Quand ce produit la fin d’un Empire ? Pour bien des gens, la fin de l’empire Skelfing s’est déroulé il y a bien longtemps, lors de la bataille de Varel. Ce fut la première bataille qui fit reculer les forces de l’Empire face à ce qui deviendrait le Magister de l’Union des Pays Libres. L’ancien grand empire glorieux fut réduit à un petit pays, sur l’île glaciale de Lok. Pour bien des gens, leur rapport avec l’Empire Skelfing s’arrêta ce jour-là. De nouveaux états naquirent sur la planète Æstrus, et se fut une toute nouvelle histoire pour une grande partie de la planète qui commença.

Et pour beaucoup, c’était la pire des chutes : le grand empire, créations glorieuse et guerrière du terrible Först Skelfing, réduit à l’état d’une simple petite île. On racontait que ce membre de l’espèce des léonniens, grands fauves puissant et solides, avaient non seulement acquis la Relique de la Terre, mais aussi un secret, celui des Cieux Radiants. Il avait conquis de nombreuses terres, et ses croyances guerrières continuèrent dans sa dynastie. Ô Hesper, mère des seize dieux, qu’est-ce que l’on peut imaginer que la mort pour un empire croyant autant à la puissance et la guerre est déjà arrivée quand on perd sa gloire.

Cependant, l’empire survécu. Coincé sur son île, pendant des siècles, la famille impériale continua à reigner sur une petite île, certes peu habitée, mais suffisante pour leur survie. Cependant, survivre après sa mort n’est pas une bonne chose.

Cela veut juste dire que l’on mourra une seconde fois.

1 – Les descendants de Forst

S’il était une terre en Æstrus qui exprimait le mieux la notion d’amertume, c’était la Citadelle Skelfing, cœur de l’Empire éponyme qui recouvrait la petite île de Lok. Le château ressemblait plus à une vieille forteresse qu’aux grandes demeures impériales de l’empire de jadis. Tout ne semblait avoir qu’un rôle utilitaire, et le confort était presque inexistant. Le froid dans les couloirs était glacial. Ses murs rugueux froids et épais, nus à l’exception de quelques tapisseries racontant l’histoire glorieuse de la dynastie au bord de l’extinction.

Parce que plus que tout, la forteresse était désormais presque vide.

Le clan Skelfing, autrefois dynastie nombreuse aux branches présentent partout dans le monde ne se réduisaient plus qu’à trois membres. Le roi et ses deux enfants – dont un adoptif. Avec quelques membres de la haute noblesse de Lok, ils formaient les uniques habitants du château, avec ceux qui y travaillaient. Dans les couloirs, on ne voyait que quelques gardes, faisant tranquillement leur travail, engourdis par le froid et le quotidien vide d’événements de la noblesse de Lok.

Cependant, le calme fut brisé par des bruits de pas. Ceux d’un enfant, un jeune léonnien de 12 ans, petit lion anthropomorphique de tout juste douze ans qui courait, espérant échapper à son entraînement de l’après-midi. Sa longue chevelure rousse lui arrivait à la taille, et son pelage était d’un jaune paille.

— Non, je ne le ferais pas ! protestait-il.

Loksins était le jeune prince royal, désigné par une prophétie. « Avec le retour du soleil naîtra un enfant, né de deux soldats du clan. Ni cris, ni pleurs accompagneront sa naissance. » Et il deviendra le roi qui redonnera gloire aux siens. Loksins correspondait à cette prophétie. Il fut donc retiré de ses parents, et confié au roi, pour devenir le futur roi. Cependant, le petit lion avait développé un caractère totalement opposé à celui d’un guerrier, et il détestait se battre et la compétition. De plus, il n’était ni courageux, ni prompt à l’effort. Sa grande sœur adoptive, la lionne noire Vekyna essayait alors tant bien que de mal de l’entraîner.

— Tu vas revenir ici, sale petit… commençait-elle, à la poursuite du prince récalcitrant.

Vekyna aurait du être impératrice. Première née d’Hetjul Skelfing, elle avait toutes les qualités requises à la royauté. Malheureusement, la prophétie avait fait que l’empereur avait décidé d’adopter Loksins et d’en faire son héritier. La jeune princesse avait accepté ce sort : sa gloire serait en tant que militaire et non qu’impératrice. De plus, elle avait mieux à faire que d’être jaloux d’un enfant.

Cependant, elle avait décidé de s’assurer d’une chose : Loksins deviendrait le roi qui redonnerait la gloire aux Skelfing, pour qu’un jour l’Empire renaisse de son engourdissement dans le froid terrible de Lok. Qu’il le veuille ou non. Il n’avait pas le choix. Mais pour l’instant, la jeune combattante devait retrouver le petit lion et réussir à l’amener à l’entraînement.

Il fallait dire que chaque entraînement était toujours particulièrement laborieux. Le jeune lion semblait malgré tout ce temps ne toujours pas savoir comment la tenir correctement. Du coup, il se faisait mal et se prenait les coups avec les épées d’entraînement. Au combat, il se ferait tuer au bout de cinq minutes. Ce qui rendait à chaque fois l’entraînement encore le plus laborieux et difficile, mais qui montrait à quel point il était indispensable d’améliorer les capacités de combat du jeune lion… Mais celui-ci était malheureusement pour sa sœur adoptive particulièrement réticent.

Pourtant, il était supposé être la fierté du clan, ce qui lui rendrait sa gloire, qui serait le digne héritier – en tout cas spirituellement – du grand Först Skelfing.

Celui qui monterait dans les ruines du ciel et ouvrirait les cieux radiants.

L’adolescente n’avait pas de mal à admettre qu’elle se sentait terriblement frustrée de la situation.

Elle avait toujours grandi en vénérant la source de leur pouvoir, et leur secret. La relique de la Terre et le Cœur des Mondes. Le Cœur des Mondes était la légende secrète du clan Skelfing. L’histoire se passant d’Empereur en héritier. Vekyna était l’une des rares non-héritière hors des grands-prêtre de la Théoturgie Célèste à savoir ce que c’était, de par son statut d’ex-héritère et princesse-guerrière.

La légende disait qu’il y a très longtemps, Först Skelfing, jeune soldat de la Terre, suiveur du dieu de la Terre Silice, avait sauvé le Basileus, grand chef de la Théoturgie d’un assassinat par l’une des autres guildes. Reconnaissant, le Basileus lui avait raconté leur plus grand secret : Au milieu des Cieux Radiants, grandes terres flottant dans les cieux d’Astrus se trouvait le cœur des mondes, source de tout les pouvoirs, dont l’éclat radiait la magie sur le monde entier. Que le plus grand des pouvoirs s’y trouvait caché.

C’est ce qui avait décidé Först de prendre la relique de la Terre à sa guilde et de commencer à chercher comment rejoindre les cieux radiant. Un tel pouvoir ne devait rester caché, il devait être utilisé pour rendre le monde plus glorieux, plus grand, plus spectaculaire. Les Skelfing estimaient que cacher un tel pouvoir était la pire chose à faire pour le monde, c’était le laisser se complaire dans la médiocrité.

Cependant, malgré ses tentatives, malgré ses acquisitions de pouvoirs, jamais il ne put. C’est alors que fut faite la prophétie : l’enfant qui ne pleurera pas entrerait dans les cœurs des mondes, au centre des cieux radiants. Mais que les épreuves pour l’atteindre seraient terribles. Först passa alors le reste de sa vie à consolider son empire, à en faire une force qui serait capable d’affronter le coeur des mondes.

Loksins et Vekyna étaient les héritiers de cette destinée. Et ils ne pouvaient que l’accepter.

Vekyna monta l’escalier en colimaçon, vers la tour la plus haute.

Parmi les défauts de Loksins, il y avait le fait de toujours choisir ses cachettes au même endroit, dans sa tour préférée. Elle n’aurait pas trop de mal à le trouver, en espérant qu’il ne lui file pas entre les pattes encore une fois.

Il accomplirait son devoir.

Une fois dans la tour, la guerrière jeta un regard autour d’elle. Même si elle savait où était Loksins, toute la partie difficile allait arriver à ce moment. La pièce était un vieux grenier, avec pas mal de terre entreposée partout. Parfais pour que Loksins utilise ses pouvoirs… mais aussi qu’elle utilise les siens !

Le petit prince n’était pas très bon pour trouver des idées de cachette, mais il était très doué une fois qu’il était dedans pour ne pas se faire remarquer. La léonnienne noire regarda autour d’elle, avec suspicion. Normalement, face à un vrai ennemi, il aurait pu être simple de trouver sa position et de l’attaquer. Cependant, son but était d’attraper son petit frère, et même s’il était au moment des entraînements particulièrement casse-pied, ce n’était pas dans ses objectifs.

— Pour le moment, songea-t-elle avec irritation.

C’était une blague, bien sûr, mais cela lui faisait du bien. Parfois, la lionne se demandait pourquoi il y avait des gens qui avaient envie d’avoir des enfants, plutôt que simplement en faire par nécessité. Cependant, hors des périodes d’entraînement, elle s’entendait bien avec son petit frère. Il était paisible et facile à vivre, deux qualités qu’elle appréciait, même si elle ne les trouvait pas forcément adaptées à un roi conquérant. Au moins, se disait-elle que la stratégie militaire serait faite par des militaires ?

Mais le reste du temps, ils s’entendaient bien. Lorsqu’ils étudiaient les contes et les légendes il était attentif, lorsqu’ils jouait il ne trichait pas – ou du moins assez bien pour qu’elle ne le remarque pas, peut-être ? Mais lors des entraînements… il était un vrai petit tire-au-flanc.

Vekyna entendit un bruit. Immédiatement, elle utilisa ses pouvoirs de membre du clan. Tout les membres du clan Skelfing apprenaient la magie de la guilde de la Terre, même s’ils n’en faisaient pas partie. Vekyna savait manier et modeler la terre à son avantage, et comptait l’utiliser pour bloquer les jambes de Loksins et l’attraper. Elle lança ses pièges de terre, quand subitement elle vit un nuage de poussière se former, et recouvrir la pièce d’une sorte de brume terreuse marronné. Vekyna ne pouvait s’empêcher d’être un peu fière de lui. Joli technique.

Elle remarqua qu’il avait fait cependant bien attention à ne pas lui mettre de terre dans les yeux. Vekyna était mi-contente de l’attention de son petit frère, mi-déçue à l’idée qu’il ferait peut-être aussi ça en combat. Elle le vit grâce à cela filer, en formant des pièges de terre derrière lui pour qu’il attrape les jambes de la princesse et la ralentisse.

Elle se jeta en avant, faisant un bond pour esquiver les pièges de terre. A sa grande surprise, ceux-ci se propulsèrent en l’air pour tenter de l’attraper. La petite léonnienne forma une sorte de bouclier de terre pour les arrêter, les brisant sur le coup. Elle avait un sourire : il réussissait maintenant à faire des pièges semi-autonome ? Il s’améliorait ! Elle se disait qu’elle pourrait presque lui faire moins d’entraînement aujourd’hui ! Elle s’élança à a poursuite dans l’escalier en colimaçon, préparant son plan pour l’arrêter. Elle jeta de la terre en avant, la controlant pour passer à travers la visière de la tour, pour retrouver plus bas le lion.

Elle entendit un « Nooooon » plus bas, signe d’un petit Loksins capturé avec succès. Elle descendit l’escalier avec contentement pour trouver son petit frère, pied et main liée par des ligaments de terre, sur une sorte de tas de terre moelleux qui avait servi à éviter qu’il se fasse mal lors de sa chute. Elle l’attrapa, défaisant ses liens.

— J’ai gagné, Lok’ ! Jolis pièges, je pense que je vais considérer que ton entraînement a commencé plus tôt du coup, tu termineras plus tôt !

— Pourquoi pas genre maintenant ? Tenta le petit prince.

— Bien essayé, mais non !

Le petit lion soupira, mais au moins il avait gagné un peu de temps en moins d’entraînement ! Il ne savait pas que l’autre raison pourquoi Vekyna faisait ça, c’est que c’était aussi un peu fatigant, du coup. Elle se demandait comment les parents d’enfant difficile faisait… et se demandait ou passait toute l’énergie que son petit frère mettait à se cacher dès qu’il avait une armée en main.

En chemin vers la salle d’entraînement cependant, elle croisant un grand lion, d’âge mûr. Il avait un pelage d’un jaune très clair, presque blanc, et une crinière qui avait blanchi prématurément. Elle le reconnaissait bien facilement : C’était son père. Hetjul le Grand, roi de Lok, empereur du clan Skelfing.

— Bien le bonjour, père ! Fit-elle précipitamment.

Géniale, maintenant elle se faisait surprendre en devant transporter le lion à l’entraînement. Son père lui faisait souvent remarquer à quel point elle n’avançait pas. Elle remarqua d’ailleurs que le regard d’Hetjul passa de Loksins qui croisait les bras, mécontent de la situation, à Vekyna.

— Bonjour, fille, répondit-il simplement. Je n’ai pas le temps de parler, je dois rejoindre le conseil. Nous subissons des révoltes dans plusieurs villes. Il est temps de leur rappeler que le clan Skelfing ne se plie pas. Je partirais au combat et les écraserait.

— Puis-je participer aux combats ? demanda immédiatement la jeune lionne.

Hetjul sembla réfléchir. D’un côté, sa fille s’était engagée à entraîner son petit frère adoptif, et pour le roi, rien n’était plus important qu’un engagement. Mais d’un autre côté, il aurait sans doute besoin de toute les forces disponibles, et il savait parfaitement que sa fille était une bonne combattante. Si un père, d’autant plus quand il était roi, se devait pour le guerrier d’être sévère, il estimait ne pas pouvoir

— Bien, ma fille, répondit de sa voix lente et grave le roi de Lok. Je connais tes talents et ton envie de défendre l’honneur du clan. Tu viendras te battre à mes côtés aujourd’hui.

Vekyna était aux anges. Non seulement elle allait échapper à devoir entraîner Loksins, mais en plus elle allait pouvoir enfin participer en combat… Sans compter le fait que son père reconnaissait ses capacités ! Loksins, lui, était encore plus content. Une journée sans entraînement allait être une bonne journée. Le roi repris la parole.

— Je suppose que sa présence sous ton bras signifie que Loksins n’a pas fait son entrainement ?

La lionne compris le risque pour son petit frère, et menti immédiatement.

— Non, j’ai décidé que nous ferions un entraînement plus stratégique. Je voulais voir ses capacités à improviser en terrain inconnu, et à piéger un ennemi puissant, notamment ceux qu’il pourra rencontre dans les terres célestes. Son esprit d’initiative et de stratégie se sont grandement améliorés. Il n’est pas encore très puissant, mais il sait déjà ses faiblesses et sait compenser. En bref, l’entraînement d’aujourd’hui s’est très bien passé.

Le lion songea qu’il devrait penser à remercier sa sœur, en lui faisait un gateau ou quelque chose comme ça. Cependant, malheureusement pour le petit lion, le roi repris la parole.

— C’est très bien… mais je pense qu’il lui faut aujourd’hui aussi un entraînement physique. Qui sait ce qui pourrait se passer durant la bataille, des assassins pourraient tenter d’en profiter. Loksins se doit d’être au meilleur de sa forme. Tu as de la chance, mon fils, tu auras aujourd’hui parmi les meilleurs professeurs : tu seras entraîné par deux anciens de l’armée, comme ta sœur doit partir au combat avec moi.

Le roi se retourna regarder par la lucarne les terres face au chateau.

Le jeune prince se décomposa. Il regretta d’un coup le fait que Vekyna ait voulu rejoindre son père au combat. Ce n’était pas la première fois qu’il était entraîné par des vétérans, et même si Vekyna était sévère lors des entraînements, ce n’était rien par rapport aux vétérans de l’armée, qui souvent voyait comme une honte absolue chez Loksins… approximativement tout, allant de sa faible condition physique à son caractère peu combatif.

Mais il osait beaucoup moins désobéir à son père adoptif qu’à sa sœur.

Vekyna profita du fait que son père ne regardait pas pour jeter un regard désolé au lion. Elle connaissait les soucis de son frère avec les anciens de l’armée, et l’entrainait pour cela. La jeune léonnienne avait également eu des soucis avec eux, qui la trouvaient trop rebelle et ne respectant pas assez leur autorité. Elle préférait donc entrainer son frère elle-même, pour éviter qu’ils soient trop dur avec lui… mais ne pourrait pas le faire aujourd’hui, ayant déjà demandé à son père de partir pour la bataille.

Vekyna et Hetjul partirent donc au combat, la jeune lionne prête à en découdre avec la rébellion. Il était temps de montrer ce que signifiait la puissance du clan Skelfing. Loksins, lui, se dirigea alors vers la salle d’entraînement, d’un pas lourd et résigné.

Une mauvaise fin de journée en perspective.

***

Dans les rues de Septentrion, plus grand port de l’île de Lok, un grand Saurien marchait d’un pas lent. L’homme-reptile, à l’épaisse carapace de tortue, regardait de son unique œil les alentour. Il était un maréchal de l’armée du Grand-Ordre de Bahal et faisait partit des nombreux soldats dépêchés en secret par le pour affronter l’Empire Skelfing, et récupérer la relique de la Terre. Cela faisait depuis plusieurs jours qu’il faisait du repérage, et devait rejoindre la générale Flintlock, pour une réunion.

Il reconnut la petite bâtisse qu’on lui avait indiqué comme étant le centre ou l’on se retrouvait. Il toqua à la porte, et donna le mot de passe pour rentrer. La porte s’ouvrit, et il arriva dans une immense salle, peu décorée, ou divers soldats se trouvait.

Devant lui se trouvait une avienne, clade des espèces à plume, grande au plumage d’or. Estelle Flintlock.

— Vous voici désormais sur Lok, Général Flintlock, comme vous l’aviez demandé. J’attends de vous que vous vous montriez à la hauteur.

Le maréchal regardait sa subordonnée avec froideur. Dans l’esprit traditionaliste du militaire, avoir une femme, aussi rebelle de surcroit, à un poste aussi élevé dans l’armée était une insanité des plus totales. Mais il n’avait pas beaucoup d’influence sur une telle chose, d’autant plus qu’elle avait même impressionné certains dirigeant lors d’une bataille… Fichue idiote qui agissait avec stupidité, fichue stupidité prise sans cesse par les dirigeants pour du courage ! Le maréchal fulminait intérieurement de devoir faire appel à elle, mais c’était elle qui était liée à l’attaque de Lok, donc il n’avait guère le choix.

— Je le serais, mon maréchal.

Elise Flintlock, général de la division déléguée à la question du clan Skelfing, elle, sentait l’hostilité du général-en-chef à son égard. Ce n’était pas nouveau, et il n’était pas le premier. D’autant plus qu’elle était parfaitement au courant que seul le point de départ de sa carrière était toujours mentionné lorsqu’on parlait ou pensait à elle. Et non ses nombreuses missions réussies, source de sa montée en grade. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était garder le regard le plus sérieux et impassible possible. Surtout ne montrer aucune émotion, aucune faiblesse que le général pourrait exploiter. Cela pourrait risquer d’affaiblir leur force, voir de faire échouer la mission. D’autant plus qu’à cause de la hiérarchie complexe de la mission, elle ne serait vraiment libre de commander qu’une fois le début de l’attaque lancée, moment ou le maréchal partirait. Avant, elle devait continuer de lui obéir.

— Quel est le statut des négociations avec les indigènes de Lok, s’enquit le maréchal.

— Nous avons réussi à nous allier avec eux afin de mener l’attaque, répondit Flintlock. Nous avons armé les opposants, et la rébellion commencera très bientôt. Les tyrans étaient détestés d’une très grande partie des habitants de Lok, nous n’avons aucun mal à trouver des alliés. Notre attaque aura lieu quelques heures après le début du soulèvement qui occupera leur armée un peu partout.

Le maréchal fit les cent pas. Il n’avait rien à redire à cela. Le but de toute cette mission était double : Premièrement, récupérer la relique de la Terre. La guilde de la Terre était furieuse d’avoir perdu sa relique élémentaire depuis si longtemps. La récupérer participerait à faciliter les relations entre le Grand-Ordre et cette guilde.

La seconde était l’élimination de l’Empire Skelfing, pour soumettre ces terres au Grand-Ordre. L’Empire avait été la lie des æstriens, ils avaient asservi presque toute la planète durant des décénnies, et les éliminer serait une date historique. La fin de tyran, la fin de monstre. Le Grand-Ordre prouverait surtout sa superiorité sur le Magister. Pour le grand-ordre, le Magister n’étaient que des faibles, rendu mou par des régimes trop laxistes, qui s’étaient contenté d’une paix stupide avec ces barbares, au lieu de les écraser et de les éliminer. Pour le maréchal, c’était une insulte à tous les pays qui avaient été envahis par l’Empire. Il fallait laver cet affront.

— Il ne reste plus qu’à attendre le signal, fit le Maréchal d’un ton bourru, profitant de son autorité tant qu’il l’avait encore.

— Oui, mon maréchal.

Flintlock hocha la tête, toujours sérieuse. Mais au fond de son être, elle était impatiente : c’était la plus grande et la plus importante de toutes les missions qu’elle avait jamais eut. Elle allait devoir combattre une menace planétaire. Eliminer le nouveau chef du plus grand camps de tyran de l’histoire d’Æstrus. Combattre du côté de rebelles qui ne souhaitaient que leur liberté sous la gloire des leaders du Grand-Ordre.

La générale était née en Dingir. Elle avait grandi dans la pauvreté de son pays, que le Magister ne réussissait à faire remonter la pente. Elle avait étudié l’histoire de l’Empire Skelfing. Ce qu’ils avaient fait. L’asservissement d’une partie de la Terre. Elle avait lu avec mépris le refus du Magister de s’en débarasser. Et à côté de cela, elle avait vu la gloire du Grand-Ordre de Bahal, nouvel union d’état puissante, loin de la décadence du Magister corrompu à trop écouter des traîtres et des lâches.

Flintlock se souvenait sa joie lorsque son pays avait rejoint le Grand-Ordre, suivant leur glorieux Général, osant aller plus loin dans la magie et se détacher de tout ces groupes secrets qui gouvernait en secret le Magister

Et aujourd’hui, elle serait une pierre maîtresse de l’édifice de cette gloire.

Au nom du grand-général.

Au nom du Grand-Ordre de Bahal.

Le clan Skelfing serait vaincu.

Et voilà, la refonte du premier chapitre de la Fin d'un Clan, refondu pour correspondre à l'univers d'Aestrus ! Mon objectif serait de publier un chapitre toute les 1~2 semaines environ (l'idéal serait sur du 2 chapitres sur 3 semaines) ! Dans cette nouvelle version, le but est de présenter un peu l'univers, ainsi que Loksins et Vekyna, nos deux protagonistes.

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