Toutes mes derniers textes, j'espère qu'ils vous intéresseront !

Une marche paisible dans la rue.

Une simple envie de prendre l’air.

De profiter d’un beau temps.

Une chose simple.

Qui soudain nous angoisse.

 

Une foule d’autres.

Ombres anonymes.

 

Un simple détail qui nous démarque.

 

Les remarques et regards qui fusent.

Ou du moins les entend-on.

Ou du moins les voit-on.

( Ou du moins le croit-on ? )

 

Nous sommes trop ceci.

Nous ne sommes pas assez cela.

 

Un seul désir subsiste encore.

Devenir invisible.

Échapper à jamais à ce regard.

 

Le regard de l’inquisition ordinaire.

L'inquisition ordinaire

« Laissez-moi partir ! » hurlais-je contre la porte désespérément close. « Je peux appeler la police ! J’ai mon téléphone ! Ça ne sert à rien, je ne peux rien vous rapporter ! »

 

Aucune réponse. Je donne un coup de pied dans la porte à cause de la colère. Toujours pas de réponse et maintenant j’ai mal. Je m’assois par terre, partagé entre la fureur et la terreur. Que se passe-t-il, qu’est ce que je peux bien foutre ici ?

J’essayai de rassembler mes souvenirs. Je m’étais endormi comme d’habitude, seul à mon appartement. Puis plus rien. Et puis, je m’étais réveillé dans cette salle étrange, au planché terne et abimé, et aux étagères pleines à craquer d’objets en tout genre et aux murs sales et délaissés. Cela ne m’aidait pas beaucoup à comprendre ce qui se passait. La salle sentait le moisi et l’abandon, et la poussière me faisait tousser. Personne n’y était sans doute entré depuis un moment… Si l’on exceptais la personne qui m’y avait amené pendant mon sommeil. Parce que j’étais certain de ne jamais être entré ici. L’endroit ne me disait rien, et je me serais sûrement souvenu d’un lieu aussi bizarre. Et je ne voyais toujours pas ce que je fichais ici. Et j’avais peur de ne jamais pouvoir quitter cet endroit.

 

— LAISSEZ-MOI SORTIR !! hurlais-je à pleins poumon. Je, je ferais ce que vous voulez ! Vous savez, je ne suis pas n’importe qui. Mes parents sont puissant, une ancienne famille de l’empire ! Je sais pas si vous connaissez la théorie des métaux, mais ma famille est considéré comme étant faites d’or. Donc on peut régler cela à l’amiable, tandis que si vous me faites quoi que ce soit, les répercutions seront bien plus dure. On a un deal ?

 

Aucune réponse. Toujours que le silence.

 

— Il y a bien une raison pourquoi je suis ici, hein ? On n’enlève pas les gens comme cela, pour rire. Ce serait une attitude hautement illogique. Et vous n’êtes sûrement pas un tueur en série. En effet, vous auriez pu me tuer bien plus tôt… A moins que vous vouliez vous amuser avant… Mais… ce n’est pas le cas. N’est-ce pas ?

 

Je sentais ma peur grimper au fur et à mesure de ce que je disais. Et si c’était bien cela ? Et si j’avais juste été une victime capturée au hasard par un sadique pervers qui ne cherchait qu’une victime à torturer ou tuer – voir les deux à la fois ? Et ça se trouve, en lui disait que j’étais fait d’or, il allait encore plus en vouloir à ma personne… Je me mis à marcher en rond, mes mains agrippant mon propre tee-shirt.

Merde, merde, merde ! Qu’allait-il m’arriver ? Je n’arrivais même pas à réunir mon esprit pour essayer de comprendre ce qui se passait. J’accélérai le pas, de plus en plus stressé. Peut-être que le tueur allait entrer à l’instant. Peut-être que je vivais mes dernières secondes. Je ne veux pas mourir. Du moins, ni maintenant, ni comme ça. Une mort rapide et non douloureuse dans environ une soixantaine d’année ça m’arrangerait. Avoir le temps de réaliser quelque chose digne de moi et de ma famille, au lieu de subir une mort inutile, enfermé dans cette salle. Tout seul.

 

— Ah ! résonna une voix. Je crois que tu commence à comprendre ou est le problème. C’est moyen, disons que c’est ni la meilleur réaction, ni la pire. Je te met 11/20, peut mieux faire.

 

Je me retournai. Qui a dit ça ? Et depuis quand c’était possible de lire dans les pensées ? Et qui oses me noter, moi ? Malgré la situation et ma frousse, je ne put m’empêcher de penser à toute les fois ou je m’étais dit qu’heureusement que la télépathie n’existait pas. Non, c’était impossible, elle n’existait pas, si elle existait, ce serait trop gênant… Et c’était le genre de superstition que pouvait se permettre les familles de basse naissance, qui n’étaient pas écrasés sous le poids des responsabilités. Ce type avait sûrement dit ça juste pour me troubler, ou en regardant mes expressions faciale. Il devait y avoir des caméras de surveillance, des hauts parleurs, et le type jouait à me déstabiliser. C’était donc bien un sadique. Je m’assis sur le sol. Je devais rester concentré, rester concentré…

 

— Tu refroidis pour le premier, mais tu es brûlant pour le deuxième ! retentit à nouveau le voix mystérieuse.

 

Non, non, non, non, non… C’était impossible, impossible, la télépathie n’existait pas, je le sais, c’est absurde qu’elle existe, elle ne peut pas exister, le surnaturel n’existe pas, tout est rationnel…

 

— Je ne saurais pas dire si tu es amusant ou tu es chiant, soupira mon geolier. Amusant parce que tu joue au rationnel et tout, mais plutôt qu’être certain de tes explications rationnelle, tu panique au moindre truc qui pourrait paraître irrationnel, sans même trouver l’explication la plus plausible. Chiant parce que tu es borné.

 

Mon cœur bat de plus en plus. Cette fois, il ne pouvait qu’avoir lu dans mes pensées, j’en était certains, c’était impossible de faire de la psychologie aussi bien et de deviner aussi facilement mes hésitation.

 

— Mais ça je le savais déjà, que tu étais borné… Sinon : Bonne réponse, mais par le mauvais moyen. 8/20.

 

Par le mauvais moyen ? Mon explication se tenait pourtant… Non ! Je ne doit pas l’écouter. Je repris ma marche, essayant à tout prit de chasser de mon esprit ce télépathe. Et je devais trouver un moyen de sortir, les télépathes pouvaient être un danger. Il ne devait pas rester dans mon psyché, si cela continuait, je deviendrais fou. Et surtout, mon esprit ne devait pas rester une porte ouverte comme cela.

Ouvrir son esprit, son « ame », comme le disent certains, c’était la porte ouverte à toute les faiblesses.

N’importe qui pouvait alors briser simplement la poutre branlante. Et nous détruire, partir en nous laissant à l’état de ruine. Je n’avais pas passez des années à batir un bunker pour qu’un clown psychique pervers et sadique viennent foutre le souk dans mes pensées. Je devais respirer. Il ne s’était pas manifesté face à ce que je disais. C’était un bon point. Peut-être que quand je reprend mes esprits et que je pense de manière claire et rationnelle, il ne peut pas apparaître. D’ailleurs, peut-être n’a-t-il jamais existé, et que c’est juste le stress qui me fait halluciner additivement. Je me sentais reprendre confiance à moi, j’en avait presque oublié que j’étais enfermé sans pour l’instant espoir de sortie.

 

Peut-être que quand je reprend mes esprits et que je pense de manière claire et rationnelle, il ne peut pas apparaître, m’imita alors la voix d’une manière particulièrement aiguë et nasillarde.

 

Mais quand cela allait-il s’arrêter ! En tout cas, maintenant, là, c’était sûr…

Mais non, j’étais con ! Je ricanai dans mon coin, me sentant stupide. Il y avait une explication à tout cela. Une explication logique. Déjà, j’étais fatigué. Hors, je sais que quand je suis fatigué, j’ai tendance à penser à voix haute, parfois sans m’en rendre compte. Ensuite, peut-être qu’hier j’avais un peu bu, ou une connerie du genre, et que j’avais décidé de faire un somme dans cette salle, et que j’avais tout oublié ! Et cette voix, c’était juste un gamin qui m’entendait, et qui tentait de me faire flipper.

Mais je suis un esprit cartésien, moi. Les fantômes et autre connerie du genre, on pouvait pas m’avoir avec cela.

 

— Je crois que cette explication est encore plus tiré par les cheveux que ta situation… Et quand tu flippais quelques secondes auparavant parce que tu pensais qu’on lisait dans tes pensées, c’est un peu pitoyable de te qualifier d’esprit cartésien…

 

Haha gamin, tu ne me prend pas au piège ! Mon explication tiens la route, quoi que tu en dises, tu vas donc tranquillement me laisser sortir de cette salle ! Je me dirigeais après ces mots vers la porte. Je me levai avec difficulté, ayant très sûrement passé la nuit sur ce plancher, mon dos et mes articulations me faisaient mal comme à chaque fois que je passait une nuit sur une surface trop solide. En tout cas, douleur ou pas, une chose était sûre. Je n’allais pas rester dans cette endroit lugubre. Et surtout pas dans ce froid, dans ce froid qui me glaçait jusqu’au sang. L’endroit ne devait sûrement pas être chauffé.

Je me dirigeai donc vers la sortit d’un pas rapide, n’ayant pas envie de m’attarder une seconde de plus. La porte de sortie était une grande porte en bois sombre, imposante et presque effrayante tellement je me sentait tout petit par rapport à elle. Mais ce qui me perturba le plus était l’inscription gravée dessus. Inscription qui n’y était pas auparavant :

 

« Tu ne vas quand même pas me quitter ? »

 

Je ne l’avais sûrement pas remarqué la première fois. C’était la seule explication logique. Bon, je devais trouver un moyen d’enfoncer la porte. Sans grande conviction, j’eus le réflexe de quand même vérifier si la porte était ouverte.

Elle l’était.

Je restais méfiant. Il y avait quelque chose qui clochait. Le texte pouvait bien avoir été écrit par mon « ravisseur ». Peut-être était-ce un piège qui m’attendais de l’autre coté. Ici, au moins, je savais ce qu’il y avait. C’était bizarre, mais j’étais en terre connue. Par contre, derrière… Peut-être que la personne qui m’avait enfermé s’y trouvait ? Peut-être qu’il allait m’attaquer ? Et qu’est-ce qu’il y avait derrière ? Un début d’escalier en colimaçon. Ma curiosité était encore plus attisé, et finalement arriva le moment ou j’ouvris en grand la porte et sortit de la salle.

En descendant l’escalier en colimaçon, dont la traversé me sembla longue de plusieurs heures, je réfléchissait… J’était visiblement enfermé par une sorte de type bizarre qui jouait au télépathe et qui avait le goût des mauvaises histoires d’horreur. Je me demandait s’il allait faire un truc genre sortir des infos que personne ne sait sur moi… Les murs étaient des murs de pierres fissurées, qui semblait proche de l’effondrement.

Après une longue descente, j’atteint la fin de l’escalier, pour arriver dans une nouvelle salle. Cette fois ci, elle était entièrement blanche, immaculée. La saleté avait laissé place à une propreté des plus surprenante. Okay, donc avait j’étais dans le vieux grenier tout sale d’une maison tenue par un maniaque de la propreté ? Mais au final, je compris ce qui me dérangeait. Ce n’était pas la propreté. Cette salle était vide. Il n’y avait aucun objet, aucun meuble. Que du blanc. Au plafond, au mur, et au sol. Et sur la porte à l’autre bout.

 

« Bien, tu es arrivé au niveau 2 ! Il est maintenant tant que l’on se rencontre, n’est-ce pas ? »

 

Je vis la porte à l’autre bout s’ouvrir, mais sans vraiment pouvoir distinguer ce qu’il y avait comme salle – ou comme extérieur – derrière, et je vis entrer une personne habillée toute en noir, ne laissant rien voir d’elle-même. Cela me semblait trop cliché pour être une mise en scène. Il devait venir de l’extérieur, parce que la température avait chuté de quelque degré lorsqu’il était entré. Mais que me voulait-il, bon sang !

 

« Te faire comprendre deux-trois trucs. » chantonna l’être encapuchonné. « Déjà, si tu pouvais comprendre ou tu es, cela m’amuserait beaucoup ! »

 

Comment ça, me faire comprendre deux-trois trucs ? J’essayais de cacher le mieux possible ma frousse. Parce que même si la situation me semblait cliché au possible, le simple fait d’être dans cette situation cliché, et de courir un risque qui me semblait imminent.

 

— Le risque que tu as, ce n’est pas le risque du type de celui qui va se faire poignarder, ne t’inquiète pas… Non, le risque que tu as, c’est celui de l’homme assiéger, mais qui refuse de l’admettre. Tu es dans la dernière forteresse que tu possède. Ton dernier bastion. Celui ou personne ne peut t’atteindre – à part moi. Tu es dans l’oeuf cosmique, la dernière forteresse que possède l’esprit d’une personne. La source de tout ton monde, la source de tout ton être. Ta conscience. C’est la seule terre ou tu peux-être en sécurité. Pourquoi ? Parce que c’est la seule qui t’appartient ! On n’est jamais mieux que chez soi, home sweet home, comme le disent les expressions, non ? »

 

Je regardais. Ce pouvoir de création de monde. L’imagination était mon arme, ma retraite. Mon pouvoir.

Je comprenais tout. Pourquoi il lisait dans mes pensées et tout. J’étais seulement en train d’imaginer un nouveau monde ou je pourrais me retirer. J’étais dans cet œuf cosmique, qui venait d’être réalisé par mon imagination. La retraite de l’artiste. Son atelier ultime, qui est sa propre création. Et derrière cette porte, qu’était-ce ? Ce monde ? Celui d’où je venais ? Je tentais de rationaliser.

Il existait trois types de personnes, au dessus du commun. L’or – les créatifs et les sages, l’argent – les dirigeant et les charismatiques, et le bronze – les forts et les combattants. J’étais une personne d’or, et on m’avait toujours qualifié comme étant un grand créatif, futur penseur et écrivain. Je devais donc avoir la capacité de modéliser quelque chose de véritablement « physique » en moi.

 

— C’est la porte de l’enfer. Tu y retrouveras les autres, comme pourrait-on dire si on mélangeais Huis Clos et La Divine Comédie… Cela ne donne pas envie, hein, les autres, la foule… Mais ils sont encore là. D’ailleurs, je suis eux… Leur regard, leur esprit… Je suis le gardien de l’enfer, le regard des autres. Je suis Minos, Juge de l’Enfer. Tu es éternellement soumis à mon regard, mortel. Je suis celui qui t’empêche de protéger de te diriger vers ce monde trop dangereux. Les ors, les sages, voudraient bien être à ta place. Les argents, les soldats, sont colériques et bornés. Les bronzes sont peu enclin à l’intelligence et aux discussions intéressante. Ici au moins, en toi, tu es en bonne compagnie, non ? Avec moi, jusqu’à la fin des temps ! Minos avait fini cette phrase, en me susurrant les derniers mots à l’oreille. J’eus un frisson. Derrière cette capuche, qui ne me montrait rien de celui me regardait, une certitude était en effet présente.

 

Il me regardait. Et me jugeait sûrement. Il jugeait ces bégaiement que je pouvais avoir, il jugeais mes maladresses… Il me pensait sûrement être un menteur à chaque fois que je disais des trucs paradoxaux.

Il se souvenait sûrement de chaque connerie que j’avais faite, et m’en voulait peut-être pour cela. Ou alors il ne prenait même pas la peine de me détester, j’étais trop ridicule et pathétique pour cela… M’appréciait-il ? Je ne pouvais le savoir…

Je m’étais trompé dans son rôle initial. Il ne me retenait pas captif. Il était venu troubler ma retraite.

Tout ces doutes quand je n’entendais plus personne parler après que moi j’ai parlé. Toute cette honte quand je n’étais pas capable de me souvenir de ce que je disais. Toutes mes conneries. Tous les instants ou j’avais été ridicule ou ridiculisé. Toutes les fois où les règles de vie de ma classe m’étaient retombée dessus.

La porte. Je pouvais prendre la porte. Oui, je pouvais le fuir, je pouvais partir.

 

— Je ne peux en effet pas te retenir… soupira-t-il. Mais n’oublie pas… Je viens du regard des autres, qui sont derrières cette porte. C’est ça, que tu dois fuir. Don’t shoot the messenger, comme ils disent.

 

Tant pis, au moins je devais essayer. Je me dirigea vers cette porte de sorti en courant, au cas ou il me tendait un piège. Mais il ne fit rien. En quelque pas, j’étais devant la porte, qui était tout simple, comme une porte de cuisine. Avec un post-it dessus avec un mot.

 

« Vous qui sortez, abandonnez toute espérance ».

 

Par delà cette porte était la foule. Par delà cette porte était le regard constant des autres. Me devais-je de fuir dans le royaume de l’enfer si son gardien s’invitait chez moi ? J’avais presque la certitude que je ne pouvais pas le virer… Il était trop fort. Je me sentit mal, comme si ma respiration se coupait. Je pensais à la foule. Je les voyais, ces silhouettes informes, qui m’entouraient, qui formaient une véritable prisons. J’entendais des voix. Est-ce que ces gens allaient m’attaquer ? Non, calme toi, calme toi, tout vas bien… J’étouffais, je me noyais, cet océan d’humain était impossible à traverser… Je les voyais, toutes ces personnes, qui était comme moi, mais qui étaient certainement amplises de haine et de jalousie pour une place que je n’avais pas demander…. Ne pas se faire remarquer, ne pas se faire remarquer. J’étais compressé, j’étais écrasé…

Mais je devais fuir.

Je devais quitter ce monstre qui me manipulait. Je ne peux pas rester une seconde de plus. Il a perverti mon œuf cosmique. Ma seule cachette n’en est plus une, seule la vie de fugitif me reste, a présent. Je déglutis, toujours en lutte contre le froid qui s’insinuait en moi. Mais j’ouvris quand même la porte, pour me retrouver dans un chemin forestier, de nuit. Je soupirais de soulagement : Il était vide. Personne.

La seule lumière que j’avais était celle de lanternes accrochées sur les arbres, qui me permettaient de pouvoir avancer. Je fis quelque mètre, avant d’hésiter. Il faisait quand même sacrément noir. Et c’était bien ici le lieu de la foule. Ils pouvaient être partout. Mieux valait peut-être supporter Minos que d’avoir la vrai foule face à soit. Mais à peine eus-je fait un seul pas en arrière qu’un corbeau vint se poser sur une branche devant moi, me dévisageant de ses deux petits yeux brillants. Je continuai d’avancer, décidant de ne pas avoir peur d’un simple corbeau.

 

Mais je me figeai au moment où il se mit à me parler.

 

— Stupide. Lâche

 

Pardon ? Cette journée est déjà assez pourrie, je dois quitter mon propre refuge pour retourner vers les autres, et je me fais maintenant insulter par un piaf ?

 

— Stupide, répéta-t-il. Tu es stupide. Lâche. Tu fuis.

 

Oh, sale piaf, je fuirais moins si c’était pas rempli de connards ici-bas.

 

— Lâche. Et méchant. Tu fais l’hypothèse que tous les autres sont méchant et stupide, mais tu es méchant et et stupide.

 

Méchant, moi ? Ce n’est pas moi qui suis allé agressé des gens dans la rue, par jalousie de leur situation. Bon, je savais bien que la situation n’était pas totalement juste, mais quand même !

 

— Méchant. Tu les agresses à chaque fois que tu les dis comme le commun. Tu les insultes à chaque fois que tu crois qu’ils méritent leur place en dessous de la tienne.

 

Je n’ai jamais dit qu’il la mérité, mais qu’ils étaient jaloux. C’était normal, mais c’était pas bien.

 

— Mesquin. Tu te cherche des excuses pour te justifier. T’es tu dis que si tu étais gentil avec eux, que si tu les écoutais et ne les méprisais pas, ça irai mieux ?

 

Son regard était particulièrement pénétrant… Était-ce un troisième round ? Était-ce encore ce Minos qui venait se la ramener sous une apparence différente. Il m’avait d’abord fait peur. Puis s’était joué de mot. Et maintenant m’attaquait directement en m’engueulant. Et pourquoi étais-je lâche, en plus ? Oui, je ne fais pas l’hypothèse la plus agréable du « tout le monde est gentil », monsieur le corbeau.

Mais j’ai vu le monde.

Okay, j’ai pas tout vu, mais soyons un peu logique, okay ? Je sais que c’est dur pour un animal qui n’a donc pas l’intelligence de mon espace, mais faisons un peu de calcul.

Quand tu subis une douleur attendu, celle-ci est plus faible que quand elle est attendu. C’est la même chose pour les joies : Une bonne surprise c’est toujours mieux qu’un truc que tu attendais. Donc, si tu fais l’hypothèse la plus joyeuse : Si elle s’avère vrai, tu te prend un truc un tout petit peu agréable, et si elle est fausse, tu te mange un camion de déception. Si tu fais l’hypothèse pessimiste, tu peux amortir la douleur ou recevoir une joie plus grande ! Tu es donc gagnant dans les deux cas. Ce n’est même pas avoir du -1 ou +1 dans un cas et -2 ou +2 dans l’autre, non ! L’optimiste à -2 et +1, et le pessimiste -1 et +2 !

C’est pour ça que les gens intelligents sont toujours pessimistes. Parce que c’est lo-gi-que.

 

— Lâche. Tu te réfugie derrière des mathématiques, en mettant des valeurs au hasard. La plupars du temps, il se passe rien. On vit sa vie sans grande surprise. Pendant tout ce temps, l’optimiste à ton +1, ton pessimiste -1. Pareil en attendant quelque chose. Pas logique.

 

Mais si, c’est logique, parce que c’est bien plus fort quand se prend la surprise, tu met +1 mais moi je mettrais plus une quantité négligeable.

 

— Prétentieux. Tu pense toujours avoir raison. Et lâche. Tu as tellement peur d’être déçu que tu ignores chaque possibilité qu’il y ait le moindre événement cool, juste parce qu’il y a des arbres qui font peur avant…

 

Je me retournai, légèrement en colère. Il se prenait pour qui, ce corbeau, pour me faire la morale ? Et se foutre de moi par la même occasion ? Énervé, je lui rétorquai que je ne voyais pas de quoi il parlait, et que j’avais mes raisons d’être comme j’étais, de ne pas prendre de risque, et qu’il ne pouvait pas les comprendre.

Que la vis d’être d’or, ce n’était pas facile. On avait pas la force des bronzes, ou le charisme des argents. Notre rôle était purement consultatifs, on avait pas la chance des autres.

Il se mit à rire, avec un croassement qui m’irrita encore plus.

 

— Égocentrique. Tu dis avoir souffert, et que ta situation est injuste. Mais tu rejette la souffrance de tous ceux qui sont en dessous de toi pour grandir la tienne. Le classique « Tu ne sais pas ce que j’ai vécu ».

Je sais ce que tu as vécu. Ta petite vie de personne d’or, de la haute société. Riche. Puissant. Mais d’autre était jaloux. Des disputes. Des claques quand tu n’as pas été aussi intelligent que tu te dis être. Tout les tiens l’ont connu. Oui ça fait mal. Ta « terrible souffrance », c’est celle que tous rencontre un jour. Un gros foirage qui te fais honte. Une rupture difficile. Quelques personnes qui t’emmerde. Et pour cela, ensuite, tu accuses le monde entier d’être contre toi, chaque personne que tu vois peut être un méchant, alors que t’es plutôt du bon côté du fossé de ceux qui sont les puissant et ceux qui sont leurs victimes.

 

Il se rapproche de moi. Je comprend son but : Il ne veut que me faire culpabiliser. Mais tu n’es pas le premier, tu sais ?

 

— Mais combien de fois tu as ignoré avec un certain dégoût une personne dans le besoin, dont le métal n’était pas « précieux » ? Combien de fois tu as dit que tu n’avais « pas le temps » quand quelqu’un avait besoin de ton aide, avant d’aller glander devant l’ordinateur ?

Combien de fois, tu as vu une personne dans la rue se faire harceler, et tu t’es dit que ce n’était pas tes affaires ?

Je te dis tout ça parce que tu sais que c’est injuste, mais ne veux pas l’admettre parce que tu ne veux pas accepter avoir commis des fautes. C’est toi qui ne veut pas admettre la vérité avec sérénité. Tu sais que tu fais parti de ceux qui sont puissant, mais tu refuses de le regarder en fasse, pour ne pas être “le méchant”

 

Il vole autour de moi.

 

—La seule source de ton mal, c’est toi qui l’a fait rentrer, tu sais qui elle est, et pourquoi elle est là. Aller, pschitt, ne retourne pas vers ce bâtiment. Le monde qui t’attend par delà, c’est le monde à construire. Tu dois construire un monde avec les autres.

 

Je tapai du pied. Il commençait vraiment à me courir sur le haricot. En plus, ce qu’il disait me faisait mal. Je serrais les dents avant de lui répondre que je savais ce que je faisais, que je n’étais plus un enfant. Et puis qu’en plus je ne faisais pas vraiment chier les autres quand j’étais tranquillement dans ma tête, et que je gardais ce genre de truc pour moi et puis après c’était bon, basta et je pouvais rire et m’amuser. Je lui déclarai aussi qu’il n’était pas dans ma tête, et qu’un corbeau qui parlait était déjà assez bizarre comme ça.

 

— Si, répondit-il. Je suis dans ta tête.

 

Je tenta de déloger le corbeau d’une pierre mais celui-ci l’évita sans problème. Écoute, le piaf, j’ai eut mes histoires, j’ai le droit de prendre un peu de repos et de ne plus penser à ce genre de chose, non ? Il me rétorqua que j’y pensais tout le temps, avant de me faire la remarque qu’il allait bien falloir réfléchir un peu. Je bougonnais. Je n’avais pas envie de m’arrêter, je préférais continuer en avant, puis voir au fur et à mesure de ce qui se passait. J’eus le droit encore au reproche d’être un gamin.

Je ressentais une envie de piaf rôti à la broche…

 

—Tu as le choix, fit l’oiseau, ouvrant grand ses ailes tout en ignorant mes menaces. Tu peux retourner là bas, ou avancer pour pénétrer plus profondément dans la forêt pour rejoindre le monde, pour sortir de la monade.

 

Je me retournai et décidai de reprendre la route vers le bâtiment lugubre. C’était sans doute là-bas que je pourrais retourner en arrière pour que tout soit comme avant. J’entendis derrière moi que le piaf semblait presque paniquer. Tout me semblait logique à présent. Ce piaf avait juste envie de me faire avancer plus loin dans cette foret, et pour cela il m’avait provoqué en essayant de jouer sur une fierté qu’il s’imaginait en moi. Il voulait m’envoyer dans la foule. Et qui avait interet à ce que je sois dans la foule ?

Minos, tout simplement.

Il devait avoir un pouvoir réduit quand j’étais dans l’oeuf. D’ailleurs, c’était que au moment ou j’étais en train de sortir qu’il a put me faire subir une hallucination. J’entrai dans le bâtiment, traversant la salle vide – ou le bourreau n’étais plus.

Je reconstituait tout en marchant le plan de Minos. Il m’avait fait sortir de la salle principale de l’oeuf – le grenier, qui représentait le bazar que c’était dans mes idées, avec des trucs partout… La poussière, c’était peut être pour faire grenier abandonné, un genre d’endroit que j’avais toujours révé de visité – dans l’entrée pour commencer à avoir un pouvoir plus fort sur moi, dans le but de me faire fuir vers la foule. Dans cette entrée, il avait été jusqu’au traumatisme, pour que je le fuis en prenant mes jambes à mon coups. Ensuite, voyant que j’hésitai, il avait envoyé le corbeau… Mais avait utilisé la mauvaise technique. Je retournerais dans l’œuf cosmique, à l’abri. Au cœur de ma monade. Je continuerais de vivre ma vie comme je l’entend, essayant d’avoir le moins d’histoire possible. L’escalier en colimaçon ne fut pas long à remonter – à ma grande surprise – et je me retrouvai enfin dans la salle ou tout avant commencé.

Mais elle était vide. Surpris, je me mis à regarder dans tout les sens. Plus aucun meuble ni rien. Je regardais au plafond, ou était suspendu un grand chandelier magnifique, avec d’étranges flammes violettes, qui projetaient une lumière surnaturelle dans toute la salle.

Et il était là.

 

— Je t’attendais.

 

Il n’y avait quelque chose que je n’avais compris ? Pourtant, tout tenait… J’essayais de fuir à nouveau, vers la porte. Elle était fermée. Je me retournai.

Il était juste devant moi.

 

— Alors, tu as compris, maintenant ?

 

Je tombai. Que ce passait-il, que ce passait-il ? Est-ce que je m’étais trompé ? Est-ce qu’en fait le corbeau avait eut raison ? Mais c’était forcément un piège ! Il me provoquait pour que j’ai envie de continuer ma route…

 

— C’était bien ce qu’il faisait. Il voulait te renvoyer vers la foule. Moi, je ne voulais pas, donc j’avoue que j’ai été très content de ton choix. Même s’il m’a surpris. Je pensais que tu aurais compris que certains de ces conseils était « bons », dans sa vision des choses. Mais cela veut dire qu’au fond tu penses comme moi, ça me rassure ! Tu ne restes pas sous le danger… Les autres, surtout ceux de bronzes, ceux qui t’on attaqué. C’est eux le vrai danger que tu subis. Tous jaloux, tous à vouloir avoir ta place. Alors, tu la leur laisse, qu’ils s’entre-tuent tandis que toi ici, tu pourra régner sur ta monade. Être tout puissant et créer un monde où toi seul sera le roi. Toi et moi. Tous deux seuls.

 

Je vis une porte à l’opposée de la porte aux gravures. Je m’y dirigea et sortit immédiatement dans la salle. Mais tout ce qui m’attendais était un précipice ou je sombrai. Le noir sembla tout absorber, je ne voyais plus rien. L’obscurité et le froid était partout, en moi, en mon esprit. J’avais du mal à penser, je ne me sentait même plus chuter dans cet abyme infini.

 

— Mais tu le provoque toi même ! Mais ne t’inquiètes pas, tu ne sera plus jamais seul, je serais là, avec toi, pour toujours ! Je te parlerais, te susurrerais, ne quitterais jamais ton esprit… Nous sommes réunis maintenant, tu ne peux plus partir de l’œuf cosmique, de la monade… Tu as fermé la porte. Le corbeau, cet autre partie de ton inconscient, ce que quelques ineptes appelle ton aspect « raisonnable » ne faisait qu’insulter ta rationalité, la seule vrai raison. Tu es enfin chez toi… Je suis le seul autrui dont tu as besoin, mon très cher, et je suis là pour toi.

Je suis là pour toi.

Le Prisonnier

Savoir quoi dire n’est pas toujours « difficile ».

Parfois ce n’est pas l’absence de message qui isole.

Parfois, le silencieux n’est pas celui qui ne sait pas.

Parfois, mettre en ordre les mots est difficile.

 

Ces jours-là, rien ne sonne juste.

Ces jours-là, les mots perdent leur sens.

Ces jours-là, tout est dissonant.

Comment alors encore parler ?

Comment alors encore rire ?

Comment alors encore même pleurer ?

 

Dire à une personne que l’on tient à elle.

Mais seul le silence règne.

Dire à une personne qu’elle nous fait souffrir.

Mais seul le silence règne.

Vouloir se révolter contre tout les microtyrans du quotidiens

Mais seul le silence règne.

 

Enfermé dans un mutisme, enfermé dans sa propre conscience.

Les seuls mots dit sont ceux du quotidiens.

Mots tellement répétés et utilisés qu’ils en sont usés.

Est-ce la complexité de nouveau mot qui effraie ?

 

Les phrases difficiles sont pourtant simple.

Parfois est-ce juste « oui » ou « non »

Parfois est-ce un « je suis là ».

Mais le mutisme reste. Encore et toujours.

Le mur est invisible mais présent.

La peur est impalpable mais présente

Dans ces mots devenus morts de n’être usés.

 

Est-ce l’impression de devoir dire quelque chose d’exceptionnel ?

Est-ce la peur que le message soit mal compris, mal prit ?

Est-ce l’envie que le message soit beau par lui même,

Comme le serait une simple forme vide ?

 

Le silencieux lui même ne le sais pas.

Le silencieux n’a que quelques mots résonnants inlassablement.

Le silencieux ne sait que dire, le silencieux est perdu.

 

« Je ne peux pas »

Le silence

Je suis quelqu’un de bavard

Pas un beau parleur, pas un rhétoricien

Juste un mec qui a toujours aimer parler.

Raconter toute les petites anecdotes,

Petites histoires et blagues idiotes.

 

Mais chaque mot que l’on dit

est une centaine d’autres que l’on tait.

Parfois les bavards sont ceux qui veulent dire le moins.

Cacher qui je suis, mes anciennes faiblesses.

Est ce que si les gens me voient autrement,

Je serais alors quelqu’un d’autre, le mirage que je cherche être ?

 

Je suis le bavard qui se tait,

Le clown qui cache tout, au masque aux vives couleurs.

Le rigolard malhonnête, l’arnaqueur des relations.

Le menteur par omission qui jamais ne se tait.

 

Quand tout va mal, j’ai une blague.

Quand j’ai peur, j’ai une anecdote.

Quand je ne veut pas voir quelqu’un, j’ai une histoire.

Quand je veux crier, j’ai un rire.

Quand je veux pleurer, j’ai un sourire.

 

Ma mémoire n’est qu’un gilet pare-balle,

Face à d’autres souvenirs, ceux qui me hantent.

Toutes mes erreurs, toutes mes fautes.

Cruautés de ma part et de celle des autres.

Hontes, Déshonneurs, conneries et truanderies.

 

Je suis le meilleurs des menteurs,

Un bon ami, le pire des connards.

Quelqu’un de gentil, un pur salaud.

Dichotomie entre ce que les autres pensent et ce que je sais.

 

Peut-être vous me direz d’arrêter,

De me taire et d’oublier le passé.

Mais depuis quand peut on oublier ?

Si je ne m’en souviens pas, si je refoule,

Les cauchemars reviendront me hanter.

 

Mais même mes souvenirs ne sont que d’autres personnages.

A une époque ou je trouvais ça cool d’être mauvais.

Et une où je pensais que c’était dans ma nature d’être un raté.

Je veux redevenir moi même… Mais j’ai oublié qui je suis.

Je veux me retrouvé, mais je ne sais pas ou chercher…

 

Je suis le bavard qui se tait,

Le clown qui cache tout, au masque aux vives couleurs,

Le rigolard malhonnête, l’arnaqueur des relations,

Le menteur par omission qui jamais ne se tait,

Le meilleurs des menteurs,

Un bon ami, le pire des connards.

Quelqu’un de gentil, un pur salaud.

Dichotomie entre ce que les autres pensent et ce que je sais.

Le meilleur des menteurs

Bienvenue dans le monde de la lune

Monde d’étoile et de noir infini,

Monde de la nuit obscure.

Tout est sombre, tout est mystère,

Monde duquel les gens ont peur,

Univers de Croque-Mitaines

Et de monstres sous les lits.

 

Mais si la nuit est la période de l’obscure,

C’est paradoxalement le moment de regarder,

Elle découvre le voile du ciel,

Voile cachant les étoiles et les planètes,

Comme si la lumière ne nous permettait qu’une vision du proche

Et le noir offrait à notre œil l’infini.

 

Bienvenue dans le monde de la lune,

Monde des rêves et des cauchemars.

Monde plongé dans la brume des songes,

Ces moments que l’on adore ou que l’on exècre,

Nos espoirs les plus fous et nos pires tourments.

Le noir nous fait oublier l’autour un moment,

Pour nous plonger dans notre propre psyché.

 

Pour connaître les autres, il nous faut nous connaître,

Autrui est soi et nous sommes les autres.

Si nous ne pouvons nous juger,

Si seul l’œil de l’autre peut nous percer,

A travers la brumes des songes se trouve notre subconscient,

Univers intangibles d’angoisse et de désirs.

 

Bienvenue dans le monde de la lune,

Monde des rues vides et sombres,

Monde des balades solitaires.

Un petit vent frais me fait frisonner,

Mais au final, je me sens bien,

Un moment parfait pour réfléchir sur l’infini,

Un moment parfait pour rêver tranquillement.

 

Je ne suis finalement pas si déçu d’avoir loupé mon bus

Personne ne m’attend, je suis seul à l’appartement

Je n’ai pas à me presser, aucune obligation.

Pas de fatigue, juste le son des pas.

Je marche à travers tant de lieux connus,

Mais que je redécouvre dans le noir…

 

Bienvenue dans le monde de la lune,

Monde des erreurs, des petits malheurs,

Monde des non-dits, des oublis et des retards.

 

Ce monde est le miens, j’y ai grandis et vécu.

Les démons du quotidiens avaient gagnés et ont perdu.

C’est un cycle, cela recommencera-t-il ?

Je ne sais pas, mais aujourd’hui, je suis bien.

 

Le monde n’est pas une horloge parfaite

Un emploi du temps, de comptable,

ou un et un font tout le temps deux.

 

Le monde de la nuit n’est que l’image de celui du jour,

Une image sans le soleil pour nous aveugler.

 

Il est enfin temps de parler.

Oraison Nocturne

Dans la nuit aux milles bruits,

Dans un monde aux cruautés incessante,

Mais bien à l’abri sous mon toit,

Je laisse aller mon imagination,

A un souhait sauvage, rêvasserie barbare.

 

Je veux voir le monde brûler,

Les villes partir en cendre.

Mairies, symboles d’un pouvoir,

Églises, tout ce qui est sacré,

Je veux que tout cela soit happé par les flammes.

 

Je ne suis pourtant pas un grand rebelle,

Surtout pas un robin des bois modernes,

Je connais les injustices mais m’en préoccupe peu,

Je vis ma vie sans voir celle des autres,

Autres qui me le rendent bien.

 

Je veux voir la foule devenir braises,

Chaque personne devenir flambeau

La graisse ne serait plus qu’un inflammatoire

Les vies plus qu’un moyen de nourrir le feu

Qui chaque jour ravagerait un peu plus ce monde.

 

Je ne suis pas fou, ne suis pas pyromane.

Je suis même ce que l’on appellerais un homme rationnel.

Même si je veux l’apocalypse sur la Cité :

Les gens ont toujours voulus me refuser la gloire que je mérite,

S’ils ont gagné, ils n’auront qu’une victoire à la Pyrusse.

 

Après-tout, pourquoi est-ce que j’aimerais ce monde ?

Il ne m’offre pas ce que je mériterais,

Il ne m’offre pas amour et réussite.

Juste un bon salaire et une vie confortable,

Mais comment s’en contenter quand on mériterait plus ?

 

Catharsiques calcinations,

L’humanité n’est que tas de carbone…

Imaginations salvatrices.

Représentations synaptiques de pulsions meurtrière,

Qui n’auront court que dans mon psyché.

 

Un monde de flamme, un monde de braise.

Une civilisation qui pensait voir son apogée

Désormais plongée dans la déchéances.

Verrais-je un jour cela ?

Verrais-je le sublime de l’incendie qui emportent vies et foyer ?

 

Je regarde avec envie mon briquet.

D’habitude instrument d’un plaisir au gré d’une vie,

Est ce que ma mort lente deviendra pour eux mort rapide ?

Sombrerais-je finalement dans cette folie que j’ai toujours voulu contenir ?

Laisserais-je sortir les pulsions qui sommeille en moi depuis longtemps ?

 

Un si bel incendie…

Beauté éphémère

D’une flamme fatale.

 

Je ne dois pas sombrer,

Je ne dois pas sombrer.

 

Je veux voir le monde bruler,

Les villes partir en cendre.

Mairies, symboles d’un pouvoir,

Églises, tout ce qui est sacré,

Je veux que tout cela soit happé par les flammes.

 

Ne pas sombrer…

Ne pas sombrer…

 

Je veux voir la foule devenir braises,

Chaque personnes devenir flambeau

La graisse ne serait plus qu’un inflammatoire

Chaque âme de ce monde un moyen de nourrir le feu

Qui chaque jour ravagerait un peu plus ce monde.

 

… Ne pas…

… Ne pas…

 

Un jour, un homme me tendis la main.

Il me dit les mots que je voulais entendre.

« C’est vrai que c’est injuste, tu pourrais être bien plus »

Il me proposa le pouvoir, il me proposa la puissance.

Pourquoi ne l’aurais-je pas suivi ?

Que le monde brûle

Le soleil blanc était caché par les ternes nuages opaques qui faisaient s’abattre une pluie grisâtre sur la sombre Capitale, ou la foule compactes d’âmes vêtues du traditionnel noir, teinte sacralisée de pouvoir et des “hommes sérieux”, avançait sur le béton.

Marcher, rien d’autre.

Marcher avec des chaussures de sport d’un blanc sali, ou avec de belles chaussures noires lustrées. L’unique but était d’atteindre un morne lieu de travail, avant de manger un repas presque coloré, petit instant de joie dans la journée, pour après reprendre un rythme gris et sombre.

Après, quelques pièces grises passeraient dans les mains, et quelques billets ternis par l’usage rejoindrais les plus chanceux de la population.

 

Par contre, dans la sombre soirées, un rare éclatement de couleur accompagne dans les média de joyeuses nouvelles. Le chômage n’a pas augmenté, d’après les courbes d’un bleu sérieux. On parle de quelques initiatives personelles aux vives couleurs chaudes, et du blanc sépulcral d’anciens bâtiments, symboles d’un passé important et révéré. Quelques teintes sépia de nostalgie, rappelant un monde qui aurait été mieux mais qui est perdu. On désigne des coupables d’avoir fait disparaître ces bons souveirs.

Rapidement, le gris revient.

Un peu de rouge vif pour les violences, qui seraient partout. Teintes obscures de l’insécurité, du manque d’argent de l’état. Des “indésirables” aux visages sombres ou livides, des différents, qui sont accusés de ternir une économie, une nation, un monde qui aurait été jadis fleurissant. L’homme serait un loup gris pour l’homme, un ennemi, un compétiteur, derrière tous peut se cacher celui qui va t’agresser. On donne la paroles aux âmes les plus obscures, qui viennent cracher leur haines de l’autre.

Tout ce gris assombrit encore plus les esprits, quand soudain quelques couleurs unique leurs ait promise : l’or de la réussite, l’or régal, une couleur qui les envelopperaient de sa chaleur omniprésente et protectrice.

 

Les discours finis, le monde retombe dans les ternes couleurs.

 

Je regarde doucement ce cortège de couleurs et non-couleurs s’avancer à mes yeux. Je suis fatigué. Je sens que petit à petit je me ternis.

Je perd ma confiance, mes peurs s’amplifient et se décuplent. On ne parle que du gris, on se contente de m’effrayer avec une supposer noirceur du monde. Chaque nouveau jour, un nouvel enfoncement dans cet enfer monochrome. On me parle de la part de gris de chaque personne « méfie toi de l’autre », qui peut t’attaquer.

« L’enfer c’est les autres » disait Sartre.

Non. L’enfer, c’est ce gris, cette terreur qui vous étreint le cœur, qui vous cause terreurs et pleurs.

 

Mais est-ce la vérité ?

Je vois du bleu.

Le bâtiment devant moi est brun.

Ses rebords de fenêtres oranges.

L’herbe est verte.

L’homme même est pleins de couleurs !

 

Je me révolte en silence. Je veux des couleurs.

 

Rejoins le rang des couleurs, libère ton rouge cœur du noir ambiant. Le monde est sombre, mais il est habité de gens pouvant faire office de lumière. Les problèmes sont réels, mais exigeons une véritable entraide, et surtout, arrêtons de vouloir que nous ne soit exposé qu’une peur, que les pires horreurs, que le plus exceptionnel. Mais il ne faut pas alors que nous n’ayons que la vision positive du monde. Il nous faut le bien et le mal, le bon et le mauvais. Les couleurs et le monochromes, ce n’est qu’ensemble qu’il forment un monde.

 

Je veux le rouge du sang, mais également de la volonté.

Je veux le vert de la maladie, mais également de l’espoir.

Je veux le bleu du pouvoir autoritaire mais également du ciel.

Je veux le jaune du soleil.

Mais je veux aussi le noir des ténèbres, le blanc qui aveugle, le gris morne.

Je ne veux juste pas d’un monde en niveau de gris.

Niveaux de Gris

Un champ de bataille. Vide de toute vie. Mais pas de toute trace de vie. Des corps gisent sur l’herbe grasse. Ils sont déjà froid. L’herbe est tacheté de sang. Une hirondelle vole dans le ciel. Elle est horrifié par ce macabre spectacle.

 

C’est un mensonge. Elle chante pour le vainqueur qui va ramener la paix. Nous avons marqué une victoire mémorable. Nous avons vu nos courageux soldats se faire assassiner par les sauvages Autres.

Oser dire que chaque camp est l’autre est une horrible propagande.

 

Regardez les, regardez la complainte de celui qui ne veut voir son fratricide, regardez la haine que ces gens vous dans les petites différences qu’ils voient dans un reflet, différence qui deviennent imperfections, imperfections qui deviennent tares.

 

« Je sais que tu penses qu’ils sont pareil. Tu ne vaux pas mieux qu’eux. Ils ont commis des crimes de guerre. Tu ne veux pas me croire ? Pourtant, tu l’a vu aussi bien que moi. Le champs de bataille. La mort. Les corps abandonné, car les Autres nous empêches de récupéré nos morts. Nous ne faisons que justice, en les empêchant d’offrir sépulture à leur misérable race. »

 

– Ils sont comme nous.

Ils n’ont rien de commun avec nous.

– Ils sont notre visage dans le miroir.

Ils sont notre opposé, notre négatif.

– Ils sont né comme nous, et ils mourront comme nous.

Ils mourront dans la lâcheté, et nous dans la gloire.

– Ils possèdent une vie comme la notre, aussi précieuse.

Ils seront tous condamné à mort pour crime contre l’humanité.

– Ils sont humains, comme nous.

Ils ont dénié leur humanité en nous attaquant.

– Ils ont été poussé à la guerre tout comme nous par leurs dirigeants.

Ils suivent sottement leurs tyrans, nos rois sont bons

– Ils ont la raison, tout comme nous.

Ils n’en ont pas, sinon ils n’aurait pas dénié notre puissance.

– Ils ne font que continuer le même cycle que nous.

Si tu n’es des nôtres, tu es alors des leurs.

 

Tourne, cycle amer de la haine, tourne à jamais…

 

« La roue tourne et t’emporte, tu ne peux réfléchir, maintenant méfies-toi, celui là te regarde, cet Autre qui t’en veux, cet Autre que tu déteste, il est toi tu es lui, cette horreur terrible, par lui vois l’enfer, la souffrance éternelle, elle est en son âme, image dans ton miroir, miroir de ton psyché, tue et dit de les tuer, fuit cette peur de toi même, fuis ce toi que tu ne peux voir que dans ses yeux.

Et ainsi à jamais, l’engrenage tournera. »

 

Et l’engrenage tourna.

Brisez-le de vos masses.

En nôtre nom sauvez les.

En leurs nom sauvez vous.

 

Ils n’ont pas tout perdu.

Vous n’avez pas tout perdu.

Evitez le malheur.

Réparez notre impardonnable échec.

Engrenage