugué est effacé.
Les dirigeants pensent qu’avec lui est mort sa haine,
Que l’ordre des choses n’est enfin plus menacé.

Artifices

100TC - 15. Silence

Il se réveille. Il ne voit autour de lui qu’un noir d’encre, et n’entend qu’un silence absolu.

Il est dans la chambre. Il le sait.

Aucun son. Il ne voit rien. Il ne sent même pas la position de son corps. La température est indéfinissable. Aucune odeur. Il ne sent pas le sol. Rien. Qu’est-ce qui lui prouve qu’il existe encore ? Rien. A-t-il un indice qu’il n’est pas piégé à l’intérieur de son propre esprit ? Rien. Est-il ne serait-ce que sûr que son corps existe encore, quelque part ? Non.

Mais le silence devient son. Un vacarme. À chaque inspiration, il entend l’engouffrement de l’air à travers les trachées, le bruit de ses bronches qui se remplissent, ses poumons qui se déplient tirés par le diaphragme. Il entend le torrent de son sang dans ses veines, les battements sourds de son cœur, le grondement de son estomac. Tous ces sons, il les entend aussi distinctement que si quelqu’un parlait à vive voie devant lui.

Le vacarme de la veine qui palpite contre ses oreilles est insupportable. Il devenait son. Du silence total était né une cacophonie, qui lui vrille les tympans.

Il tente de bouger. Il n’est même pas sûr des gestes qu’il fait. Tente-t-il de nager jusqu’à un rebord ? Il n’est même pas certain de si sa tête était en haut ou en bas.

Il voit un mouvement de l’ombre. Quelqu’un est là. Il en est sûr. Quelqu’un qui voit et qui s’amuse. Il sent un contact. Sur sa gorge. Quelqu’un l’attaque-t-il ? Il se souvient. Il se rappelle de la main qui voulait l’étouffer. Des paroles après coup. « C’était pour rire ». Parce que faire semblant de tuer quelqu’un peut être un jeu, maintenant. Il se souvient de la peur. Ça va recommencer. Il le sait. Il voit encore plus de mouvement dans l’ombre. Son esprit tente de rationaliser. C’était le passé. Ce n’est qu’une hallucination. Il n’y arrive pas. Il continue de sentir des contacts. Sur tout son corps. Porte-t-il seulement des vêtements ? Il a peur, il veut que ça s’arrête.

Ce n’est pas possible qu’il soit son seul danger ici. Quelqu’un doit être là. Quelqu’un qui lui veut du mal. Ce n’est pas possible qu’on se contente de le laisser seul. Il va se faire torturer physiquement. Il ressent une douleur. Est-ce que c’est sa peur qui fait ça, ou est-ce que ça se passe vraiment ? Il est certain que cela arrive vraiment.

Il tente de parler. S’il entend sa voix, la terreur et la douleur pourront se dissiper. Rien. Pourquoi ne peut-il pas parler alors qu’il entend sans arrêt le bruit assourdissant de son corps ?

Il se débat. Il commence à supplier. Il veut sortir, il est prêt à tout. Il sent la panique qui monte de plus en plus, il sent la douleur qui devient de pire en pire. Il sent des coups sur son corps. Est-ce en débattant qu’il se frappe lui-même, ou se fait-il battre ? Il tente de crier, il sent qu’il hurle à en déchirer les poumons, mais jamais un cri.

S’il savait ou était sa gorge, il tenterait de terminer tout cela. Mais il n’arrive pas à coordonner ses mains. Il veut juste que ça s’arrête.

Un déclic.

Il tombe lourdement sur le sol et ressent une douleur aiguë. Il sent qu’il est tombé sur son bras. La lumière l’éblouie, mais il tente d’ouvrir les yeux. Enfin de la lumière ! Il entend des bruits de pas, qui lui semblent être de véritables coups de tambour. L’odeur de l’air frais qui rentre envahi ses narines.

Il lève les yeux.

Un homme. L’air dur.

À la fois son bourreau et son sauveur.

« À partir de maintenant, tu te tiendras correctement. »

15. Silence